Crédit Agricole : morale d'une trop longue histoire hélas vraie

Lorsque Daniel Epron, président de la Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel (et désormais administrateur de la caisse nationale), affirme devant les tribunaux –  jusqu'à la Cour de Cassation – « Patrick Le Cellier possède des parts sociales sans pour autant être devenu sociétaire », il s'agit d'un mensonge hallucinant.

Daniel Epron ajoute « Nous fonctionnons en contradiction avec les dispositions légales : Patrick Le Cellier n'est convoqué aux Assemblées Générales et ne participe (signature feuille émargement / vote des résolutions / candidature au poste d'administrateur / etc.) que pour le principe ». De la folie furieuse.

Pas sociétaire ? Un prétexte cynique pour demander la déchéance du terme de tous les contrats. Un mensonge qui en dit long sur les pratiques banalisées des dirigeants de la coopérative. L'affichage de l'habitude condamnable de se prévaloir de ses propres fautes : depuis ces propos délirants, huit millions de sociétaires vivent sous la menace.

Il s'agissait de ruiner le sociétaire Patrick Le Cellier – pour le neutraliser – en confisquant ses parts sociales et en le mettant « à genou ». L'objectif étant d'imposer l'omerta sur le pillage organisé autour de l'astuce « mutualisation des risques, privatisation des profits » qui permet tous les enrichissements. De préserver la fiction démocratique (une démocratie présentée comme exemplaire alors que les propriétaires ne savent rien et n'ont aucun pouvoir).
Vraiment choquant.

Il y a escroquerie au jugement (corruption et fabrication de faux) et affichage d'objectifs inadéquats, dans le contexte d'une évidente cupidité des dirigeants pénalement responsables.

Il y a, surtout, un aveu terrible concernant la gestion coopérative (bidonnée), la gouvernance (dévoyée) et les manipulations... sans limite.

Pour le sociétaire, le préjudice résultant de l'escroquerie se chiffre en millions d'euros.

La morale de l'histoire ?
Le refus de la transparence, signant toutes les escroqueries, caractérise les confiscations d'héritage dans le secteur social de l'économie.

Le privilège de la force est un avantage démesuré pour qui réussit à faire main basse sur une coopérative... mais pour les honnêtes sociétaires un piège terrifiant.

La gabegie des dirigeants (pas seulement en Grèce) est inacceptable. Des dizaines de milliards.

Il faut établir clairement la frontière entre la finance amie et la finance pourrie... notre ennemie. Et insister sur une vérité essentielle : les dettes sont faites pour être remboursées.

La loi du 10 septembre 1947, qui fonde les coopératives, doit être respectée.Le respect de son article 1er est la pierre de touche qui différencie honnêtes dirigeants et voyous .


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