Du réchauffement climatique à la sixième extinction : l'écocide

Après le GIEC, au tour de l’IPBES de lancer l'alerte. Des annonces du réchauffement climatique à celle de la sixième extinction de masse, disséquons les rouages de l'écocide. La mobilisation citoyenne cherche les moyens d’endiguer la catastrophe (entre désobéissance civile et actions juridiques) ; les multinationales continuent le travail de sape, plaçant le profit avant l’éthique.

   L'homme a mangé la terre

   En deux siècles de progrès, l' Homme a mangé la terre. Un constat[1] mais aussi le titre d'un documentaire [1 bis]à visionner qui nous éclaire sur l'ère dans laquelle nous sommes entrés avec l'industrialisation, l'anthropocène[2]. Depuis des mois, la prise de conscience collective s'intensifie, entre enthousiasme et déprime, déni et colère (intensification de l'activisme ; augmentation des manifestations ou journées thématiques en faveur de la sauvegarde de la planète, multiplication des articles de presse).

    Pourtant, l'appel ne date pas d'hier [2 bis]: durant trente ans, certains lucides ont crié : «  il y a un risque d'incendie »[3], [3 bis],. Désormais, la maison brûle. Quelques-uns cherchent comment éteindre le feu ; d'autres balancent dans la panique ce qu'ils trouvent sous la main pour tenter d'étouffer tour à tour le comburant, le combustible ou la source d'énergie. Les a-t-on formés à « sauver la planète » ? Tous ces « pompiers volontaires » cherchent les issues de secours. Échec assuré ? Bien fou est celui qui s'obstine au syndrome de l'autruche [4], [4 bis][5]. Bien sage est celui qui plaque tout pour lutter contre la destruction en marche[5 bis] ou se réfugier dans le cocon de la nature[6]. Ou l'inverse.

    N'est-il jamais trop tard ? Qu'on préfère se concentrer sur les problèmes de fin de mois plutôt que sur la crise écologique, qu'on use de scepticisme (« Le réchauffement climatique ? Foutaise !  Les volcans balancent plus de CO2 que les milliards de voitures réunies »[7]), de cynisme ( « L'humain ? Bon débarras! Un bon reset, et la terre se refera sans nous ») ou d'optimisme ( « Je crois en une prise de conscience collective », « Il faut préparer l'après-effondrement » ), un même constat :

   Au risque de radoter, comme un professeur à un élève, il faut dire et redire certains faits pour qu'il soient connus et intégrés par tous, il faut dynamiter certains préjugés qui empêchent de se concentrer sur les vrais enjeux, démanteler les mécanismes de sape à la résistance et à la désobéissance civile, limiter la casse, se préparer comme on peut à l'inéluctable. Agir, en somme. Agir vite et bien. Il n'est plus temps d'hésiter.

   Du réchauffement climatique à la sixième extinction de masse

   Après le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat  (GIEC)[8], c'est au tour de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) de faire parler d'elle. Cette dernière s'est tenue du 29 avril au 4 mai à Paris. Elle a rendu la conclusion de l'évaluation mondiale des écosystèmes un rapport de 1800 pages alarmant, « fruit de trois ans de recensement et d’analyse de données par plusieurs centaines d’experts, sur l’état de la biodiversité mondiale » [9], [9 bis] :

  Si l'Homme a déjà fait disparaître environ « 680 espèces de vertébrés depuis 500 ans », on note une accélération notable du phénomène. Un million d'espèces (animaux et végétaux confondus) sont menacées d'extinction « dont beaucoup dans les prochaines décennies », soit une espèce sur huit. « La disparition de la biodiversité est 1000 fois supérieure au taux naturel d’extinction des animaux. La crise actuelle est 100 fois plus rapide que la dernière extinction naturelle, celle des dinosaures ».

   En cause, cinq coupables :

   « en tête notre utilisation des terres (agriculture, déforestation…), mais aussi des mers (surpêche). Vient ensuite l’exploitation directe des organismes (la chasse, la pêche…). Le changement climatique d’origine humaine, la pollution et les espèces invasives que nous introduisons un peu partout au détriment de la faune et de la flore locales viennent compléter ce triste  "top 5". »[10] :

  « Plus de 40% des terres sont désormais agricoles ou urbaines et seulement 13% des océans et 23% des terres sont encore classés comme "sauvages", dans des endroits souvent très reculés ou improductifs » ;« Plus d'un tiers des terres et trois quarts des ressources en eau sont utilisés pour la production agricole et l'élevage » ;  « Aujourd'hui, 75% de l'environnement terrestre, 40% de l'environnement marin et 50% des cours d'eau présentent des signes importants de dégradation » ; « Plus de 80% des eaux usées de la planète sont déversées dans l'environnement sans traitement et dans le même temps» ; « 300 à 400 millions de tonnes de métaux lourds, de solvants, de boues toxiques et autres déchets sont rejetés dans les eaux chaque année ».  Ainsi, « 40% de la population du globe n'a pas accès à de l'eau propre et potable », rapporte l'IPBES.

    Il ne faut pas avoir le QI d'Albert Einstein pour comprendre que nous sommes interdépendants des autres espèces [11]. Nous ne saurions survivre à ce déséquilibre : « la disparition accélérée de la vie sauvage, sur la Terre comme au fond des océans (...), menace l’humanité ». Josef Settele, coprésident de l’évaluation mondiale et auteur principal de l’étude conclut : « Les écosystèmes, les espèces, les populations sauvages, les variétés locales et les races de plantes et d’animaux domestiques se réduisent et se détériorent, voire disparaissent. Le réseau essentiel et interconnecté de la vie sur Terre se rétrécit et s’effiloche de plus en plus. Cette perte est la conséquence directe de l’activité humaine et constitue une menace directe pour le bien-être humain dans toutes les régions du monde. » [cf.10]

   Impacts sur la civilisation humaine

    Communiquer sur la catastrophe en mettant en avant les conséquences sur l'Homme a le mérite de faire réagir une société obsédée par son ethnocentrisme, une société qui ne réussit pas à modifier son fonctionnement.

