La mort de Rémi Fraisse appelle les politiques à exiger du gouvernement le respect effectif des principes de l'Etat de droit

Rémi Fraisse  est mort de cet Etat fort contre les individus mais faible contre la finance. Tuer un militant écologiste lui est plus facile que d'exiger le paiement des 132 milliards d'euros qui manquent chaque année aux comptes publics., sans compter les 24 milliards dont il fait cadeau à la finance.  Dans une dégradation sociale qui n'inquiète pas la droite, l'Etat a le poing fort contre les faibles et abdique devant l'argent. Une mentalité de mercenaire ou de proxénète. Rémi Fraisse est victime d'une politique qui s'est vendue aux égoïsmes de l'optimisation immédiate du profit.

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Rémi Fraisse  est mort de cet Etat fort contre les individus mais faible contre la finance. Tuer un militant écologiste lui est plus facile que d'exiger le paiement des 132 milliards d'euros qui manquent chaque année aux comptes publics., sans compter les 24 milliards dont il fait cadeau à la financeDans une dégradation sociale qui n'inquiète pas la droite, l'Etat a le poing fort contre les faibles et abdique devant l'argent. Une mentalité de mercenaire ou de proxénète. Rémi Fraisse est victime d'une politique qui s'est vendue aux égoïsmes de l'optimisation immédiate du profit.

Le rassemblement des oligarques et de la nomenklatura françaises à Saint Sulpice, autour de la dépouille d'un capitaine d'une industrie mise en cause pour corruption, crée une coïncidence très contrastée entre le discours d'un président, d'un premier ministre et d'un ministre de l'intérieur avec les faits quand c'est "L'Etat français peut-être hyper-violent".

Total est la société qui a affrété l'Erika, qui a pollué la côte sud de la Bretagne, qui a fermé la raffinerie de Dunkerque, sans parler du scandale "Pétrole contre nourriture" ou de l'affaire du Probo Koala.

Voilà donc un hommage lourd de sens et de signification politiques qui n'aurait pas du échapper aux observateurs.

Les ministres si prompts à se déplacer sur les lieux sont étonnamment absents de Sivens, d'Abbeville, de Calais ou de Nantes. Il y a des émotions populaires plus efficaces à exploiter pour sa communication que d'autres. 

La mort de Rémi Fraisse soulève la responsabilité politique et celle d'une hiérarchie administrative qui ne cesse de se justifier au nom du droit alors que les violences institutionnelles - voire industrielles et financières - violent manifestement l'Etat de droit, puisque la première obligation de la police et de la gendarmerie sont de garantir l'exercice effectif des libertés publiques et le droit à la sureté, ce qui n'est pas le cas depuis de nombreuses années.

Dans une république démocratique, la police n'est pas la gardienne du coffre-fort, le cerbère douteux du capital. Elle est au service de l'intérêt général. Où est ce service de l'intérêt général quand l'UE et l'OCDE critiquent la France pour sa mansuétude à la corruption qui coûte 120 milliards par an ? François Fillon se distingue en accablant le mouvement écologiste qui dénonce cette injustice quand l'Unicef s'alarme contre «Les enfants de la récession». François Fillon partage un même sens critique que celui de l’UMP de Grande-Bretagne qui met Zemmour à l’honneur

L'article de Louise Fessard (Nantes: le chef de la police assume sans réserve les blessés par Flashball) et les déclarations du responsable policier de Nantes permet de remarquer comment la hiérarchie policière est complètement déconnectée de l'Etat de droit. Cette question se pose régulièrement (Responsabilité des préfets en matière d'étrangers) et n'est jamais abordée dans le débat politique alors qu'elle porte directement sur le respect des droits de l'Homme.

Il est temps de s'interroger sur la doctrine d'emploi de la police et de la gendarmerie et de soulever la question de la responsabilité hiérarchique, celle du donneur d'ordre, et pas seulement celle de l'exécutant, soumis à la contrainte et menacé par la discipline.

Rémi Fraisse meurt quand la république française s'apprête à défendre des intérêts privés - au mépris de l'environnement et du bétail, dont l'Assemblée vient de modifier le statut juridique de l’animal- en demandant la condamnation de militants qui défendent le mieux vivre ensemble, le lien social, ... (Ferme des 1.000 vaches : ouverture sous tension du procès, Pour comprendre la bataille autour de la “ferme des mille vaches”).

