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Le blog de Philippe KARPE

DIrecteurs de recherches
Montpellier - France
À propos du blog
Usus, fructus, abusus Une comédie en un acte, réaliste, autocritique, sonore et musicale, à texte, à trous et à tranches Coauteurs: Etienne Delay, etienne.delay@gmail.com, et Philippe Karpe, philippe.karpe@gmail.com Description du lieu : L'ensemble de la pièce se déroule dans un lieu unique : un tribunal de province dans une petite ville rurale. Aucune indication précise de temps et de lieu. À l'exception du narrateur, qui est dans un non-lieu périphérique à la scène, les protagonistes sont situés dans la salle d'un procès au pénal. Le décor est très classique : les murs sont couverts de bois, une petite barrière en bois ouvragé sépare le public de l'avocat et du procureur, le sol est un vieux parquet grinçant. L’avocat et le procureur tournent le dos au public et font face au juge qui se trouve sur un perchoir. Le jury est en ligne sur la droite de l’avocat et du procureur. Un petit sac plastique repose sur une chaise au vu et su de tous. Le public comprend des gens de classe moyenne, avec des familles, des enfants, des personnes âgées, qui viennent à un spectacle divertissant ; ce sont des habitués du tribunal. Ils ont avec eux, Ils font du bruit avec les journaux et les repas qu’ils ont apporté avec eux. Ils s'asseyent sur de vieilles chaises en bois qui grincent. Description des protagonistes : Le public/jury. Il n'a pas de rôle, mais fait des bruits spécialement en réponse aux échanges entre l'avocat et le procureur. Ces bruits sont : « ouhhh !!! » et « clap !!! » ainsi que des bruits de chaise, de journaux et de repas pris directement dans le tribunal. L’avocat. Il est commis d'office, jeune et inexpérimenté. Il n'a pas d'engagement et ne défend pas des valeurs particulières. Il cherche à monter dans la société. Il va chercher à s'attirer la grâce des puissants. Il ne s'investit pas dans ce qu'il défend. Le procureur. Il est âgé et a de l'expérience. C'est un vieux renard de la magistrature. Il aime les effets de manche et parle avec emphase. Il aime attirer l'attention sur lui. Il aime l’esbroufe. C’est un personnage très théâtral. L’objet du procès ne l'intéresse pas, c'est juste un prétexte pour se montrer. Le narrateur. Vieux, visage ridé, yeux éteints, tristes, il a l'allure d'un greffier ; par contre sa face s'illumine et apparait déterminée dès qu’il parle. Il montre la réalité et donc la complicité. On entend un soupir et un murmure, c'est le narrateur qui parle et donne de vrais exemples mettant en évidence la complicité. -------------------------------------- En introduction de la scène 1, on entend progressivement une musique qui disparait totalement vers la seconde 53 de celle-ci. Cette musique est: Zoreslav Kravchuk Toccata and fugue in D minor → https://www.youtube.com/watch?v=6OEgUli2QKc Le narrateur : tousse, il crachote un peu ; d'un pas trainant, il saisit son bâton, frappe trois coups et ouvre la scène machinalement avec un air désabusé par ce qui va se passer. -------------------------------------- Scène 1 Les protagonistes : • le procureur • l'avocat • le public/jury • le narrateur Le public/jury se met en place. On entend un peu de brouhaha faits de bruits/petits cris d'enfants, de grincements du parquet et de chaises, de paroles indistinctes de femmes et de leurs époux, et de journaux et de tissus froissés. L’avocat s’assied. On entend un grincement de parquet et de chaise, un froissement de plastique (il a touché son client), par contre aucun bruit de feuille ou de dossier posé. Entre en scène le procureur. On entend ses pas sur le parquet, et le grincement de sa chaise, par contre aucun bruit de feuille ou de dossier posé ------------------ -------------------- Procureur : il lit l'acte d'accusation ; on entend des « flap flap » comme des bruits d'ailes et de vent, car il agite ses manches et on l'entend prendre son souffle très fortement avant de s'élancer avec emphase. Sac plastique accusé de crime contre l'humanité, crime contre les valeurs d'égalité de solidarité de fraternité, accusé d'avoir asphyxier les poissons, tuer les océans, enlaidis les femmes en les privant des plus belles perles, d'avoir affamé les enfants et les femmes en les privant de nourriture, d'avoir obligé les hommes à l'obésité en