Castaner : Courson évoque Vichy et Nicolle l'exil politique

Castaner fait adopter à la majorité une loi permettant de restreindre arbitrairement la liberté de manifester alors que la CGT et les gilets jaunes appellent à la grève générale. Charles de Courson met en garde contre la dérive vychiste du pouvoir et Maxime Nicolle évoque l'exil pour éviter la persécution politique et les mutilations policières comme Drouet ou Rodrigues.

Les gilets jaunes ne s'inscriveraient-ils pas plus dans l'héritage des monarchomaques que dans des "jacqueries" où le mépris bourgeois tente de les reléguer péjorativement ?

Le fond de la contestation porte sur la légitimité démocratique d'un pouvoir qui méprise le peuple et le droit.

Nicolle veut s'en aller en affirmant qu'il n'a plus confiance dans les institutions. Le chemin de l'exil pour la liberté de penser auquel il semble inviter les gilets jaunes renvoie au départ des huguenots. La violence de la répression de Castaner fait confusément penser aux "dragonnades". Une fois sur son rocher, "Fly Rider" pourra méditer le Sertorius de Corneille " Rome n'est plus dans Rome ; elle toute où je suis "

S'il est permis de se demander qui est d'ailleurs Maxime Nicole, il n'existe que parce qu'il y a Facebook mais on n'en sait pas plus ; pour qui se prend Christophe Castaner a soutenir aussi ouvertement un projet fascistoide à l'Assemblee nationale ?

Il paraît assez peu fortuit qu'un pouvoir mal élu, qui tente d'imposer une politique de régression sociale et se maintenir au pouvoir par la violence judiciaire et la force des armes, propose de museler encore plus l'opinion par l'adoption d'une loi liberticide supplémentaire alors que le mouvement politique populaire appelle à la grève générale illimitée, comme nouveau moyen contre le refus du pouvoir conservateur et réactionnaire d'entendre la contestation.

Médiapart a clairement démontré la supercherie du grand débat dont les conclusions sont déjà écrites par Ismaël Emelien, confident du président et soutien d'Alexandre Benalla.

La critique de Charles de Courson contre l'inspiration vychiste de la réaction conservatrice qui inspire la politique répressive de Christophe Castaner porte à s'interroger, au-delà d'un regain maurrassien et pétiniste, sur la similitude du discours LREM avec la trahison social-démocrate d'un Friedrich Ebert et d'un Gustav Noske dans les habits desquels semblent se glisser sans trop sourciller les membres de la majorité.

Ces artisans complaisants de l'abdication démocratique méditeront la tirade de Iago dans Othello " L'honneur est une essence qui ne se voit pas ; beaucoup semblent l'avoir qui ne l'ont plus. "

 

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