Le succès de la «fabrique»

Depuis quelques années, le mot «fabrique», jusqu'alors un lieu de travail physique sinon d'exploitation, est devenu mode. Il est récurrent dans les titres d'articles et titres d'ouvrage. Avant qu'il ne s'épuise, je tente de voir ce que recouvre ce terme : paradoxalement, autant une expression du libéralisme (pragmatique et manipulateur) que du combat pour s'y opposer (construire un monde nouveau).

 

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En 2010, mes libraires préférés me conseillèrent de lire La fabrique de violence, de Jan Guillou. Le livre est sorti dès 1981 en Suède, mais Agone venait de le publier pour la première fois en français. Véritable coup de poing  : l'auteur, s'appuyant sur son expérience de collégien, décrit une société scolaire d'une incroyable violence, tolérée, même promue par les responsables de l'institution. L'éducation a coup de schlague, mais par les pairs. Le titre suédois, Ondskan ("le mal") ne renvoie pas à une élaboration, à une fabrique du mal : c'est le mal, tout court.

Cela m'avait échappé jusqu'alors, mais à partir de ce moment-là, je vis fleurir la "fabrique" sur tous les étals. Le mot pleuvait comme à Gravelotte. Et sur tous sujets : comme s'il était devenu nécessaire, à un moment de l'histoire de l'édition, ou tout simplement de notre histoire, de se montrer concret, efficace, pragmatique.

Fabrique à Caudry dans le Nord Fabrique à Caudry dans le Nord

D'abord, fabriquer c'est transformer une matière première en objet d'usage courant. Il s'agirait donc, peut-être, d'afficher le fait que ce que l'on va évoquer sera, finalement, compréhensible. Le mot fabrique a une autre acception, plus simple : l'établissement (bâtiment et institution) où l'on fabrique des produits particuliers. Peut-être que le terme renoue avec un sens tombé en désuétude et que le Littré nous indique : "construction d'un édifice", ainsi que sa décoration, ses ornements.

Agone avait déjà donné sur ce thème, en 2008, avec La fabrication du consentement, de Noam Chomsky et Edward Herman, mais ce n'était que la juste traduction du titre américain : Manufacturing consent.

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En 2013, les éditions La Découverte publiaient La Fabrique du Paris révolutionnaire, de David Garrioch (qui traduisait fidèlement The Making of Revolutionary Paris). L'auteur, Australien, décrit les mutations de Paris et, comme l'écrit Télérama, il cerne "ce qui change dans la vie de la ville et de ses habitants sur ce long XVIIIème siècle, un Paris "révolutionné" avant d'être révolutionnaire". Il s'agit bien de démontrer la "construction", l'élaboration d'un Paris bientôt plongé dans la Révolution. Pourtant, quand le grand historien marxiste Edward P. Thompson livre en 1963 The Making of the English Working, Le Seuil traduit ainsi le titre en 1988, lors de la publication en français : La Formation de la classe ouvrière anglaise (à cette époque "la fabrication" n'a pas encore le vent en poupe). On notera que Engels s'était "contenté", lui, de décrire, à un instant donné, "Die Lage", en allemand : "La situation de la classe laborieuse en Angleterre" (Éditions sociales).

Toujours en 2013, Roland Gori, professeur de psychopathologie et psychanalyste, publie La Fabrique des Imposteurs (Les Liens qui Libèrent) : il y dénonce nos sociétés techniques dans lesquelles le chiffre, la norme, le conformisme font peser une menace sur la créativité, sur la pensée, sur l'imagination. Il conteste que la forme prévaut sur le fond, et que les moyens soient toujours valorisés plutôt que les fins, l'audience plutôt que le mérite. "Nous sommes dans des démocraties d'expertise et non d'opinions", écrit-il, ajoutant que ce sont "des discours de légitimation sociale qui fabriquent l'opinion publique".

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En 2013, Erik Orsenna, après avoir exploré la grammaire, a sorti La Fabrique des mots dans lequel il se penche réellement sur l'origine des mots, sur leur agencement.

