Les Iraniennes viendront en nombre manifester à Bruxelles le 15 juin

Nul n’ignore que les mollahs en Iran sont des misogynes de la pire espèce qui font vivre un enfer aux Iraniennes et qu’ils ont légalisé tout ce que la planète compte de violences faites aux femmes. C’est ce que vont dénoncer les Iraniennes à Bruxelles tout en faisant connaitre leurs justes aspirations.

Les femmes en première ligne d'une manifestation ouvrière en Iran Les femmes en première ligne d'une manifestation ouvrière en Iran

L’Iran est devenu depuis 40 ans d’un Etat prédateur qui donne quartier libre aux discriminations, à l’humiliation et à l’élimination systématique des femmes.  Qui ne connait pas le fléau du voile obligatoire, tant décrié en Occident mais qui trône sur toutes les têtes diplomatiques et touristiques féminines dès qu’elles posent un pied en Iran ? De Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, à Elisabeth Guigou l’ex-présidente socialiste de la commission des Affaires étrangères, les politiciennes de droite comme de gauche, les journalistes et les femmes d’affaires, toutes se sont soumises au diktat des mollahs, abandonnant ainsi sur le terrain leurs sœurs iraniennes dans la défense de leurs droits les plus élémentaires.

Ségrégation

Ce que l’on sait moins sur l’Iran, c’est la ségrégation sexuelle dans les transports en commun, les administrations, les lieux de travail, les hôpitaux. Ce sont les dizaines de matières inaccessibles aux filles durant leurs études. Ce sont les discriminations affichées à l’embauche et le refus d’embauche des femmes qui poussent les diplômées à se retrouver à la plonge ou dans un atelier miteux. C’est l’écart de salaire gigantesque avec les hommes pour celles qui ont un emploi, c’est le harcèlement sexuel sans aucun recours au travail avec droit de cuissage du patron et mise en examen et licenciement pour celles qui portent plainte. C’est celles qui perdent leur emploi quand elles reviennent après un congé de maternité. C’est la vie de misère avec deux, voire trois boulots pour boucler l’impossible fin de mois parce que les revenus restent loin sous le seuil de pauvreté, comme pour les enseignantes ou les infirmières. Ce sont les femmes SDF, celles qui font régulièrement les poubelles, les cheffes de famille sans un centime d’aide sociale. C’est la prostitution tentaculaire sous une tonne de vernis religieux, avec les mariages provisoires d’une heure à 77 ans, les mariages d’enfants en échange de quelque argent pour survivre. C’est le divorce qui laissent les femmes à la rue sans la garde des enfants. C’est la drogue, c’est la vente des nouveau-nés et des pas encore nés. C’est celles qui ont tout perdu dans les inondations et les séismes sans un gramme d’aide de l’Etat. Celles qui perdent tout lors d’une descente de police dans leurs magasins, leurs cours de sport privé, les rafles contre les petites vendeuses de rue qui vendent trois babioles pour assurer le seul repas quotidien, les frigos vides, les nappes vides, les enfants envoyés au travail pour un quignon de pain. Les musiciennes interdites de scène, les sportives jamais soutenues ni payées et toujours à slalomer entre les interdits. Et des humiliations à la pelle, à chaque coin de rue, à chaque patrouille de la milice et des dizaines de police créées pour contrôler leur vie privée. Ce sont aussi ces milliers de femmes exécutées et emprisonnées, 88 pendues sous Rohani à lui tout seul.

La liste est longue comme les jours sans pain que connaissent l’immense majorité des femmes en Iran. Pas celles des quartiers huppés, des filles de mollahs ou de gardiens de la révolution habillées à la dernière mode avec un fil sur la tête en guise de voile… obligatoire et pour lesquelles se pâment les journalistes occidentales.

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Manifestation

Ce que l’on sait moins aussi c’est que les femmes en Iran sont en première ligne des manifestations et qu’elles le sont tous les jours : ouvrières, infirmières, enseignantes, retraitées, étudiantes, épargnantes spoliées, mères de famille, agricultrices. Pas une manifestation dans les villes et les bourgades d’Iran sans les femmes. Premières cibles des mollahs, premières opposantes.

Les femmes en Iran ont une idée claire de ce qu’elles veulent : la fin de la tyrannie religieuse. Un Iran libre fondé sur la séparation de la religion et de l’Etat. Un Iran où les femmes et les hommes seront égaux dans tous les domaines, où la discrimination sexuelle sera un délit, où la violence contre les femmes sera un délit. Où la peine de mort et les châtiments cruels seront abolis. Un Iran où elles seront libres de s’habiller comme elles veulent, où le voile obligatoire sera aboli, où elles jouiront de l’égalité des chances sur le marché du travail, où elles joueront un rôle actif dans la société et à la direction économique et politique. Autant de points figurant en bonne place depuis une vingtaine d’année dans le plan en dix points pour les femmes de Maryam Radjavi.

C’est que les femmes en Iran ont un modèle, la résistance iranienne que préside justement Maryam Radjavi. Le Conseil national de la Résistance iranienne est un parlement en exil dont la majorité des membres, plus de 500, sont des femmes. Une composante clé du CNRI sont les Moudjahidine du peuple d’Iran qui pratiquent depuis 30 ans l’égalité des femmes à tous les échelons de responsabilité, notamment à la direction. C’est riche de cette expérience que Maryam Radjavi a forgé ce plan pour les libertés des femmes dans l’Iran libre de demain.

C’est donc en soutien à leurs sœurs en Iran et au plan de la Résistance, que les Iraniennes et les Iraniens de la diaspora vont se retrouver à Bruxelles le 15 juin place Schuman. Elles ont un message à faire passer à l’Union européenne : Elles veulent un Iran libre, laïc et l’égalité. Et elles l’auront. Elles invitent tous les démocrates et défenseurs des droits humains et des droits des femmes à les rejoindre ce jour-là.

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