les privant de chair blanche peu calorique l’innocent poisson des pacifiques océans, d'avoir contraint au suicide les déprimés en les privant d'oméga 3, d'avoir rendu les vaches folles en les obligeant à manger de la viande, d'avoir...oh que j'en pleure..... d'avoir contraint un grand-père d'annoncer la mort de flipper étouffé par l’accusé : LE SAC PLASTIQUE..... NON ! mesdames et messieurs les jurés..... NON! Monsieur le président NON ! mesdames et messieurs le public..... NON ! NON ! NON ! Monsieur l'avocat d'une défense bien discutable..... NON ! ne vous fiez pas à sa taille NON ! pas de pitié..... ce petit sac est un ASSSASSIN..... ce petit sac d'une qualité médiocre sans luxe ni logo UN SAC SDF incapable ainsi de justifier son existence EST L'ASSASSIN DE L'HUMANITÉ de TOUS LES ÊTRES VIVANTS. Avocat : au même moment : grincement de chaise, car il essaie de se lever, on entend des « flap flap » comme des bruits d'ailes et de vent, car il agite ses manches, mais moins forts que pour le procureur puis un nouveau grincement de chaise, il hésite, il se rassoit et ainsi plusieurs fois. Il ne sait pas comment répondre. Puis à mi-mot, dans un seul souffle, presque en aparté, dans un mélange de crainte, d'ironie, d’interrogation et de séduction vis-à-vis du procureur, il coupe la parole au procureur. Il est tout de même étrange de faire aujourd'hui le procès à un sac une vulgaire chose..... faites-le plutôt à mon petit doigt..... accusé de désinvolture lorsqu'il ne se soulève pas pour le thé..... Oui ! vous feriez acte de plus grande perspicacité..... Procureur : reprenant son accusation et sans prêter attention au propos rapide de l'avocat. Alors donc la nature n'aurait aucun droit..... Alors donc la nature ne serait que notre antique esclave..... Alors donc nous devrions renoncer à tous les principes révolutionnaires à tous les combats de nos ainés ..... (sur l'air de la Marseillaise) Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats Ils viennent jusque dans vos bras, Égorger vos fils, vos compagnes (très satisfait de son effet, mais se rendant compte qu'il s'emporte) ..... Et qu'est-ce donc que ce sac ce fils de la nature..... qui commet un acte de parricide de mariticide de nationicide..... il nous faut défendre la famille, le socle de toute notre vie depuis l'origine....OUI CE SAC EN TUANT LES SIENS, DONT NOUS, s'est de lui-même retranché de la nature dont il faisait partie. Le procureur : il se déplace vers la table, agite vigoureusement vers le public et le sac plastique à plusieurs reprises un camembert industriel emballé du plastique commercial ; ce camembert est blanc, d’apparence indigeste et informe, il ressemble à une matière plastique. Il intervient sur l'air de la Marseillaise. Tremble, tyran ! et toi, perfide, L'opprobre de tous les partis, Tremble ! Tes projets parricides Vont enfin recevoir leurs prix. Le public/jury reprend et chante sur la musique publicitaire du fromage "belle des champs" : https://www.youtube.com/watch?v=uVZhGg2yjRA . Ca dure de la seconde 0' à la seconde 7' de cette musique publicitaire. L’avocat : il souffle dans un sac plastique, pour le gonfler et le fait exploser, on entend un gros « BANG » et dit tout de suite après. Que faites-vous dans votre jeunesse ! Il souffle dans un deuxième sac plastique, pour le gonfler et le fait exploser, on entend un nouveau gros BANG et dit tout de suite après. N'avez-vous jamais joué ?! Il souffle dans un 3ème sac plastique, pour le gonfler et le fait exploser, on entend encore un gros BANG On entend dans le public/jury : « Assassin ! Bourreau d’enfants ! » Le procureur : Mais, c’est le chaos ! L’avocat : Non ! C'est le plastique..... Et le plastique, c'est fantastique..... (silence) ..... ET Quant au caoutchouc, c'est super doux..... (silence) et finalement Mon client et moi nous l'affirmons sans complexe C'est une question de réflexe Dès qu’il a fini, on entend aussitôt la chanson de Elmer Food Beat https://www.youtube.com/watch?v=MNm-3j98dSg Un silence de cinq secondes, le public se regarde interloqué, et on entend en même temps des « ouhhh !!! » et des « clap clap !!! ». Le procureur : Oui bourreau d'enfant, vous les empêchez de vivre, vous les empêchez de naître..... rendez vous compte de tous ces génocides de masse que vous perpétrez et justifiez ! Je remercie ma mère de ne jamais vous avoir