Témoigner de l'immanence de la transcendance et de la transcendance de l'immanence ("Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi : et chercher Dieu ailleurs, c'est le manquer toujours." Angelus Silesius)…
On s'interroge sur ce que vient faire dans les évangiles cette histoire de la fin de Jean-Baptiste, du moins pourquoi ces détails sordides, qui détonnent sur le reste des récits.
Ce phénomène de rejet est valable pour tous les "prophètes", pour tous les "mystiques" : leur expérience les fait devenir autres, autres que ce qu'ils avaient été jusque là, autres que le commun des mortels.
Le "scribe" hébreu n'est pas du tout comparable au scribe égyptien, assis en tailleur, un papyrus étalé devant lui, et tenant à la main un calame, lequel scribe égyptien n'était en somme qu'un employé aux écritures.
Il faut sortir de cette idée d'un Dieu qui interviendrait directement dans nos relations humaines. Il intervient auprès de chacune et chacun, mais il nous laisse tous libres.
Une graine de moutarde, qu'un homme a prise et semée dans son champ : elle est la plus petite de toutes les semences, mais quand elle a cru, elle est plus grande que les plantes potagères, comme un arbre fruitier...
L'ivraie est une graminée, dont l'apparence est difficilement distinguable de celle du blé tant que n'apparaissent pas les boutons floraux, regroupés en plusieurs petits épis, là où le blé, lui, n'en a qu'un seul, gros.
La semence, c'est la parole, et par conséquent, les différents types de terrains sur lesquels la semence est semée, ce sont les auditeurs, les destinataires de cette parole.
Oui, simplement cela, se tenir, se maintenir, en ce point d'équilibre, où ce n'est plus moi qui suis, qui parle, qui agis, mais cela — Dieu, ou le Tao, ou la Nature — qui est, qui parle, qui agit, en moi et à travers moi...