La révolution passera par l'autobus puis le camion à hydrogène, camarade

Après "La révolution passera par le vélo, camarade" de Julos Beaucarne, on peut prédire aujourd'hui que la révolution en matière énergétique passera par les autobus puis les camions à hydrogène, car ces mastodontes ne pourront pas se contenter de batteries au lithium. Ils créeront ainsi un appel d'air pour les infrastructures à hydrogène qui serviront également pour les voitures à hydrogène.

Plusieurs fois déjà sur ce blog, on a évoqué l'autobus à hydrogène, notamment en Belgique.

Si l'on en croit le blog ERH2-Bretagne-Observatoire, la société Daimler se prépare à commercialiser en 2018 un autobus à hydrogène et "peut être qu'en 2018 une communauté de communes bretonne se décidera à choisir ces bus."

Quoiqu'il en soit, la justification du choix du bus à hydrogène est exemplaire et élégante: "afin de réduire les émissions de gaz nocifs, à la hauteur des poussettes pour enfants."

Après les charriots élévateurs et les taxis dont il fut question dans des billets précédents, les autobus sont sans doute une niche idéale pour initier le développement des infrastructures de la mobilité à hydrogène. En effet, les autobus reviennent fréquemment à leur point de départ où ils font le plein de carburant. Une station de remplissage d'hydrogène peut donc être rapidement rentabilisée.

Pour les camions, il faudra attendre, car ils ne reviennent que rarement à leur point de départ, sauf exceptions. Il s'agit d'abord d'identifier ces exceptions (et aussi les navettes limitées et répétitives) pour développer une niche de camions à hydrogène.

On ne peut pas imaginer des poids lourds au lithium. De fait, comme l'avait suggéré l'un des participants à HyVolution2016, un 35 tonnes au lithium deviendrait vite un 50 tonnes, à cause du poids des batteries ... sans compter les problèmes du rechargement qui nécessiterait d'immobiliser les camions pendant des heures, ce qui est impensable pratiquement.

Par conséquent, une vision s'impose: tous les camions du futur seront forcément des camions à hydrogène.

Partant de là, on peut prédire qu'obligatoirement, toutes les stations services du futur devront proposer l'hydrogène à la pompe.

Sachant cela aujourd'hui, on peut dors et déjà oublier le lithium et les voitures à batteries, comme la Zoe (et autre Tesla) et faire d'emblée le bon choix d'avenir: celui de la mobilité à hydrogène.

Dans un premier temps, l'hydrogène sera souvent produit par reformage du gaz naturel. Dans un second temps, la production au départ d'énergies renouvelables prendra le dessus (essentiellement par électrolyse de l'eau utilisant du courant d'origine éolienne ou solaire).

Au final, c'est la mobilité à hydrogène qui rendra l'hydrogène énergétique visible pour tous et imposera cet hydrogène comme moyen de stockage universel au détriment des énergies fossiles et fissiles.

Ainsi, l'hydrogène renouvelable nous débarrassera du pétrole et du nucléaire.

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