La manufacture de la pauvreté

Arte a consacré en février 2014 un documentaire sur la pauvreté en Allemagne, en France et en Espagne, intitulé La Fabrique de pauvres. Datant de 2012, il dénonce les mini-jobs allemands, la baisse des crédits sociaux et donne la parole à des sociologues et politologues inquiets d'un État providence, dont le démantèlement pourrait provoquer des explosions sociales.

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Il n'en faut pas plus à Simone Wapler, ingénieure, spécialiste des métaux précieux, pour piquer le titre, La fabrique de pauvres (Ixelles éditions), mais en tenant un tout autre discours que celui d'Arte. Son sous-titre : Comment ne pas vous faire prendre dans l'engrenage. Sympa de prévenir : sauf qu'il s'agit d'un brûlot qui cherche à démontrer à tout prix que notre système de protection sociale ne sert à rien puisqu'il y a des pauvres ! Non seulement il ne servirait à rien, mais encore il serait la cause même de la pauvreté. Reprise des thèses de la feuille de choux de droite Contrepoints qui titrait le 4 juillet 2013 : L'État Providence, fabrique de pauvres, avec bien sûr en expert : Jean-Marc Sylvestre, et un dénommé Thierry Falissard expliquant qu'il faut laisser se développer les inégalités pour espérer que la pauvreté se résorbe (ou la manière de verser des larmes de crocodiles sur la montée de la pauvreté, tout en réclamant que l'on cesse de venir en aide aux exclus de la société).

Franz-Olivier Giesbert, cherchant à concurrencer le mensuel de la droite extrême Valeurs Actuelles, a publié dans Le Point en octobre 2013, un dossier intitulé : Comment la France fabrique des assistés. Je suggérais dans un article de mon blog (ici) que l'histrion du Paf aurait pu tout aussi bien titrer son dossier : Comment Le Point fabrique une fausse enquête. Je sais de bonne source qu'il lui fallait à tout prix des histoires, même bidons, qui accréditent sa thèse : il avait donné consigne à sa rédaction pour que ce "dossier" soit fabriqué de toutes pièces.  

 

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Je n'ai pas trouver "la fabrique des riches" et pourtant tout se fabrique, y compris les monstres : c'est ainsi qu'en janvier dernier, Jean-Clément Martin sortait Robespierre, la fabrication d'un monstre (Perrin). Donc, Robespierre, l'Incorruptible, n'était pas monstre avant de le devenir. Pourtant, je croyais qu'un monstre, par définition, était d'emblée un monstre. Non, il semble bien que ça se construit : Philippe Pujol a publié récemment La Fabrique du monstre (Les Arènes). Après avoir plongé pendant dix ans dans les quartiers Nord de Marseille, une des zones les
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plus pauvres en Europe, l'auteur, journaliste, décrit comment Marseille en est venu à vivre ces règlements de compte à rythme soutenu.L'auteur, Prix Albert-Londres, démontre comment des politiques clientélistes ont provoqué, "fabriqué", rackets, violences, trafics en tout genre.

La Fabrique du crétin, de Brighelli (éd. Jean-Paul Gawsewitch, 2005) n'est pas, contrairement à ce que l'on pourrait croire, une autobiographie. Passé de l'extrême gauche au cabinet de Xavier Darcos puis à Debout la France avant d'atterrir chez Robert Ménard, l'auteur, commentant dans le Point, le livre de Philippe Pujol, écrit que ce titre "chante à mes oreilles un air connu". Ce polémiste imbu de lui-même, persuadé de sa bonne trouvaille avec le mot "fabrique", tolère que Pujol puisse aussi l'utiliser : "les bonnes idées appartiennent à tout le monde", écrit-il condescendant.

