Dans l’Allier, la «gouvernance» Riboulet

Décryptage, via le récit de la dernière session du Conseil départemental, qui s'est tenue à Moulins le 4 février 2021 (9h30-12h40 et 14h-16h).

Une avancée démocratique :

• C’est seulement la deuxième fois (après la session du 10 décembre 2020) qu’une session du Conseil départemental est retransmise en direct (et seulement en direct : le « replay » n’est pas disponible). C’est une mesure certes limitée et tardive, mais bel et bien une avancée (cf. la situation en septembre dernier).

• Je note toutefois que les « rapports » sur lesquels se prononcent les conseiller∙ères pendant les sessions ne sont toujours pas accessibles au citoyen-internaute et que la rubrique « Délibérations » du site du Département n’a pas été actualisée depuis fin 2019-début 2020.

L’assemblée départementale se réunit au sein de l’Hôtel du département, construit au milieu des années 1980, sous la présidence de Jean Cluzel (1923-2020), face à la préfecture de l’Allier. © Allier Département

Des difficultés techniques vite résolues

• La retransmission de la première heure et demie de la session a été émaillée de fréquentes (et parfois longues) coupures, puis elle s’est effectuée dans de bonnes conditions pour le citoyen-téléspectateur.

• J’ai trouvé la réalisation (assurée par une entreprise installée à Moulins) réussie, car sobre. Il serait intéressant de connaître le coût de la captation d’une telle session et les moyens humains et techniques qu’elle a mobilisés : je pense là aux autres collectivités bourbonnaises, et en particulier à Vichy, Montluçon et Moulins Communauté, dont les décisions concernent respectivement entre 60.000 et 85.000 personnes, mais dont les conseils ne sont toujours pas filmés.

Premier constat :

• Dans l’hémicycle, le président du Conseil départemental exerce une double fonction : celle de président de l’exécutif et celle de président de séance. Il n’existe pas, comme à l’Assemblée nationale, un∙e président∙e de séance (généralement le président de l’Assemblée nationale) chargé∙e de veiller à la bonne tenue des débats : organisation des tours de parole et des scrutins, respect de l’ordre du jour, des temps de parole des orateurs∙trices, du règlement de l’assemblée…

• Cette confusion des rôles pourrait ne pas (trop) prêter à conséquence. Ce n’est pas le cas à Moulins, vu la personnalité de l’actuel président du Conseil départemental de l’Allier, Claude Riboulet, et le mode de gouvernance installé par lui et sa majorité depuis septembre 2017.

Maîtrise de soi. © Capture d'écran / Allier.fr & Kintésens prod. Maîtrise de soi. © Capture d'écran / Allier.fr & Kintésens prod.

Entre autres propos tenus le 4 février par Claude Riboulet :

• Vers 11h30, en réaction à un post facebook publié quelques minutes plus tôt par le président du groupe socialiste, Bernard Pozzoli, à propos du coût de la carte de vœux 2021 du Conseil départemental : « Oui je sors de mes gonds ! C’est un scandale absolu ! Cette médiocrité crasse à laquelle vous vous abaissez ! Et après, vous voulez qu’on discute ? Vous voulez qu’on concerte ? »

Vers 15h20, en coupant la parole à Valérie Gouby (groupe Communiste Républicain et Citoyen, CRC), qui s’exprimait sur la fermeture du Restaurant Inter-Administratif (RIA) de Moulins : « Comment vous pouvez dire quelque chose d’aussi faux ?! Comment c’est possible de dire une ânerie pareille ? Je ne comprends pas : vous êtes intelligente, et là vous lisez un courrier sans réfléchir, sans le moindre esprit critique. » (L’expression « vous êtes intelligente » m’a frappé en particulier : si M. Riboulet s’est emporté à plusieurs reprises au fil de ces cinq heures de session ― ce qui ne manque pas de surprendre et d’interpeller, lorsqu’on assiste pour la première fois, comme c’était mon cas ce 4 février, à pareil “spectacle” ―, c’est la seule fois qu’il a osé une remarque aussi personnelle à l’attention d’un∙e membre de l’assemblée ; une remarque paternaliste ― ce qui n’a d’ores et déjà pas lieu d’être, vu la connotation méprisante et inégalitaire qu’elle comporte ― et, selon moi, clairement sexiste ; d’ailleurs, quelques minutes plus tôt, dans le ton utilisé par M. Riboulet pour répondre à Eliane Huguet, j’avais déjà perçu quelque chose de changé, de plus agressif encore que lors de ses emportements de la matinée.)

