Alain Finkielkraut pris au collet dans une boucle de logique.

Alain Finkielkraut est-il crédible en chevalier blanc de la francité ? L’homme qui proclamait sa haine de la France (qui pourtant l’a enrichi et fait académicien, lui) a-il une quelconque légitimité à stigmatiser les Français musulmans et noirs issus de la colonisation, des DOM et des TOM, (ostracisés et stigmatisés, eux) abandonnés à leur propre sort et relégués dans nos ghettos ?

Alain Finkielkraut pris au collet dans une boucle de logique.

Nous avons tous été intrigués, agacés parfois, par l’omniprésence, sur les plateaux des télévisions et les radios, de cet homme qui a vieilli en oubliant de devenir sage. Drapé de son aura d’académicien , une sempiternelle rame de papier à la main- comme Charly Brown son doudou - son titre de philosophe en étendard le précédant partout , le vieil homme mute sous nos yeux , à chacune de ses apparitions, en gamin hyperactif, vexant , arrogant , maître dans l’art de faire du faux avec du vrai , convoquant Spinoza ici , impliquant Ernest Renan là ,mais toujours avec la malignité du joueur de bonneteau lexical qu’il est .

Comme Éric Zemmour [1]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130916/quelle-hecatombe-si-le-ridicule-tuait et Meyer Habib, Alain Finkielkraut proteste de son intégration à la société et à la culture française, à longueur de longueur d’ondes. Avec des trémolos dans la voix, il rappelle, à qui veut l’entendre - pour la nième fois- sa reconnaissance pour la France, ce pays qui a fait de lui et de ses parents, juifs primo- arrivants, des citoyens français par naturalisation collective.

Chevalier servant, autoproclamé, de la francité, Alain Finkielkraut pointe jour après jour un doigt accusateur sur ces « mauvais Français » - noirs et maghrébins évidemment , forcément musulmans, obligatoirement «antisémites » - qui entraîneraient, comme des boulets, notre belle culture et notre civilisation par le fond. Ces « gougnafiers » refuseraient même, selon lui, de s’intégrer et feraient sécession dans les quartiers, devenus ainsi « des territoires perdus de la République » (il faut dire que l’homme a fait du livre de Bensoussan son bréviaire).

Pourtant, tombant le masque malencontreusement, le même Alain Finkielkraut déclarait, le 18 novembre 2005, dans une interview au quotidien israélien Haaretz: « (…) mon père a été déporté de France, ses parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz, mon père est rentré d’Auschwitz en France. Ce pays mérite notre haine. Ce qu’il a fait à mes parents était beaucoup plus brutal que ce qu’il a fait aux Africains ».

Cet homme est-il crédible dans sa panoplie de chevalier blanc de la francité ? L’homme qui proclamait ainsi sa haine de la France (qui pourtant l’a enrichi et fait académicien, lui) a-t-il une quelconque légitimité à stigmatiser les Français musulmans et noirs issus de la colonisation, des DOM et des TOM, (ostracisés et stigmatisés, eux) abandonnés à leur propre sort et relégués dans nos ghettos ?

Qu’est-ce qui fait courir Alain Finkielkraut ? Le sionisme ? Assurément. Les intérêts de la France ? En aucun cas. Car les intérêts de la France - par ces temps troubles, surtout - exigent l’apaisement des esprits. Or, Alain Finkielkraut sème la discorde, allant, sur cette voie, jusqu’à épouser les thèses des droites extrêmes (comme il sera démontré dans les prochains billets).

Alain Finkielkraut et Éric Zemmour verraient avec ravissement une « Saint-Barthélemy »   « frontistes » vs « blacks et beurs ».

Ceux qui écoutent l’émission Réplique sur France Culture n’ont pas manqué de remarquer combien la victoire« Black- Blanc-Beur » de 1998 fut pour notre « immortel » un désappointement ; le triste spectacle donné par l’équipe de France de football en Afrique du Sud fut sa revanche.
Bref, tout ce qui rapproche et fait nation contrarie la cause de prédilection de notre « immortel » ; les forces centrifuges qui éloignent et séparent confortent sa joie mauvaise. De toute évidence, l’homme est blessé : il a une revanche de retard.

Éric Zemmour,  Meyer  Habib et  Alain  Finkielkraut  sont  sionistes. Au  diapason  des  lobbies  particularistes   S.H.A.F.  [2] https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/170917/la-coalition-des-interets-particularistes-shaf-ou-l-aristocratie-du-moment , ils s’évertuent, depuis des décennies, à ancrer dans l’esprit des Français, un Islam fourre-tout, malhonnêtement essentialisé par leurs soins. Comme il a été dit dans les précédents billets, chacun des quatre lobbies d’intérêts particularistes coalisés attaque l’Islam de France, bouc émissaire, par le biais qu’il juge le plus à même de servir sa cause propre, mais ne répugne aucunement à donner la main aux compères pour nourrir la propagande commune.

