Crépuscule II. Camarade Assange explique leur le fil ténu de la lucidité.

Le comité de salut public « Libérez Assange… » redonne ici toute sa place à Juan Branco, injustement vilipendé par Mediapart, secondé par l’un de nos rédacteurs. Notre comité l’a blâmé derechef. Condamné à réciter 43213 Avé Maria, torture mentale in-digne de celle endurée par Julian Assange, il y a laissé sa plume. Ayant repris sa main, le comité ici-même vous parle.

Mal pensé. C’est le conciliant verdict que notre comité a attribué au papier « Crépuscule des idoles. Camarade Assange, nul n'est héros. Explique leur. » de notre rédacteur dont la lucidité continue de décliner après 9304 Avé Maria. Pet à son âme. Suite à la formation WikiLeaks financée par nos deniers, le traitre en a profité pour casser le code et publier son article sans notre consentement. Ce petit iconoclaste, voué au destin d’un Assurancetourix, pensait sortir impunément de son isolement de lui-même infligé, sûr de son droit et croyant que sa lucidité n’en n’avait nullement été affectée.

« Mal pensés ». C’est ainsi que nous avons qualifié le contenu de quelques tweets publiés par Julian Assange après 2017, psychiquement épuisé par des années d’isolement et de surveillance. La Vérité n’existe pas, pas plus que le Savoir Absolu hégelien. Cette « complexion de noèmes » (*) qu’est la vérité ou l’erreur s’échafaude, se confronte, se propage, se déconstruit, se retourne, se consolide dans un processus individuel et collectif indéfiniment renouvelé. La lucidité, petite fille de cette vérité, s’entretient par la constance des aller-retours entre l’un et les autres, l’autre et les uns, constance de laquelle c’est peu dire que Julian Assange en fut injustement privé. « La lucidité je la tiens dans mon FROC ! », déclamait Léo Ferré. Cette lucidité-là, nous pensons qu’Assange l’a gardée fermement ancrée. La lucidité de circonstance est une moindre affaire.

De la lucidité de Juan Branco nous ne parlerons pas. La conscience se forme et se déforme, nous nous contenterons d’associer les nôtres à la sienne dans ce long et âpre combat qu’il a abordé sans nous attendre. Nous rétablissons ici simplement quelques vérités négligées dans l’article Crépuscule: Juan Branco découvre la lune.

Les bugs de la contextualisation mediapartienne

Nous avons vu déjà les flagrantes erreurs de contextualisation, erreurs de débutants journalistes, dont Mediapart a fait preuve dans le traitement du cas Assange. Joseph Confavreux ne fait pas mieux. Réfugié sous la rubrique “Essais“, le journaliste traite Juan Branco comme un simple essayiste politique. Au quatrième couplet sa qualité d’avocat surgit au détour d’une phrase. Dans le paragraphe final sobrement titré Entre complot et nausée, Joseph Confavreux affirme que « Juan Branco n’est pas journaliste ». Ah bon ? Voyons comment le journal les Inrockuptibles le présente : « Ses fonctions et reportages l'ont mené sur les plus dures zones de conflits (on se souvient de ses articles au Nord-Kivu pour Rue89, ou encore en Centrafrique pour Les Inrocks), et sa pensée, malgré son parcours, s'est construite loin des conforts occidentaux ». Collaborateur du Monde Diplomatique depuis 2012, Juan Branco y a publié des enquêtes cruciales sur les territoires africains, en Centrafrique, au Congo, sur le scandale Uramin et Areva. Si Juan Branco « n’est pas journaliste », c’est uniquement selon l’esprit étriqué des salariés à carte de presse sortis de l’une des 14 écoles estampillées “journalisme“.

Juan Branco à gauche, Julian Assange saluant. @Later Juan Branco à gauche, Julian Assange saluant. @Later

Le souvent pertinent Joseph Confavreux n’est pas victime du syndrome « jalousie française » braqué sur nous par le président Macron, tout de même ? Agé de 29 ans, Juan Branco est de fait susceptible d’attiser quelques jalousies. Publié par les éditions Fayard où il traite d’un sujet fétiche de Mediapart, la Cour Pénale Internationale, il y est décrit comme « premier docteur en droit de l’ENS Ulm, Senior Research Fellow au Max Planck Institute Luxembourg après avoir travaillé au sein du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale et comme collaborateur extérieur du ministre des Affaires étrangères. »

Le journaliste ne s’attarde pas sur ces broutilles. Il se contente de creuser un gouffre propice au plongeon d’un Juan Branco dépossédé de ses propres expériences et compétences, dans un déni qui provoque la « nausée » d'un doute « complotiste » entre regrettables erreurs et désinformation active.

