Le poids des maux

L’hebdo revient ! Pour le premier billet 2017, nous reviendrons sur certaines thématiques et quelques débats qui ont animé la vie du club. D’Alep aux migrants, de l’état d’urgence aux mots de la campagne qu’elle soit présidentielle ou primaire, nous vous proposons une sélection de billets.

Au lendemain du réveillon de la Saint-Sylvestre, Sabrina Kassa et moi-même vous présentons tous nos vœux pour la nouvelle année. Et commençons le feuilletage de notre revue hebdo par le billet bilan de Vincent Présumey. Pour plusieurs raisons. «Ces jours de fin 2016 début 2017 resteront sans doute comme un moment d'inflexion historique globale, dans le basculement du capitalisme mondial vers une crise destructrice aggravée» écrit-il. «Complète et sans tabous» pour certains, «à l'emporte pièce» pour d’autres, cette vision globale du monde et de ses enjeux, dans le souci des peuples plutôt que des régimes, a fait couler de l’encre ; le chiffre de 440 commentaires en atteste. Et pourtant l’auteur a décidé de fermer les commentaires et s’en explique :

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C’est l’occasion d’ouvrir pour mieux le refermer cet épisode malheureux qui a secoué le Club entre le 24 décembre et le 1er janvier. Et qui s’est soldé par le départ de quelques abonnés, considérant à tort Mediapart partial. Pour empêcher qu’une poignée de pompiers pyromanes ne s’incendient et dépassent les limites de la charte, Edwy Plenel a répondu aux attaques dans un commentaire dont voici un extrait : «Mediapart ne sera jamais le journal d'un parti politique, d'une famille idéologique ou d'un homme providentiel. S'il le devenait, il aliénerait définitivement son indépendance et, du coup, son utilité publique. Mais il est un journal participatif, le seul même de ce type et de cette ampleur. Ce qu'il permet donc, et il n'y a pas d'équivalent à cela, c'est que des lecteurs qui approuvent son travail d'information, d'enquête et de révélation, mais désapprouvent telle ou telle de ses analyses, peuvent le faire savoir, le dire et l'expliquer. Citez moi un autre journal en ligne où l'on peut critiquer, apostropher, interpeller, etc., celles et ceux qui le font ou qui l'ont créé ?

Ce n'est pas qu'une commodité technique, entre le Journal et le Club, c'est aussi une conviction radicalement démocratique : autour d'une presse indépendante, regroupant à ce jour près de 128.000 abonnés actifs payants (et près de 4 millions de visiteurs uniques qui lisent le Club, découvrent les résumés des articles et visionnent les vidéos), se rencontrent des publics divers et pluriels qui sont invités à échanger, discuter, se comprendre et se connaître. On ne peut pas défendre la délibération démocratique dans les luttes concrètes, sur le terrain, et contre les institutions présidentielles qui la confisquent, et ne pas chercher à la pratiquer entre nous tous, dans le respect du pluralisme des opinions et des engagements».

D’anciens abonnés nous quittent, de nouveaux arrivent dans le club comme Mortaza Behboudi. En exil depuis juillet 2015 en France, il a été hébergé à la Maison des Journalistes pendant 8 mois. Actuellement étudiant en Master de Relations Internationales à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, cet ancien journaliste afghan a travaillé pendant 2 ans avec les médias en Afghanistan, en Iran et  avec une chaîne russe CurrentTimeTv. Et participé à des missions au sein du HCR. Il nous a offert deux billets. L’un sur La compréhension culturelle entre les réfugiés et leur pays d’accueil et l’autre sous forme de portrait de Homam Fayad ou le rêve d’étudier en France. Et les commentaires encourageants qui font suite comme ces deux ci-dessous:

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Le Club a vu revenir le 4 janvier le journaliste Maxime Azadi, blogueur sur Mediapart, interpellé et placé en détention le jeudi 15 décembre par la police belge, exécutant un mandat Interpol demandé par les autorités turques, arguant de faits supposés de terrorisme. Nous l’avons suivi depuis son arrestation dénoncée par la SDJ de Mediapart à sa libération sous caution sous la plume de Loup Espargilière.

Autre nouveauté dans Le blog de Enfermement des étrangers à Marseille, le traitement BD dans un format portfolio intitulé Assister des migrants en danger de mort est-il condamnable? Sur ce thème et avec une adhésion quasi unanime dans les commentaires, Bruno Painvain interpelle la justice le jour du procès de Cédric Herrou, à Nice. «Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.» résonne encore. La représentation de la société du 17ème siècle dépeinte dans la fable Les Animaux malades de la peste par Jean de la Fontaine ressemble étrangement dans sa morale à ce ce que la justice française nous offre malheureusement comme spectacle aujourd’hui.

Et que dire de l’état d’urgence qui perdure. Paul Cassia, notre avocat blogueur suit le dossier et dans son dernier billet dénonce la posture du Conseil d’Etat qui selon lui joue la montre. Pour lui : «L’état d’urgence est un bon laboratoire du phénomène de « post-vérité » où, afin d’accréditer dans l’opinion le sentiment d’efficacité de leurs actions, les autorités publiques tiennent des discours qui ne correspondent pas à la réalité des faits. Exemple avec une question de procédure contentieuse : le délai de 48 h dans lequel le juge administratif du référé-liberté est censé statuer.»

En ces mois très politiques qui intéressent les abonnés du Club et où chaque candidat y va de son programme, l’édition « Les mots en campagne » nous propose une lecture particulière, une analyse atypique. Comme celle du philosophe Alain Brossat qui nous livre son second volet sur «Les policiers n'en peuvent plus» ou du sociologue Said Bouamama qui nous donne son explication de l’expression «Vivre ensemble». Après les mots, les chiffres pour conclure. Et le billet d’Antoine Bevort qui met en lumière que la primaire du parti socialiste est en mal d'audience sur le web et les réseaux sociaux.

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