Mediapart soutient son partenaire «Le Ravi»

Comme pour d’autres partenaires éditoriaux dont nous accompagnons avec fierté et amitié la croissance et la dynamique indépendante, Mediapart contribue à la levée de fonds engagée par «Le Ravi», mensuel régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur dédié à l’enquête et à la satire, car il faut plus que jamais soutenir au plan local l’expression d’une presse libre.

Cela fait plus de cinq ans que Mediapart et Le Ravi mènent leur compagnonnage fécond, et voilà pourquoi aujourd’hui nous accompagnons avec enthousiasme leur nouvelle levée de fonds (ici sur le site J’aime l’info). Depuis 2012, notre journaliste installée à Marseille Louise Fessard, coproduit régulièrement des enquêtes avec ce « mensuel régional pas pareil ». La dernière en date, intitulée « À Pourrières, sortie de route d’un maire en plein conflit d’intérêts », succédant à une série de révélations au fil des ans, montrant bien l’importance d’une presse indépendante des féodalités et baronnies politiques et économiques locales.

Pêle-mêle, des enquêtes sur Force ouvrière et sa cogestion clientéliste à Marseille, sur les soupçons de favoritisme dans l’attribution des marchés au conseil général des Bouches-du-Rhône au cœur du système Guérini, sur le marché de la sécurité en Paca, sur les liens entre les promoteurs et Jean-Claude Gaudin, ou encore sur l’incinérateur de déchets de Fos-sur-Mer.

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Avec son partenaire phocéen de Marsactu, Mediapart et Le Ravi ont également organisé plusieurs rencontres autour de la liberté et du pluralisme de la presse à Marseille, le 11 février 2013, dans la grande salle du théâtre de La Criée, alors que Bernard Tapie mettait la main sur La Provence et Nice-Matin, ou plus récemment – le 20 octobre dernier – à la friche de la Belle de mai (revoir ici nos débats).

Mais au-delà des seules collaborations éditoriales, les enjeux sont autres. Face aux dinosaures de la presse régionale, massivement subventionnés par l’État et qui ont organisé des monopoles sur leur zone de diffusion, il est urgent de développer une information régionale pluraliste face aux pouvoirs locaux, politiques et économiques.

On sait combien, au travers de la publicité et d’accords sur des télés locales ou municipales, les mairies, départements ou régions pèsent lourd sur certains choix éditoriaux de la presse régionale. Les citoyens en sont les premières victimes. D’où cette nécessité d’aider à l’émergence et au développement de nouveaux médias à un moment où les aides de l’État entretiennent les rentes de la « vieille presse », plutôt que de soutenir les innovations liées à la révolution numérique.

Le SPIIL, Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne, dont Mediapart est l’un des membres fondateurs et qui regroupe aujourd’hui 148 titres, a souligné il y a un an l’absurdité d’aides d’État massives (près de 1,5 milliard d’euros !), mais qui ne font que conforter les positions acquises. « L’État est en retard d’une révolution industrielle, estime le SPIIL. Les aides à la presse ont été dévoyées de leur objectif premier, le pluralisme de l’information, pour devenir essentiellement une politique de soutien à un secteur industriel en crise, celui de la presse papier. » L’analyse du SPIIL est à lire ici.

Singularité dans le paysage de la presse indépendante régionale, Le Ravi dépend d’une association créée par un collectif de chercheurs, journalistes et dessinateurs, La Tchatche, dont l’objet est de « développer la vie démocratique et l’information du public dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur », avec comme moyens d’actions la formation à la presse (lecture et écriture) de divers publics, l’organisation de débats publics et la diffusion du journal.

Face à l’accélération du retrait des aides financières des collectivités locales et face à un tassement des ventes, l’association se mobilise pour  lever 40 000 euros, afin d’engager une transition numérique d’un projet éditorial articulant Web (sur abonnement) et papier (mensuel diffusé par abonnement et en kiosque). L’objectif est de mieux diffuser à l’échelle régionale les contenus du mensuel imprimé. Le numérique est un levier pour professionnaliser la commercialisation du journal. Il s’inscrit dans une stratégie globale pour renforcer les ressources diversifiées d’une association inscrite dans l’économie sociale et solidaire, dédiée à un média citoyen acteur de l’éducation populaire.

Aujourd'hui, Mediapart aide financièrement Le Ravi et invite ses lecteurs et abonnés à faire de même, sur le site J’aime l’info (ici).

Il en est de même avec plusieurs autres journaux indépendants et innovants, comme Marsactu ou Mediacités, qui est en train de s’ancrer dans plusieurs villes de France. Implanté à Lille, Lyon, Toulouse et Nantes, et porté par une équipe de journalistes chevronnés, Mediacités peut lui aussi bouleverser l’information locale (la liste de nos articles mis en commun est ici). Par ailleurs, Mediapart accompagne éditorialement Le d’Oc à Montpellier, le Bondy Blog en Seine-Saint-Denis, ainsi que les collectifs We Report, le tout récent Disclose, ou encore Zero Impunity.

Cet archipel de la presse indépendante mérite plus que jamais le soutien du plus grand nombre, pour que vivent les médias libres. Car face aux puissances d’argent et à la défense de leurs intérêts particuliers, il reste l’essentiel : vous, lecteurs. « Seuls nos lecteurs peuvent nous acheter ! » Avec ce slogan, Mediapart n’a cessé de souligner ces dernières années combien l’indépendance était au cœur du journalisme et du droit d’informer, et combien les lecteurs étaient les premiers garants de cette indépendance. Abonnez-vous, participez, soutenez ce droit à l’information !

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