     Comme l'explique le président de l'IPBES, le Britannique Robert Watson,  « nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier ». Qu'il s'agisse de la nourriture, de l'énergie, des médicaments :  « les apports que les gens tirent de la nature sont fondamentaux pour l'existence et la richesse de la vie humaine sur Terre, et la plupart d'entre eux ne sont pas totalement remplaçables ».

    Ainsi, « plus de 2 milliards de personnes dépendent du bois pour l'énergie », quatre milliards utilisent une médecine naturelle et 75% des cultures ont besoin d'être pollinisées par des insectes »,  plus de 3 milliards d'individus sont affectés par « la dégradation des sols qui a réduit la productivité agricole sur plus de 20 % de la surface terrestre ».

   La liste n'est pas exhaustive. Si l'on se confronte aux dégâts déjà connus et qu'on visualise ceux à venir, la perte humaine se chiffre en millions (voire milliards) d'individus. La montée du niveau des océans, quant à elle, s'avère une « menace pour l'habitat de dizaines de millions de personnes, voire davantage », puisqu' on estime que « 40% de l'humanité vit à moins de 100 kilomètres d'une mer ou d'un océan ».

  La société actuelle, en plus de conduire à sa perte en créant un environnement de plus en plus toxique pour le vivant, est à l'origine de maux (maladies, espérance de vie réduite, famine) contre lesquels elle a tenté de se prévenir en domptant la nature et en créant un système organisé autour de la notion de progrès, de confort, de sécurité et de consommation.

  Selon des chercheurs de l'Université de Mayence en Allemagne, la pollution de l'air au même titre, voire  davantage que le tabac : « les particules fines sont responsables de la mort prématurée de 8,8 millions de personnes par an dans le monde. Soit beaucoup plus que les 7,2 millions de décès par an liés à la cigarette, selon les statistiques officielles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ».[12]

  L'exemple, loin d'être anecdotique, éclaire l'origine environnementale des cancers[13] , [13 bis] confirmée par de nombreuses études (bien que divergentes quant à l'évaluation quantitative).[14]

   L'action des multinationales encouragée ou tolérée par les gouvernements

   Beaucoup diront que l'actuel paradoxe « détruire pour générer du profit » résulte d'une évaluation erronée. D'autres diront que cela démontre une absence possible de jugement moral ou un manquement de l'organisation collective. On peut penser que l'exploitation des ressources ne répond pas un programme prémédité. Les « marchés », les «capitaux » ont beau être personnifiés, ils restent des « flux » non identifiables, non personnalisables. Les chiffres dansent chaque matin devant les yeux de ceux qui consultent la Bourse. Ils agissent, mais nous échappent.  Ils ne pensent pas. Ils n'ont donc pas de conscience. Et pourtant, derrière ces « flux », il y a des sociétés identifiables (des multinationales), derrière ces sociétés, des individus avec une identité (des actionnaires, des dirigeants).

    Toute proportion gardée, on peut identifier une politique de destruction de l'environnement et une forme organisée de négationnisme, « un déni de fait, malgré la présence de preuves flagrantes, et ce à des fins politiques ».[15]

    Deux cas d'étude (la politique actuelle menée au Brésil ; la politique menée aux États-Unis depuis les années 1980) permettent d'entrer dans le coeur du sujet : nous avons affaire à un écocide, « un acte de destruction ou d'endommagement important de l'écosystème lié à un facteur anthropique, notamment par l'exploitation excessive de celui-ci dans le but de subvenir à d'autres processus ou systèmes ».[16], [16 bis], [17]

  Une politique de destruction de l'environnement

    Actuellement, le gouvernement brésilien mène une politique de destruction consciente de l'environnement à des fins de développement économique du pays[17 bis] : l'agriculture s'accroit au détriment de l'Amazonie.

    Ricardo Salle, l'actuel ministre de l’Environnement confirme la politique du président d'extrême droite, Jair Bolsonaro. Il « démantèle, les unes après les autres, les organisations étatiques chargées de la préservation de l’environnement afin d’en "chasser "», dit-il,  « les "niches socialistes"  », affirme défaire plutôt que faire un « appareillage idéologique et bureaucratique (…) freinant le développement économique du pays. En somme, ils ne s'engageront pas dans la lutte contre la déforestation de l’Amazonie ou le réchauffement climatique, bien au contraire. Ils allègent les conditions d'exploitation de la forêt amazonienne par des multinationales de plus en plus gourmandes.

 Restaurer la mémoire effacée

  Depuis les années 1980, Les États-Unis mènent une politique de discréditation du changement climatique à des fins d'exploitations pétrolières.  Dans son livre Perdre la Terre, le journaliste au New York Times Nathaniel Rich retrace « l’histoire de la décennie où nous aurions pu stopper le réchauffement climatique »  :

   Le 6 novembre 1989, à l'occasion du premier sommet international sur le réchauffement climatique, 60 nations s'apprêtent à signer un traité planétaire juridiquement contraignant dans le but de stopper le réchauffement climatique. L'objectif s’effondre subitement. « Dans le huis clos de la salle de réunion où se tient la négociation finale, Allan Bromley, le conseiller scientifique de George Bush, fait tout chavirer, sur ordre de John Sununu, directeur de cabinet du président états-unien. “À la demande de John Sununu et avec l’assentiment de la Grande-Bretagne, du Japon et de l’Union soviétique, Bromley force l’assemblée à renoncer à un engagement à geler les émissions”» [cf. 3]

  Pourtant à cette époque, « contrairement à ce qu’on pourrait penser (...) le consensus scientifique était acquis ; la presse sonnait l’alarme ; les plaidoyers en faveur d’un traité international juridiquement contraignant s’enchaînaient au Congrès américain ; et même des grandes entreprises pétrolières comme Exxon et Shell ont sérieusement envisagé “une transition très raisonnable et progressive des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables” (pour reprendre les mots d'Henry Shaw, chercheur à Exxon) », [cf. 3] « L’hégémonie culturelle semblait avoir basculé du côté des défenseurs de la planète. En 1988, le pourcentage d’Américains connaissant l’existence de l’effet de serre atteignit le chiffre record de 68 %, et environ un tiers des citoyens états-uniens se disaient “très inquiets” de ce réchauffement planétaire, qui avait “déjà commencé” selon le New York Times à l’époque », rappelle le journaliste Mathieu Dejean dans son article « Il y a 30 ans nous aurions pu sauver la Terre : voici pourquoi nous ne l’avons pas fait » publié le 29 avril 2019 dans les Inrocks.

