Glucksmann : La Gauche Médiapartienne

Un autre Macron est possible par Pierre Rimbert : Il a 39 ans, des diplômes clinquants, un regard habité et des envies de changement. Entouré de jeunes chefs d’entreprise et de « porteurs de causes » issus de la « société civile », il lance un « mouvement politique » destiné à « sauver les démocraties libérales » menacées par l’« insurrection populiste ».

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Un autre Macron est possible par Pierre Rimbert :

Il a 39 ans, des diplômes clinquants, un regard habité et des envies de changement. Entouré de jeunes chefs d’entreprise et de « porteurs de causes » issus de la « société civile », il lance un « mouvement politique » destiné à « sauver les démocraties libérales » menacées par l’« insurrection populiste ».Parce que c’est notre projet, exhorte-t-il, « à nous, désormais, de marcher ».

Après la formation de M. Emmanuel Macron, voici Place publique, fondée en novembre par l’essayiste Raphaël Glucksmann. L’un domine le centre droit ; l’autre investit le centre gauche, où la désintégration du Parti socialiste laisse un vide et des classes moyennes cultivées désemparées. D’où va-t-on désormais proclamer que rien ne va plus et qu’il faut tout changer — sauf l’essentiel : les structures économiques et sociales ? Avec Les Enfants du vide (Allary Éditions), livre-manifeste publié cet automne, Glucksmann a d’un coup comblé la béance. De L’Obs à L’Humanité en passant par Mediapart, on s’arrache l’homme providentiel. Il est chez lui sur France Inter, louangé permanent au Monde, en « une » de Libération, en couverture de Politis. Des personnalités socialistes, écologistes ou communistes projettent sur son visage souriant leurs aspirations ravalées. Glucksmann a compris que son public cible n’aimait rien tant que battre sa coulpe, triturer sa mauvaise conscience, ruminer ses échecs et y remédier au moyen de recettes toujours identiques, mais ripolinées aux couleurs du jour — le vert, en l’occurrence. Cela tombe bien : Raphaël, qui s’est souvent trompé, met en scène confessions et conversion. À L’Obs (4 octobre 2018), il confie : « Je dois réapprendre à m’oublier. » Ambitieux programme.

Lui qui fut tour à tour admirateur de M. Nicolas Sarkozy en 2008, animateur de la revue néoconservatrice Le Meilleur des mondes, conseiller du président géorgien néolibéral et atlantiste Mikheïl Saakachvili, lui qui admettait volontiers : « Ça ne m’a jamais fait vibrer de manifester pour les retraites » (M Le magazine du Monde, 22 mars 2014) et se déclarait au printemps 2017 « fier » de l’élection de M. Macron, revendique à présent Occupy Wall Street et dit « nous » quand il parle de la gauche. « On a zappé complètement la question sociale », admet-il. « Mon logiciel de pensée a contribué à former l’impasse dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui » (Mediapart, 14 novembre 2018). La mise à jour dudit « logiciel » copie-colle les constats effectués depuis des lustres par ceux que combattait hier Raphaël : « On voit les entreprises multinationales refuser les lois des nations et chercher à leur imposer les leurs. On voit les banques sauvées par l’argent public maquiller leurs comptes et cacher leurs fonds dans des paradis fiscaux. » À tout cela s’ajoute la menace d’un anéantissement de la planète par le réchauffement climatique.

Alors, que faire ? Contre « les anciennes idéologies, les vieux partis, les antiques structures », contre les inégalités et le gaz carbonique, Glucksmann propose plus de participation citoyenne, plus d’écologie, plus d’Europe. « Nous assumons l’horizon d’une République européenne », écrit-il. Des « porteurs de causes » aussi frétillants que MM. Valéry Giscard d’Estaing, François Bayrou, Daniel Cohn-Bendit et Bernard-Henri Lévy ânonnent les éléments de ce credo depuis bientôt quatre décennies. Les papys du vide ont trouvé leur héritier.

Les papys du vide ont trouvé leur héritier.

 

Raphaël Glucksmann, une gauche de gauche contre l'idéologie du vide  Claude Askolovitch

"Je les imagine, les Dany Cohn-Bendit et Romain Goupil, dépouillés couche après couche de leurs peaux gauchisantes, jusqu’à aimer désormais l’aboutissant Macron, regarder leur filleul qui se déprend d’eux. Le voilà donc en quête de système, de doctrine, des libertés qui seront une conquête collective?"

 

Pour nous vendre cette Gauche, la sphère médiatique ne lésine pas sur les moyens, comme le souligne Jacques Sapir : La chasse à la France Insoumise est ouverte…

L'opération politique se révèle ici. Le dossier semble bien vide en matière de dons interdits (au contraire de la campagne d'Emmanuel Macron) et de minoration des dépenses. On doit ajouter que le déchaînement d'une certaine presse contre Mme Chikirou et contre M. Mélenchon le confirme. Le fait qu'une certaine « gôche » ait décidé de joindre sa voix à la meute des macronistes, de Hamon à Médiapart, n'y change rien. Ou plutôt, cela confirme la déliquescence morale de ces personnages et institutions.

Il faut absolument faire revenir les Insoumis dans les rangs de cette "Gauche de droite" ou " Droite de Gauche" comme la qualifie Frédéric Lordon ainsi nos intellectuels auto proclamés n'hésitent pas à critiquer le choix des Insoumis lors du vote du second tour de la présidentielle. Un barrage peut en cacher un autre - Pierre Rimbert : "Au soir du premier tour, malgré l’élimination de La France insoumise, le « front républicain » prend une forme inédite : il combat non seulement Mme Le Pen, mais également M. Mélenchon. Ce dernier n’appelle pas à voter Macron et consulte les militants ? « Sa proximité avec Le Pen est désormais avérée », réplique incontinent Bernard-Henri Lévy sur Twitter (23 avril). Une majorité choisit de voter blanc ou de s’abstenir ? « Bilan d’une sidérante absence de pédagogie antifasciste : 65 % des Insoumis disent ne pas vouloir voter contre Le Pen », tweete aussitôt Edwy Plenel (2 mai). Aux yeux du fondateur de Mediapart, ces grands enfants ignares appellent une rééducation, un peu comme les partisans du « non » auxquels il s’était opposé lors du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005, ou les syndicalistes rétifs à la « pédagogie des réformes »."

Quelques conseils de lecture pour illustrer ces propos ( lire les commentaires qui sont très souvent plus pertinents que l'article ) :

Léa Salamé - Benoît Hamon : la déontologie journalistique

Léa Salamé conviviale, chaleureuse et familière avec Benoît Hamon un ami de son compagnon, Raphaël Glucksmann et odieuse avec Jean-Luc Mélenchon, la déontologie journalistique est-elle respectée sur le service public ?

Jean-Luc Mélenchon joue à saute-cadavre

Les premières découvertes des perquisitions Mélenchon

Pour une Assemblée plurielle contre le fait présidentiel

Un peu de respect pour vos abonnés de France Insoumise

Pour une certaine Gauche le danger c’est l’Insoumis

Mediapart : le bashing France Insoumise continue

La "Gauche de droite" ou "Droite de Gauche"

Frédéric Lordon. Sur le retournement de veste depuis 2008 Florilège © Jézani krishlao

 

 

 

 

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