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La "ségrégation" sociale des minorités ethniques alimente le terrorisme en France, selon Gamal Abina

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La "ségrégation" sociale des minorités ethniques alimente le terrorisme en France, selon Gamal Abina La "ségrégation" sociale des minorités ethniques alimente le terrorisme en France, selon un militant © AP Photo / Christophe Ena OPINION 10:40 GMT 16.11.2020(updated 10:41 GMT 16.11.2020)Obtenir une URL courte par Mohamed Elmaazi 242 S'abonner Les hommes politiques et les médias en France semblent déterminés à ignorer les politiques sociales, politiques et économiques qui contribuent à ce que des actes de violence à motivation politique soient commis par des acteurs non étatiques malgré le rôle évident qu'ils jouent, déclare à Spoutnik un militant antiraciste de longue date. Gamal Abina est un citoyen français d'origine algérienne. M. Abina fait campagne sur les questions antiracistes depuis près de 20 ans et a cofondé le MDC (Mouvement des droits civils). Il affirme que le simple fait de blâmer des idéologies, telles que l'Islam wahhabite, pour des actes de violence à motivation politique en France est simpliste et ignore l'histoire du colonialisme, de l'impérialisme et de la marginalisation des communautés ethniques minoritaires en France. Spoutnik : Décrivez la situation en France depuis les derniers actes de violence à motivation politique. Gamal Abina : Pour commencer, je dirais que la situation en France depuis plusieurs années, avec la multiplication des crises économiques et sociales, n'a cessé de se dégrader. Entre les problèmes d'identité nationale, la déchéance de la nationalité, le discours trop sécuritaire, les manifestations des Gilets jaunes et l'arrivée de COVID-19, l'ambiance générale est très mauvaise. Et maintenant, avec le retour des attentats, l'augmentation des tensions est devenue palpable dans la vie quotidienne. Ici et là, on observe des dérapages racistes et des gestes de mécontentement de la part des Français d'Europe face aux Français de l'immigration postcoloniale et surtout maghrébine. Mais bien que la plupart des violences islamiques soient revendiquées pour des raisons liées aux caricatures du Prophète et à la politique internationale de la France au Moyen-Orient, les grands médias français continuent de prétendre que ces questions ne sont pas liées et que la France subit des attentats terroristes inexplicables. Bien qu'ils ne soient pas nécessairement fous, ces assassins continuent d'être perçus comme tels par les dogmatiques laïques en France [qui ignorent toute motivation politique qu'ils pourraient avoir pour leurs actes de terreur]. Spoutnik : Comment l'État français a-t-il réagi à de tels attentats ces dernières années ? Gamal Abina : L'arrivée de M. Macron au pouvoir en 2017 a apaisé les tensions. Il est indéniable que ce jeune président n'a aucune tradition colonialiste et n'est évidemment pas raciste. Durant les deux premières années de son mandat, il a systématiquement réduit, voire limité, le positionnement politique offensif de la France vis-à-vis de l'Islam et de l'Islamisme. Pendant deux ans, la question de l'islamophobie avait été réduite à une peau de chagrin, malheureusement avec l'arrivée d'un conseiller [l'ancien président de centre-droit] Nicolas Sarkozy, le positionnement politique de Macron face aux tensions sociales a commencé à évoluer en reprenant les bonnes vieilles méthodes de bouc émissaire. Il ne mange pas de pain pour frapper la minorité, pour la pointer du doigt afin de détourner l'attention des vrais problèmes insolubles. Au départ, la droite était très offensive sur les questions d'Islam, de prières de rue, de repas communautaires, de femmes voilées, de piscines mixtes, mais le gouvernement Macron a apaisé les minorités avec un niveau d'ouverture sans précédent. L'islamophobie en France est-elle propagée par ses politiciens ? Depuis, la droite s'est rapprochée de lui, via Nicolas Sarkozy, avec le discours classique d'une France en danger, d'une laïcité menacée mais surtout de l'idée d'un ennemi de l'intérieur. Cet "ennemi" est présenté comme dormant et peut se réveiller à tout moment et refaire surface. Aujourd'hui, la gestion des minorités