  Le travail de sape continue, mené par John Sununu à la Maison-Blanche. Il interdit à son administration d'utiliser les termes « réchauffement » ou « changement climatique ». « Derrière lui, les entreprises majeures des États-Unis ont déployé tous leurs efforts pour démanteler les mesures en faveur du climat. À travers d’intenses campagnes de désinformation, et avec l’appui du parti républicain, elles ont censuré des scientifiques, détourné l’attention, fait en sort que les seules mesures climatiques envisagées bénéficient immédiatement à l’économie. Au centre du dispositif, une organisation de lobbying, la Global Climate Coalition (GCC), qui a dépensé “au moins un million de dollars chaque année pour saper le soutien populaire aux mesures climatiques” », relate encore le journaliste Matthieu Dejan. Les magnats du pétrole continuent leurs profits.

  Une politique d'une efficacité redoutable. Trente ans plus tard,  « seuls 42 % des membres du parti républicain savaient que ‘la plupart des scientifiques estiment qu’un réchauffement climatique planétaire est en cours’”», rapporte Rich. Ce culte du déni culmine avec Trump au pouvoir, qui affiche au grand jour son climatoscepticisme, conclut Matthieu Dejan dans son article.

  Sans régulation morale, la machine ne stoppe pas sa folie : au niveau mondial, l'extraction des ressources mondiale a plus que triplé en cinquante ans. [18]

  La culpabilisation des citoyens

  Pour entretenir la poule aux œufs d'or, la stratégie principale des multinationales consiste en une culpabilisation systématique du consommateur et des collectivités [19] et en une valorisation citoyenne individuelle [19 bis] : tri des déchets, réduction de son impact écologique individuel, réduction du temps de sa douche ou consommation raisonnée de son électricité à la maison. C'est porter la responsabilité sur les individus sans attaquer le système qui génère la crise. C'est nier que la principale source de la pollution est émise par les multinationales et non par les citoyens. Pour exemple : l'enquête plastique : « la grande intox » de Cash Investigation datant de 2018 dévoile comment des entreprises telles que Coca-Cola, Cristalline, Danone freinent les tentatives de gestion et de limitation de « l'addition au plastique ».

  « Célébrer les mille et une ressources et l'inventivité de ceux qui s'arrangent le moins possible avec leurs conditions d'existence ; les persuader qu'ils ne sont pas les dindons de la farce ; mais les pionniers d'un mode de vie plus écologique et plus convivial : un procédé classique » explique Mona Chollet dans Chez Soi.[20] Leurrés et instrumentalisés, les citoyens sont victimes de leur civisme, puisque les premiers responsables ne sont pas incriminés [21], [21 bis] : on incrimine les déplacements en voiture et en avion. Pour autant, les efforts pour favoriser les transports en commun ou dits plus « propres » ne sont pas assez conséquents.[22] Les déplacements à fort impact écologique, comme l'avion, restent moins taxés [22 bis].

   Chasser les fausses promesses

   Construction kafkaïenne à la perversité mortifère, la « machine monstre » crée de la consommation permanente pour générer du profit. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien, elle réinventera des « besoins ». [23] Sauf que les besoins ont depuis longtemps été confondus avec les objets de secondes, puis de troisième nécessité, et enfin avec les désirs superflus. Les multinationales inventent sans cesse de nouveaux outils pour rendre plus verte la pollution engendrée par la surconsommation des ressources. Avec quelques scandales à la clé :

  les biocarburants sont en partie faits avec l'huile de palme [23 bis], une des principales causes de la déforestation massive ; la voiture électrique provoque, par sa construction, un scandale écologique : l'extraction de ressources naturelles rares et obtenues dans des conditions plus que douteuses[24], [24 bis] ; l'huile de coco, ce  « nouvel ingrédient favori des cadres dynamiques occidentaux, importée en masse depuis l’Asie du Pacifique, la noix de coco et ses dérivés cachent une réalité qui n’est pas aussi immaculée que la peau du fruit bien-aimé » : « agriculteurs sous-payés, singes exploités, et marketing exotique fallacieux autour de ses supposés bienfaits pour la santé, font partie de la face immergée du business de la noix de coco ». [25], [25 bis] ; l'avocat, un produit phare du healthy food, en plus d'être bourré de produits toxiques, génère conflit, déforestation et sécheresse en Amérique du Sud. [26] « De l'or vert  » ou « le diamant du sang » [26 bis] ; les animaux élevés dans des conditions acceptables dans le circuit biologique subissent pourtant les mêmes conditions d'abattages que les bétails des grandes chaines industrielles[27] ; la production de produits à base de soja, censé limiter la pollution engendrée par l'élevage et la consommation de viande animale, contribue elle aussi à la déforestation massive [28].