rencontré Oh merci maman ! L’avocat : lyrique : Mon client et moi-même nous avons le cœur serré à vous écouter Quelle marque d’égoïsme ! Quelle marque d’individualisme ! Quelle tuerie vous perpétrez et justifiez ! Je pense à Line Renaud et à son fier combat ! Je pense à Nicole Hulot et à Ushuaia ! Je pense au Dalai Lama et son mantra ! Le procureur : Vous auriez pu lui offrir néanmoins une mort digne. L’avocat : C'est vrai ! Manger par Moby Dick c’est mieux que par une sardine ! -------------------------------------- Refrain : Le procureur : Complexité ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». L’avocat : Simplicité ! On entend dans le public/jury : « ouhhh !!! ». Le procureur : Simplicité ! On entend dans le public/jury : « ouhhh !!! » L’avocat : Complexité ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». Le public/jury pédale dans la semoule et dit en chœur : Complicité ! -------------------------------------- Un silence, puis on entend la chanson de Prévert « Les feuilles mortes » chantée par Yves Montand : "Oh, je voudrais que tu te souviennes..... ». Le son s’amenuise progressivement pour ne devenir qu’un fond sonore et à ce moment-là on entend le narrateur parler. Il parle en feuilletant un album d’images. Il dit ce qu’il voit. Sur une plage, une dame ouvre un emballage de protection aseptisé en plastique contenant des compresses pour soigner son fils blessé. Pendant qu'elle lui prodigue des soins, le ressac emporte le plastique qu'elle avait négligemment abandonné sur le sable. Ce petit objet d'allure inoffensif croise le chemin d'une jeune tortue des mers, qui le prend pour une méduse et le mange et s'étouffe. Malheureusement cette tortue était l'avant-dernière de son espèce. Reprise de la chanson à la fin du narrateur pour quelques secondes. qui arrive comme une vague puis qui se retire progressivement (on entend bien les mots: "mais la vie sépare ceux qui s'aiment... les amants désunis ») et là silence ----- --------------------------------- Scène 2 Les protagonistes : • le procureur • l'avocat • le public/jury • le narrateur Le procès a continué à se faire. Nous retrouvons les protagonistes un peu plus tard, dans la salle du tribunal. Le procureur : Regardez ma médaille du mérite agricole ! Je suis le garant... de tous nos agriculteurs qui nourrissent la planète ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». L’avocat : Pensez à ce petit nenfant tenant à la kermesse d'une main fébrile son petit sac plastique empli d'un joyeux petit poisson rouge..... N’avez-vous donc aucun cœur ? N'avez-vous donc aucune espérance ? N'avez-vous donc jamais été un nenfant ? N'êtes-vous pas donc humain ? On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». Le procureur : Moi-même je suis grand-père, j'ai des dizaines de petits nenfants qui illuminent notre maison de vacances..... Et VOUS ! Navez-vous JAMAIS pensé à ce petit nenfant qui égoïstement affame les autres en asphyxiant leur poisson dodu dans leur tout petit plastique ? L’avocat : Ne tournez pas le regard sur tous ces petits pieds nus sauvés ! libérez ! délivrez ! de la souffrance des sols pierreux, rocailleux, des petits chemins menant à leur école !..... Pensez à toutes ces mères dans nos prairies normandes si heureuses de préserver leurs petits veaux ! (bruits de larmes feintes de l’avocat). On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». Le procureur : Regardez au loin masquant nos blancs nuages ces fumées noires puantes se soulevant de ces hautes montagnes de chaussure de plastique usé ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». L’avocat : Oh mon cœur se serre ! oh ma mémoire défaille ! au pays des droits de l'homme comment rendre à l'antique esclavage les vaches, les veaux et les petits cochons ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». Le procureur : Incendiaire ! L’avocat : Dictateur ! Le procureur : Néron ! L’avocat : César ! Le procureur : Obélix ! L’avocat : Astérix ! On entend du côté de la place où se trouve l’accusé de divers bruits très discrets et très légers : bruits de sanglots, de soupirs, exprimant la tristesse et l’incompréhension. Le procureur : reprenant ses esprits. Il est inadmissible de gâcher la matière première : ramener le plastique sur leur terre d'origine...... Notre égoïsme de privilégiés nous conduit à conserver pour nous