Remarque 1 : l’Islam de France [3]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/b-2-les-origines-de-l-islam-de-france  est la religion de la minorité la plus faible du pays. Il n’a même pas de clergé pouvant parler en son nom, d’une seule voix : de toutes les religions de l’hexagone, il est le moins bien placé pour faire « de l’ombre » à la République .En butte aux soubresauts du choc anaphylactique moyen oriental ( résultant de la mise en application brutale de la doctrine Carter [4] https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/281216/moyen-orient-genese-du-chaos-et-si-y-regardait-de-plus-pres   il se retrouve , dangereusement à la dérive , entre Charybde et Scylla : les lobbies S.H.A.F et les salafistes .

La spécialité des sionistes français consiste à puiser, dans l’histoire du malheur des juifs, leurs aïeux, les arguments qu’ils savent redoutablement efficaces pour nourrir, par projection, la synthèse d’un Islam repoussoir. La détestation recherchée du musulman a pour but la déconsidération de l’Arabe et, par transitivité, celle de la cause palestinienne.

C’est de « bonne guerre » me rétorquerait-on.

Dans l’intérêt d’Israël, assurément, mais pas dans l’intérêt de la France, ni dans l’intérêt des Français - pas même dans celui des enfants juifs français.

Remarque 2 : L’Islam fourre-tout a été assemblé au fur et mesure des soubresauts géopolitiques survenus depuis 1979, date de la révolution iranienne et le début de la guerre afghano- soviétique [5]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/030217/genese-du-chaos-moyen-oriental-iv . Cet assemblage de l’Islam  fourre-tout  s’est  fait  à partir  des  croyances  d’un  schisme  musulman  appelé  shiisme  duodécimain   (déstabilisé  par  la  révolution Khomeyniste)  [6]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/b-3-le-shiisme   et d'une secte,qui avance sous le masque du salafisme (pourtant mort au 11ième siècle) , le wahhabisme [7]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/b-4-le-salafisme-wahhabite  .

1) Exclusivisme sioniste.

Nous verrons, dans les billets à venir, que tous ceux qui ont essayé d’inscrire le malheur juif dans le malheur de l’humanité ont eu à essuyer les anathèmes des sionistes.

Cet exclusivisme – qui, par son omniprésence, déchaîne une concurrence des mémoires endolories - est une des causes qui ulcèrent et braquent dangereusement, contre la communauté juive de France, une partie de notre jeunesse des banlieues (solde des comptes « histoire coloniale » et « esclavage »).

Cet exclusivisme permet au sionisme d’exercer un double « chantage », d’abord, sur les politiques de divers pays amis, par l’entremise d’une diaspora locale très influente ; ensuite, sur les juifs du monde entier par le biais du rappel, permanent, de la haine que le juif a inspirée à travers les âges. Le sionisme va jusqu’à concourir à l’entretien de cette dernière pour garder captif, autour de lui, tout « son monde » : le martyr, régulier, du peuple palestinien (sans grand dommage pour Israël !) génère des flux de haine dans les cœurs des nations et, bien sûr, les quanta de peur, leurs corollaires, dans le cœur du juif. D’où la solidité du cordon ombilical qui rattache Israël à la diaspora juive dont les membres ne sont pas tous sionistes - loin de là - mais qui sont obligés de suivre, en renâclant bien souvent.

Ces deux pressions conjuguées ont permis le don, au bénéfice d’Israël, de la quasi-totalité des hôpitaux et d’un bon nombre des infrastructures du pays. De plus, chaque année, les USA octroient à l’état sioniste 3 milliards de dollars (au regard des populations respectives, c’est comme si la France recevait 30 milliards /an).

La propagande sioniste pousse ses pions jusque dans les travées de notre assemblée nationale. À titre d’exemple, le député Meyer Habib (ex vice-président du CRIF, malgré ses dénégations !) œuvre à plein temps pour les intérêts d’Israël (lien : https://www.youtube.com/watch?v=dSAuyodyzYo ) au point d’être tancé par Jean Glavany (lien https://www.youtube.com/watch?v=NEGVJu71Cr4).