• Sur le même sujet du RIA, à l’attention de plusieurs membres de l’opposition (en particulier Mme Huguet et M. Pozzoli) : « Vous ne pouvez pas dire un mensonge pareil : je vous demande de le retirer… et je vous retire la parole ! [sic] » ; « Vous vous ridiculisez » ; « Vous semez la zizanie » ; « Vous agitez des fantasmes ! » ; « Vous êtes les télégraphistes de la CGT ! »

• Une expression est régulièrement revenue dans la bouche de M. Riboulet au cours de la session : « C’est hallucinant ! »

• J'ai également relevé au fil de la session : « J'assume de sur-communiquer » et « Nous manquons de visibilité. […] Notre objectif, c’est déjà 2023, avec le pragmatisme et l’anticipation comme maîtres-mots. »

Tribune exécutive. © Allier.fr / Kintésens prod. Tribune exécutive. © Allier.fr / Kintésens prod.

La « gouvernance » du président Riboulet :

• M. Riboulet a été le seul membre de la majorité à répondre aux interventions et questions de l’opposition (le 1er vice-président, Frédéric Aguilera, suivait la session à distance ; les vice-président∙es Cuisset et Rozier sont seulement intervenu∙es pour présenter leurs rapports respectifs ; seul∙es le vice-président Coulon et la conseillère Voitellier ont ― brièvement ― pris la parole au fil des discussions ; le chef de la majorité et président de l'Union Républicaine pour le Bourbonnais, Jean-Sébastien Laloy, n'a pas dit un mot).

• M. Riboulet s’est autorisé à commenter quasi-systématiquement les votes de l’opposition :

  • pour juger bien normal qu’elle vote les résolutions proposées par lui et sa majorité (comme si sa politique était forcément la bonne, qu’elle devait forcément être approuvée, et que l’opposition était bien ingrate de ne pas le reconnaître plus souvent) ;
  • pour ironiser, lorsque celle-ci s’est abstenue : « Courageusement, l’opposition s’abstient… » (comme s’il n’était pas possible d’avoir de bonnes raisons de s’abstenir) ;
  • pour lancer de façon véhémente, lors du vote sur le rapport relatif au ticket-restaurant (qui a provoqué la discussion sur le RIA) : « Moi je respecte les 66% des agents du Département qui se disent favorables ! Vous, vous avez le droit de défendre une ultra-minorité ! »

• Des conseillers de l’opposition ont pointé :

  • que M. Riboulet s’est récemment rendu, dans le cadre de ses fonctions, dans des communes du département (une visite au Montet ― lire ici et ― a notamment été mentionnée par Marie-Françoise Lacarin, présidente du groupe CRC), sans visiblement en avertir les conseillers départementaux concernés (ce qui est contraire aux usages : informer de sa visite a notamment pour effet de montrer que l’on n’est pas le président d’un parti ou d’un “camp”, mais qu’on représente bien l’ensemble de la collectivité) ;
  • que l’annonce de “l’embauche” prochaine de 100 apprentis et stagiaires par le Conseil départemental, annoncée pendant la session, n’a pas été évoquée lors de la conférence des présidents qui précède immédiatement la session ;
  • que la presse locale, et non l’assemblée départementale, a la primeur des annonces de l’exécutif départemental.

• Lors de précédentes sessions, l’opposition avait aussi signalé que les conseillers départementaux recevaient au tout dernier moment (et même hors délai) les rapports sur lesquels ils devaient se prononcer en session, compliquant évidemment la préparation du débat ― ce qu’à ma connaissance l’exécutif n’avait pas démenti.

Jean-Paul Dufrègne, député PCF de la 1ère circonscription de l’Allier depuis 2017, a présidé le Conseil départemental entre 2008 et 2015. Il est remplaçant aux élections départementales de ce mois de juin, dans l'équipe de son actuelle «binôme» du canton de Souvigny, Marie-Françoise Lacarin. Jean-Paul Dufrègne, député PCF de la 1ère circonscription de l’Allier depuis 2017, a présidé le Conseil départemental entre 2008 et 2015. Il est remplaçant aux élections départementales de ce mois de juin, dans l'équipe de son actuelle «binôme» du canton de Souvigny, Marie-Françoise Lacarin.

Respect ou irrespect ?