nord-africaines et de leurs traditions religieuses est redevenue tendue, le discours laïque s'affirme plus que jamais et l'offensive médiatique est relancée comme jamais auparavant. Elle est ainsi devenue une gestion plus répressive et beaucoup moins ouverte qu'au début de son mandat. Le sentiment général est que la France est à nouveau prise dans un discours offensif et guerrier avec une composante répressive renforcée, mais surtout avec l'idée que le pays est en guerre et que tous les moyens sont bons pour réduire cet ennemi mal défini. Entre les guerres contre le virus et la guerre contre le terrorisme, on a le sentiment d'être revenu en 2001 après le 11 septembre [les attaques terroristes aux États-Unis]. Spoutnik : Dans quelle mesure les politiques du gouvernement français en réponse à ces attaques ont-elles amélioré ou aggravé la situation ? Gamal Abina : La réaction politique et médiatique, et plus particulièrement les réactions émotionnelles des dirigeants, me semblent extrêmement dommageables pour le pays. En effet, malgré l'horreur des assassinats qui se sont succédés depuis 2015, les dirigeants politiques français ne prennent pas le recul nécessaire pour apporter une réponse appropriée mais ont tendance à surfer sur la vague émotionnelle légitime d'une population à bout de souffle. La conséquence directe est le sentiment d'une politique impuissante qui se limite à déployer des forces répressives face à un ennemi fantôme, un ennemi désincarné appelé terrorisme. Au lieu de privilégier la prévention et l'éducation, mais surtout la réduction des tensions, l'État s'engage dans une guerre asymétrique qui ne manquera pas d'avoir des conséquences fâcheuses pour des innocents. Comme les services de renseignement ne sont pas en mesure de prévoir un acte isolé, un loup solitaire tente de frapper des organisations musulmanes et des ONG visibles pour donner l'exemple et donner le sentiment que la sécurité sera rétablie. En 2015, après les attaques du Bataclan, qui ont causé la mort de plus de 300 civils innocents, l'État avait déployé l'ensemble du système policier sur tous les territoires afin de procéder à 3000 arrestations plus ou moins ciblées qui n'ont finalement rien donné. Les défaillances des services de renseignement français ont entraîné un attentat terroriste au Bataclan Hall Cette fois, la population est sollicitée, avec un numéro vert pour dénoncer le possible voisin ou collègue qui se radicaliserait sur la base de critères mal définis, ce qui fait un numéro de téléphone aujourd'hui totalement saturé. Là encore, le sentiment général est que l'État est chroniquement incapable de résoudre le problème et qu'il est obligé de faire appel à la population comme relais de substitution à la police. Vous pouvez imaginer les excès que cela entraînera. Pire encore, la classe médiatique prétend défendre un journal d'intérêt privé en revendiquant le droit à la liberté d'expression qui est garanti par la loi mais surtout le droit au blasphème qui n'existe pas dans les textes. Là encore, il n'y a pas de remise en cause des dessins grossiers et insultants qui sont présentés comme des caricatures inoffensives et légitimes. Les médias préfèrent privilégier le caractère indépendant, intellectuel et libre dans son expression artistique d'une France qui ne capitulera jamais face au terrorisme. Le président Macron, dans un discours mal maîtrisé, s'est également exprimé pour défendre les caricatures de Charlie Hebdo. Là encore, les conséquences ont été désastreuses puisque les pays musulmans se sont sentis insultés à leur tour et ont décrété un boycott des produits français sur leur territoire. Avec la montée des tensions, le président de la République a dû s'exprimer sur la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera pour expliquer qu'il n'était pas du tout contre les musulmans ou l'Islam ; une manière de combler le fossé qui ne convaincra pas grand monde. Bien sûr, l'entreprise n'a probablement pas apprécié le risque de perdre son chiffre d'affaires en pleine pandémie mondiale. Spoutnik : La France a-t-elle besoin d'une législation plus stricte pour faire face à la violence à motivation politique ? Gamal Abina : Il est évident que la France n'a pas besoin d'une législation plus stricte puisque l'aspect répressif