Medication Time

Déserter?

Sa biographie
Puisque cette époque nous veut bien ordonné-e-s dans les rangs des usines, des agences d'intérim, des administrations, des écoles, des supermarchés et des lieux culturels, il nous a fallu déserter. Mais pour aller où et comment ? Ce monde ne nous a pas laissé « d'ailleurs » où nous replier. Tout est là, ici bas. Et les maigres pistes pour s'exercer à la vie sont déjà toutes tracées. Notre désertion a donc dû prendre une tournure particulièrement périlleuse. Nous avons déserté vers l'intérieur. Déserter, ça a commencé par « se débrouiller » autrement. Ouvrir de nouvelles voies dont la direction est souvent guidée par la précarité, pour tenter de produire et de réparer ce dont nous avions besoin. Fabriquer du possible là où nous ne connaissions que des prix à payer,des contrats à signer, et du rêve irréalisé. Créer de l'espace, de l'air, là où nous suffoquions. Et comme le monde est un endroit très tassé, quand nous nous y sommes fait de la place, nous avons dérangé. Qu'on le veuille ou non, la désertion demande de se confronter aux restes des choses, des organisations, des systèmes... Il n'y a pas d'espace ou de choix de vie qui ne soit pas l'objet d'une négociation. Nous croyions pourtant que nos choix ne concernaient que nous. Nous avons appris à nos dépends que la toile sociale était dense et sensible, que rien ne lui échappait. Le plus légal et le plus insignifiant des écarts est repéré, puis dûment sanctionné. Car les pouvoirs établis apprécient peu la présence de pouvoirs émergents. Ce "nous" dont il est question ici n'est qu'un des termes pour désigner un groupe mouvant, composé de gens insatisfaits du monde tel qu'il va, et qui tentent, en s'associant de manière aléatoire, d'avoir prise sur le cours des événements. Cette association prend aujourd'hui le nom de Medication Time, mais cet avatar n'est pas le plus important. Ce qui compte, c'est les tentatives qui en jaillissent et dans lesquels nous nous retrouvons. Ici nous présenterons ces tentatives, sans forcer leur cohérence, sans masquer leur fourmillement désordonné, ni leur donner la tournure obligée du « projet ». C'est donc un nous d'inclusion qui a l'habitude de se faire bousculer par tous ceux qui y sont de passage. A l'inverse de la réclusion, nous souhaitons nous répandre. Et si nous avons accepté de garder des liens avec les restes du monde c'est uniquement pour avoir une meilleure prise sur lui.
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