Gilets jaunes : continuons comme si de rien n'était...

Cette semaine, les derniers épisodes du feuilleton gilets jaunes n’ont pas vraiment renouvelé le genre de la série, avec. Avec en toile fond, des voisinages politiques de plus en plus poreux...

Cette semaine, les derniers épisodes du feuilleton gilets jaunes n’ont pas vraiment renouvelé le genre de la série. Ce fut d’abord le « fascinant » Drouet, qui, exigeant d’être reçu à l’Elysée, puis déçu de ne pas l’être, lançait un nouvel appel à son peuple, menaçant les pouvoirs publics d’une « nuit jaune » aux relents de nuit brune. Appel aussitôt relayé par Salvini, le grand démocrate italien, encourageant le peuple français à renverser par la force ses propres dirigeants. Une initiative de ce genre (le gouvernement d’un pays de l’UE appelant à un putsch contre les autorités élues d’un pays voisin) méritait d’être relevée. Mais ne l’a pas été par Mediapart qui continue imperturbablement à relayer la communication du mouvement. Par exemple avec un « dossier » sur les victimes des violences policières oubliant, car ce n’est sûrement qu’un oubli, la dizaine de morts directement provoqués sur leurs barrages par les gilets jaunes. Ou encore, cette « étude » sur la répression policière en Europe, toute de rigueur journalistique, traquant la violence de la police en Allemagne, en Espagne, en Grèce mais s’arrêtant miraculeusement aux portes de la Russie et de la Biélorussie. Anna Politovskaia n’est plus là pour s’en émouvoir…

Bien sûr, comme depuis deux mois, les traditionnelles manifs du samedi ont déplacé quelques dizaines de milliers de participants dans tout le pays, nervis compris, symboles identitaires déployés, derrière une revendication, toujours la même – « Macron démission » - avec, en arrière-plan, pour ne pas effrayer le bourgeois : « Le Pen présidente ». Comme à son habitude, Mediapart n’y a vu que le peuple en colère, victime de la violence sociale.

Seule nouveauté mais qui n’est pas vraiment une surprise : l’appel de Besancenot à rejoindre les gilets jaunes. Pour Besancenot, qu’on a connu plus courageux et surtout plus lucide, la convergence des luttes mérite bien quelques compromissions, même les pires. Confirmant ainsi cette vieille tradition historique française qui fait de l’extrême-gauche le vivier de l’extrême-droite.

Il faudra bien un jour assumer tout ça.

 

Mise à jour (27/01/2019, 10 h)

J’ai inséré cette courte note de blog dans les commentaires qui suivent cet article. Les injures personnelles qui me sont adressées – et que la modération, à cette heure, n’a toujours pas supprimées – sont d’une certaine façon la marque d’une violence politique qui révèlent (ou plutôt qui confirment car la chose n’est pas nouvelle) toutes les faiblesses de la démocratie française. Slogans, hurlements et coups de poing. Une extrême-gauche doctrinaire et brutale renforce et rejoint l’extrême-droite pour ouvrir la voie à des aventures dont on connaît déjà la fin.

 

Sur ce blog :

Un pays qui ne sait pas vivre la démocratie
Ecole et referendum : les deux ne font pas la paire
Violences à l'école, violences en gilets jaunes

A l'heure des gilets jaunes : relire Zeev Sternhell
Mediapart, ses lecteurs et les gilets jaunes
Les gilets jaunes : des Français très ordinaires
1er décembre 2018 : non, ce n’était pas la révolution
Les animaux malades de la peste.

 

Billets également consultables à l'adresse suivante :

http://journaldecole.canalblog.com/tag/gilets%20jaunes


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