Hebdo du Club: le retour

La parenthèse estivale se referme, le Club vous propose, à nouveau, son billet hebdomadaire. Au menu de cette reprise, la rentrée scolaire, la fin annoncée du Tafta et l'éviction de Pierre Larrouturou de Nouvelle Donne, le décès de Henri de Turenne, Michel Butor et Sonia Rykiel, un focus sur nos partenariats et un chapitre sur le feuilleton ultra médiatisé et politisé du burkini.

La cloche n'a pas encore sonné que le Syndicat National des Enseignements de Second degré (Snes) a lançé un appel à la grève dès jeudi prochain contre la réforme des collèges, en compagnie de plusieurs autres syndicats (FO, CGT, Sud, Snep-FSU et Sundep). Comme un marronnier en fleurs dont on attend chaque année les fruits, cette rentrée 2016 sous état d'urgence ne déroge pas à la règle.

L’éducation et son ministère ne laissent personne insensible. A commencer par nos politiques. Claude Lelièvre commente la proposition de François Fillon -lui-même ancien ministre de l’éducation nationale - qui veut faire réécrire les programmes d’histoire s’il était Président. Un positionnement identitaire pour rééquilibrer la balance sur le sujet par rapport à ses adversaires de la primaire de droite. Autre sujet, autre billet. Philippe Cadiou revient sur l’assignation de Najat Vallaud-Belkacem aux enseignants : «Lire, écrire, compter, penser»et s’arrête sur la dernière notion pour développer l’idée qu’il est nécessaire d’en faire un objectif pédagogique indispensable. Alors que B. Girard, lui, dénonce et interroge : «A partir de la prochaine rentrée, qui se déclinera sur le mode sécuritaire et identitaire, en un mot, républicain, les enseignants se voient le plus règlementairement du monde astreints à une nouvelle tâche, celle de « signaler » les élèves suspectés de radicalisation, de ne pas adhérer aux valeurs républicaines. Quand l’Education nationale se met au service d’une république en plein délire, quand les missions qu’elle impose à son personnel ont moins à voir avec l’éducation qu’avec un programme politique dévoyé, est-elle toujours légitime ?»

En marge de cette rentrée scolaire qui laisse couler toujours autant d’encre, Nuit Debout réinstalle ses stands et commissions place de la République, et Morvan 56 nous donne le programme.

Des sorties aussi

On parle de rentrée pour certains et de sorties pour d’autres. Matthias Fekl, le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a déclaré mardi dernier qu’il demanderait l’arrêt des négociations entre l’Union européenne et les Etats-Unis sur le traité de libre-échange transatlantique… Une décision saluée par Maxime Combes qui ne prend pas cette annonce pour argent comptant et interroge. Autre sortie, celle de Pierre Larrouturou exclu de Nouvelle Donne, le parti qu’il a créé. Pour Pierre Sassier qui a reçu la nouvelle comme un coup de massue sur la tête, «cette décision a un côté suicidaire» alors que pour Yannick Chevalier :«l’exclusion de PL pourrait être une bonne nouvelle en lui (Nouvelle Donne) redonnant une liberté politique».

Au plan des départs, ceux de trois personnages. De trois vies racontées dans le Club. A commencer par le billet personnel d’Antoine Perraud sur Henri de Turenne, grand reporter hors norme couvert de récompenses ; celui plein de poésie de Patrice Beray sur la disparition de Michel Butor, père d’une œuvre considérable et figure du Nouveau Roman ; et enfin, cet hommage du philosophe Daniel Salvatore Schiffer à Sonya Rykiel, styliste créatrice du concept de démode mais surtout touche à tout à succès et «femme dandy» comme la qualifie notre blogueur belge.

Des partenaires

Vous avez pu constater que notre partenaire l’Observatoire International des Prisons dans son blog «Dedans Dehors» n’a pas pris de congés et a offert aux lecteurs de Médiapart plusieurs épisodes inédits de cette vie derrière les barreaux. Au chapitre prison et quartiers, la chercheuse Lucie Bony dissèque l’engrenage pénal. Elle analyse la situation, constate que «les jeunes des quartiers prioritaires remplissent les maisons d’arrêts franciliennes» et avance que «cette surreprésentation s’explique - au moins en partie - par une série de mécanismes discriminatoires…» Cette semaine, vous avez aussi découvert notre partenariat avec En attendant Nadeau, journal indépendant 100% numérique de la littérature, des idées et des arts. A cette occasion, l’équipe de En attendant Nadeau a ouvert un blog dans lequel vous aurez au fil du temps sa programmation, ses interviews, ses portraits…

Une polémique

Terminons cette revue hebdomadaire par la polémique de cette fin d’été surchauffé. Pour occuper l’agenda des politiques de tout crin, rien de mieux que de créer le buzz en cette période d’université des partis et de positionnement avant les primaires de droite comme de gauche. Le burkini puisqu’il faut le nommer a donné lieu à beaucoup de littérature dans le club. Et son port à de nombreux arrêtés municipaux. Ce vêtement porté par une infinitésimale minorité de femmes a couvert voire occulté, pendant un temps, le reste de l’actualité. Et déclenché des réactions en tout genre, faites de relents nauséabonds, racistes, sexistes et islamophobes. Dans le club, nos abonnés ont pris position, les uns pour, les autres contre. Comme dans la société, le sujet a divisé, même si majoritairement, la balance a penché du côté de ceux qui ont salué au final la décision du Conseil d’Etat qui dans son ordonnance précise notamment que « l’arrêté litigieux a (…) porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle ».

 De la tribune de Pierre Joxe, ancien ministre de l’intérieur de la République, écrite d'une plume alerte trempée d’humour railleur qui a déclenché 466 commentaires et 188 recommandés à la lettre ouverte aux maires à l’origine des arrêtés anti-burkini signée par des universitaires, chercheurs et activistes, nous pourrions dresser une liste à la Prévert. Nous tenons à mentionner ces trois billets sur le sujet. Celui de Julien Lacassagne est revenu sur le harcèlement des minorités, de Raoul Marc Jennar sur une France plongée dans l’obscurité médiatique, et de Philippe Marlière sur la ligne de fracture au sein de la gauche française.

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