• Tout ce qui précède dans ce compte rendu le dit : M. Riboulet n’est pas respectueux du débat démocratique. La session du 4 février n’a fait à cet égard que confirmer l’impression que m'avait laissée jusque-là le président du Conseil départemental (depuis le printemps 2019, précisément).

• Que la droite bourbonnaise l’ait porté à la tête du Département en septembre 2017 et qu’elle l’ait depuis laissé “gouverner” de la sorte, et installer au passage une ambiance délétère dans l’enceinte départementale, est également signifiant.

• « Ce que je dis [et ce que dit l’opposition] est aussi important que ce que vous dites. La question du respect, elle est là », a lâché dans l’après-midi le député Jean-Paul Dufrègne. C’est effectivement de « respect » que manque M. Riboulet à l’égard de ses adversaires politiques et des citoyen∙nes bourbonnais∙es qui ne partagent pas les mêmes opinions que lui.

La politique pour soi

• Pour son président, l’assemblée départementale n’est à l’évidence pas un lieu de débat, mais une chambre d’enregistrement : pour lui, les décisions doivent être unilatérales et verticales, les choix arrêtés a priori et en petit comité ; le débat n’est pas perçu comme un moyen d’améliorer les choses, mais comme une perte de temps.

• Une observation ou une critique est pour lui forcément infondée ou malveillante : elle ne peut qu’être le résultat d’une manœuvre politicienne.

• Dès lors, pour M. Riboulet, l’assemblée départementale n’est plus qu’un lieu où faire des annonces et le spectacle (sa carrière a d’ailleurs commencé par des concours d’éloquence), un lieu où l’on provoque des incidents de séance quand les arguments viennent à manquer (son 1er vice-président en est lui aussi friand : cf. le procès en « ricanements » intenté lors de la session du 20 février 2020, lire ici, et ).

Culture du clash et schizophrénie

• M. Riboulet pousse, jusqu’à la caricature, la logique de la confrontation : la droite serait nécessairement responsable, bonne gestionnaire et moderne, la gauche serait forcément incapable et déconnectée ― à l’écouter, cette dernière aurait en particulier laissé un département exsangue en 2015.

• Il est dès lors déconcertant de voir cet homme qui cherche sans cesse à décrédibiliser et réduire ses adversaires au silence, soudain troquer sa hargne contre une franche familiarité : car le voilà maintenant qui tutoie et plaisante, (sur)jouant le bon sens paysan propre à rassembler les Bourbonnais∙es et leurs élu∙es. M. Dufrègne a appris à reconnaître ces moments de “rupture”. Au milieu de l’après-midi, il a ainsi tenu à avertir l’assemblée et les citoyens-internautes : « On entre dans la séquence “petites blagues” [ou “récréation”], c’est ça ? »

Twittos. Twittos.

Une vision... à courte vue

• Sur aucun des principaux dossiers évoqués ce 4 février (vaccination, budget, investissements routiers, Restaurant Inter-Administratif, rapprochement entre Allier Habitat et Evoléa), je n’ai entendu le président du Conseil départemental (re)donner à la fois les grands enjeux et une vue d’ensemble.

• M. Riboulet a par exemple ouvert la session en dressant un tableau tel de la campagne bourbonnaise de vaccination (avec un vaccibus-Bourbon’Net aux allures de village Potemkine), qu’on a pu croire un instant le problème réglé. La présentation du budget s’est également réduite à une succession de chiffres, de graphiques et de « fonds », dans laquelle la situation actuelle et les évolutions en cours n’ont pas été mises en perspective (voir aussi le compte rendu de la session dans La Montagne du lendemain).

• D’une façon analogue, j’ai constaté que, les rares fois où M. Riboulet a répondu sur le fond aux questions de l’opposition, il n’a fait qu’exposer “à la chaîne” les éléments à sa disposition : sans souci de hiérarchie, ni distinction claire entre ce qui relève de l’essentiel et ce qui relève du détail. 

Un homme agité, et des inquiétudes

• Ce 4 février, M. Riboulet était non seulement président de l’exécutif, président de la séance, mais aussi… community manager. Omniprésent dans l’hémicycle, c’est encore lui qui a répondu dans la matinée à l’un de mes tweets ― pour apporter, sur le ton aimable qu’on lui connaît, une information qu’on peut je crois qualifier de dispensable.