seuls cette partie du corps de notre mère la terre..... OUI ! Il faut rendre à la terre ce qui lui appartient..... OUI ! Il faut être ami avec elle..... OUI ! Il ne faut pas déposséder les autochtones de leurs terres..... OUI ! Nous devons affréter des cargos pleins de plastiques et les renvoyer à leur maisonnée..... OUI ! Il faut rendre à César ce qui est à César ! En voilà une belle idée pour faire du développement. L’avocat : Nous ne pouvons leur faire porter la faute ! Les pays du sud ne sont pas notre poubelle ! Que nenni ! Brûlons les plastiques ! Le procureur : paroles accompagnées d'un geste magistral empli d’humanité. Au nom des droits de la nature vendons-les ! Avocat : Au nom des droits de l'Homme, donnons-les ! Le public/jury ne sait ce qu'il doit dire « clap clap !!! » ou « ouhhh !!! » et contre qui ; finalement, il fait tout en même temps : « clap clap !!! » « ouhhh !!! ». -------------------------------------- Refrain : Le procureur : Complexité ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». L’avocat : Simplicité ! On entend dans le public/jury : « ouhhh !!! ». Le procureur : Simplicité ! On entend dans le public/jury : « ouhhh !!! ». L’avocat : Complexité ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». Le public/jury pédale dans la semoule et dit en chœur : Complicité ! -------------------------------------- Un silence, puis on entend la chanson de Prévert « Les feuilles mortes » chantée par Yves Montand : "Oh, je voudrais que tu te souviennes..... ». Le son s’amenuise progressivement pour ne devenir qu’un fond sonore et à ce moment-là on entend le narrateur parler. Ni complexité ni simplicité, mais complicité ! C'est l'abus le problème. Acheter un polaire à son fils fait de matière plastique recyclée, un bon point pour la planète ! Pour protéger la planète, ce pull sera lavé à froid des centaines de fois dans une machine labellisée. Mais à chaque lessive, de petits brins de plastique du pull se détachent. Les eaux usées de la machine coulent au loin jusqu'en Arctique où elles nourrissent les animaux nouveaux nés avec les très nombreux micro plastiques qu'elles charrient et qui en meurent intoxiquées. Reprise de la chanson à la fin du narrateur pour quelques secondes. qui arrive comme une vague puis qui se retire progressivement (on entend bien les mots: "mais la vie sépare ceux qui s'aiment... les amants désunis ») et là silence -------------------------------------- Scène 3 Les protagonistes : • le procureur • l'avocat • le public/jury • le narrateur Le procès a continué à se faire. Nous retrouvons les protagonistes un peu plus tard, dans la salle du tribunal. On est au moment de la condamnation. L’avocat : En condamnant ce plastique mesdames et messieurs vous êtes les rênes qui frappent la peau tannée des chevaux qui trainent la charrette de tous ces travailleurs pauvres que vous condamnez à une mort certaine ! Vous êtes le chauffeur de leur corbillard ! Vous êtes leur fossoyeur ! Le plastique les protège !..... Mais VOUS ! VOUS ! VOUS ! vous les condamnez, vous les assassinez, vous les exécutez ! Quelle ignominie ! Quelle infamie !..... Vous, Hadès, vous les noyez dans le Styx ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». L’avocat : reprenant son propos. Plastonicide..... Les fumées noires vont nous envahir, noircissant nos murs, peintures et statues, chauffant l'air et crament les forêts et les animaux, dont les autochtones..... Contre cet écocide, contre ce génocide, contre ce plastocide..... et j'ose le dire : pour la survie de la chanson belge !..... je réclame la relaxe et les pleines excuses à mon client. On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». L’avocat : reprenant son propos. Mais si vous ne voulez en faire qu'un exemple, ce n'est alors ! qu'une vulgaire vengeance contre votre proctologue ! On entend dans le public/jury : « ouhhh !!! » Le procureur : Mon cul va bien ! je vous remercie. L’avocat : Oh ! J'en suis ravi ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». Le procureur : très emphatique. Au nom d'un long et vénérable héritage de justice, et comme nous l'a enseigné notre lointaine et illustre aïeule, je ne demande que la rédemption..... par la crémation : au bucher ! -------------------------------------- Refrain : Le procureur : Complexité ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». L’avocat : Simplicité ! On entend dans le public/jury : « ouhhh !!! ». Le procureur : Simplicité ! On entend dans le public/jury : « ouhhh !!! » L’avocat : Complexité ! On entend dans le public/jury : « clap clap !!! ». Le public/jury pédale dans la semoule et dit en chœur : Complicité ! -------------------------------------- Scène 4 Les protagonistes : • le procureur • l'avocat • le public/jury • le narrateur Il s’agit du final, la fausseté est révélée. Le procès s’est achevé. Nous retrouvons les protagonistes dans la soirée. Le plastique a été brûlé. On voit une fumée noire et une masse informe noire sur le sol. Le public/jury rassasié d'émotions s’éparpille et on entend quelques paroles : « As-tu tes gants ? » « As-tu ta visière ? » « As-tu ta blouse ? » « Mince comment se protéger maintenant ? » Le procureur et l'avocat se retrouvent attablé dans un restaurant le soir et discute d'une autre affaire qui serait similaire. L’avocat et le procureur sont attablés, surplombant la place où le petit sac a été brûlé. L’avocat : Du fromage ? Le procureur : Un peu de vin ? L’avocat : Les phoques ? Le procureur : Compagnie pétrolière ? L’avocat : Défense ? Le procureur : Attaque ? L’avocat : Victime ? Le procureur : Coupable ? L’avocat : À pile ou à face ? Le procureur : Fromage ou dessert ? On entend divers bruits de couverts, de vêtements, de mâchoires, plus forts que ceux de la nature et les couvrant et d'ailleurs personne ne prête attention aux bruits de la nature. L’avocat et le procureur : en chœur : Pauv' phoques ! Usus, fructus, abusus ! Tout de suite après ce dernier mot, on entend une petite musique joyeuse et entreprenante : des mariachis. -------------------------------------- Le narrateur : Vais-je ou non fermé les rideaux ? Les bougies ? La salle ? (il soupire profondément et s’interroge)...... Tout ceci ne serait qu'une mauvaise pièce ? Existerait-il une œuvre différente ? Ne serait-ce qu'un jeu de rôles ? Des masques interchangeables ? (silence) NON ! (il se redresse vigoureusement, le visage tout à coup déterminé, épanoui et rajeuni et il frappe à nouveau les trois coups et seul en scène déclare) Tout ceci n'est qu'une farce ! Elle ne peut pas se terminer comme ça ! Il faudrait du respect, de l'humanité et fondamentalement de la sincérité ! (silence) Ne serait-ce que des masques ou des rôles que nous jouons ? NON ! NON ! NON ! Tout ceci n'est pas du théâtre ! Tout ceci ne doit pas être du théâtre ! Pourquoi accepter ? (silence) NON ! NON ! NON ! Rejouer cette pièce ? Elle serait identique ! Ce serait toujours les mêmes ressorts ! C'est trop grave ! Rien de tout ceci n'est du théâtre ! Rien de tout ceci ne doit être du théâtre ! Comment pouvons-nous accepter plus longtemps ! (silence) Si nous rejouons la pièce, elle doit être fondée sur le respect, et la sincérité ! C'est le moteur de leurs actions qui doit être changé ! Et dans ce cas-là ce ne serait plus une pièce de théâtre, une farce, mais enfin une quête de la vérité ! (silence) Mais est-on vraiment sûr de notre propre sincérité ? -------------------------------------- Tout de suite après ce dernier mot, et en clôture, on entend progressivement la musique d’introduction : Zoreslav Kravchuk Toccata and fugue in D minor → https://www.youtube.com/watch?v=6OEgUli2QKc Elle reprend là où elle s’était arrêter vers la seconde 53
  • «Usus, fructus, abusus»

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    Comédie sociale d'E.Delay et de P.Karpe en un acte, réaliste, autocritique, sonore et musicale, à texte, à trous et à tranches mettant au premier plan le procès du sac plastique jugé pour responsable de tous les maux présents de nos sociétés. Ce procès montre en fait l'hypocrisie des acteurs et que seule notre sincérité évitera la catastrophe humaine intégrale quasi inéluctable.
  • Pour l’affirmation des Communs en Guyane

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    Si le droit à un environnement sain n’est pas mentionné explicitement dans les instruments internationaux en matière des droits humains, la tendance est «vers la reconnaissance des liens entre la protection de l’environnement et l’exercice des droits de l’homme». Par Florencine Edouard, Alexis Tiouka, Membres du Groupe des Experts et Juristes en Droits Humains et en Droits des Peuples Autochtones, Juristes; Philippe Karpe, Juriste.