RISS dans le rôle du Tartuffe : « cachez cette manne que je ne saurais voir ».

« Les limites de la liberté individuelle ne sont placées qu’au point où elle commencerait à nuire à la liberté d’autrui. C’est à la loi à reconnaître ces limites et à les marquer. Hors de la loi, tout est libre pour tous : car l’union sociale n’a pas seulement pour objet la liberté d’un ou de plusieurs individus, mais la liberté de tous (...) " Sieyès

         RISS dans le rôle du Tartuffe : « cachez cette manne que je ne saurais voir ».


M. Riss, grand patron de Charlie Hebdo, au désespoir, se lamente : on ne parle plus assez de l’islamisme, du terrorisme, du fait religieux. Il est « plus confortable de parler des Bush (…) que de mettre le nez dans les problèmes qui déchirent l’Islam » et « le confort, c’est l’obsession de nos sociétés consuméristes » qu’il qualifie d’« autruches en vacances », dans son édito. Lien:https://blogs.mediapart.fr/280128/blog/230817/bete-et-mechant  

« Quelque chose a changé » écrit-il «depuis le 7 janvier 2015.Les débats et les interrogations sur le rôle de la religion, et plus particulièrement de l’islam, dans ces attentats ont complétement disparu » (…) un travail de propagande est parvenu à distraire nos esprits et à dissocier ces attentats de toute question religieuse .Aujourd’hui plus personne ne s’interroge sur le rôle de l’islam dans l’idéologie de Daesh (…) ».

Ces provocations (irresponsables) de M. Riss visent à créer l’évènement et à faire, ainsi, croître les ventes du journal qui, en retour, viendrait remplir son bas de laine. Ses espoirs ne sont pas dénués de logique : le cacaduc de l’islamisme - filon aurifère – n’a-t-il pas enrichi son prédécesseur, Val, dont il est le suppôt ? C’est, somme toute, logique : selon le témoignage de Siné, M. Riss pense à sa carrière d’abord (lien: https://www.youtube.com/watch?v=ExMD4cya5r4).

Je ne conseillerais pas aux musulmans de le poursuivre en justice : c’est exactement ce qu’il recherche pour que monte « sa mayonnaise ». (De plus, j’ai cru comprendre que « les chiens aboient, la caravane passe » est un proverbe arabe).

C’est au Ministère Public de faire son travail : la liberté de culte, la liberté de conscience et la liberté d’expression sont garanties par la même Loi sous la protection de la même Constitution ; aucune de ces libertés ne prime sur les deux autres car il y va de l’égalité en droits et en devoirs des citoyens – cette égalité est inscrite dans le marbre constitutionnel. A ce titre , Sieyès ( préliminaire à la Constitution de 1789 )  souligne :« Les limites de la liberté individuelle ne sont placées qu’au point où elle commencerait à nuire à la liberté d’autrui. C’est à la loi à reconnaître ces limites et à les marquer. Hors de la loi, tout est libre pour tous : car l’union sociale n’a pas seulement pour objet la liberté d’un ou de plusieurs individus, mais la liberté de tous. Une société dans laquelle un homme serait plus ou moins libre qu’un autre, serait, à coup sûr, fort mal ordonnée : il faudrait la reconstituer ». 

M. Riss poursuit : « On oppose souvent islam et islamisme. Comme si ces deux conceptions religieuses étaient deux planètes étrangères l’une de l’autre(…) on a méthodiquement dissocié islam et islamisme. Pourtant, l’islamisme fait partie de l’islam ».

C’est là une cascade d’implications fallacieuses sans lien de causalité ; des implications à la « mords-moi ce que l’on veut » rugirait le professeur Choron.

L’islamisme se réclame de l’islam, certes, mais comme les Brigades rouges du communisme, la démocratie chrétienne italienne du catholicisme, le Bé thar et  le Groupe Stern, hier , les sicaires , avant-hier,  du  judaïsme. Le dénominateur  commun  de  toutes  ces  organisations   est l’instrumentalisation d’un credo : ce n’est donc que de la politique marchant à l’ombre de la « faucille et du marteau », de la croix, de la kippa ou du « voile islamique ». Sans oublier, bien sûr, les lobbies particularistes - dont le Charlie de Val et maintenant celui de Riss font partie - qui progressent, indûment, sous la bannière de la laïcité et ce, au mépris de la loi du 09 décembre 1905 et de notre Constitution.

M. Riss déclare « doctement » : « Lorsqu’on critique l’Inquisition et ses crimes, on ne détache pas cette mouvance fanatique du reste de l’Eglise catholique .Même si beaucoup de chrétiens dénonçaient l’Inquisition, elle est un élément de l’histoire du christianisme et de l’Eglise (…) Jean Paul II s’est senti obligé de faire repentance des crimes au nom de l’Inquisition . Au nom du christianisme ».

Plus sobrement. Jean Paul II avait demandé pardon au nom de l’Eglise catholique apostolique et romaine pour ses crimes durant l’Inquisition. Et, cela l’honore.

