L'Hebdo du Club #37 revient avec ses controverses

«Liberté d'importuner», Etats généraux de la Culture, Notre-Dame-des-Landes, laïcité, L’Hebdo du Club revient et avec lui non pas son cortège de louanges mais plutôt son lot de controverses. Dans ce numéro 37, une fois n'est pas coutume, nous avons sélectionné des billets et mis l'accent sur des tribunes qui ont été énormément relayées sur les réseaux sociaux et ont donné lieu à des fils de commentaires de bonne tenue.

Dans le Club trop souvent vilipendé par la qualité médiocre de ses fils de commentaires, l'année 2018 a débuté sous de nouveaux auspices. Pour preuve la qualité des échanges sous certains billets et quelques tribunes. Cette semaine, nous avons sélectionné des sujets qui ont fait couler l'encre, divisé nos commentateurs et permis des échanges non chargés d'invectives et d'injures. Ou alors à la marge.

Passée la dinde aux marrons, le Club a repris des couleurs et vu le nombre de billets gonfler de manière exponentielle. Au-delà de cette production, plusieurs tribunes ont retenu l'attention des commentateurs. La première parue le 11 janvier dans nos colonnes fait suite à la tribune du Monde dans laquelle 100 femmes dont Catherine Deneuve en figure tutélaire défendent «une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle». Autant le billet de l'abonnée féministe Caroline de Haas - dont les prises de position restent clivantes au sein de notre espace collaboratif - n'a pas trouvé que de bons échos dans le Club, autant la tribune des Invités de Mediapart portée par plus de 200 femmes a permis d'ouvrir des discussions. Et de proposer non pas un fil monolithe mais des commentaires contrastés et nuancés. Certains - même s'ils ne sont pas majoritaires - n'épousent pas ou alors avec réserves la position des féministes défenderesses d'une libération de la parole des femmes au travers des hashtags #Balancetonporc et #Metoo. Dénonciations légitimes pour les uns, dérive puritaine pour les autres. L'usage des mots prenant ici des sens divers. Il est à noter que de nombreux abonnés ont pris part à ces joutes comme M. Tessier ou Max Angel dont le commentaire a fait réagir Jean-Marc B.

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Cette tribune a aussi engendré des billets comme celui d'Elise Thiebaut sur la misère sexuelle ou encore celui d'Hélène Duffau sur le viol.

Et la parution en complément de la première du 11 janvier d'une autre tribune cette fois signée par des collectifs féministes minoritaires mise en ligne le 16 janvier. Et qui a relancé ou plutôt poursuivi le débat. La preuve avec ce commentaire de Geneviève Brule et la réponse Morvan56.

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Notre-Dame-des-Landes : quid de la ZAD et des zadistes

Autant notre premier sujet qui interroge notre société n'a pas fini d'alimenter les contributions du Club, autant celui concernant la ZAD de Notre-Dame-des-Landes débouche, après l'annonce du gouvernement d'enterrer le projet d'aéroport, sur la fin d'un dossier arrivé en bout de piste. Bien sûr tout n'est pas réglé. Encore une fois, ce serait un raccourci binaire que de le penser. L'avenir n'est pas rose, reste à trouver la bonne martingale pour que chacun y trouve son compte. C'est ce qui fait dire à Nicolas Haeringer et Maxime Combes, dès l'annonce faite par Edouard Philippe, que «l’abandon du projet d’aéroport est une excellente nouvelle. Mais qu’il soit couplé à une évacuation (même partielle) de la ZAD n'est pas une décision acceptable». Dans ce billet, il développe tout un argumentaire et insiste sur le fait qu' «Il n’y a donc pas bon.n.e.s opposant.e.s, fondé.e.s à rester et des éléments "radicaux" qu’il faudrait expulser, mais un mouvement, dont la force et la capacité à s’inscrire dans la (très) longue durée réside précisément dans sa diversité». D'où les réactions sur le fil de commentaires, comme celle de Thierry Reboud:

 

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Ou la position de Cuenod dans son billet de blog intitulé «ZAD- vers une nouvelle souveraineté libertaire-nomade?» qui analyse que «ce bocage de Loire-Atlantique n’est pas le seul à être occupé par une ZAD (Zone à défendre). Ce phénomène est en train de tricoter une nouvelle notion : la souveraineté libertaire et nomade».

Mais aussi cette tribune mise en ligne le 15 janvier dans laquelle, «pour la première fois, des Organisations Non Gouvernementales, des associations et des syndicats qui œuvrent pour la défense de l'environnement s'associent avec des partis politiques et s'engagent publiquement pour un maintien de la ZAD en cas d'abandon du projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes». Ils ne sont pas idéalistes, ils développent simplement un raisonnement qui peut être discuté mais en aucun cas balayé d'un revers de matraque. Ainsi, ils estiment : «Au-delà des justes combats contre des projets destructeurs, nous sommes convaincu.e.s de la nécessité que puissent aussi se développer des espaces où des personnes réinventent d'autres formes d'habitats, d'agricultures, de rapports au travail et de relations sociales. Dans un monde miné par l'individualisme, le gaspillage des ressources naturelles, les crises sociales et environnementales, le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d'inspiration et d'espoir, nourrie par l'idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant». D'où un fil de commentaires où les légalistes s'opposent à ceux qui pensent autrement. Et qui fait dire à Sylle:

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Deux tribunes, des interrogations et des divergences 

Même si les billets «Culture» sont rarement commentés dans le Club, nous avons décidé de mettre en valeur une tribune alors que Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, réunissait, pour la première fois depuis sa nomination, le Conseil National des Professions du Spectacle (CNPS) ce lundi 15 janvier prochain. La Culture reste l'affaire de tous. Dans cette tribune signée par les professionnels du secteur mais aussi par des historiens, enseignants, éducateurs, élus locaux, agents de la fonction publique territoriale et d’Etat, représentants de syndicats, d’organisations, d’associations, il est réaffirmé que «les arts, les patrimoines et la culture sont une cause nationale et citoyenne, et ne peuvent en conséquence être livrés à la seule marchandisation».

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On ne pourrait terminer cet hebdo sans vous conseiller la lecture de ce billet d'Yvon Quiniou qui répond à Jean Baubérot. Pour le philosophe : «Jean Bauberot a été chargé de répondre à mon article récent du "Monde", où je reprochais à Macron d'attribuer aux religions un rôle positif dans la vie collective de la nation. Son propos, d'une violence polémique rare, témoigne d'une conception de la laïcité très complaisante à l'égard de la religion. Après l'avoir brièvement résumé, je lui réponds ici en intellectuel laïque et progressiste.» En sus, on ne saurait ignorer la qualité des échanges dans le fil de commentaires. La palme revenant à un jeu de ping pong entre Yvon Quiniou et Jacky Dahomay, qui défendent deux approches opposées. Dans cet espace, il développe leur interprétation de l'équation «une=indivisibilité» et se réponde trois fois avant de décider de se revoir sur le sujet. 

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