Lawfarewashing?

En rebond à Jean-Pierre Perrin "La marche à la mort de Jamal Khashoggi ".

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 "Lawfare [guerre juridique] est un néologisme anglais issu de la contraction de law (loi) et warfare (guerre), issu du vocabulaire militaire états-unien" (source WikipediaDunlap.)

En rebond à l'article de Jean-Pierre Perrin

"La marche à la mort de Jamal Khashoggi".

 

C'est fondamental, de faire de l'Histoire avec des archives récentes, merci.

Mais focaliser sur le pauvre Jamal Khashoggi seul comme emblême de la répression de l'information, c'est statufier les restes de son sinistre cadavre pour un rituel de célébration journalistique, dévotement dédié à l'auto-proclamation de son statut de contre-pouvoir. On en constate rarissimement des effets politiques réels, hélas. Et seulement, au final, dans des problématiques électorales de partis nationaux dont des éléments échapent à la plomberie défectueuse de l'Etat profond au sein de leur sphère linguistique d'appellation corporativement protégée .

Story-telling certes hautement vertueux.

Toute cette belle lumière projetée sur la statue Khashoggy continue de masquer dans son ombre portée la clef de voûte la plus actuelle de ces machineries de torture terroristes. La pratique et la publicité de cette machinerie tend à se systématiser globalement par tous les régimes de la planète, sur le même modèle actif plus ou moins "soft". Mais de moins en moins. En douce France donc aussi (avec par exemple, ou encore, et encore, et toujours) ce cher pays de mon enfance où, sous les sommets médiatiques de l'iceberg, le plus dur du fond et des perspectives du modèle n'est déjà pas récent.

Et voilà que même la presse dite "d'investigation" locale de référence, elle-même dans la ligne de mire, diffuse l'injonction d'omerta sur l'actualité au plus sale du sens propre (mais peut-on reprocher à des journalistes d'avoir peur d'une telle machination globale imposant par les armes et la loi ce type de "contrats qu'on ne peut pas refuser"?)

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Yasmine Bouagga  dans Critique internationale 2012/2 (N° 55), pages 167 à 171(V.F)

 

L'important c'est le processus politique global dont des archives du passé proche comme l'affaire Khasshoggi peuvent montrer la permanence et la généralité, si et seulement si on la réfère à

son actualité la plus brûlante.

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Médiapart n'est heureusement pas l'unique organe de référence en ces matières.

https://www.les-crises.fr/?s=assange

https://duckduckgo.com/?q=site%3Alegrandsoir.info+assange+&t=h_&ia=web

https://www.monde-diplomatique.fr/recherche?s=assange

Quoiqu'il y eut ici un article de fond vraiment documenté et sérieusement analytique, mais un seul (outre le blog de Céline Wagner, qui tient une veille sur une presse d'investitation anglophone plus globalement référentielle encore et autrement mieux disserte sur le sujet, et quelques assez rares autres)

L'avantage promotionel pour le journal à ouvir une telle fêlure agonistique, c'est qu'en termes de marché le clic d'un vaniteux pet dans le jacuzzi comme le mien fait monter le référencement.

C'est pathétiquement sinistre, de la part d'une entreprise se promouvant instance détentrice et exécutive d'un "contre-pouvoir", à l'égard du destin antigonien en cours des victimes Assange et Manning. Leurs corps et âmes sont mijotés dans un bain de torture à feu doux depuis long terme et en projection probablement continuée de leur futur au-delà de leur folie jusqu'à leur mort. Sur impératif moral catégorique certes. Le modèle international de la démocratie humaniste incarné par la Loi Etats-Unienne, rien que ça. Sa légitimité est garantie, c'est un fait, comme le répètent en substance et l'agissent des Kissingers, des Cheneys, des Boltons et autres exécutants de Carluccis et de Friedmans depuis une bonne demi-douzaine de décennies sinon depuis les accords d'Achnacarry et Balfour : par ses pratiques de joueur les plus illégales et les plus meutrières en gros comme au détail au monopoly de la violence sur-armée. C'est bien ce qu'a définitivement avéré en sa totalité globale,  à l'instar d'un Gallilée faisant péter publiquement aux yeux de la Sainte Inquisition la révélation démontrée de la sphéricité de la Terre, Assange à travers Wikileaks (ou plus exactement Edward Snowden, Chelsea Manning, et d' autres qui ne rencontrent pas toujours le même succès, on pourrait dire "heureusement pour eux"). La déraison ubristique du plus fort n'est-elle pas toujours la meilleure?

Lawfarewashing.

autres sources à explorer :

Le "lawfare" ou les usages stratégiques du droit (Science Po)

(d'où :)

Compromised Command by Richard K. Betts July/August 2001

DOES LAWFARE NEED AN APOLOGIA? by Colonel Charles J. Dunlap, Jr.

Law and Military Interventions:Preserving Humanitarian Values in 21st Conflicts  "Prepared for theHumanitarian Challenges in Military Intervention ConferenceCarr Center for Human Rights PolicyKennedy School of Government, Harvard UniversityWashington, D.C., November 29, 2001byColonel Charles J. Dunlap, Jr., USAF"

 

 

 

 

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