L’homme, censé être député de la République Française (élu de la 8ième circonscription, chargé des Français dans 8 pays du bassin est de la méditerranée) cite  la Thora, à l’assemblée  nationale, à  l’appui  de  ses  charges  contre  des  décisions  si  peu  défavorables  à  Israël  (Lien https://www.youtube.com/watch?v=XodZHvk3z14 ) et se déclare au service du judaïsme : « (…) à l’assemblée nationale (…) je me suis battu pour le respect du judaïsme, de la Shehita [abattage rituel des animaux], de la britmilah [circoncision] que certains voulaient mettre en cause (…) je me suis battu pour la reconnaissance de Jérusalem ,capitale indivisible et éternelle de l’Etat d’Israël et de tout le peuple juif, j’ai toujours défendu Israël avec force (…) ».

Souvenons-nous, c’était l’époque où Il était de bon ton de hurler à la laïcité ; le député Myard ne s’en privait pas, lui qui s’excitait, en vain, devant un steak halal au « Quick »du coin.

Remarque 3 : Jérusalem a été bombardée capitale de l’Etat d’Israël en violation du droit international et, partant, n’est pas reconnue comme telle par l’ONU. C’est aussi la position de la France. Ces thèses de Meyer Habib, donc, ne sont aucunement celles de la France ; elles sont en outre porteuses d’atteintes graves à la paix civile en France.

Certes, le citoyen Habib a le droit d’épouser les thèses de M. Benyamin Netanyahou, son ami personnel, mais le député de la République Française Habib doit se soucier des intérêts de la France et de ses concitoyens d’abord – fussent-ils musulmans et banlieusards.

Remarque 4: la viande halal - pour les musulmans pratiquants - ou la viande casher - pour les juifs pratiquants - provient de l’abattage rituel de certains animaux. Pour ce qui est de la viande halal, en particulier, le rituel consiste à saigner la bête au son d’une prière musulmane. Cette prière est, en règle générale, débitée - dans nos abattoirs- par un lecteur de CD. Le préposé à l’abattage, lui, peut donc être musulman, juif, chrétien ou athée .Sauf les mesures de sécurité (imposées par le règlement intérieur de son entreprise) rien n’empêche le dit préposé d’écouter, dans l’exercice de ses fonctions, sa musique préférée sur son baladeur.

Remarque 5 : Ceux qui connaissent le « b-a ba » du judaïsme et de l’islam vous confirmeront que les règles de la cashrout – ensemble des règles instituant ce qui est casher- sont autrement plus contraignantes que celles du halal .Un musulman pratiquant peut manger des mets juifs (du reste, le musulman pratiquant se servait dans les boucheries casher durant les années où les boucheries halal étaient inexistantes en France). Par contre, son homologue juif ne mangera jamais halal car il estime que ce dernier ne remplit pas toutes les conditions de la cashrout.

Remarque 6 : Sans nous appesantir sur le « deux poids et deux mesures » manifeste, constatons que l’assommoir médiatique aidant, nous avons passé des décennies, livrés à des campagnes dévastatrices pour le vivre ensemble ; obnubilés que nous étions par ce qui, somme toute, relève du folklorique .C’est d’évidence aussi burlesque que les empoignades « des chapeaux ronds » - au son des rosaires , du biniou et de la bombarde - autour de la question des clos paroissiaux du tendre et cruel Finistère de Pierre-Jakez Helias.

Tant de haine déversée pour si peu, quelle dérision !

« Il y a un problème de l’Islam en France ! » (Lien https://www.youtube.com/watch?v=evURJiIw-jw) clame Alain Finkielkraut. Comme la propagande hitlérienne, relayée auprès de la presse étrangère par Hanfstaengl, proclamait, en 1934 : «il y a un problème juif ».

Quand on en arrive là, le citoyen doit impérativement s’en tenir, et se tenir, au garde-fou de la Constitution et de la loi du 09 décembre 1905, qui, concomitamment, proclament et garantissent la laïcité, la liberté de culte, la liberté de conscience et l’égalité des citoyens dans leurs droits et leurs devoirs. Sauf dans le cas particulier du maintien de la paix civile, la République – de par la Constitution- est astreinte à l’équidistance et à la neutralité, quand il s’agit des croyances religieuses ou autres de ses citoyens.

Toutes les forces centrifuges doivent être combattues avec la même détermination.

La propagande aussi constante qu’inamicale du sionisme, sur notre propre territoire, sa pression sur les familles juives françaises pour les amener à faire l’ « alia » (Israël aura, immanquablement, besoin de chair à canon pour ses prochaines guerres) enfonce un coin dans le corps social français et sème les grains de la discorde sans relâche.

2) Religion et laïcité, armes de destruction massive dans les mains des ennemis et des faux amis.