Mais Joseph Confavreux a bon dos. De telles béances ne peuvent pas échapper au directeur de publication ni à la rédaction en chef à deux têtes de Mediapart, sauf à admettre l’incompétence caractérisée d’au moins trois personnes d’expérience.

Voici maintenant les réponses de membres éminents de notre “comité“ (notés CSP) aux mentions spécifiques de Joseph Confavreux (JC) dans son article du 25 Avril ; nous rappelons que l’actionnaire minoritaire de Mediapart Xavier Niel est un gros nœud du livre de Juan Branco.

JC : « Pour parer à l’avance toute critique et assurer la promotion de son livre [Crépuscule] […] Juan Branco hurle donc à sa mise à l’index par anticipation. « Quel organe de presse pourrait accueillir notre propos ? » interroge le jeune homme, qui aime à se draper dans un « nous » de majesté. »

CSP : En tant qu'écrivain, je remarque que les journalistes publient doublement, ont accès aux médias, même "ennemis", et accusent facilement les "aventuriers" (M.Plenel au sujet de Branco, Arles, 1/4/2019) d'individualisme tout en monopolisant, nommant, zappant, condamnant éditorialement. En bref, faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Je ne vois pas en quoi Branco est plus détestable que Fabrice Arfi faisant la promo tous azimuts de son roman voilà quelques mois ?? Parce qu'il vend plus ?

CSP : « Pour parer à l’avance… ». Ceci est un procès d’intention, Monsieur Confavreux. Seriez-vous Madame Soleil pour “savoir“ que Branco prétend se méfier des organes de presse afin de promouvoir son livre ? Allons, vous nous aviez habitué à mieux; ah, la lucidité… Parmi les trésors légués par Jacques Derrida, une phrase (**) : « Et comme toujours la cohérence dans la contradiction exprime la force d’un désir ». Le désir d’avilir un pourfendeur de vos organes ? Nous, nous mettons un point d’interrogation, contrairement à vous, Monsieur Confavreux. Juan Branco a répondu à ce genre d’attaques :

« La levée de boucliers a été incroyable dans sa diversité et sa brutalité, après un mois de silences feints. Il a fallu que je révèle qu'une dizaine de médias m'avaient successivement invité puis annulé en moins de 48 heures pour parler de Crépuscule, et que tous confirment tout en signant des mots d'excuse d'écolier plus pitoyable les uns que les autres, pour que soudain les vannes s'ouvrent. De C Politique au Quotidien en passant par l'Obs, la matinale de RMC chez Bourdin et tant d'autres, tous se sont empressés de prétendre qu'il n'en avait rien été. Enfin, que si, mais que tout s'expliquait. »

Christopher Nevinson "A star Shell", 1916, License CC-BY-NC-ND3.0 (Unported) Christopher Nevinson "A star Shell", 1916, License CC-BY-NC-ND3.0 (Unported)

JC : Juan Branco « aurait donc pu faire une description parlante des mécanismes informels du fonctionnement de l’oligarchie […], en illustrant de l’intérieur ce que la sociologie et le journalisme ont déjà établi, par exemple, pour ne citer que des ouvrages récents, dans Le Président des ultra-riches (Zones), des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, ou dans La Caste (La Découverte) de Laurent Mauduit… »

CSP : Branco tend un peu à "tirer toute la couverture à lui" en décorrélant lui-même des éléments très importants. D'abord, le sujet général de l'investigation sur la construction de la macronie, telle qu'on ne peut nier que le travail des Pinçon-Charlot, de Laurent Mauduit, l'a effectivement conduite en amont de la synthèse personnelle de Juan Branco; je ne dis pas "en source" de cette synthèse, et je me fous éperdument de savoir "qui c'est qu'a commencé". L’important, c'est la plaque à côté de laquelle ils passent tous dans leur délégitimation de Branco : le fait, rien que le fait, que la "publicité" de leurs travaux soit restée quasi confidentielle au sein d'un lectorat d'intellectuels de gauche, somme toute pas si disjoint de ce "petit Paris" dont Branco arpente les coulisses.

