L'hebdo du Club (16): neuf nouvelles et nouveaux

Vous les avez déjà accueillis en nombre ou bien ils sont passés inaperçus: une sélection de neuf blogs parmi les trente ouverts depuis une semaine (tous les nouveaux blogs sont à retrouver là, les nouvelles éditions ici).

On ne le présente plus, « le journal mal élevé » Siné Mensuel arrive sur Mediapart avec deux premiers billets présentant le sommaire du dernier numéro.

Animé par des syndicalistes (CGT, Solidaires, FSU), des militant-e-s associatives/ifs ou politiques (Front de Gauche, NPA, Alternative Libertaire) et des chercheuses/eurs en sciences sociales, Terrains de lutte a décidé de partager ses travaux avec les lecteurs de Mediapart. Dans le billet du 11 septembre, La réforme des rythmes scolaires accroît les inégalités dans les écoles ruralesTerrains de lutte nous entraîne dans deux villages de Haute-Vienne, à l’écoute des enseignants. « Favorable à une réforme des rythmes scolaires, ils se sont pourtant mobilisés contre le chemin emprunté par le gouvernement socialiste » , et racontent les difficultés d’organisation au quotidien, qui finissent toujours par retomber sur les familles modestes.

« Ils sont rares ces enseignants qui ont de la considération pour des enfants destinés par le jeu injuste de la reproduction sociale à devenir des perdants, des ratés, tout au mieux des larbins mal payés », s’énerve Anne Arkhé dans un billet désabusé intitulé L'Égalité des chances, un mythe qui arrange. Et quand cet cet enseignant aura découvert la supercherie – « On lui a menti, on lui a fait croire que son métier avait un sens, qu'il pouvait être utile à la société » – alors « il détournera le regard quand un enfant voudra lui confier qu'il est maltraité, et malgré toute sa bonne volonté il fera certainement sentir à ses élèves qu'aucun avenir ne les attend. Et dès qu'il le pourra, il demandera sa mutation car maintenant, son but, c'est de penser à lui, à son confort, à sa vie plutôt qu'à celle des autres. Et qui l'en blâmerait ? »

Il faut traverser l'Atlantique pour se réjouir que l’égalité des droits progresse : « Jeudi 4 septembre, la Cour d’appel des Etats-Unis pour le septième circuit (Illinois, Indiana et Wisconsin) a considéré que les dispositions qui restreignent le mariage à l’union d’une femme et d’un homme étaient inconstitutionnelles », a noté Florent Bardou dans son premier billet, États-Unis : encore une victoire pour les pro-égalité des droits.

L’égalité, et encore..., c’est après des dizaines d’années que Marthe Gautier, pionnière de la découverte de la trisomie 21, pourra enfin y accéder. L’histoire si banale et si passionnante de celle qui se fera piquer sa découverte par un homme, en l’occurrence Jérôme Lejeune, tête de proue de la lutte anti-avortement. Non seulement il s’est approprié le travail de Marthe Gauthier, c’était en 1958, mais pas plus tard qu’en cette année 2014, vingt ans après sa mort, il a fallu que la fondation qu’il a créée vienne contester à la chercheuse la reconnaissance qui lui était due. Décorée ces jours-ci de la Légion d’honneur, Marthe Gauthier se raconte dans une vidéo réalisée par l’association Wax, qui travaille notamment à la mixité dans les sciences.

Pour apporter sa pierre à la lutte contre le chômage, Benoît Delol a monté une association, Mon premier bureau, qui « recherche des bâtiments sans affectation, appartenant en priorité à des personnes publiques, dans le but d’en obtenir une concession et de les aménager en espace de coworking »« Le rectorat de Paris s'en fout », de la lutte contre le chômage, et Benoît Delol fait le récit de son échec à redonner vie à un petit bâtiment inoccupé du sud de la capitale. 

Tenir son journal au quotidien: c’est l’exercice auquel s’est livré soixante-trois années durant Paul Léautaud, qu’a lu Sainmar, « en quatre mois les 18 volumes ». « Écrire sur soi, tous les jours pendant soixante ans, ce n’est pas rien, je vous assure, vraiment ce n’est pas rien. »

Le présent, soit, mais que faire du passé ? Erwann Venn attire l’attention sur l’exposition à laquelle il participe à Houilles (Yvelines), Sans tambour ni trompette, cent ans de guerre. Curiosité, envie d’en savoir plus sur l’auteur de ces images. Le Fonds régional d’art contemporain du Poitou-Charente nous en dit plus sur ce natif de Châtellerault (en 1967): « Explorant (la) notion de croyance et testant sa persistance, Erwan Venn reprend d’anciennes photographies de religieux trouvées dans les archives familiales » et les prive des mains et des visages. « De son parcours visuel, il ne reste plus que les uniformes et les vêtements de fantômes évanouis », peut-on lire dans le dossier de l'exposition (pdf ici). « À cette tentative de réactualisation des archives s’ajoute une portée bien plus élargie provoquée par l’anonymat » commente de son côté le Frac. A vous d'imaginer :

 

« La mariée », impression numérique, 400 x 600 cm. 2014 ©  Erwan Venn « La mariée », impression numérique, 400 x 600 cm. 2014 © Erwan Venn

La rutpure entre François Hollande et Valérie Trierweiler restera-t-elle dans l’histoire ? Nelly Bousquet revient sur quelques femmes à la séparation légendaire : « Bérénice, la reine répudiée par Titus,  Hermione trompée par Pyrrhus, la superbe Marlène cavalièrement "jetée" par Gabin et la géniale Sophie Calle». La journaliste de Paris-Matchaurait-elle pu, aurait-elle dû s'y prendre autrement ? « Merci pour ce moment, merci pour cet amour fou, merci pour ce voyage à l'Élysée. Merci aussi pour le gouffre dans lequel tu m'as précipitée. Ah ! non ! c'est un peu court...  On pouvait dire... OhDieu!... bien des choses en somme. »

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