Élections, problème de la démocratie, vraiment ?

Voilà c’est fait, plus que 26 % de votants pour ces élections régionales et départementales. Et des élus qui se gargarisent de leurs résultats sur ces 26 % de représentation nationale…

Puis je lis dans la presse des articles sur les abstentionnistes avec des remarques :

  • Sur le manque d’informations sur ces élections, et sur les difficultés à s’inscrire à temps ou pour voter.

  • Sur l’inutilité du vote parce que les élus font ce qu’ils veulent, mais pas ce pourquoi on les a élus. Que l’on ne peut pas les sanctionner, etc.

  • Sur le fait que l’on vote utile pour un individu que l’on ne veut pas vraiment, tout cela pour regrouper nos forces citoyennes et éviter un candidat bien pire dans un rapport de forces faussé.

  • etc.

En bref que l’on ne vote pas pour répondre aux besoins des citoyens, et encore moins pour décider du devenir, des règles et des projets sur un champ commun pour notre société.

Pourtant il me semblait que nous étions en démocratie ?

C’est-à-dire que les citoyens décidaient des choix pour la société et de ses règles communes. Nous aurait-on menti ?

Et bien OUI, nous n’avons jamais été dans une démocratie !

Cette démocratie où le peuple est souverain et décideur :

  • des règles du contrat social,

  • des besoins de notre société,

  • des projets à mettre en œuvre pour répondre à l’appel d’offres citoyennes,

  • des arbitrages de conflits,

  • de notre économie,

  • de notre information et éducation,

  • et de notre sécurité.

Mais alors dans quel régime vivons-nous ?

Nous savons que nous avons actuellement une monarchie présidentielle qui vient de se substituer au régime parlementaire.

Mais au fait c’est quoi l’inverse d’une démocratie ?

  • Une dictature ?

  • La monarchie ?

  • L’oligarchie ?

  • L’autoritarisme ?

  • La théocratie ?

  • Etc.

Et bien tout cela ne représente que des variantes d’un seul système, l’ARISTOCRATIE !

C’est-à-dire que les décisions, le contrat social, les besoins et les projets, etc. sont du choix d’une élite dominante. Tout l’inverse d’une démocratie !

Comment cela est-il possible ? On nous aurait menti et manipulé socialement pour nous faire accepter un régime aristocratique pour démocratique ?

Et bien OUI !

En effet avant la révolution française de 1789, la bourgeoisie (les financiers du placement à rentes du commerce, l’impôt privé) voulait partager le pouvoir avec les dominants qu’étaient la noblesse et le clergé.

  • La noblesse représentait alors les dominants militaires et leurs héritiers les riches propriétaires terriens.

  • Le clergé lui, c’était la fabrique du consentement à cet ordre de domination sociale aristocratique. Depuis l’Empire romain ces religieux étaient les dignes héritiers de Siméon le juste le créateur de l’ancien testament. Il était aussi le théoricien de la manipulation des citoyens par la croyance afin d’asseoir la domination aristocratique sur les démocrates à la Grecque. Tout ceci étant la conséquence de la bataille idéologique que se menaient les aristocrates avec les démocrates à la bibliothèque d’Alexandrie.

Ces bourgeois français, conséquence de la financiarisation de l’économie, étaient déjà représentés par les élus du tiers état. En effet ces élus n’étaient autres que des candidats censitaires des villes, alors que la population française était à majorité paysanne et surtout analphabète.

Cette lutte de nos trois aristocraties de dominations sociales, dans les périodes des révolutions citoyennes, conduisit nos bourgeois à profiter de la déstabilisation de cet ordre monarchique pour s’immiscer à leur égal de domination. Avec les régimes napoléoniens, cette bourgeoisie va intégrer l’aristocratie dominante de la noblesse grâce à des mariages .

Une fois intégré avec la noblesse, ils vont, lors de la dernière défaite révolutionnaire du peuple (la commune de Paris), mettre en place le régime de monarchie présidentielle comme successeur du régime monarchique de la royauté, et aussi asseoir les régimes parlementaires comme suite logique des élus censitaires. Vient alors une lutte acharnée contre le clergé pour transformer cet outil de conditionnement social religieux à la noblesse, en le faisant évoluer vers les médias de la presse écrite, puis plus récemment vers les médias audiovisuels ou dernièrement ceux du multimédia et d’internet.

Donc tout ceci nous emmène à constater le faux débat entre monarchie présidentielle et royalisme.

C’est bien joli tout cela, mais c’est quoi alors le régime parlementaire ?

C’est une aristocratie représentative des candidats censitaires. Et l’on comprend alors que toutes ces variantes aristocratiques ne représentent surtout que notre ploutocratie. Ce qui explique bien la sociologie des régimes parlementaires, et plus généralement, aussi ceux des représentations intermédiaires de la société, avec leurs trahisons (parachutés de la bourgeoisie et les vendus à leur carrière d’élus).

On comprend alors l’impuissance du votant, qui ne peut ni revendiquer la vraie démocratie sur un système à la suisse amélioré, ni influer pacifiquement pour changer les choses comme dans une vraie démocratie.

Il n’a de choix que de limiter la casse avec la sélection des aristocrates qui leur paraissent les moins extrémistes, ou répondre au mieux suivant la propagande informative de notre ploutocratie avec nos médias «mainstream».

Ce qui conduit au bout de 30 ans, avec la bascule sur un système purement ploutocrate et le jeu de nous diviser sur des sujets clivants (pour nous détourner de ces réalités démocratiques), à l’usure générationnelle sur les régimes parlementaires et le refus d’aller voter pour un système qui verrouille l’expression démocratique du vote citoyen.

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