• Ce 4 février, j’ai vu “en live” à quel point il est difficile à M. Riboulet d’encaisser la critique ― laquelle est inévitable et logique, lorsqu’on préside un Département. Il m’a en particulier donné l’impression de se sentir assiégé : « Si je boucle à 15 heures, on va m’accuser d’avoir évacué les débats », a-t-il par exemple soufflé à la reprise de 14 heures (je l’ai aussi entendu dire : « Si je fais ça, on me dit que… » ou « Vous pouvez au moins m’accorder que… »). Il m’a semblé voir les rôles inversés : c’est comme si M. Riboulet n’était toujours pas président de la collectivité qu’il préside, comme s’il ne savait pas que c’est lui qui, par sa façon d’exercer ses fonctions, « pose » le climat dans lequel l’assemblée délibère ― s’il est avéré que celle-ci délibère effectivement depuis trois ans…

• Ce 4 février, j’ai vu à la tribune un homme d’une nervosité telle, qu’il en était parfois inquiétant. J’ai vu, pour tout dire, un homme agité, qui ne paraissait ni dans son assiette, ni à sa place. Cela a logiquement renforcé mes inquiétudes pour le département où j’habite : un tel comportement ne peut pas ne pas avoir d’effets sur le fonctionnement du Conseil départemental et le travail des quelque 2.000 agent∙es qui travaillent en son sein, chargé∙es de missions difficiles, souvent ingrates (entretien des routes, prestations sociales type RSA, accompagnement des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, de l’enfance en danger), qui nécessitent notamment humilité, sens de l’écoute, travail en commun, formation continue, un encadrement de qualité… ― toutes choses qui paraissent étrangères à l’actuel exécutif départemental.

Promotion 1975. © Compte twitter @JCoste (15.02.2019) Promotion 1975. © Compte twitter @JCoste (15.02.2019)

Mauvaises fréquentations

• En assistant à cette session, j’ai notamment pu constater les effets en Bourbonnais du modèle Wauquiez : brutalisation des procédures et des relations politiques, spectaculaires incidents de séance, l’action politique détournée au profit de la communication et des ambitions personnelles. A l’automne 2017, le tandem Riboulet-Aguilera se présentait comme un duo modéré (avec, pour M. Riboulet, une référence marquée à la démocratie chrétienne) : les deux hommes se sont depuis ostensiblement rangés derrière l’inquiétant chef de file de la droite dans la région, adepte des fake news et bientôt de la fusion avec l’extrême-droite aux côtés de ses ami∙es Ciotti, Hortefeux, Morano, Peltier…

• Ce 4 février, j’ai aussi songé à la façon dont se tiennent les assemblées vichyssoises, qui sont paraît-il un copié-collé des assemblées départementales (je n’ai pu le vérifier moi-même directement, puisque M. Aguilera continue à s’opposer à leur retransmission : lire ici et ).

• Pour l’anecdote : MM. Wauquiez, Riboulet et Aguilera sont tous les trois nés en 1975 ; les deux derniers ont fait leurs premières armes comme délégués de classe et/ou représentants lycéens, puis au Conseil régional des jeunes (sous VGE), enfin dans les assemblées locales (l’un à Commentry, l’autre à Cusset puis Vichy) : ces parcours, aussi anecdotiques soient-ils, disent quelque chose de l’échec de la démocratie représentative et de la démocratie locale, telles qu’elles se pratiquent ici ― et à peu près partout ailleurs en France ―, dans cette Ve République agonisante.

Stabilité des encours. Stabilité des encours.

Sur le fond de trois dossiers :

Dans l’ambiance tendue et souvent confuse décrite ci-dessus, plusieurs dossiers ont quand même été présentés et certains débats ont malgré tout pu avoir lieu : 

Budget et niveau de la dette :

• Investissements, « Pacte Allier », baisses de fiscalité : les annonces n’ont pas cessé depuis trois ans. Ces derniers mois, j’ai par exemple relevé ces titres dans La Semaine de l’Allier : « 100 millions € pour développer le tourisme et l’économie de l’Allier » ; « Région / Département : près de 54 millions € sur la table » ; « 4 millions € d’aides pour les voieries et bâtiments des communes ». Mais à écouter la présentation du dernier budget de la mandature, on distinguait mal les priorités, et on ne voyait pas bien ce qu’avaient d’exceptionnel ces plans pourtant présentés comme tels.