Serge Hefez a écrit La Fabrique de la famille (paru en février, chez Kero, avec Valerie Peronnet) : c'est sûr, aujourd'hui, la famille a multiples aspects : monoparentale, homosexuelle, recomposée, mais aussi traditionnelle. Donc, elle se fabrique différemment. Parfois avec douleur sinon cruauté : dans La fabrique des pervers, sorti en mai chez Gallimard, Sophie Chauveau dénonce les hommes de sa famille, et les incestes qu'ils ont commis sur plusieurs générations. A peine plus tôt, on avait eu droit à La Fabrique des garçons, par Anne-Marie Sohn, en octobre dernier chez Textuel (sous-titre : l'éducation des garçons de 1820 à aujourd'hui). Françoise Thébaud avait déjà eu l'idée de La fabrique des filles, publié également chez Textuel en 2010 (sous-titre : de Jules Ferry à la pilule).

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Rien de vraiment nouveau sous le soleil, car si on abandonne un instant la fabrique pour la fabrication, on se souvient de La fabrication des mâles, de Georges Falconnet et Nadine Lefaucheur, paru en 1977 ! Mais fabrication ça fait laborieux, fabrique c'est un tantinet plus poétique, et puis ça permet d'éviter de répéter les mêmes titres.

On ne saurait clore sur ces questions d'homme et de femme, ou de sexe, sans citer La fabrique du féminisme par la philosophe Geneviève Fraisse, livre édité en 2012 par la belle petite maison d'édition Le passager clandestin. Recueil de textes et d'entretiens provoqués par l'actualité (affaire du Sofitel, 40ème anniversaire du MLF, printemps arabes).

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Enfin, sort en librairie en ce moment Fabrication de la guerre civile, de Charles Robinson (Le Seuil) qui décrit, de façon romanesque, la vie d'une cité et de ses "citéens". Et qui nous dit qu'il n'y a rien à attendre de la sociologie pour comprendre ce qui se passe dans ces quartiers, dans ce réel-là ! L'écrivain britannique David Lodge a écrit le premier tome de ses Mémoires (Né au bon moment) : Le Monde du 8 avril, rendant compte de ce livre, qui montre ce que ses romans puisent dans sa propre vie, titre La fabrique de David Lodge.

Mais à tout seigneur tout honneur : s'il existe "La fabrique à livres", qui propose ses services pour créer en ligne des livres d'artisan, la maison d'édition "La Fabrique", elle, dirigée par Éric Hazan, existe depuis bien longtemps et dispose d'un catalogue fourni.

J'ai évoqué sur ce blog deux ouvrages contenant ce terme : Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits, sur lequel il n'est pas nécessaire de revenir, tant nous sommes là au sens premier du terme (voir mon billet Gitta Sereny et les enfants volés du Reich).

 J'ai aussi présenté le livre d'Aurélien Berlan, La fabrique des derniers hommes. En fait, je n'avais pas particulièrement commenté le sens de ce titre : or, dans un ouvrage philosophique, faisant appel aux pères fondateurs de la sociologie allemande, cette idée de fabrique était étrange. Peut-être une façon de rendre un peu plus concrète une approche ardue, mais programmatique : "Tenter de nous libérer, à chaque fois qu'on peut de ces liens impersonnels passant par l'argent et le salariat, multiplier et enrichir les autres en faisant des choses nous-mêmes au lieu de les déléguer aux organisations : la voie est semée d'embûches, mais elle a le mérite de ne pas nourrir le capital".

La Fabrique, à Nantes, 2015 [Photo YF] La Fabrique, à Nantes, 2015 [Photo YF]

On voit là que la "fabrique" est vue dans un sens positif. Alors que ce terme est vraiment, comme bien d'autres, polysémique, et même contradictoire. En effet, si le succès de ce mot est certainement lié à l'importance donnée à l'approche concrète (contre le virtuel), à la valeur accordée à l'ouvrage bien fait, à la main (contre le produit industriel, à la chaîne), il contient également, à l'inverse, l'idée de manipulation : ça commence par un maniement (à la main) avec soin, ça finit par des manigances. Plus modestement, mais péjorativement : "qu'est-ce que tu fabriques ?".