Il faut combattre l'idée fausse d'une interprétation libérale du droit qui aboutit à la méprise du droit.

La liberté n'est pas absolue. L'argent ne confère aucun droit.

Le Conseil d'Etat, dans l'affaire Dieudonné, a consacré le principe d'une liberté limitée par le respect de la dignité humaine (L'importante jurisprudence Dieudonné).

Il n'y a pas de respect de la dignité humaine dans des projets qui saccagent l'environnement, qui méprisent la vie animale, lesquels sont garants d'une condition d'existence digne. Il n'y a donc pas de légitimité de la force publique à défendre une situation qui menace cette dignité.

La dignité est la matrice des droits de l'Homme. Aucun droit ne peut être légitimement invoqué si sa mise en oeuvre a pour effet de porter atteinte à la dignité. 

Il est dès lors impossible, comme le fait le premier ministre, dans une telle situation, d'en appeler à la légitimité de l'Etat de droit, quand son gouvernement agit au mépris du droit fondamental et des valeurs de la République.

Manuel Valls fait de la démocratie et de l'Etat de droit à 5%. C'est un premier ministre Canada Dry, un ersatz politique qui ambitionne de substituer au produit d'origine, au mépris des évidences et du droit (La justice européenne donne raison à l'authenticité contre l'exploiteur d'un nom propre).

L'imposture politique est au centre de l'enjeu juridique fondamental et de la question de droit qui se profilent dans l'instruction de l'homicide de Rémi Fraisse, dont l'engagement traduit son refus d'abdiquer à la médiocrité politique.

Au-delà du droit, la mort de Rémi Fraisse porte aussi une question de société qui touche au respect effectif, en France, des droits de l'Homme.

Cécile Dufflot a parfaitement raison de s'inquiéter de l'incohérence du discours et du comportement du gouvernement par rapport à ce qui fonde l'adhésion du peuple à ses institutions. Elle a agi conformément à l'obligation que pose l'article 2 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen : " Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme.  "

Cécile Dufflot a donc parfaitement rempli sa fonction d'élue du peuple et de représentante de la souveraineté nationale comme le commande la Constitution.

Cécile Dufflot mérite d'être félicitée. C'est trop rare, en considération de la perfectibilité du personnel politique que relate l'actualité ( litiges fiscaux,  disponibilité critiquable, corruption, discours d'extrême-droite, ...).

 

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Barrage de Sivens: les alertes des écolos ont été ignorées

Barrage de Sivens : il est temps d'abandonner ce projet mal ficelé, néfaste et passéiste

Sur le fond, le projet de barrage de Sivens a été intellectuellement détruit par le rapport de deux experts (Nicolas Forray et Pierre Rathouis), commandé par le ministère de l’Écologie.

Dans ce texte, l’idée même de cette retenue d’eau destinée aux besoins l’agricoles (plus particulièrement, à ceux des gros producteurs de maïs, de plus en plus avides en irrigation) n’est pas littéralement qualifiée de "stupide" ; mais c’est tout comme.

Ledit projet, notent les spécialistes, n’a fait l’objet que d’une étude d’impact environnemental "de qualité très moyenne". Son plan de financement est "fragile". L’ouvrage est "surdimensionné". Il souffre d’une évaluation des besoins "surestimée" d’au moins "35%". Il repose sur des données "anciennes et forfaitaires". Il n’intéresse pas 80 agriculteurs, comme il le prétend, mais à peine la moitié.

Le choix du site a été arrêté "sans réelle analyse des solutions alternatives possibles" et le coût annoncé de l’ouvrage (plus de 8 millions d’euros hors taxe), par rapport au volume théorique de l’eau stockée (1,5 million de mètres cubes), ne peut qu’être jugé excessif.

Décryptage : pourquoi le barrage de Sivens fait-il polémique? (VIDÉO)

 

 

Quand Valls, Cambadélis et DSK font la fête avec des journalistes

DSK : Suicide, cessation de paiement... Son business va mal

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Le "cher" TGV Limousin de François Hollande revient sur les rails

Le président de la République veut son TGV Limousin selon "le Canard Enchaîné" dans son édition datée d'aujourd'hui, 22 octobre.L'hebdomadaire satirique rapporte que le président de la République a promis aux élus du Limousin "une participation importante de l'Etat".

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