CSP : Mediapart n’a publié qu’une interview filmée à propos du Président des ultra-riches. Pas même un papier écrit; merci pour les sourds et malentendants; ils ne pensent même pas à sous-titrer leurs vidéos. Et cela devrait suffire à compenser la censure de la clique médiatique ? Branco la compense à sa manière, et c’est déjà beaucoup.

JC : « Autre exemple de la démarche solipsiste de Branco, il annonce […] que « Xavier Niel vit avec Delphine Arnault, fille et héritière de Bernard Arnault »… Mais cette union a, depuis bien longtemps, fait les choux gras de la presse people. »

CSP : Je ne lis pas les tabloïdes, je ne le savais pas. Il fallait donc que Branco « gâche » de l’encre pour faire la pub des tabloïdes et ne pas jouer au « solipsiste » ?!

JC : « Et s’il est important de spécifier ce qu’est le macronisme et sa dimension oligarchique, il est alors nécessaire de comparer les situations contemporaines et passées. »

CSP : Joseph Confavreux touche juste. Avec un peu d’opportunisme, Branco pouvait même largement déborder sur la question Assange, dans son livre Crépuscule. Et on peut dire sans trembler qu’il passa quelque brosse à reluire sur les gilets jaunes, avec teinte légèrement insoumise. Malheureusement, Monsieur Confavreux ne s’applique pas à lui-même la dite nécessité. Peut-il décemment ignorer l’inscription de l’auteur Juan Branco dans « les situations contemporaines », au premier rang desquelles, au vu de l’actualité, sa position de conseiller juridique de WikiLeaks et de Julian Assange ? Le journaliste rappelle certes l’époque où « il argumentait contre Hadopi ou défendait Julian Assange… ». Une époque révolue depuis que Mediapart et la masse Médias ont condamné l’homme Assange ? La ficelle est grosse et fragile, Monsieur Confavreux. 

Depuis les quatre articles post-arrestation de Julian Assange, Mediapart a répercuté deux… câbles de l’agence Reuters, brut de brut; dont un faisant état de sa condamnation à 50 semaines de prison. Un fait divers secondaire qui mérite tout au plus la sécheresse d’une brève d’agence de presse internationale. Le dernier article de Mediapart citant Assange, et dégommant son soutien juridique Juan Branco, c’est donc celui du Crépuscule. Un crépuscule sans lune qui guette Julian Assange si la presse persiste dans son ignominie.

Autocensure ?  -------------------------------

Notre Assurancetourix considère que Crépuscule attaque le pouvoir macroniste avec deux crans de retard, visant un réseautage archi-connu. Mais l’ingrat et nécessaire boulot de synthèse de ce livre touche en premier lieu la gente médiatique et com’ique intriquée à ce pouvoir. Il insiste sur le rôle central de la sulfureuse Mimi Marchand, acolyte de longue date de Xavier Niel, instigatrice de « fausses paparazzades » via son agence Bestimage, « reine de la presse people, condamnée pour trafic de drogues », qui faillit être recrutée par l’Élysée, rouage de la com’ de trottoir autour duquel gravitent Arnaud Lagardère et tutti quanti. Joseph Confavreux déplore que Branco « ne fait qu’exploiter des livres et des articles », au rang desquels « Mimi, consacré à Michèle Marchand, conseillère en communication à la fois de Xavier Niel et du couple Macron… ». Force est de constater que Mediapart n’a jamais investigué sur les liens entre la « conseillère » Mimi Marchand et un Xavier Niel préoccupé par son image, et que Joseph Confavreux l’affleure avec une certaine pudeur.

----------------------------------------------

"Mimi" Marchand, Brigitte Macron, et un joli gratin. @SeargeEngine "Mimi" Marchand, Brigitte Macron, et un joli gratin. @SeargeEngine

Edwy Plenel se targue à l’envi du fonctionnement démocratique de sa rédaction. Et c’est vrai qu’une pluralité d’opinion s’exprime parfois sur certains sujets dans ses colonnes. Il arrive aussi que des articles signés « La rédaction de Mediapart », exprimant par là un consensus, soient publiés. Il va sans dire que sur le cas Assange, il est « de toute première instance », pour citer Léo Ferré encore, que les journalistes de Mediapart se battent pour faire entendre une voix de consensus - ou de dissensus - sur cette question, par un billet de « La rédaction ». Joseph confavreux a peut-être bataillé en ce sens, qui sait ? Ou d’autres. 

