Assassins en costume - cravate

De très nombreux riches sont des "bons pères de famille" qui ne planteraient jamais un couteau dans le ventre d'un homme mais n'hésitent pas à en empoisonner et tuer des milliers pour s'enrichir. (Réactualisé le 12/11/2019.)

Jack London « Le Talon de fer » :

«  (J'ai connu) ce directeur de journal qui publiait des annonces de remèdes brevetés (et) me traita de sale démagogue parce que je le mettais au défit de publier un article disant la vérité au sujet de ces droguesLes remèdes brevetés étaient des escroqueries patentées, mais le peuple s’y laissait prendre comme aux charmes et aux indulgences du moyen-âge. La seule différence est que les remèdes brevetés étaient plus nuisibles et coûtaient plus cher. »

« J’ai connu des gens que la brutalité des assauts de boxe mettait hors d’eux-mêmes, mais qui se faisaient complices des fraudes alimentaires par lesquelles périssent chaque année plus d’innocents que n’en a massacré Hérode aux mains rouges. J’ai vu des piliers d’église qui souscrivaient de grosses sommes aux missions étrangères, mais qui faisaient travailler des jeunes filles dix heures par jour dans leurs ateliers pour des salaires de famine et par le fait, encourageaient directement la prostitution… (...)  »

....................................................

John Le Carré : « La constance du jardinier »

« Certaines compagnies pharmaceutiques sont des marchands d'armes en blouse blanche . »

Après avoir affirmé que son roman ne décrit aucune société pharmaceutique, aucun responsable ni aucun médicament existants, car nous vivons en ces « temps maudits où les avocats dirigent le monde », John le Carré ajoute : «  je me suis rendu compte que, au regard de la réalité, mon histoire est aussi anodine qu'une carte postale de vacances. »

« La constance du jardinier » est un haletant roman policier, décrivant avec férocité le monde politique britannique et sa collusion avec l'industrie pharmaceutique qui, au nom du profit, n'hésite pas à rouler sur des cadavres.

(Un autre thriller qui traite de ce sujet, notamment de la mise précipitée sur le marché américain des médicaments avant la fin des testes de leur efficacité et de leur innocuité, qui sont donc préjudiciables à la santé de nombreux patients: John Grisham La Transaction. L'auteur étant avocat, il décrit les procès en chaîne contre les laboratoires qui, devenus une industrie, lèsent aussi les malades.)

.....................................................

Guy de Maupassant, « Finance immorale » :

« Des directeurs de vastes entreprises financières font chaque jour, à la connaissance de la France entière, des opérations que tout leur interdit, depuis les règlements de leurs société jusqu’à la vulgaire bonne foi ; ils ne s’en considèrent pas moins comme parfaitement honorables. »

....................................................

Pour avoir une illustration haute en couleur de ce qui précède, vous pouvez voir le film d'Adam McKay « Vice ».

Plus de 600000 morts pour enrichir quelques dizaines d'Américains.

.....................................................

Les analystes de Goldman Sachs ont publié en 2018 un rapport dans lequel ils s’interrogent sur le modèle économique des traitements de patients.

Intitulé « The Genome Revolution » le rapport explique ainsi que les traitements ponctuels contre les maladies sont mauvais pour les entreprises et notamment sur leurs bénéfices à long terme. Il est ainsi écrit « le potentiel d’offrir des traitements «one shot» est l’un des aspects les plus attrayants de la thérapie génique, de la thérapie cellulaire génétiquement modifiée et de l’édition de gènes. Cependant, ces traitements offrent des perspectives très différentes en ce qui concerne les revenus récurrents par rapport aux thérapies chroniques … Bien que cette proposition ait une valeur énorme pour les patients et la société, elle pourrait représenter un défi pour les développeurs génomique cherchant des flux de trésorerie soutenus. »

Les analystes ont pris l’exemple de Gilead Sciences, une entreprise qui commercialise des traitements contre l’hépatite C et dont les taux de guérison dépassent les 90%. En 2015, les ventes des traitements ont atteint 12,5 milliards, mais comme les gens étaient guéris, de moins en moins de personnes étaient infectées et les ventes ont commencé à chuter. Ainsi pour 2018, Goldman Sachs prévoit que les traitements rapporteront moins de 4 milliards de dollars, une sacré baisse.

https://siecledigital.fr/2018/04/18/guerir-les-patients-est-il-un-business-model-durable-goldman-sachs/

Et ce sont ces gens qui nous gouvernent: https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/100918/qui-nous-gouverne

......................................................

Le cynisme des militaires ne connaît pas de limites non plus.

Le bombardement de Hiroshima et de Nagasaki a été un « test grandeur nature » :

En 1995, dans ses « Mémoires », l’amiral Leahy, chef d’état-major particulier des présidents Roosevelt puis Truman, a affirmé : « Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre. (…) L’utilisation à Hiroshima et à Nagasaki de cette arme barbare ne nous a pas aidés à remporter la guerre. ».

Le général Eisenhower l'a confirmé dans ses « Mémoires ».

Voir aussi l'article de Jean-Pierre Dupuy, http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/08/03/penser-l-impensable-destruction-nucleaire_4709397_3232.html [archive]

Le Japon a capitulé à cause de l'entrée en guerre de l'Union soviétique : voir une analyse très complète de Ward Hayes Wilson http://www.slate.fr/story/73421/bombe-atomique-staline-japon-capituler

Avant l'attaque de Hiroshima et de Nagasaki, le « général américain Thomas Farrell, sidéré par l’explosion du 16 juillet, au Nouveau-Mexique, évoqua ''un coup de tonnerre (…) qui nous révéla que nous étions de petits êtres blasphémateurs qui avaient osé toucher aux forces jusqu’alors réservées au Tout-Puissant''. 

Ce que Kenneth Bainbridge, directeur du test, avait commenté de façon nettement moins littéraire : ''A partir de maintenant, nous sommes tous des fils de pute''. » http://www.lemonde.fr/international/article/2015/08/05/6-aout-1945-8-h-15-mon-dieu-qu-avons-nous-fait_4712214_3210.html

Le commandant américain qui a ordonné le bombardement de Hiroshima et de Nagasaki, Curtis LeMay, a admis publiquement que si les États-Unis avaient perdu la guerre, il aurait été condamné comme criminel de guerre. Le 15 août, le Japon accepte la capitulation sans conditions [1],

Par la suite, depuis que les archives secrètes s'ouvrent, on apprend que lors des essais dans l'atmosphère tous les pays ont exposé volontairement des milliers de militaires et de civils aux radiations pour observer leur impact sur la santé et la mortalité ainsi que pour étudier la capacité de soldats de continuer à se battre dans un environnement hautement radioactif !

Science & Vie n° 917, février 1994 : « Le scandale des cobayes humains ».

Voir aussi http://atomicsarchives.chez.com/cobaye_humains.html

Der Spiegel, 1/1/90: cité par https://www.dissident-media.org/infonucleaire/victimes_kaza.html

https://maxim-nm.livejournal.com/529432.html

....................................

Pour voir les autres articles de ce site sur le nucléaire, le féminisme, l'environnement, les migrations des populations, l'Europe, la gouvernance :  https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/191118/sommaire-de-ce-site

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.