Moins pressé de réamorcer la « pompe à fric » de son « schmilblick », M. Riss aurait sûrement pris la peine de vérifier - dans des sources historiques fiables - que l’Inquisition n’était pas une mouvance fanatique indépendante de l’Eglise, comme il l’affirme, ni même son satellite. Elle était le bras séculier de la justice religieuse et, partant, le prolongement du Pouvoir Temporel que l’Eglise catholique s’était arrogé au cours des âges.

Nota : des rois, des empereurs et la troisième République française ont eu à lutter contre ce pouvoir temporel papal qui empiétait, à leurs yeux, sur le leur. Certains, et non des moindres, ont même été excommuniés.

L’Inquisition, contrôlée par un cardinal, dépendait directement du Souverain Pontife ; elle était dirigée, sur le tas, par un nonce et sa charge incombait à un Ordre religieux. Bref, la responsabilité de l’Eglise catholique, en tant que corps organisé, était engagée d’un bout à l’autre de la chaîne.

Le souffreteux islam de France (lien: https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/b-2-les-origines-de-l-islam-de-france ) présente-t-il une organisation comparable à celle de l’Eglise catholique ? Non, il n’a même pas de clergé. A-t-il une quelconque prise sur l’islamisme ? Non, pas plus que le PSG sur ses supporteurs ou l’équipe d’Angleterre de football – qui en rougit encore de honte – sur les débordements des siens sur le sol de pays amis.

Peut-être que nous devrions aussi balayer devant notre porte. Le souci de nos précieuses vies nous fait oublier que la quasi-totalité des victimes de l’islamisme est musulmane. Or, la lourde responsabilité de la déstabilisation du grand Moyen-Orient pétrolier  incombe à la prédation  de ( lien  : https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/200117/l-empire-us-contre-le-droit-international-iii) l’Occident et aussi, à l’expansionnisme opportuniste de notre grand allié saoudien en quête de légitimité pour sa secte, (bida’a), salafiste wahhabisée (un coucou qui squatte le nid du vénérable hanbalisme et ambitionne la tête de gondole du supermarché de la foi musulmane). (Lien:https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/b-4-le-salafisme-wahhabite)

Ce royaume est une des deux pièces maîtresses (l’autre étant Israël, grâce à ses bons services en matière de renseignements et de déstabilisation ) du dispositif de la triangulation « dollar, producteurs de pétrole, consommateurs de pétrole », qui permet aux USA de vivre aux crochets du reste du monde, et de pérenniser la domination de l’Oncle Sam sur le grand Moyen-Orient(lien:https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/281216/moyen-orient-genese-du-chaos-et-si-y-regardait-de-plus-pres ).Sans être grand aigle, le quidam lambda, jetant un œil sur une carte géopolitique, constaterait un encerclement de cette région- résultat de la doctrine Carter – par un maillage serré de bases militaires US sans compter la présence aussi permanente que tatillonne des 5ième et 6ième flottes (lien:https://blogs.mediapart.fr/280128/blog/250817/domination-us-du-grand-moyen-orient ) .

Le salafisme wahhabisé de l’Arabie Saoudite, sous la protection du CENTCOM des USA, voudrait bien acquérir la force de frappe de l’Eglise catholique d’autrefois. Il y travaille avec zèle – un investissement de 110 Milliards de dollars en armement est en cours de réalisation et un projet de 241 milliards est sur la table (source : John Rogin, Washington Post, 17 mai 2017, « Trump to unveil plans for an‘‘ Arab Nato’’ in Saudi Arabia »).Par ailleurs, Il a déjà une police et une justice religieuses ; il oppresse son peuple (en particulier ses minorités), finance des coups d‘état tous azimuts, massacre le Yémen et s’immisce dans les affaires intérieures de ses voisins- dont le Qatar à qui il intime l’ordre de fermer « Aljazira » - c’est également la volonté d’Israël, du reste (source : Le monde Diplomatique, juil.2017, Daniel Lazare : « la redoutable influence de Riad à Washington »).

Nota : Seul média démocratique de la péninsule arabique « Al Jazira » est hautement coupable, aux yeux des Saoudiens et des Israéliens, d’avoir informé le monde sur les révolutions arabes et la tragédie palestinienne.

Par ses méfaits, l’Arabie Saoudite s’ancre résolument dans le camp du maître du monde. Cet apprenti sorcier a vu tous les monstres de sa gestation se retourner contre lui : Une « malédiction » qu’éludent bien volontiers les Oulamas wahhabites qui pourtant ont réponse à tout.
Les autres obédiences de l’Islam sont-elles responsables de l’expansionnisme du wahhabisme ? Non, à l’évidence. Que représentent les tenants de cette secte à l’échelle des 1,6 milliard de musulmans du monde ? Rien ou presque, c’est l’équivalent d’un dé à coudre versé dans l’océan : (lien:https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/270916/de-la-soi-disant-unicite-de-la-sharia-et-du-pseudo-monolithique-islam ) .

 

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