  Contraindre les principaux responsables

  Un des scandales, celui lié à l'approvisionnement en soja, a été pointé du doigt par trois associations (Mighty Earth, France Nature Environnement et Sherpa). Il touche une vingtaine de grandes entreprises françaises du secteur agroalimentaire et de la grande distribution (entre autres, Auchan, Lactalis, E.Leclerc, Danone, Avril ou Sodexo) :

 « Les grandes entreprises françaises du secteur agroalimentaire et de la grande distribution doivent être plus transparentes sur leurs approvisionnements en soja et rectifier certaines de leurs pratiques, notamment dans le cadre de la loi sur le devoir de vigilance. La culture du soja contribue en effet à la déforestation en Amérique du Sud et nuire aux droits humains ».[cf 28]

  Un problème en chasse un autre : vous pensez limiter votre impact écologique, on ne vous vend qu'un bel emballage offrant un semblant de bonne conscience. C'est cette perversité que la société civile tente de percer à jour, au moyen d'actions juridiques ou de désobéissance civile, afin de chasser les fausses solutions d'un revers de la main et de renvoyer la responsabilité aux vrais décideurs : les entreprises (pour la plupart des multinationales) et les gouvernements inféodés au pouvoir, plus ou moins occulte, de ces dernières.[28 bis], [29]

   Entre reculs et avancées juridiques, le pouvoir de la désobéissance civile

   Alors que se tenait la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), des évènements significatifs ont eu lieu dans ce sens, encourageant favorablement le champ d'action par la voie juridique :

    le peuple Waorani a remporté une première bataille judiciaire contre l'industrie pétrolière en Équateur, le 27 avril [29 bis] ; le 1er mai, la Grande-Bretagne devient le premier pays à officialiser l' « urgence écologique et climatique » [30] ; en France, une proposition de loi du groupe socialiste visant à introduire l’incrimination d’« écocide » dans le Code pénal français afin de « punir les crimes environnementaux d’une particulière gravité » a été étudiée [31] puis rejetée [31 bis] par le Sénat le 2 mai.

    D'une part, l'exploitation du pétrole est un des piliers de l'économie équatorienne depuis les années 1970. Elle a laissé des traces : saccage de vastes superficies, sources d'eau contaminées, montagnes de déchets, disparition de la faune. Le 27 avril 2019, les indigènes Waorani en Équateur ont remporté  une première bataille judiciaire contre l'industrie pétrolière, avec un jugement qui suspend son entrée sur leurs terres en Amazonie et pourrait compliquer l'exploitation d'autres gisements d'hydrocarbures dans le pays. Les juges ont déterminé que ce projet attentait au droit constitutionnel des peuples à l'autodétermination et à être consultés sur l'extraction de ressources non renouvelables dans leur habitat. Le jugement constitue "un précédent important pour l'Amazonie", a estimé l'avocate des plaignants, Lina Maria Espinosa. D'autres peuples de la région pourraient prendre exemple sur le combat des Waorani, notamment au Brésil.

    D'autre part, en Grande-Bretagne, suite à une motion du parti travailliste (Le Labour), le parlement britannique a adopté un texte déclarant «l’urgence écologique et climatique ». Le vote [32] fait suite à la mobilisation «Tell the truth» (dites la vérité)  du mouvement Extinction Rebellion, des blocages organisés durant onze jours à Londres avec l'appui de personnalités et de la société civile [32 bis]. Le but : dénoncer  l’inaction des gouvernements face à la crise environnementale. L’une des revendications  a été en partie adoptée. La motion suggère une révolution industrielle verte et des changements d’ampleur dans le domaine de l’agriculture et des transports. «Les actions individuelles ne sont pas suffisantes, a martelé Corbyn. Nous avons besoin d’une réponse collective qui responsabilise les gens, au lieu de les blâmer s’ils n’achètent pas du papier toilette recyclé coûteux ou la nouvelle Toyota Prius ». Cependant,  le mouvement Extinction Rebellion n'entend pas s'estimer satisfait : « Nous devons maintenant stopper l’érosion de la biodiversité, aller vers zéro émission de carbone d’ici à 2025 et créer une assemblée citoyenne [sur le climat]».

  Certains journaux mettent en parallèle les actions de désobéissance civile menée par le mouvement Extinction Rebellion dans un autre pays. En France, « toujours pas d'urgence climatique déclarée, malgré les actions d'ONG (comme celle dans le quartier d'affaires de la Défense [33] , le 19 avril dernier). Le 25 avril, le président avait énoncé dans son discours la mise en place d'un conseil de participation citoyenne composé de 150 citoyens tirés au sort, pour définir de nouvelles mesures en faveur de la transition écologique. Pour Jonas d'Extinction Rebellion, ce n'est pas assez. "On avait vu Macron avec son slogan "Make Our Planet Great Again", qui n'a pas agi. Il ne s'agit que d'une façade, il n'y a rien de concret"» , relate TV5 Monde. [33 bis] Pire, il y a un écart flagrant entre les paroles et les actes politiques  : pendant que se déroulait l'IREPS, le gouvernement a mis au placard  le Conseil National de la Protection de la Nature en toute discrétion. [34]

   De son côté, Le Sénat a rejeté, jeudi 2 mai, une proposition de loi du groupe socialiste visant à introduire l’incrimination d’« écocide » dans le Code pénal français afin de « punir les crimes environnementaux d’une particulière gravité ». La proposition de loi a de quoi faire frémir les multinationales et les politiques inféodés à ces derniers : elle prévoyait « une peine de réclusion criminelle de vingt ans, 7,5 millions d’euros d’amende ainsi que l’imprescriptibilité, comme elle est déjà prévue par le code de procédure pénale pour les génocides et les crimes contre l’humanité ». La frilosité de la majorité politique s'exprime : « "Protéger notre planète est une question de survie que personne ne conteste", a déclaré au Monde la rapporteure du texte, Marie Mercier (LR, Saône-et-Loire), juste avant les débats, "mais la France ne peut s’ériger en gendarme du monde. En revanche, elle pourrait être leader dans la conclusion d’un traité international définissant un socle de sanctions qui se déclinerait dans le droit interne de chaque État" ». [cf.33 bis],

   L'amateurisme n'est pas celui du citoyen

    Le succès de la pétition « L’Affaire du siècle », qui a recueilli le nombre record de 2,1 millions de signatures en faveur de la lutte contre le changement climatique et l’approche des élections européennes du 26 mai n’étaient pas étrangers à l’initiative de cette proposition de loi, comme l'a rappelé Jerôme Durain : « L’écologie est un marqueur politique à même de fédérer, a déclaré le sénateur de Saône-et-Loire. Notre démarche n’est pas totalement désintéressée, mais elle est sincère et elle témoigne de notre maturité politique. Si tout le monde s’attend, on ne fera jamais rien.  La criminalité environnementale n’est pas une criminalité de pays pauvres ».