Finalement, c'est peut-être significatif du monde actuel tel qu'il est : un mélange stressant entre ce que l'on abhorre et ce que l'on adore. Cette fabrique serait le point de convergence entre un carcan qui s'impose à nous (le capitalisme, au hasard) et le rêve d'un avenir meilleur, plus juste, plus égalitaire, plus fraternel (qu'on aimerait construire). On avait connu ces FabLabs, venus de Boston, ces "laboratoires de fabrication" où chacun pouvait fabriquer des objets utiles (ils ont évolué vers des interventions plus sociales et culturelles, voir article sur le sujet dans la revue Sciences Humaines de mai 2016). C'est ce que fait La Fabrique sur le Web, à Sherbrooke, au Canada : mettre à disposition des machines-outils à commande numérique ou des outils traditionnels, résidences pour artistes, et environnement communautaire et collaboratif, sur le modèle des makerspaces et des FabLabs (www.lafabriquecoop.org).

 Le sociologue du travail  Michel Lallement a abordé cette question dans L'Âge du Faire, dans lequel il décrit ces mouvements californiens, les hackers, terme qui désigne non pas les pirates informatiques mais "tous ceux qui aiment bricoler, trifouiller, bidouiller, trafiquer… soit "faire" des choses de ses propres mains" (Philosophie Magazine). Se (re)mettre à "utiliser" l'outil, à fabriquer.  Le philosophe Matthew B. Crawford, également réparateur de motos (voir Éloge du carburateur), vient de publier en France Contact, Pourquoi nous avons perdu le monde et comment le retrouver (La Découverte, 2016). Il fuit une société virtuelle qui nous soumet à une abstraction réduisant nos libertés et facilitant une manipulation marchande de nos choix personnels. Invité sur France Inter le 6 juin (entretien avec Nicolas Demorand), il expliquait : "dans un bureau, c'est difficile de dire en fin de journée ce que vous avez accompli. Alors les gens rentrent chez eux et ils font quelque chose avec un morceau de bois, ils cousent, ils brodent". Finalement, c'est un peu ce que j'ai fait ici : non pas fabriquer de la dentelle mais broder sur la fabrique.

Amsterdam, 2016 [Photo YF] Amsterdam, 2016 [Photo YF]

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(1) https://www.youtube.com/watch?v=2FEtiA18lZU Roland Gori avait déjà écrit en 2011, avec Marie-Jean Sauret (psychanalyste à Toulouse) et Alain Abelhauser, La Folie Évaluation. Les nouvelles fabriques de la servitude (Les Mille et une nuits, Fayard).

La fabrique des imposteurs : s'il s'agissait de produire un billet à tiroir, on pourrait du coup partir sur le mot "imposteur" et rappeler Laurent Mauduit Les imposteurs de l'économie (que j'ai présenté sur ce blog), et Steve Keen L'imposture économique (édition de l'Atelier) : livre ardu que je présenterai peut-être. Et pourquoi pas Susan George avec son livre Les usurpateurs ("comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir"), au Seuil (2014). Et l'auteur de policiers, Jean-Jacques Gillereau, avec son roman Les Imposteurs. Et les trois tomes de BD de Christian Cailleaux Les Imposteurs.

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Je m'en suis tenu aux ouvrages, mais le terme est exploité ailleurs. Karine Berger, économiste, députée PS, lançait l'an dernier La Fabrique socialiste, sorte de boîte à idées de la gauche pour 2017 (motion D), mais il existe aussi La Fabrique Écologique (logo bien ressemblant). Forcément, dans les fabriques il y a des rouages, ce qui
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nous conduit tout droit au Medef avec sa ridicule affiche où, comme Arrêt sur images l'a révélé, les engrenages tournaient à l'envers (ce qui lui a valu les sarcasmes des réseaux sociaux, du style : "ça ne tourne pas rond au Medef").