est extrêmement lourd. Aujourd'hui, la garantie des libertés individuelles, mais surtout de la liberté d'expression et de la laïcité, est inscrite dans la loi. Les actes de violence sont lourdement sanctionnés, surtout lorsqu'il s'agit de la mort d'une personne, et le climat général de dénonciation augmente encore la pression sur ceux qui voudraient s'écarter du droit chemin. D'autre part, pour souligner la nature politique de cette violence, il convient de rappeler que la France est néanmoins en guerre sur plusieurs théâtres d'opérations à l'étranger : La Libye pour sa proximité géographique, le Mali, la Syrie où elle a encore des hommes présents sur le terrain. Sa rivalité avec la Turquie est évidente et les tensions qui vont s'accroître avec la défaite du général Haftar face au soutien turc des forces de Tripoli n'y sont pas étrangères. A cela s'ajoutent d'autres tensions dans le Caucase avec la question du Haut-Karabakh contestée par l'Arménie, pour laquelle la France apporte un soutien sans faille au niveau parlementaire. La question de Chypre reste également non résolue et la volonté de réduire l'influence turque dans le monde arabo-musulman explique en grande partie l'ouverture de foyers de tension avec les musulmans de France et les musulmans turcs, surtout aujourd'hui. À mon avis, la seule façon de faire face à la violence interne que subissent depuis plusieurs années les différentes populations qui composent l'État-nation français serait de regarder sa politique internationale dans les yeux, d'accepter de retirer les troupes engagées sur tous ces théâtres d'opération, mais surtout de ne plus adopter une position offensive sur la question des caricatures de Charlie Hebdo en adoptant une attitude beaucoup moins partisane et en rappelant que lorsque la caricature passe le stade de l'insulte, la colère contre ceux qui se sentent insultés doit être entendue. J'ai l'habitude de dire que les musulmans en France sont pour la plupart des personnes issues de l'immigration dont les parents ne savaient ni lire ni écrire ; ils n'ont aucun soutien de leur pays d'origine mais, surtout, ils sont une constellation de communautés non organisées incapables de se défendre et de répondre d'une seule voix face à une action politique violente ou problématique. Il est facile de tabasser des personnes faibles qui n'ont pas de représentants élus, pas d'organes de décision et pratiquement pas d'accès aux grands médias pour répondre à leurs critiques. La nouvelle loi anti-terroriste française compromet les libertés sans mettre fin aux attentats Si nous voulons retrouver la cohésion nationale, réduire les tensions et surtout mettre fin aux déséquilibres qui font que les meurtres se traduisent par l'assassinat d'innocents sans défense, nous devons rétablir le canal de communication, sortir du bras de fer qui consiste à imposer systématiquement une position laïque ou critique agressive à l'égard de la religion musulmane. Pour que les choses aillent mieux, comme sous le mandat de Jacques Chirac, qui, je le rappelle, n'a pas connu d'attentats terroristes pendant ses douze années de mandat, il faut pouvoir discuter avec ses détracteurs ou ses opposants pour rééquilibrer sa position afin de trouver des solutions qui rapprochent les points de vue. Sans ce canal de communication essentiel et surtout sans le désengagement des troupes françaises qui interviennent trop souvent dans des pays où elles ne sont ni invitées ni mandatées, la question du terrorisme et des réponses violentes ne pourra jamais être résolue. Il est évident que la communication a été rompue depuis très longtemps et que malheureusement des radicaux de tous bords s'y sont greffés, poussant systématiquement leur avantage vers une confrontation généralisée. Je dirais que l'on n'aime jamais la guerre avec ses amis et qu'il est temps de penser à faire la paix avec ses ennemis. Spoutnik : Certains affirment que la cause profonde de ces actes de violence à motivation politique en France réside dans une forme d'islam wahhabite extrême. Etes-vous d'accord ? Gamal Abina : Soutenir que la violence politique en France est la conséquence de l'Islam wahhabite ou d'un Islam politique qui serait téléguidé par les Frères musulmans du Qatar ou de Turquie ou l'UOIF du Maroc est une explication