  En effet, l'ambition française n'est pour l'instant pas à la hauteur de sa responsabilité [34 bis] : « La France fait partie des pays fer de lance sur la scène diplomatique », confirme Yann Laurans, directeur du programme biodiversité de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Pourtant, elle n'est pas une « bonne élève » sur le plan de l'application, selon une dizaine d'associations environnementales :

  « Comment notre pays, qui affirme sa volonté d'être (...) un acteur majeur de la mobilisation en faveur de la biodiversité (...) peut-il être crédible en tenant aussi peu compte de ces enjeux dans sa politique intérieure ? ». La réaction fait suite à l'intervention d'Emmanuel Macron en conclusion du grand débat national. « L'environnement, parent pauvre de cette conférence de presse, a tristement brillé par son absence ». « Nous avons des compétences naturalistes admirables en France, on sait comment changer les choses, mais la volonté politique n'est pas au rendez-vous », assène Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO).[34 bis]

  Il en est de même dans d'autres pays où les pouvoirs politiques font preuve d'amateurisme en la matière. Aux États-Unis, les mobilisations portées par la jeunesse [35]suivent l'exemple de Greta Thunberg, figure mondiale du militantisme pour le climat : « Je veux que vous ressentiez la peur qui m’habite chaque jour et que vous agissiez, comme s’il y avait le feu, parce que c’est le cas ». [35 bis] Une partie de la jeunesse suit son exemple, refuse de continuer à se rendre à l'école afin d'exhorter les politiques à faire leur travail.

  Des initiatives locales à la transformation globale

   La situation est-elle à ce point désespérée que seules les générations futures se soucient de leur avenir ?

   Selon Robert Watson, président du groupe d'experts de l'IPBES, « il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial ».

   Chacun est donc libre d’œuvrer (ou de désoeuvrer en étant plus ou moins capables de continuer à se regarder dans la glace) pour endiguer la catastrophe. Les petites actions ne sont pas à dénigrer.

    On peut arrêter de consommer du nutella, se débarrasser du plaisir coupable d'avoir sur le dos la mort des orangs-outans. On peut scruter les étiquettes des produits et boycotter tous les produits contenant de l'huile de palme. On peut ne plus utiliser de paille en plastique, préférer systématiquement une gourde réutilisable à une bouteille en plastique, demander aux restaurateurs de servir nos commandes de nourriture à emporter dans des tupperwares au lieu d'accepter les emballages cartons, choisir de n'aller que dans des épiceries d'aliments en vrac et fuir les supermarchés et leurs produits emballés. On peut utiliser une CUP plutôt que des tampons et serviettes pour gérer son cycle menstruel. C'est un premier pas. Un petit pas qui ne suffit pas.

    Il faut agir au niveau individuel, mais aussi rejoindre une  mobilisation citoyenne collective de grande ampleur. Par exemple, on peut suivre la tentative de boycott citoyen contre le plastique du 24 mai au 1er juin ou manifester chaque vendredi comme la jeunesse. On peut aller plus loin dans l'engagement : quitter la ville pour la campagne. C'est un second pas. Un plus grand pas qui ne suffit toujours pas.

    Bien entendu, une action ne chasse pas l'autre : s'indigner du sort des baleines sur Facebook, soutenir financièrement Sea Shepherd [36]ne doit pas nous empêcher de voir ce qui se trame sous nos yeux, dans notre caddie ou sur l'étale de marché. Un fait divers parmi d'autres : à Lyon, Jean-Luc Vianey, meilleur ouvrier de France poissonnier a découpé un requin-renard entier. Depuis 2017, l'espèce est classée vulnérable et inscrite dans l'Annexe II de la Convention de Washington, une convention qui a pour but « de veiller à ce que le commerce international des animaux et plantes sauvages ne menace pas la survie de ces espèces ».  Cette pêche accidentelle ne doit pas être considérée comme « accessoire ».[37]

  Les petits et moyens combats préparent le terrain collectif. Mais, les actions individuelles et collectives n'ont d'impact que si, et seulement si, elles débouchent sur une politique de grand changement. Plutôt que de continuer à remplir son caddie de produits issus de l'agriculture  « biologique » et  « équitable », il faut apprendre à faire un jardin (même en ville ![38]) et obliger les décideurs à changer l'agriculture et l'alimentation pour éviter l'effondrement du vivant.[39]

   Il n'est pas normal d'accepter que les grandes fortunes mondiales se préparent au pire en contractant une assurance  « apocalypse »[40] et se ruent vers la Nouvelle-Zélande [40 bis]plutôt que d'investir dans la préservation des espèces et de la Nature. [41] Il n'est pas normal d'accepter la proposition d'une planète B (coloniser Mars) [42], plutôt que la solution réaliste (régler la crise actuelle). Il n'est pas sain de proposer comme solution à la Sixième Extinction de masse, la « dé-extinction » [43] ou le remplacement de l'animal par la machine.[44] ,[44 bis] Voilà une forme de syndrome de Stockholm : nous sommes pris en otage par ceux qui entretiennent le désastre et nous développons une sorte d'empathie, de contagion émotionnelle vis-à-vis de ceux-ci, selon des mécanismes complexes d'identification et de survie.[45]