France Culture a une émission La Fabrique du futur, comme elle en a une autre, La Fabrique de l'Histoire, émission prestigieuse, qui a reçu récemment le Président de la République déclarant, consensuel, que "l'Histoire doit reconnaître les blessures mais ne pas blesser davantage". France inter, jusqu'en juin 2015, avait une émission animée par Dominique André, intitulée La Fabrique du nouveau monde. Lyon connaît La Fabrique du Web Marchand, tandis que nombre de restaurants portent le nom de "fabrique" (sans doute pour suggérer que tous les plats sont faits maison) et que Longjumeau a une maison de quartier "La Fabrique". Un théâtre-forum en Pays-de-Loire, a choisi pour nom La Fabrique des Gestes. Et La Fabrique, laboratoire(s) artistique(s) est une structure culturelle à l'initiative de la municipalité de Nantes. La Fabrique Spinoza, think tank du bonheur citoyen, se propose de replacer le bonheur au cœur du débat public. Quant à La Nouvelle Fabrique à Pantin, elle est une micro-usine qui regroupe en proche banlieue parisienne des souffleurs de verre, des spécialistes du bois et des designers (rassemblés au sein d'un groupement coopératif Les Arts codés).

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Le social en fabrique : ce site récent se veut un lieu de réflexion pour le travail social, "fabriquer du social où l'égalité fonde le sens de nos liens". Ce site publie des textes. Plutôt que "la fabrique du social", l'inversion insiste finalement sur l'action en cours de fabrication.

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L'Université de Marne-La Vallée a organisé un colloque en novembre 2014 qui avait pour titre La fabrique des discriminations : la présentation insistait sur la notion de "processus" de "minorisation, de marginalisation, de stigmatisation, d'exclusion ou de ségrégation". Toutes notions en mouvement (en opposition aux "dispositifs institutionnels", aux "calculs rationnels", aux "croyances", toutes choses figées.

Mathilde Goanec, rendant compte récemment sur Mediapart des manifestations contre la loi sur le travail, avait choisi ce titre :   Services d’ordre contre «casseurs», la petite fabrique de la division.

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J'ai mis un F majuscule à fabrique lorsque le titre est ainsi libellé : il existe une convention au cinéma ou en littérature consistant à magnifier ainsi le premier terme d'un titre.

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 Additif au 13 juin :

Je suis loin d'avoir fait le tour de tous les titres comportant le mot fabrique. Annie, une lectrice, me signale :

. La fabrique de cérémonies, d'Efoui Kossi, au Seuil (2001). Roman qui se déroule en Afrique.

. La Fabrique scolaire de l'histoire, illusions et désillusions du roman national, par les historiennes Laurence de Cock et Emmanuelle Picard, Agone (2009).2ème édition : parution août 2017.

. La fabrique des nations. Figures de l'État-Nation dans l'Europe du XIXème siècle, par Bertrand de Lafargue, Michel Bertrand, Patrick Cabanel, Les Éditions de Paris (2003).

. Israël, la fabrique de l'identité nationale, par Avner Ben-Amos, éd. CNRS (2014).

. Préhistoire : la fabrique de l'homme, par François Bon, Le Seuil (2009).

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J'avais bien cité La fabrique des derniers hommes, mais aussi des garçons, et des filles, sans parler de la fabrication des mâles. Or voilà que je découvre La fabrique de l'homme, par Jean-Paul Levy, éd. Odile Jacob (1997) et La fabrique de l'homme occidental, par Pierre Legendre, grand philosophe du droit et des institutions, éd. des Mille et une nuits (2000).Plus récemment, en 2008, Laurent Ségalat publiait lui aussi La fabrique de l'homme, dont le sous-titre montre que l'on est bien là au premier degré : Pourquoi le clonage humain est inévitable ? (éd. Bourin). Dans un numéro de 2010 de la revue Parlement[s], revue d'histoire politique, Jean Garrigues a consacré un long article à Boulanger, ou la fabrique de l'homme providentiel.