Last but not least : Edwy Plenel s’est exprimé publiquement en salle de projection d’Actes Sud (à Arles, un 1er avril qui n’en n’était pas un) pour expliquer le refus de Mediapart à une demande de collaboration journalistique émise par Juan Branco : « C'est un aventurier [...] il a demandé que nous le couvrions et le sécurisions pour un travail au Yemen, nous avons décliné ». La conception plenellienne d’un « aventurier » se comprend à l’écoute de l’entretien accordé par Juan Branco en Juin 2017 ; travaillant pour le compte des affaires étrangères, il a dû batailler auprès des conseillers ministériels en charentaises, pour justifier de la pertinence de communiquer directement, sur le terrain, avec des chefs rebelles opérant sur le territoire africain. Autrement dit, avec ces combattants qui luttent pour leur souveraineté territoriale, et qui sont tous indifféremment taxés de « terroristes » dans les couloirs nauséeux de l’inanité élyséenne en vigueur depuis trois présidences successives. Lors de ses enquêtes journalistiques en Afrique, l’« aventurier » Juan Branco s’expose également aux aléas du terrain afin d’extraire l’information. Et il est exact qu’Edwy Plenel est plus à l’aise sur les plateaux de télévision pour vendre son journal et son humanisme obsolescent, que pour arpenter les terres arides.

Fucking last minute : on allait oublier, il y a tant à dire. Le 17 avril, la rédaction de Mediapart toute unie – vous voyez que ça arrive ! – publie Mediapart et Xavier Niel: sur un racontar, devinez de qui ? De Juan Branco, l’impudent. L’absence d’éléments flagrants facilite la défense d’Edwy Plenel et sa rédaction, même si l’actionnariat reste un couperet le jour où les ventes baissent (et à l’allure où la ligne va…). Pour aller plus loin, les crocheteurs pourront lire cette analyse/réflexion/prospective, ou s’interroger sur la proximité, fortuite ou non, de ces deux faits :

  • En janvier 2013, une rafale de papiers offensifs envers Xavier Niel furent soumis par Laurent Mauduit et Martine Orange. Six ans après, seul un article en forme de publicité pour son École 42 avait été publié ; le 18 Avril, lendemain du racontar déjoué, Laurent Mauduit écrit un article “choc“ digne de Voici, long de 5 pages in-digest pour une floppée de péripéties de serie B de second ordre, matinées de « projet dont Xavier Niel est fier », avec la pudeur de ne pas donner le lien de la vidéo pourtant centrale dans l’émotionnel du nanar auquel Laurent Mauduit ne nous avait pas habitués (la voici, registre porno B à l’école 42), et dont nous retenons la phrase : « De tout cela, Xavier Niel ne sait rien pendant très longtemps – c'est du moins… ». Passons.
  • En 2013, que s’est-il passé ? « C’est simple », lit-on dans le Monde.fr, « Xavier Niel et Claude Perdriel se trouvent tous les deux aux Maldives en vacances pendant les fêtes… ». Claude Perdriel était le propriétaire de Rue89 et du Nouvel Observateur. En mars 2014, il vend ce dernier au trio du Monde, suite à des négociations qui « ont démarré en septembre 2013 avec Xavier Niel ». Le généreux Perdriel avoue : « je ne pouvais pas vendre l'Obs », et « je devais donc le donner ».

Quant à ce qui s’est tramé dans cette « négociation », nous ne sommes pas devins. Cependant ces quelques faits synchrones pourraient-ils suffire à Fabrice Arfi pour qu’il y perde un peu de temps ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’indépendance de Mediapart vis-à-vis de gens comme Xavier Niel, si elle ne fait aucun doute dans l'esprit et l'honnêteté du journal et de ses rédacteurs, n’est pas démontrée par les faits. Les facteurs menant à de possibles (et idéologiquement confuses) allégeances sont multiples : autocensure voire censure, pudeur, manque de lucidité dès que l'on sort du cadre manifestement fétiche de la notice d'agence ou du journalisme... parisien ? Cherchez l'erreur : ce qu'expose Branco, dans une tentative littéraire un peu ridiculement ampoulée, certes, mais singulière et respectable, est justement la boursouflure parisienne, irreprésentable à qui ne la fréquente, impensable passée le périphérique de la "capitale".