fantaisiste et simpliste. Pour commencer, le wahhabisme est une idéologie provenant des terres d'Arabie et répandue dans le monde entier avec le soutien des pétrodollars et un laissez-faire de l'Occident que je trouve suspect mais qui s'explique à l'origine par la guerre froide et l'objectif des gouvernements occidentaux de faire tomber le bloc soviétique. La doctrine wahhabite se caractérise par le fait qu'il est nécessaire de revenir aux sources de l'Islam tel qu'il est perçu par Mohamed Abdelwahab et dont l'un des éléments fondamentaux est de dire que nous ne devons pas remettre en question le pouvoir politique qui dirige le pays que Dieu nous a imposé. En substance, la remise en cause du pouvoir royal n'est pas possible, l'objectif étant plutôt de diffuser une lecture rigoureuse d'un islam "purifié des déviances". Le wahhabisme promeut une pratique littéraliste qui ne s'inscrit pas dans une lutte politique, quelque part ses praticiens sont les Amish du monde musulman. C'est une différence notable avec les Frères musulmans qui ont créé leur lutte politique sur la remise en cause du pouvoir mais surtout sur la diffusion de l'Islam tel que perçu par l'idée du Califat. Attentats terroristes de Londres : Pourquoi nous devons parler du wahhabisme et de l'Arabie Saoudite Il s'agit de deux courants politiques diamétralement opposés qui se font actuellement la guerre au Moyen-Orient pour occuper le leadership de la région. L'autre islam politique qui a suivi la révolution islamique en Iran avait la même ambition, mais les caractéristiques chiites de ce courant minoritaire de l'islam en font un mouvement beaucoup moins suivi par les Maghrébins en France. On ne peut pas exclure que les idées wahhabites, notamment dans les années 1990 et au début des années 2000, aient eu une influence sur la pratique religieuse de la minorité musulmane française. Mais l'absence de revendications politiques de ce mouvement ne peut expliquer la montée des positions radicales d'une population qui se sent marginalisée de la société française et qui est considérée comme une classe inférieure avec une religion inférieure, et qui souffre donc d'un racisme systémique qui ne veut pas dire son nom. La plupart des musulmans arabes de France ont le sentiment largement répandu qu'ils seront toujours exclus de la société française, exclus des études, du travail, du logement et même de la vie politique. Ce sentiment se double d'une colère parfaitement légitime, alors que depuis plus de 40 ans, ils observent dans les grands médias une propagande anti-musulmane qui a rarement cessé d'être pratiquée. A chaque conflit en Afrique du Nord ou au Moyen-Orient, cette question de l'Islam et de l'idée qu'il y aurait des ennemis à l'intérieur du territoire national est toujours revisitée. La montée en puissance de l'extrême droite combinée au discours de plus en plus extrême de la droite classique avec la gauche, qui reprend certaines idées nées dans l'esprit des fondateurs du Front national Jean-Marie Le Pen, donnent un sentiment général parfaitement compréhensible que les Arabes de France et la religion ne font pas partie des valeurs de la République. Le pays des Lumières oublie volontiers que leur Siècle des Lumières est né à l'Est comme les trois religions monothéistes. A cela s'ajoute la frustration, la négation des crimes de guerre commis par la colonisation, qui n'est guère enseignée dans les écoles et pour laquelle la République française refuse toujours de reconnaître ses responsabilités ou de demander pardon. C'est pourquoi réduire l'idée de violence politique à un simple courant idéologique venant d'Arabie me semble extrêmement simpliste, réducteur mais permet surtout d'éviter la responsabilité de l'État français, le système d'exclusion et le sentiment d'insécurité qui est constamment entretenu dans les médias à l'égard du Maghreb et de l'Islam. Il suffit de voir toutes les tentatives du législateur de modifier les lois contre les intérêts de ces Français dits d'origine immigrée pour s'en rendre compte. Qu'il s'agisse des questions d'identité nationale, de déchéance de la nationalité ou encore plus récemment de séparatisme qui n'existent que dans l'esprit des décideurs politiques, pour satisfaire les bas calculs électoraux, la population maghrébine