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Je n'avais pas oublié La fabrique des pervers, mais je suis complètement passé à côté de La Fabrique de l'homme pervers, par Dominique Barbier, psychanalyste, éd. Odile Jacob (2012). Et, impardonnable, j'avais zappé La Fabrique de l'homme endetté : Essai sur la condition néo-libérale, par le sociologue Maurizio Lazzarato, éd. Amsterdam, 2011, qui a écrit, entre autres, Le gouvernement des inégalités : Critique de l'insécurité néo-libérale.

Décidément, la fabrique est inépuisable.

[l'illustration en tout début de ce billet représente un ouvrage de Bernard Friot, auteur de livres pour la jeunesse, à ne pas confondre avec Bernard Friot, économiste et sociologue qui milite au Réseau Salariat et en faveur du "salaire à vie"]

 

Additif au 26 août :

 Marques de fabrique :

 . J'avais bien cité La fabrique des garçons, des mâles, de l'homme, mais oublié La Fabrique des Hommes, par Lionel Pradelier (sous-titre : Et si l'École nous éduquait à la quête du bonheur ?), éditions du Panthéon, 2016.

 . La Fabrique à souvenirs, C'est la vie, Gaby, par Sophie de Foucault, Edilivre-Aparis, 2016.

 . La fabrique de la finance, Pour une approche interdisciplinaire, sous la direction de Isabelle Chambost, Marc Lenglet, Yamina Tadjeddine, Presses Universitaires du Septentrion, 2016.

 . La fabrique pornographique, par Lisa Mandel et Mathieu Trachman, Casterman, 2016.

 . Fabriquons-nous un dieu !, par Georges Lewi, éd. Bourin, 2016.

 . La fabrique à parents, par Maud Michel, Estelle Rattier, Naïve, 2016 (jeunesse).

. La fabrique des crimes, de Paul Féval, réédition chez Ligaran en 2015.

 . La Fabrique de Doute, par Paolo Bacigalupi, Au diable Vauvert,2015 (jeunesse).

. La fabrique à contes, par Mylène Rigaudie, Philippe Auzou éd., 2015.

 . La fabrique des diplômés, par Fabienne Maillard, Le Bord de l'eau, 2015.

 . La Fabrique du conformisme, par Éric Maurin, Seuil, La République des Idées, 2015.

 . J'avais bien cité La fabrication du consentement, de Noam Chomsky, mais négligé La fabrique du consentement¸ par Michael Buraway, La ville qui brûle, 2015.

 . La fabrique de la paix, Acteurs, processus, mémoires, par Antoine Coppolani, Charles-Philippe David, Jean-François Thomas, Hermann éd., 2015.

 . La fabrique d'hormones, de Saskia Goldschmidt, traduction Charles Franken, Gallimard, 2015 (roman).

 . La fabrique de l'avenir, par Mira Robin-Cerovic, Elyascop, 2015.

 . La fabrique d'absolu, par Karel Capek, La Braconnière, 2015. C'est un vrai Carburateur qui ne se contente pas de fabriquer de l'énergie : il fabrique aussi de l'Absolu !

 . La fabrique de l'urbanisme, Les cités-jardins, entre France et Allemagne, 1900-1924, par Elsa Vonau, Presses Universitaires du Septentrion, 2014.

 . La fabrique du monde, de Sophie Van der Linden, Folio, 2014

 . La Fabrique du mensonge, Comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger, par Stéphane Foucart, Folio, 2014. On voit bien, comme je l'écrivais, que "fabrique" peut parfois signifier "manipulation".

 . Fabrique de l'employabilité, par Louis Barnier, Syllepse, 2014.

 . La fabrique des Rougon-Macquart, éditions des dossiers préparatoires à l'œuvre d'Émile Zola, édité par Colette Becker, Tome VI, 2013.

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 . La fabrique des illusions, par Jonathan Dee, 10-18, 2013 (roman).

 . La fabrique du sexe et le genre en Occident, par Thomas Laqueur, Folio, 2013.

 . La fabrique de frivolité, le roman de la dentelle, par Marie-France Comte, Ornal, 2013.

 . La Fabrique des pédagogues, encadrer les colonies de vacances, 1919-1939, par Nicolas Palluau, Presses Universitaires de Rennes, 2013.