   Penser entre les systèmes

   Vivre en respectant la planète (la Nature, son prochain et les espèces animales et végétales qui peuplent la Terre), tel est l'objectif. Il ne peut être atteint qu'en changeant de paradigme. C'est ce qu'explique l'Anthropologue Philippe Descola. Pour appréhender les enjeux politiques et écologiques actuels,  l’opposition entre « nature » et « culture » doit être dépassée. Doivent émerger d’autres formes de relations entre les hommes et leur environnement.[45 bis]

    Pour que la civilisation moderne modifie en profondeur son fonctionnement, il nous faut en fait « penser entre les systèmes ». L'anthropologue a étudié des « formes singulières d’attachement au territoire et de relations avec des non-humains », des efflorescences de mouvements à l'intérieur  d'un État centré (Notre-Dame-Des-Landes) ou à l’extérieur du modèle dominant (des communautés de non-contactés au coeur de l'Amazonie)  :

  « Elles sont toutes caractérisées par la relation avec un territoire, considéré comme source de vie, sans notion d’appropriation. Ce sont ces laboratoires-là qui m’intéressent. Ils montrent que les changements auxquels on aspire sont possibles, non pas sous la forme de partis politiques guidant les masses, mais sous celle d’une multitude d’expériences de créations d’espaces autonomes offrant une alternative à la poursuite d’un modèle qui a montré son épuisement (...) Comment puiser dans ces expériences pour faire face au réchauffement climatique ? Ne faut-il pas imaginer un nouveau fédéralisme ? Avec quelles composantes ? Quel devenir pour l’État ? Je n’ai pas de réponses, ce doit être l’objet d’un énorme effort d’imagination collectif ».

  En somme, il faut un « changement central, qui  "désanthropocentrise" le rapport au monde ».

  « Le fondement du naturalisme moderne, la séparation entre nature et culture, a permis le développement des sciences positives, mais c’est un présupposé ontologique qui n’est pas scientifique en soi. Un travail reste à faire, surtout dans l’enseignement, pour sortir de cette vision » erronée : « c’est quand même nous, les Occidentaux, qui avons réussi le mieux dans cette affaire puisque nous avons su montrer que la nature existe et qu’il faut dévoiler ses mystères et mieux exploiter ses ressources ».

  En ce domaine, nous avons tout à apprendre des peuples autochtones et des populations locales. Pour eux, les dégâts écologiques sont les plus forts, mais les solutions d'adaptations les plus prometteuses :

  Par exemple, « les Gwich’in du nord de l’Alaska paraissent mieux s’adapter aux bouleversements induits par le réchauffement global, comme le changement des routes de migration des caribous, parce qu’ils savent mieux gérer l’aléa que des populations sédentaires dans des environnements trop stabilisés comme les nôtres ».

  Entre carte bancaire et carte électorale : la liberté s'arrête là où commence celle de la planète

   D'ailleurs, le rapport de l’IPBES fait la part belle aux peuples autochtones et aux communautés locales : 

   « leurs pratiques de chasse, d’agriculture, de pêche sont durables et généralement favorables à la préservation de la biodiversité, voire en sont les garantes. Or, les peuples indigènes représenteraient entre 300 et 370 millions de personnes, tandis que les communautés locales pourraient réunir jusqu’à 1,5 milliard d’habitants, soit près de 20 % de la population mondiale. Et leurs territoires se recoupent souvent avec des zones clés pour la conservation de la biodiversité. Voilà donc peut-être une partie de la solution, pourvu qu’on garantisse à ces groupes souvent marginalisés l’accès à la terre, aux semences, à l’eau, et le respect de leurs droits fondamentaux ».

   Depuis notre zone de confort, sommes-nous enfin prêts à entendre l'appel des peuples autochtones [46] ? Eux ne scient pas la branche sur laquelle nous, individus de la société "civilisée,  sommes assis en suffisance.

  Comme le rappelle la journaliste  Charlotte Belaiche dans un article, la liberté s'arrête là où commence celle de la planète [47]. Ajoutons à cela, la liberté des multinationales, des décideurs puis des consommateurs. Peu importe que nous croyions en une vision à court, moyen ou long terme. Nous devons nous reporter sans cesse au devoir de vigilance. Tant dans le quotidien que dans les prises de position en société, nous devons prouver que nous ne sommes pas en premier lieu des consommateurs [47 bis], mais des citoyens avec un pouvoir d'action.

   Ne se présentent pas deux choix cornéliens : la carte bancaire ou la carte électorale [48]. Une troisième voie s'ouvre : la désobéissance civile ou le refus de s'inféoder à un système basé sur la surconsommation, la mauvaise gestion et répartition des ressources .

   Se contenter d'« espérer que le naturaliste J. H. Fabre avait tort quand il déclara que l’homme succomberait, tué par l’excès de ce qu’il appelle la civilisation »  ? Au contraire, inventer une autre fin possible : une issue de secours.[49]

  Sarah Seignobosc

[1] Compléter par la lecture de l'article du 29 avril 2019 sur le journal Libération : « "L’Homme a mangé la Terre", ou comment nous avons basculé dans l’anthropocène ».

[1 bis] Regarder le documentaire L’Homme a mangé la Terre de Jean-Robert Viallet disponible sur Arte du 24/04/2019 au 28/09/2019.

[2] Compléter par la lecture de l'article du 20 janvier 2019 sur le journal Libération : « Anthropocène : L’humanité aux commandes d’une ère géologique ».

[2 bis] Voir la vidéo  « 1965, lorsque Michel Simon prédisait la sixième extinction » disponible sur le site de l'Institut National de l'Audiovisuel  : https://www.ina.fr

[3] Lire l'article du 29 avril 2019 du magazine Les Inrocks : «  Il y a 30 ans nous aurions pu sauver la Terre : voici pourquoi nous ne l’avons pas fait ».

[3 bis] Pour approfondir : lire le livre Perdre la Terre - une histoire de notre temps de Nathaniel Rich coédité par les éditions du Seuil et du Sous-sol. 

