Version numérique de la revue Dedans-Dehors, ce blog informe sur les conditions de détention en France. Il décrypte les politiques pénales et pénitentiaires, ainsi que leurs effets sur le terrain. Il1…
donne la parole aux témoins quotidiens de la prison : les détenus et leurs proches venant au parloir, les professionnels et intervenants en détention (personnels pénitentiaires, médecins, enseignants, associations, chercheurs…). Des informations et paroles qui reflètent une toute autre réalité que celle des faits divers. Cet envers du décor, où se cachent les dégâts et effets contreproductifs de l’approche répressive, dans laquelle médias et politiques ont enfermé le débat public. www.oip.org
Photo de couverture : (c) G. Korganow / CGLPL
Bien que peu nombreuses en prison, les femmes subissent les conséquences de la surpopulation et de la vétusté touchant nombre d’établissements où elles sont incarcérées. Leur isolement en détention les expose par ailleurs à diverses discriminations : éloignement familial, accès au travail et aux activités limité, soins insuffisants… Autant de difficultés qui freinent leur réinsertion.
Natacha Chetcuti-Osorovitz a enquêté plusieurs mois dans le quartier femmes d’un centre de détention. De dizaines d’entretiens menés avec de prisonnières condamnées à de moyennes et longues peines, elle tire une typologie croisant parcours de vie et positionnement par rapport à la peine et aux attentes de l’institution. Un motif récurrent lie ces femmes : la violence liée au genre.
Particulièrement représentées au sein de la population carcérale féminine, les « mules » font paradoxalement l’objet d’un désintérêt institutionnel profond. Isolées tant géographiquement que linguistiquement, elles subissent encore plus que les autres détenues les carences de l’administration pénitentiaire.
Les femmes sont extrêmement minoritaires en prison. Une réalité dont les causes doivent être questionnées : serait-elles davantage respectueuses de la loi ? La justice ferait-elle preuve de clémence à leur égard ? Si ces deux explications sont sans doute pour partie vraies, elles masquent des formes de contrôle social insidieuses. Entretien avec la sociologue Coline Cardi.
Minoritaires en prison, les femmes détenues sont les grandes oubliées du système pénitentiaire. Décryptages, enquêtes, témoignages : nous leur consacrons un numéro entier de notre revue.
Alors que le recours à l’enfermement tend à se banaliser, l’association Seuil mise sur une autre méthode pour répondre à la délinquance des mineurs: la marche éducative. Entretien avec son fondateur, Bernard Ollivier.
Mohamed a 15 ans quand il braque un bureau de tabac. D’abord placé en centre éducatif fermé, il sera finalement incarcéré après la révocation de son contrôle judiciaire. À la prison de Fleury-Mérogis, sa santé se dégrade rapidement. Jusqu’à cette nuit de mars 2019 où il se voit mourir.
Depuis 2016, le nombre de mineurs non accompagnés incarcérés a explosé. Qu’il s’agisse des prises en charge antérieures à la détention, de l’incarcération ou encore de la sortie, à toutes les étapes, la machine échoue à les protéger.
Au 1er juillet 2019, 882 jeunes étaient incarcérés dans l’un des 47 quartiers mineurs (QM) ou l’un des six établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM). En théorie, ils doivent y être séparés des majeurs et bénéficier d’un traitement adapté à leur âge, mais ces normes sont loin d’être respectées dans tous les établissements.