 . La Fille de la fabrique, par Georges-Patrick Gleize, Calmann-Levy, 2013 (roman).

 . La fabrique de malades, par Dr Sauveur Boukris, Cherche Midi, 2013.

 . La Fabrique de l'intime, mémoires et journaux de femmes du XVIIIe siècle, édité par Catriona Seth, Bouquins, 2013.

 . La fabrique de la féminité et autres essais, par Jacques Lucchesi, Edilivre-Aparis, 2013.

 . Le livre de Geneviève Fraisse, La fabrique du féminisme, m'avait échappé (Le passager clandestin, 2012).

 . La fabrique de la démocratie, ONG, fondations et organisations internationales en action, par Petric Boris Mathieu, 2012.

 . La fabrique, par Stéphane-Yves Barroux, Autrement, 2012.

 

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. La fabrique de la famine, par Walden Bello, Carnets Nord, 2012.

. La Fabrique de la défiance… et comment s'en sortir, par Yann Algan, Pierre Cahuc et André Zylberger, économistes libéraux. Albin Michel, 2012.

 . La fabrique biographique, édité par le Groupe de recherches et d'études sociologiques du Centre-Ouest, Presses Universitaires de Limoges, 2012.

 . La fabrique de la norme, lieux et modes de production des normes au Moyen-Âge et à l'époque moderne, par Julie Claustre, Véronique Beaulande-Barraud, Elsa Marmusztejn, Presses Universitaires de Rennes, 2012.

 . J'avais évoqué Le Point et son dossier sur la France qui fabriquerait des assistés. Mai sil existe un livre paru chez L'Harmattan, en 2012, La fabrique des assistés, L'action sociale et médico-sociale dans la modernité, par Lionel Boutet-Civalleri, 2012.

 . La fabrique de l'éthique, les nouvelles promesses des entreprises,  par Romain Huët, Cnrs éditions, 2012.

 . La Fabrique à Théâtre, de Gislaine Beaudout et Claire Franek, éd. Thierry Mangnier, 2011.

 . La fabrique, par Corre Armelle, Atlantica, 2011.

 . La nouvelle fabrique des excellents traits de vérité, De l'abondance et de l'ingéniosité, de Philippe d'Alcripe, OREP éditions, tome 1, 2011.

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. La Fabrique des images, titre d'une exposition au musée du quai Branly sous l'égide de l'anthropologue Philippe Descola (de février 2010 à juillet 2011). La signification des objets dans les sociétés où il n'y a aucune séparation entre l'homme et la nature.

. La Fabrique, par Peb & Fox, Paquet, 2009. à juillet

 . Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, par Christian Salmon, La Découverte, 2008.)

 . La fabrique de l'impuissance, La gauche, les intellectuels et le libéralisme sécuritaire, par Jérôme Vidal, éd. Amsterdam, 2008.

 . La fabrique, par Jean-Claude Emion, Maurice Nadeau-Les Lettres nouvelles, 2006.

 . Fabrique, par Juliette Kahane, Gallimard, 2002 (roman).

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. Le Festival International des Arts de Bordeaux Métropole, le FAB, (du 1er au 22 octobre en 2016), joue sur la syncope du mot "fabrique" (en rajoutant en tout petit un i à côté du F et un petit m à côté du B (http://fab.festivalbordeaux.com/).

. La Fabrique des chefs, d'Akhenaton à Donald Trump, par Christian-Georges Schwentzel, Vendémiaire, 2017.

 . Et clin d'œil à  Agnès Maillard, qui sur son blog, Le Monolecte, a publié un texte, La fabrique de la soumission, le 18 décembre 2015 (www.monolecte.fr).

 . Pour ne pas rallonger cette liste, j'ai laissé tombé "Ma fabrique à bijoux, à tartes, de fleurs", etc…, où le mot "fabrique" est utilisé au sens premier du terme/

 

Cordes-sur-Ciel [Photo YF] Cordes-sur-Ciel [Photo YF]

Billet n° 265

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