Thierry Carcenac, la honte du Sénat

Thierry Carcenac quitte le Sénat en ayant conservé jusqu’au bout ses fonctions à la commission des finances et au comité de déontologie alors que je l’ai mis en cause publiquement pour les délits caractérisés qu’il a commis à Sivens et qu’il s’est bien gardé de m’attaquer en diffamation ! Grandeur de notre République ?

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https://www.ladepeche.fr/article/2014/10/27/1980186-thierry-carcenac-mourir-idees-est-chose-est-quand-relativement-bete.html

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Professionnel de la politique depuis 40 années, Thierry Carcenac ne s’est pas représenté aux sénatoriales. Et ceci, si je puis dire, en catimini. En tout cas sans tambour ni trompette.

Un délinquant...

Depuis 2015, j’ai mis vertement en cause l’ex-président-sénateur du Tarn Carcenac dans de nombreux articles de mon blog, lui reprochant d’avoir commis des délits caractérisés dans l’affaire de Sivens, et particulièrement suite à la destruction illégale de la Métairie Neuve le 1er juin 2015... Dont deux délits passibles de 10 années d’emprisonnement parmi lesquels un détournement de fonds publics caractérisé.

Voir pour exemple synthétisant la situation : https://blogs.mediapart.fr/bernardviguie/blog/170620/thierry-carcenac-julien-coupat-meme-combat

Thierry Carcenac s’est bien gardé de me citer en diffamation puisqu’il sait que je détiens les preuves formelles qui fondent mes accusations.

A ce jour (mais ce n’est pas fini), il a échappé aux mailles de la justice pour trois raisons :

  • La première est tout à fait extraordinaire et à vrai dire à peine croyable puisqu’il a bénéficié tout simplement de la complicité du procureur d’Albi à l'époque de Sivens, Claude Dérens, pour commettre les premiers délits que je lui reproche. Si des plaintes argumentées comme les nôtres avaient été déposées devant un procureur de la République digne de ses fonctions, et si nous avions été dans un Etat de droit, Thierry Carcenac n’aurait pas fait long feu au Sénat et ne serait pas passé entre les mailles des filets de la justice comme il l’a fait.
  • La seconde c’est qu’il a eu la chance, jusqu’à ce jour, de tomber sur des magistrats qui ont choisi de couvrir leur collègue Claude Dérens plutôt que de juger en fait et en droit les affaires qui leur ont été soumises. J’ai dénoncé nominativement et publiquement ces magistrats sur mon blog le 25 juin 2020 : PAS UN, PAS UNE ne m’a cité en diffamation dans les trois mois qu’ils avaient pour le faire en application de la loi sur la liberté de la presse. Ils savent très bien ce qu'ils ont fait pour couvrir leur collègue délinquant : mieux vaut que ça reste sous le tapis.
  • La troisième, c’est qu’il a bénéficié, à ce jour, du silence des grands médias français sur cette affaire de la Métairie Neuve. Mais il est vrai que la Métairie Neuve de Sivens, construite sous Louis XVI, ce n’était pas la paillote de chez Francis : elle n’avait pas été fréquentée par des people ou des gros bras de la politique nationale et locale susceptibles d’attirer l’attention des grands médias mais par de simples zadistes (comme Isa qui a pris la photo qui orne mon blog) dont le plus « connu » était Eric Pétetin dit « l’indien », qui, lui, n’a pas manqué d’être poursuivi pour des interventions activistes à Sivens, comme il a été souvent poursuivi ailleurs – souvent pour des graffitis d’opinion - pour en arriver là. 

... Protégé par la justice... et par le Sénat

Comme je l’ai indiqué sur ce blog, j’ai informé le président Larcher (ainsi que d’autres sénateurs), des délits commis par Thierry Carcenac, dont j’ai publié des éléments de preuves sur ce blog.

Voir, pour exemple, mon premier commentaire sous ce billet :

https://blogs.mediapart.fr/bernard-viguie/blog/240120/le-senateur-thierry-carcenac-court-toujours

Je ne sais pas comment mes infos ont été traitées par le Sénat. Je n'ai fait qu'informer le Sénat et je n'ai eu nulle envie de me battre pour que le Sénat tire les leçons de mes infos par simple respect de nos grands principes républicains, ne serait-ce qu'en les vérifiant, ce qu'il était facile de faire, et en sortant poliment Thierry Carcenac du comité de déontologie et de la commission des finances, ce qui aurait dû être la moindre des choses à faire.

Ce qu’on savait depuis longtemps dans le Tarn - et au Sénat je suppose, c’est que Thierry Carcenac envisageait de ne pas se représenter aux prochaines sénatoriales. Je présume donc que l’auguste assemblée a pensé que ce n’était pas utile de faire des vagues avec un sénateur délinquant qui aurait pu ternir son image et cela d’autant que l’omerta régnait sur cette affaire et que ce sénateur était en partance.