n'est pas dupe de ce qui se passe et comprend parfaitement qu'elle devient une cible prioritaire des hommes politiques quelle que soit leur tendance politique. Les réactions et les réactions aux caricatures danoises et à celles publiées dans Charlie Hebdo doivent être considérées dans ce contexte. Là encore, c'est une population qui se sent abandonnée et incapable d'apporter une réponse intellectuelle ou médiatique à cette offensive obsessionnelle contre les valeurs de l'Islam et de sa figure la plus respectée qui en portait les valeurs (c'est-à-dire le prophète) en lui donnant un sentiment général d'injustice, de mépris et d'humiliation. Si l'on ajoute à cela la fragilité chronique, dans laquelle se trouvent la plupart des Nord-Africains sur le plan économique, structurel et politique, le seul moyen d'expression qui leur reste est l'inscription dans un moment culturel de revendications identitaires. Spoutnik : Que devrait faire le gouvernement français pour réduire, voire éliminer, les actes de violence à motivation politique commis par des acteurs non étatiques ? Gamal Abina : Les banlieues françaises produisent l'exclusion sociale soutenue par l'ancien [chef du Parti socialiste et] président de la République François Mitterrand. Depuis les années 1980, nous avons assisté à la concentration délibérée de personnes de même ascendance, comme en Algérie, au sein d'écoles dont le niveau est l'un des plus bas d'Europe. Mais surtout la ségrégation scolaire imposée par Lionel Jospin [ancien Premier ministre et ministre de l'éducation nationale], puis la ségrégation géographique imposée par les commissions de collectivités locales et enfin l'exclusion du monde du travail imposée par certains décideurs ouvertement racistes ou ayant développé des "réflexes" racistes. Cette façon de fabriquer des zones de ségrégation ethnique, abandonnée par la République, a conduit à la fabrication de monstres qui croient n'avoir plus rien à perdre et qui n'hésitent pas à se sacrifier avec une ceinture d'explosifs devant le Stade de France. Souvent, ce sont des jeunes de moins de 25 ans imbibés de propagande Internet et médiatique, oisifs et sans avenir, qui finissent par agir dans l'espoir d'être un jour reçus dans le paradis de Dieu, puisque pour eux, sur Terre, c'est l'enfer. Afin de résoudre ces problèmes, nous devrions d'abord commencer à donner des directives strictes pour mettre fin à la propagande contre l'immigration, les Arabes, les musulmans et le monde arabo-musulman. Ensuite, il faudrait déconstruire le système d'"incarcération" que constituent les banlieues françaises et veiller à l'intégration sociale. D'abord par la scolarisation, puis par l'université, puis par le travail et bien sûr par le logement. Nous devons faire en sorte que cette jeunesse désespérée trouve une issue à sa condamnation à une vie de chômage et d'exclusion sociale. Ensuite, comme à l'époque de Jacques Chirac, la France devrait reprendre une politique équilibrée avec le monde arabe et, surtout, les forces françaises, engagées dans des guerres qui ne les concernent pas, devraient se retirer immédiatement et permettre un règlement par des solutions politiques. Si tous ces éléments sont mis en œuvre, cela contribuera à faire baisser les tensions, à régler la question des attentats, mais surtout à sortir d'une politique néocoloniale d'un pays qui semble n'avoir jamais cessé cette tradition. Eh bien, évidemment, pour finir, la France devrait enfin écrire son histoire avec lucidité et arrêter ses tentatives de réhabilitation du colonialisme, comme nous l'avons vu avec l'adoption de la loi de 2005 qui obligeait les écoles à enseigner les "valeurs positives" et les bienfaits du colonialisme (qui a finalement été abrogée par le président français de l'époque, Jacque Chirac, à la suite d'un tumulte populaire). Malheureusement, je reste assez pessimiste. Quand on observe que récemment, deux enfants de 10 ans d'origine turque ont été arrêtés pour avoir prétendument "défendu le terrorisme", au pays des Lumières, de l'égalitarisme et des droits de l'homme, il semblerait qu'un enfant d'origine étrangère soit perçu comme moins humain que ses homologues "blancs". Les points de vue et opinions exprimés dans l'article ne reflètent pas nécessairement ceux de Spoutnik.