Le caractère innovant, démocratique, social et participatif du journal Mediapart s'allie ainsi de manière de plus en plus étrange et schizoïde avec ce qui prend des allures d'arrangements obscurs, d'accords implicites, de soyeux évitements de conflits à dégâts collatéraux potentiels... Bref (que l'on nous pardonne!), ce qui nous semble au fond une ligne sociale-démocrate un peu limitée. La matière qui est à notre disposition conforte ce sentiment de malaise. Mediapart lisse une image (il faut vendre!) qui se veut bien loin de la radicalité "aventurière" d'individus tels que Julian Assange et Juan Branco. Et alors ? Toute proximité avec eux est-elle à ce point impossible ? Et pourquoi donc ? Il semble au CSP-Assange que, quelques soient les possibles défauts narcissiques dont peut parfois faire preuve tout individu à la geste aussi solitaire que courageuse, la décence la plus élémentaire, et l'éthique imposent non seulement d'en respecter, mais exposer les travaux positifs et indéniables. Les journalistes médiatiquement surexposés de Médiapart ne pourront certes pas soutenir le contraire ?

D’autre part, les liens entre Xavier Niel et le président Macron sont manifestes comme le rappelle Juan Branco : c’est « Xavier Niel qui a offert à Michèle Marchand de s’occuper de l’image d’Emmanuel Macron et de sa femme, lors d’une rencontre organisée en son hôtel particulier avec cette dernière. » Si l’on ajoute que le traitement mediapartien du cas Assange est largement compatible avec les exigences des organes de pouvoir, les doutes quant à l’indépendance de vue du journal s’accumulent autour de sujets de première importance.

Pour nous, lecteurs de longue date de Mediapart, qui voyons notre confiance s’effilocher de semaine en semaine envers un journal qui affiche que « seuls nos lecteurs peuvent nous acheter », c’est une nécessité d’extrême urgence que les journalistes de ce journal s’expriment de quelque manière que ce soit. Leur responsabilité individuelle et collective est lourdement engagée dans l’affaire Assange/WikiLeaks qui est d’une ampleur géopolitique gigantesque.

Nous avons décelé plusieurs erreurs journalistiques au premier degré parmi les articles post-arrestation d’Assange, et rien que cela exige une réponse.

P.S. : La question des brèves Reuters est une question en soi. Mediapart héberge comme une poste restante une information pré-machée supposée objective. Voici donc un cas d’école :

Prenons celle du 3 avril, titrée par Reuters : « L'Equateur accuse Assange d'avoir violé les conditions de son asile ». Encore un « viol » ? Pas le dernier, c’est sûr. Dans le chapô du même câble, l’agence reprend les propos du président Moreno, dont l’indépendance vis à vis des États-Unis est de notoriété publique : « … Julian Assange, avait "violé de manière répétée" les termes de l'asile… ». Puis dans le texte, un rappel O combien objectif : « … pour ne pas avoir à être envoyé en Suède où il était accusé de viol. » Que c’est pratique, l’agence Reuters, pour publier des sujets que l’on ne désire pas traiter. Les mains restent propres.

Nous ne répéterons jamais assez que la Suède n’a pas accusé Assange de viol, comme la justice entend le mot “viol“ en France. La dénomination la plus proche serait un délit sexuel « de moindre gravité » (les termes entre guillemets sont explicitement cités par la justice suédoise, qui depuis a abandonné les poursuites). Les faits « rien que les faits » sont détaillés ici.

Et pour finir sur une synthèse érotico-soft de notre affaire à tous, un incontournable :

Honest Government Ad | Julian Assange © thejuicemedia

(*) : Traduction d’Aristote par Cornélius Castoriadis 1977, Domaines de l’homme aux éditions Points.

(**) : Jacques Derrida 1967, L’écriture et la différence aux éditions Points.

À tous : sur cette page mode d'emploi, envoyez en "commentaire", vos suggestions, opinions, potentiels de défense d'Assange, ou contactez nous via nos blogs. Ou lisez nos autres articles qui démontrent qu' aucune accusation éthique ou politique d'Assange ne tient vraiment. Et si vous pensez le contraire, argumentez, nous échangerons.

Pétition  --------------------------------------------------------------------------------------------------

Libérez Assange : signée par > 137 000 personnes, celle-ci nous semble la plus consensuelle.

------------------------------------------------------------

 

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.