Reste à voir les conditions dans lesquelles Carcenac est parti

Le Tarn de Jaurès ?

Le Tarn de Jaurès est aujourd’hui représenté au Parlement par deux sénateurs de droite. Je crois que c’est une première pour ce département historiquement « socialiste » la manœuvre s’étant passée en douceur.

Au printemps, de nombreux tarnais s’étaient interrogés sur le retrait de Muriel Roques-Etienne au second tour des municipales d’Albi, alors que Mme Roques-Etienne était la suppléante de Philippe Folliot, député LREM du Tarn, ce retrait ayant été opéré sans l’aval de certains de ses colistiers, comme Patric Vieu

Ce retrait fleurait bon les sénatoriales à venir. Vous pouvez avoir une idée du mic-mac à venir ici :

https://www.ladepeche.fr/2020/05/27/municipales-a-albi-muriel-roques-etienne-jette-leponge,8905341.php

avec en prime la réaction d’un lecteur de La Dépêche que je rapporte ici :

« cadaques Il y a 4 mois

Politique fiction.
Sénatoriales : Thierry Carcenac ne se présente pas.
Candidature et élection de Folliot.
Question : qui est la suppléante du Député ?
Qui se retrouve Députée sans faire campagne. ?
Du grand art. Pour ne pas dire Grand Guignol. »

Quant à la position de Thierry Carcenac dans ce mic-mac, je ne vais pas faire état des bruits de couloirs qui m’avaient été rapportés il y a quelques mois, car ce n’est pas dans les usages de ce blog. Sauf que si Thierry Carcenac s’est fait remarquer par sa discrétion ces derniers mois, j’imagine mal ce professionnel de la politique patenté rester totalement en dehors de l’élection de son « successeur ».

Je constate simplement qu’en faisant les comptes de manière purement théorique un sénateur « de gauche » aurait pu être élu à la place de Carcenac, étant entendu que certaines affaires tarnaises ont laissé des traces dans les diverses mouvances de ce que j’appellerai ici « la gauche tarnaise » (parmi lesquelles l’affaire de Sivens) et qu’il fallait trouver la personne idoine pour remplacer notre baron, ce qui n’était pas simple.

Je constate surtout que c’est sans tambour ni trompette que Thierry Carcenac quitte la politique tarnaise qu’il avait phagocytée, pas à pas, pendant 35 ans, avant de finir au sénat. Il la quitte en laissant « sa place »… à Philippe Folliot… qui était le représentant de l’opposition départementale à Carcenac aux temps ou Thierry Carcenac était président du « conseil général » du Tarn.

Questions

Je reviens maintenant à l’affaire qui est l’objet essentiel de ce blog.

Il est clair que Philippe Folliot a été totalement étranger à l’opération de destruction illégale de la Métairie Neuve de Sivens (il l’a même dit publiquement ici).

Mais il est clair aussi qu’en sa qualité de chef de l’opposition départementale, il n’a jamais demandé devant l’Assemblée départementale des explications à Thierry Carcenac sur cette affaire

  • Alors que Thierry Carcenac a monté l’opération de destruction au détriment du département sans en informer l’assemblée
  • Qu’il a engagé des dépenses pour cette affaire sans en informer l’assemblée
  • Qu’il n’a pas fait de déclaration à l’assurance après l’incendie du 28 juin 2015
  • Qu’il s’est défendu personnellement devant le Conseil d’Etat sans en informer l’Assemblée, ce que des conseillers d'Etat dignes de leurs fonctions n'auraient jamais du accepter comme je l'ai démontré sur ce blog
  • Qu’il a porté, pour se défendre personnellement devant le Conseil d’Etat des délits qu’il avait commis, une plainte avec constitution de partie civile qui a fait l’objet d’un non-lieu, sans en informer l’Assemblée (j’ai été seul à faire état de cette affaire sur mon blog après que nous nous sommes battus pour obtenir les pièces qui la concernent)
  • Qu’il a pompé dans les caisses du département pour se défendre lui-même des accusations qui ont été portées contre sa personne

On peut donc affirmer que, pour le moins, Philippe Folliot a fait preuve d’une certaine complaisance envers le président Carcenac.

En revanche, j’ai eu beau chercher, je ne trouve aucune trace d’un engagement du sénateur Carcenac visant à ce que ce ne soit pas un sénateur de droite qui lui succède…

Un autre que moi pourrait s'interroger :

Après un tel départ du dernier sénateur « socialiste » du Tarn,

Jaurès peut aussi se retourner dans sa tombe.

 

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