[4] Lire le livre Le Syndrome de l'autruche : Pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique de Georges Marshall dans la collection "Domaine du Possible" d'Actes Sud, édité en octobre 2017.

[4 bis] Lire la présentation du livre par Laurent Testot dans le magazine Sciences Humaines : «  Le syndrome de l'autruche ».

[5] Lire une contribution externe datant du 9 août 2018 dans le journal belge La Libre : «  La terre se meurt, nous le savons et nous le nions ».

[6] Source : Wikipédia

[5 bis] Lire le billet du 28 mars 2019 sur le site du magazine Marie Claire : «  Tout quitter pour vivre au plus près de la nature ».

[7] Lire le billet «  Les volcans émettent-ils plus de CO2 que l’Homme ? » sur le site de Futura Planète.

[8] Lire l'article du 7 octobre 2018 du journal Libération : «  Le rapport glaçant du Giec ».

[9], [9 bis] Lire l'article du 6 mai 2019 du journal Le Monde « Une espèce sur huit, animale et végétale, risque de disparaître à brève échéance ». Une série d'autres articles sont consultables :  l'article du 29 avril 2019 du journal La Libre  : « Les preuves sont "incontestables": "La Terre est en train de mourir" » ; l'article du 26 avril 2019 de la revue National Geographic :« Sixième extinction de masse : un million d'espèces seraient menacées ; l'article du 24 avril 2019 du  magazine Paris-Match : «  Rapport de l'ONU : si rien n’est fait, un million d’espèces pourraient bientôt disparaître », pour ne citer que ces exemples.

[10] Lire l'article du 6 mai 2019 du magazine l'Obs : « Un million d’espèces menacées : une hécatombe qui vient d’abord d’une agriculture devenue folle ».

[11] Regarder la vidéo  : « Pourquoi faut-il sauver les espèces ? En 2 minutes, Sir David Attenborough te fait comprendre l’effet domino de l’extinction d’une espèce » sur la page du média Kapaw sur les réseaux sociaux.

[12] Lire l'article du 12 mars 2019 du quotidien suisse Le Temps  : « La pollution de l’air tue plus que la cigarette ».

[13] Lire la publication « Cancer et environnement : L'origine environnementale des cancers » sur le site de l'Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse : http://www.artac.info.

[13 bis] Pour pousser plus loin : lire le rapport Cancer : Approche méthodologique du lien avec l'environnement publié chez Les éditions Inserm en 2005.

[14] Lire l'article du 14 avril 2017 sur le journal Libération : « 80% des cancers d'origine environnementale », l'erreur d'interprétation de Mélenchon » afin de comprendre les divergences d'interprétations chiffrées.

[15] Source de la définition du terme « négationnisme » : Wikipédia.

[16] Source de la définition du terme « écocide » : Wikipédia.

[16 bis] Lire un des livres de Valérie Cabanès, juriste qui se bat pour la reconnaissance du terme d'écocide : Un nouveau droit pour la Terre
Pour en finir avec l'écocide, publié aux éditions Seuil dans la collection "Anthropocène".

[17] Regarder la vidéo du Huffingpost  : « L' "écocide", ce crime écologique contre l'humanité, qu'est-ce que c'est ? » sur YouTube.

[17 bis] Lire l'article du 2 mai 2019 du journal Le Monde : « Au Brésil, la mise en place d’une politique de destruction de l’environnement ».

[18] Lire l'article du 21 mars 2019 du journal Libération : « En cinquante ans, l'extraction de ressources a plus que triplé dans le monde ».

[19] Écouter l'émission « capture d'écrans » du 11 septembre 2018 France Inter : « "Plastique, la grande intox" : une enquête édifiante de Cash Investigation ».

[19 bis] Lire l'article du 26 novembre 2009 du journal Le Monde : « Climat : "Il ne s'agit pas de culpabiliser mais d'assumer ses responsabilités" ».

[20] Citation tiré du livre de Mona Chollet, Chez Soi : une odyssée de l'espace domestique publié aux Éditions La Découverte.

[21] Lire l'article du 20 novembre 2017 du quotidien Le Journal de Québec : « De gros cadeaux pour les pollueurs ».

[21 bis] Lire le billet du 6 novembre 2018 sur le blog Médiapart  : « Les plus gros pollueurs exonérés, en silence, de taxe sur les carburants. ».

[22] Voir la vidéo de Brut Nature sur les réseaux sociaux : « Taxer le kérosène des avions pour financer la transition écologique ».

[23] Lire la page 3 du  Monde Diplomatique de février 2017 du journal Le Figaro : « Ce dont nous avons (vraiment) besoin ».

[23 bis] Lire l'article du 21 mars 2019 du journal Le Figaro : « Raffinerie Total de la Mède : 20 000 tonnes d’huile de palme livrées vendredi ».

[24] Lire la contribution externe du 6 avril 2018 du journal belge La Libre : « voitures électriques: le scandale humanitaire dont personne ne parle (OPINION)».

[24 bis] Compléter la lecture par le billet du 11 novembre 2018 du blog Médiapart : « L'escroquerie de la voiture électrique et des bio carburants ».

[25] Lire l'article du 12 juillet 2017 du quotidien Britannique The Guardian : « High-fat oil and low-paid farmers: the cost of our coconut craze ».

[26] Lire le billet du 25 octobre 2017 « Noix de coco : du conte de fées commercial au cauchemar animal » sur le site : https://mrmondialisation.org.

[26] Lire l'article du 17 novembre 2016 du magazine L'Obs : « Vous ne regarderez plus jamais les avocats de la même façon ».

[26 bis] Lire l'article du 29 janvier 2019 du quotidien belge L'Écho : « Faut-il encore manger des avocats ? ».

[27] Lire l'article du 20 août 2017 du journal Libération : « Souffrance animale : C’est bio, c’est bon, mais c’est moche».

[28] Lire le billet du 27 mars 2019 « Devoir de vigilance : le secteur agroalimentaire pointé du doigt pour son approvisionnement en soja » sur le site de Novethic : https://www.novethic.fr.

