Marche de la colère dans la police, vraiment ?

Délégué département de Synergie officiers de l'Isère en 96/2000, j'ai tenté d'alerter l'administration sur la dégradation des conditions de travail à la PJ de Grenoble. Il y a eu deux suicides et une tentative de suicide. J'ai été mis au placard. L'Etat a été condamné quatre fois en vain. La hiérarchie m'a poursuivi et m'a fait condamner avec le soutien de la justice et des syndicats majoritaires.

L'instrumentalisation des suicides dans la police par les mêmes syndicats qui m'ont sanctionné il y a vingt ans me paraît dès lors très douteux et indécent.

Ils n'étaient même pas présents aux instances médicales pour constater la dégradation de mon état de santé consécutive au harcèlement moral que j'ai subi.

Il y a une contradiction à dénoncer aujourd'hui ce qui peut être la conséquences de leur très grande mansuétude - ou leur lâcheté - à l'égard de l'administration lors des instances paritaires saisies de ma situation.

La dégradation des conditions de travail s'explique aussi par cette complicité et les suicides du travail ne doivent pas servir à promouvoir des propagandes  répressives qui délitent le lien et la cohésion sociale.

La police est un service public, au service du public, comme tous les services publics. Pas une organisation politique au service d'un pouvoir répressif.

La réforme des corps et carrières initiée par Claude Guéant , en tirant prétexte des suicides important à l'époque (déjà) s'est faite avec le soutien des syndicats qui prétendent aujourd'hui protester contre ses conséquences.

Cette réforme s'est traduite par une réduction des effectifs et donc d'augmenter la charge de travail.

Il y a donc lieu à se demander si cette marche de la colère ne cache pas une nouvelle réforme de la police qui se fera au mépris de la santé des policiers et de la sécurité des citoyens ; sécurité des citoyens totalement bafouée par le pouvoir quand on considère la violence disproportionnée de la répression des manifestants et des mutilations qui leur ont été infligées. Cette sécurité des citoyens est pareillement méprisée comme l'illustre la gestion de la pollution chimique industrielle du Nord de la France suite à l'incendie de l'entreprise LUBRIZOL à Rouen.

La brutalité policière est le palliatif du pouvoir à la politique de réduction budgétaire de la majorité actuelle, qu'elle impose au préjudice de l'effectivité des droits fondamentaux*, qu'il faut, par exemple, qu'une adolescente de 16 ans vienne lui rappeler...

* cf. la politique de régression sociale prohibée en matière de droit du travail, de santé, de marchés publics, de droit d'asile, de services publics, d'égalités, de droits sociaux, de chômage, de retraites, ...

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