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Billet de blog 17 mars 2020

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Coronavirus: femmes exposées et en danger au travail

Tant de femmes qui aujourd'hui sont si peu protégées au travail: infirmières, caissières, gardes d'enfants, personnels d'EPHAD ... Préoccupation particulière pour les employée des grandes surfaces et commerces alimentaires; actuellement elles sont confrontées à beaucoup d'heures supplémentaires obligatoires et à une pénibilité encore plus forte que d'habitude.

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Elle travaillent habituellement dans la pénibilité et la contrainte et subissent actuellement des conditions encore plus dures. De plus  elles sont confrontées à beaucoup d'heures supplémentaires obligatoires. 

On peut lire ci-dessous le témoignage d'une femme salariée, travaillant 30h par semaine comme caissière. Nous l'avions découvert et diffusé à l'occasion du mouvement social contre la loi sur les retraites

Dominique travaille en Seine-et-Marne. Cela fait 32 ans qu’elle est assise derrière sa caisse à scanner des articles. Âgée aujourd’hui de 53 ans, elle se sent déjà fatiguée. La retraite est encore loin, et la réforme en cours n'est pas de nature à la rassurer. "Je souffre de tendinite au niveau des coudes, de douleurs au niveau des cervicales et de tassement au niveau des lombaires qui sont la conséquence de mes positions en caisse depuis tant d’années et de passage d’objets lourds", explique-t-elle. Une fatigue physique mais aussi psychologique, selon Dominique "parce qu’il faut se concentrer quand même un petit peu et être toujours agréable", dit-elle.

J’ai toujours des gros packs d’eau et de bière à passer, et j’avoue qu’au bout de ma journée de huit heures, je rentre et je suis extrêmement fatiguée. Et puis on n’a pas forcément des gens agréables en face de soi. Ça aussi ça pèse.

La pénibilité de son travail et ses gestes répétitifs ne sont pas reconnus. Dominique n'a pas de compte professionnel de prévention, ni les points qui lui permettraient de partir plus tôt à la retraite. Alors, avec 950 euros par mois pour 30 heures par semaine, cela fait déjà quelques temps que cette mère de famille s'est préparée à travailler plus longtemps. "J’avoue que ça me fait peur parce qu’au vu des douleurs que j’ai déjà à 53 ans, de l’usure du corps, je ne me vois pas vraiment travailler plus longtemps, mais je sais que je vais être obligée de le faire", s'inquiète-t-elle.

Dominique, 53 ans, caissière. (WILLY MOREAU / RADIO FRANCE)

Partir à 62 ans mais avec une retraite de 400 euros, qui peut accepter ça ?Dominique n'est pas favorable à la réforme voulue par le gouvernement. Encore moins à l'instauration d'un âge pivot à 64 ans, comme le préconise le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye. Mais si la surcote de 5% par an est actée au-delà de cet âge, elle pourrait bien prendre sa retraite plus tard. "Je serai peut-être obligée de le faire, pour gagner 5% sur une petite retraite assez misérable, on va dire. Je ne le ferai pas parce que j’en ai envie mais par nécessité, oui certainement. Il va falloir que je tienne".

 Elle est épuisée par son travail, dont la pénibilité n'est pas prise en compte, malgré ses fortes contraintes. Son cas semble d'ailleurs relever d'une prise en charge au titre des maladies professionnelles ( en l'occurrence maladie 30 B du tableau de ces maladies) Mais la reconnaissance de ces maladies liées au travail représente souvent un parcours semé d'embuches. De plus nombre de salariés craignent d'être licencié.e.s en cas de reconnaissance de leur état.

Donc cette caissière se prépare à souffrir et à continuer à travailler encore plus longtemps que prévu actuellement.

S'il y a une réforme des retraites à faire, c'est bien celle qui consiste à permettre à ces millions de salariés qui s'usent au travail de pouvoir bénéficier de leur retraite dans des conditions correctes de dignité et de santé.

Il faut également améliorer immédiatement les conditions de travail de ces salariées.

Voir nos précédents articles sur le coronavirus:

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/160320/trop-de-paroles-pas-assez-dactes-et-un-terme-absent-confinement

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/160320/report-des-municipales-qui-decide-pas-le-conseil-scientifique

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/150320/sante-publique-encore-du-retard-en-maintenant-elections-et-transports

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/130320/sante-publique-nouvelle-aggravation-il-faut-agir-rapidement-et-fortement

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/120320/coronavirus-lepidemie-accelere-il-faut-intensifier-les-mesures-de-protection

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/270220/coronavirus-la-pandemie-est-la-place-la-sante-publique

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