[28 bis] Lire l'article du 4 février 2019 du magazine Les Inrocks : « Monsanto : Hulot affirme avoir été menacé par Monsanto quand il était ministre » .

[29] Lire l'article du 17 juin 2016 du journal belge Le Soir : « Ségolène Royal présente ses excuses à Nutella » .

[29 bis] Lire l'article du 27 avril 2019 du le magazine Géo : « Équateur : victoire des Waorani contre l'industrie pétrolière ».

[30] Lire l'article du 3 mai 2019 du journal Le Monde : « Le Sénat rejette l’inscription du "crime d’écocide" dans le droit pénal ». 

[31 bis] Écouter l'émission « De cause à effets, le magazine de l'environnement » du 14 avril 2019 sur le site de France Culture  : « Au nom de la terre, une juriste dans l'arène ».

[32] Regarder la vidéo du 2 mai 2019 sur le site du journal Les Échos  : « Le Parlement britannique déclare l’urgence climatique ». Compléter par la lecture de l'article du 2 mai 2019 du journal Libération : « Le Parlement britannique déclare l’urgence climatique ».

[32 bis] Lire l'article du 19 avril 2019 du quotidien d'informations britannique The Guardian  : « Climate activists and police tussle for control of Oxford Circus ».

[33] Lire l'article du 19 avril 2019 sur le site de TV5 Monde : « Écologie : la désobéissance civile contre « la République des pollueurs ».

[33 bis] Lire l'article du 2 mai 2019 sur le site de TV5 Monde : « Royaume-Uni : premier pays à déclarer "l'urgence climatique" mais pour quoi ? ».

[34] Lire le billet du 6 mai 2019 du blog Médiapart : « Pour la sauvegarde du Conseil national de la protection de la nature ».

[34 bis] Lire l'article du 6 mai 2019 du journal Libération : « Biodiversité : l’affligeant écart entre le discours et les actes ».

[34 bis] Lire l'article du 30 avril 2019 sur le site de Futura Planète : « Biodiversité : la France, mauvaise élève et  "toujours pas à la hauteur " ! ».

[35] Lire l'article du 28 avril 2019 du journal Le Monde : « Dans le sillage de Greta Thunberg, les ados américains se battent pour le climat ».

[35 bis] Lire l'article du 25 janvier 2019 du magazine Paris Match : «  "Je veux que vous paniquiez"  : Le discours poignant de Greta Thunberg à Davos ».

[36] Lire l'article du 29 avril 2019 du magazine Paris Match : «  Sea Shepherd porte plainte contre Nausicaà après la mort des trente requins-marteaux ».

[37] Lire l'article du 29 avril 2019 du magazine Lyon Capital: « Polémique sur la découpe d'un requin à Lyon, le poissonnier s'explique ». Compléter par l'article du 25 janvier 2019 sur le site de Rue 89 : «  "Le requin renard découpé par le poissonnier de la Croix-Rousse provient d’une espèce vulnérable ».

[38] Lire le billet du 20 octobre 2018 sur le site de Reporterre : « L’agriculture urbaine pourrait nourrir 10 % des populations des villes».

[39] Lire le billet du 6 mai 2019 sur le site de Reporterre : « "Pour éviter l’effondrement du vivant, il faut changer l’agriculture et l’alimentation ».

[40] Lire l'article du 7 décembre 2018 du quotidien belge L'Écho : « Le luxe ultime ? Une "assurance apocalypse" ».

[40 bis] Lire l'article du 5 février 2018 du magazine Les Inrocks : « Pourquoi les élites de la tech se ruent vers la Nouvelle-Zélande ».

[40] Lire l'article du 5 février 2018 du magazine Les Inrocks : « Pourquoi les élites de la tech se ruent vers la Nouvelle-Zélande ».

[41] Lire l'article du 1 novembre 2018 du quotidien d'informations suisse Le Temps : « Le mécène suisse Hansjörg Wyss verse un milliard pour protéger la nature ».

[42] Lire l'article du 5 avril 2018 du magazine Le Point : « Colonisation de Mars : Thomas Pesquet en désaccord avec Elon Musk».

[43] Compléter la lecture par le billet du 13 mars 2018 sur le site http://www.internetactu.net/ : «  En route pour la dé-extinction (1/3) : comment, pourquoi ressusciter des espèces disparues ? ».

[44] Lire le billet du 21 novembre 2017 sur le site de la revue ADN : «  Doit-on remplacer des animaux en voie d’extinction par des robots ? ».

[44 bis] Visionner la vidéo sur YouTube : «  Tonight Showbotics : Jimmy Meets Sophia the Human-Like Robot ».

[45] Source de la définition du syndrome de Stockholm : Wikipédia.

[45 bis] Lire l'article du 30 janvier 2019 du journal Libération : « Philippe Descola : «" Je suis devenu un peu animiste, il m’arrive de dialoguer avec les oiseaux" ».

[46] Écouter l'émission « Dimanche, et après ? » du 21 avril 2019 sur le site de France Inter : « "Écologie" et "transition" : sommes-nous prêts à entendre l'appel des peuples autochtones ? ».

[47] Lire l'article du 2 avril 2019 du journal Libération  : « Accepter que la liberté s’arrête là où commence la planète ».

[47 bis] Lire la page 3 du Monde Diplomatique de juillet 2018   : « Les enfants gâtés du supermarché ».

[48] Lire l'article du 6 mai 2019 du journal Le Monde  : « Menaces sur la biodiversité : « Chacun de nous a deux cartes dans sa manche : la carte d’électeur et la carte de crédit ».

[49] Lire la publication du 6 mai sur le site  du Monde Diplomatique reprenant les pages 14 et 15 du numéro de février 1970  : « La plupart des espèces animales et végétales sont menacées de disparition par suite des interventions humaines ».

 

 

 

 

 

 

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