Le jardin naturel (5)

Contrôler les limaces, L’éclairage du jardin, Les plantes exotiques invasives, Les vieux déchets de jardin

  suite des billets : Le jardin naturel (1) ; Le jardin naturel (2) ; Le jardin naturel (3) ; Le jardin naturel (4)

 
                               Contrôler les limaces
 
La limace est certainement l’ennemi public n°1 du jardinier. Il faudra éviter d’avoir recours à des produits chimiques (souvent à base de métaldéhyde) très efficaces mais dangereux pour l'ensemble de la faune sauvage et domestique, du chat à l'oiseau, en passant par le chien, le hérisson et aussi l’enfant.

 © julien populin © julien populin

 
          Lutte préventive
 Favoriser les ennemis naturels des limaces (carabes, mille-pattes, taupes, crapauds, hérissons, oiseaux…) en leur offrant abris et nourriture, grâce à une diversité de milieux dans le jardin ;
Réguler les populations en binant régulièrement pour ramener les œufs enfouis sous terre en surface et ainsi les détruire ;
Protéger les jeunes pousses sous une bouteille en plastique qui, en plus de son rôle de protection, fera office de mini-serre ;
Planter en bordure du potager des espèces moins sensibles comme l’ail ou l’oignon dont l’odeur forte « masque » les autres légumes (les limaces chassent à l’odorat). Les variétés délicates (salades vertes, choux-fleurs) seront plantées au milieu ;
Mettre en place des plantes dont les limaces ont horreur : thym, menthe, géranium, capucine, tagette (efficace aussi contre les nématodes), cassis et surtout la bourrache. Cette méthode n’est efficace que si les rangées de plants ont une largeur suffisante ;
Arroser les jeunes plants et les semis en cours avec du purin de limaces. Les limaces vivantes sont repoussées par l’odeur de leurs congénères en voie de décomposition.
Ne pas laisser traîner des plantes fanées ou pourries qui attirent les limaces ;
Si la parcelle à protéger est de taille raisonnable, l’entourer d’une gouttière enfoncée à ras du sol et régulièrement alimentée en eau, les limaces ne savent pas nager.
 
          Lutte curative
Piéger les limaces puis les détruire. La technique la plus efficace, même si cela peut paraître très cruel, consiste à donner un rapide coup de ciseaux derrière la tête (dans le cerveau). Cela représente bien moins de souffrances qu’un empoisonnement chimique. Plutôt active de nuit, la limace se cache le jour dans des abris sombres et humides. Fournissez-lui ses abris de prédilection comme des planches sur le sol, des cartons, des demi-agrumes. Remarque : des pots remplis de bière affleurant la surface du sol attireront à coup sûr les limaces de votre jardin qui viendront s’y noyer mais aussi celles de votre voisin et de nombreux insectes utiles ;
Assécher les chemins d’accès en disposant sur le sol un matériau qui assèche le terrain en surface : poudre d’algues calcaires, sciure ou cendres de bois, aiguilles de pin, sable ou chaux (à remplacer régulièrement, surtout par temps de pluie) ;
Accueillir des canards appartenant aux races " Coureur indien " et " Kaki-Campbell " qui se délectent de limaces sans toucher aux plantations ;
 Si aucun des trucs ne fonctionne, utilisez en dernier recours des produits à base de phosphate de fer, le moins dommageable pour la faune et l’environnement.


 
                              L’éclairage du jardin


L’éclairage nocturne des maisons et des jardins n’a cessé de se développer aux cours des dernières années, au point de désorienter les oiseaux migrateurs qui voyagent la nuit. Il perturbe aussi la vie nocturne et le rythme biologique des animaux qui survivent dans les jardins – à commencer par les vers luisants. Les lampes attirent irrésistiblement certains insectes nocturnes, des papillons notamment, et provoquent leur mort par épuisement. Et enfin, la clarté artificielle augmente la vulnérabilité des oiseaux qui dorment et des petits animaux qui s’activent la nuit : ils sont plus faciles à repérer par les chats.
 

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 Il convient donc d’éteindre l’éclairage du jardin lorsqu’il est inutile. Il est également préférable de choisir des lampes qui renvoient la lumière vers le bas, plutôt que des modèles qui éclairent le ciel tous azimuts.


 
                              Les plantes exotiques invasives
 
Certaines plantes originaires d’Asie ou d’Amérique sont en train d’envahir la nature en provoquant de véritables désastres écologiques, car elles se reproduisent vite et éliminent toutes les autres espèces là où elles se répandent. La plupart de ces envahissantes proviennent de jardins ; elles se reproduisent très facilement par graines ou en se régénérant à partir d’un morceau de tige ou de racine. Il vaut donc mieux éviter de les planter, et idéalement les arracher si elles poussent déjà chez soi – ne surtout pas les mettre au compost, mais à l’incinération. Pour ne pas favoriser l’expansion des plantes exotiques envahissantes dans la nature, les espèces suivantes seront bannies du jardin :

Buddleja davidii Buddleja davidii

  • Le Buddleia (Buddleja davidii) ou « arbre à papillons »: s’il est vrai que sa richesse en nectar attire nombre de ces insectes, il n’est pas une plante hôte permettant leur reproduction.
  • La balsamine de l’Himalaya ou Impatiente glanduleuse (Impatiens glandulifera)
  • La grande berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)
  • La renouée du Japon (Fallopia japonica)
  • Le Solidage du Canada (Solidago canadensis)

Et dans une moindre mesure :

  • le cerisier tardif, dit aussi « de Virginie » (Prunus serotina),
  • le rhododendron (Rhodendron ponticum),
  • le rosier rugueux (Rosa rugosa),
  • l’érable négundo (Acer negundo),
  • le faux-vermis du Japon (Ailanthus altissima),
  • le cotonéaster horizontal (Cotoneaster horizontalis),
  • le faux houx (Mahonia aquifolium),
  • l’amélanchier d’Amérique (Amelanchier lamarckii)


 
 
                               Les vieux déchets de jardin


 Un tas de branches et de feuilles abandonné depuis des mois ? Attention avant de le déblayer : il peut abriter une famille de hérissons, un nid de rouges-gorges, des tritons ou d’autres amphibiens qui sont tous très menacés. Si on doit s’en débarrasser, attendre si possible les mois d’août-septembre : la saison des nids est terminée et les animaux n’hibernent pas encore. Ne pas bruler le tas tel quel, mais en faire un nouveau et faire attention de ne pas bruler les animaux qui s’y cachent.
 La commune autorise parfois de bruler les déchets verts, à condition qu’ils soient secs, dégagent peu de fumée et ne dérangent pas les voisins. Dans tous les cas, il est interdit de brûler des ordures ménagères et d’autres matériaux ou produits, ni des vieux meubles en bois peint ou verni, ni des piquets ou des barrières traités contre le pourrissement.

 © julien populin © julien populin


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