En  France, rien  n’est  plus  inconnu  que l’histoire  des  religions. Les  passions  nées  des  querelles  opposant la République à l’Eglise pour la séparation du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel (traduite aussitôt par séparation de l’Eglise et de l’Etat et plus tard par laïcité) ont poussé chacun  à  se  draper de son quant-à-soi ; elles  ont  semé  durablement  les  grains de l’incompréhension et de la discorde. Si l’Eglise catholique, aux  dires  de  certains,  se prétendant  immuable, et  son  pape  infaillible (du moins depuis la fin du 19ième siècle)  s’était  mise  « en dehors de l’histoire », elle fut, tout de même, grandement aidée en cela par l’athéisme. Hérault de ce dernier, Voltaire fut un procureur sectaire, partial : ses réquisitoires ne cherchaient aucunement à instruire mais exclusivement à détruire ce qu’il appelait « l’infâme ».

Les lobbies S.H.A.F. ne font pas autre chose, qui attaquent « l’infâme » en concentrant leurs efforts contre l’islam de France ; chaque victoire (facile tant il est sans défense) contre ce dernier est proclamée, urbi et orbi « Victoire contre La Religion ».Trois de ces quatre lobbies coalisés calomnient l’islam de France mais visent en réalité le catholicisme qui entrave leurs projets de PMA, de GPA, etc…

La religion, dans les mains de ses amis, de ses faux amis ou de ses ennemis, demeure un bras de levier formidable pour influer sur la vie des hommes (elle rejoint en cela la politique). Le citoyen qui abandonne ce pouvoir, sans droit de regard, aux uns et aux autres, manque à son devoir envers sa société et trahit la démocratie. Car, pour être, cette dernière a besoin de savoir.

La loi de décembre 1905, socle fondamental de la laïcité, voulant interdire « les messes basses », par ses articles 25,26 et 27, avait astreint les cultes à la publicité.

Nota : Le principe de publicité est un des 3 piliers de la Justice ; il consiste à garder les religions, la justice, les adjudications, le dépouillement des votes, dans la société sous le regard, sinon la surveillance de tous. Et ce, dans l'intérêt de l'ordre public, précise la loi.

Pourtant nos lobbies S.H.A.F, pendant près de  40 ans, nous ont fait croire, avec la « mauvaise foi de Pierre l’Ermite » poussant à la croisade, que, au contraire, la laïcité aurait assigné la religion à la sphère privée.

Nous n’avions rien compris à la machination, en proie que nous étions au matraquage médiatique. Pourtant, même un enfant comprendrait que le secret dans l’entre-soi offre les conditions optimales pour que champignonnent les forces centrifuges (qui écartèlent un pays) et les confréries des caves et des catacombes. N’est-ce pas du secret des temples des passions humaines (religieuses ou politiques) que sont toujours sortis les sicaires assassins du vivre ensemble et de la raison ?

Peut-être que « l’enfer est pavé de bonnes intentions » ; l’Histoire, elle, est parsemée de bien vilaines, assurément.

Afin de se supporter ou pour se fuir, l’homme est ainsi fait qu’il déifie et adore la première chose venue, plutôt que de renoncer à adorer. Fort heureusement, Il existe un dieu qui limite les risques de cette propension : le savoir. En effet, le savoir domestique la peur, contre la panique et jugule la colère - toutes trois mauvaises conseillères.

Savoir, c’est regarder le monde tel qu’il est. Il n’y a pas d’autres moyens pour s’évader des enclos de Panurge et pour cerner et entraver les manipulations diverses mises au service d’intérêts particularistes et des ambitions sans freins des uns et des autres.

Connaître une religion, c’est la situer dans son lit mineur d’abord (d’où vient-elle ?), dans son lit majeur ensuite (à qui s’adresse-t-elle ?). Il faut cerner, froidement, ce qui la rapproche ou la différencie de ses concurrentes. Car une religion se compare exclusivement aux autres religions (sauf à verser dans l’iniquité et la déloyauté) : devant le tribunal de notre raison, respectueux du contradictoire, nous devons comparer le dogme au dogme, le principe au principe, le symbole au symbole. Nul besoin d’être expert, nul besoin d’être adepte, il faut juste connaître le minimum permettant la comparaison en « grandes masses », pour se faciliter et orienter, le cas échéant, une recherche judicieuse rendue nécessaire pour la compréhension du contexte social national ou international.

Quoi qu’il en soit, c’est la seule façon d’éviter les manipulations des uns et des autres.

La suite dans le prochain épisode : (épisode 2) https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/041117/finkielkraut-dans-une-boucle-de-logique-episode-2

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