• Au fil de la discussion budgétaire, j’ai d’abord compris que le Département a concentré ses investissements sur la fin de la mandature, qui correspond ― c’est sans doute un hasard ― à la présente période électorale : cf. par exemple les « mapping vidéo » lancés à l’été 2020 ou les investissements routiers présentés par Mme Cuisset. Or, vu la conjoncture, ces investissements n’arrivent-ils pas justement trop tard ? Le « taux de réalisation » de ces derniers a notamment fait l’objet d’intéressants développements dans l’hémicycle. 

• Au fil de la discussion, j’ai aussi compris que la droite, qui se vantait d’avoir « administré un remède de cheval » (suite à la gabegie supposée de ses prédécesseurs socialo-communistes) et en-même-temps « réaugmenter les investissements », le tout en déplorant l’abandon de l’Etat, laisse en 2021 la dette à 298 millions €, c’est-à-dire au même niveau qu’à son arrivée à l’automne 2015 (305,5M€).

Le Restaurant Inter-Administratif de Moulins :

• « C’est quoi cette vision de cogestion généralisée ?! » Telle fut la réplique du président Riboulet, quand l’opposition, par la voix de Mme Gouby, osa rappeler que 30% des repas servis au RIA le sont (en temps normal) aux personnels du Conseil départemental et que ce dernier est étroitement associé à sa gestion (la composition du conseil d’administration suffit à le montrer).

• Claude Riboulet n’en a pas démordu : le soutien apporté par le Département à ses agent∙es en matière de restauration doit désormais exclusivement passer par des « Ticket Restaurant », et ce même si :

  • beaucoup d’entre eux risquent d’être dépensés dans les grandes surfaces ― et non pas, comme espéré, dans les commerces de bouche du centre-ville ;
  • des travaux ont été récemment réalisés au RIA, financés notamment par le Département ;
  • le RIA peut offrir un espace d’échange entre les agents du Département et ceux d’autres services ou administrations ;
  • que rien ne semble prévu pour le reclassement des 17 salarié∙es concerné∙es par la probable fermeture du restaurant collectif.

Rapprochement d'Evoléa et Allier Habitat :

• Je n’ai pas saisi (hors les obligations faites par la loi Elan) les éléments qui ont été avancés par le président Riboulet pour justifier le rapprochement entre ces deux acteurs importants du logement social dans le département ― et ce n’était pas faute d’attention de ma part ! Il m’a semblé que, pour des raisons non divulguées pendant la session, on entérinait là, dans la précipitation et sans discussion véritable, une évolution importante, susceptible d’affecter à moyen terme de nombreux Bourbonnais·es.

• Le dossier Evoléa suscite depuis l’origine des questions légitimes (notamment sur d’éventuels conflits d’intérêts). Rappel de quelques faits :

- Evoléa (7.700 logements) et Allier Habitat (4.700 logements) sont présidées respectivement par Nicole Tabutin et Catherine Corti, l’une et l’autre vice-présidentes du Conseil départemental (la seconde est notamment chargée de l’Habitat) ; ce 4 février, elles n’ont pris part ni au vote, ni au débat sur le rapport en question.

- Evoléa est issue de la fusion, en juillet 2019, de Moulins Habitat, de l’Opac de Commentry (Claude Riboulet était alors le 1er adjoint au maire de la commune) et de France-Loire Allier. Il se trouve que Mme Tabutin, qui préside Evoléa depuis sa naissance, présidait jusque-là Moulins Habitat ; que sa carrière politique est indissociable de celle de Pierre-André Périssol (elle fut, a priori sans discontinuer entre 1995 et 2020, sa première adjointe à la mairie de Moulins), et que ce dernier, ancien ministre du Logement (1995-1997), est à l’origine du groupe Arcade, devenu Arcade-VYV début 2019, c’est-à-dire le « 4e groupe de logement social en France », dont fait notamment partie… France-Loire ― et donc aussi, au moins pour partie, Evoléa (le monde est petit).

- J’ajoute pour finir qu’on se demande en quoi consiste l’action de Mme Tabutin au Conseil départemental ― l’enfance fait théoriquement partie de ses prérogatives (lire ici, ou ) ―, et qu’à la tête d’Evoléa, son action depuis deux ans a (seulement ?) été marquée par une condamnation pour diffamation (la victime était une entreprise bien connue du bassin moulinois). Toujours conseillère municipale et vice-présidente de Moulins Communauté (chargée de… l’Habitat), Mme Tabutin est de nouveau candidate en juin dans le canton de Moulins-2. En son temps, Aristide Briand parlait des « mares stagnantes » du scrutin d’arrondissement. 

La séance est levée. La séance est levée.

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