Tunisie – Une des plus belles «taqiyâneries»* d’Ennahdha auprès des médias étrangers

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Ci-dessus, les logos de Burson-Marsteller et d’Ennahdha. Pour améliorer son image auprès des pays étrangers, Ennahdha a engagé Burson-Marsteller, le géant international de communication et de relations publiques - opérant dans une centaine de pays sur les cinq continents, réputé pour ses services de lobbying et de gestion de crises - et cela, à coup de dizaines de millions de dollars **.

«Nous vous demandons de cesser d'utiliser le terme "islamiste" pour décrire Ennahdha car il est inexact, trompeur et dommageable pour le parti».

Cette invitation - qui a la tournure plutôt d’une injonction, à l’image du célèbre «Je vous demande de vous arrêter» d’ Édouard Balladur [1] - est la conclusion d’un courrier, signé du «Département international des relations internationales» du parti islamiste Ennahdha – succursale tunisienne de l’organisation internationale de la Confrérie des frères musulmans [2] – je disais donc, cette invitation est la conclusion d’un courrier qu’ Ennahdha a envoyé à la rédaction de Géopolis/francetvinfo.fr [3], après les Élections municipales tunisiennes 2018.

Compte tenu de la teneur de ce courrier, qui est reproduit intégralement dans [3], et de la forme de sa première phrase, il est fort probable que ce même courrier ait été envoyé à tous les médias et journalistes étrangers, influents et/ou à grande audience, qui décrivent «Ennahdha comme un parti "islamiste"», donc quasiment tous, et cela, à l’initiative de Burson-Marsteller !

Dans ce courrier, on retrouve la nouvelle rengaine d’Ennahdha depuis son dernier congrès - rengaine qui ne chante que des fake ads et des «taqiyâneries»,  comme je l’ai montré dans mon article [4] - et je me contenterai dans cet article de commenter l’invitation/injonction ci-dessus et l’extrait suivant du dit courrier, paru ce mercredi 23 mai sous la plume de Laurent Ribadeau Dumas [3], envoyé spécial de francetvinfo.fr en Tunisie, pour prouver qu’il est constitué encore de fake ads et de «taqiyâneries» :

« Nous notons que dans tous (les articles de Géopolis sur les municipales), Ennahdha est décrit comme un parti "islamiste" (…) L'islamisme est une description trompeuse pour le parti et nuit à ses tentatives d'obtenir un soutien international pour certaines des lois progressistes que le parti préconise. Par exemple, les parlementaires d'Ennahdha ont été à l'origine de la création de la loi de 2016 sur la prévention de la violence à l'égard des femmes (…) 41% de toutes les femmes parlementaires tunisiennes sont d'Ennahdha» (sic) [3].

Tout d’abord, en réponse à l’invitation/injonction ouvrant ce billet, mes articles [2] et [4], ma vidéo-poème [5], ma vidéo [6] et la photo [7], prouvent, sans conteste, que «le terme "islamiste" pour décrire Ennahdha» est exact, non trompeur et caractérise complètement son ADN, et, par suite, «l'islamisme est une description» qui traduit fidèlement la raison d’être de ce parti et le projet de société qu’il véhicule. Quant à ce qui me reste à commenter de cette citation, je vais prouver qu’il est constitué de fake ads et de mensonges, et, s’il n’en n’était pas ainsi, «le Pape et moi serions un, par suite je serais le Pape», comme l’aurait dit Bertrand Russell.

Avant tout, un petit mot sur l’objectif poursuivi par Ennahdha avec ces fake ads et ces mensonges. Comme elle essaye d’usurper notre Révolution, où elle était absente [8], pour les besoins de son funeste projet de société, comme elle a usurpé, pour les besoins de sa propagande mensongère, principalement auprès de l’Occident, la modernité de notre Constitution où elle a joué, en vérité, le rôle de son torpilleur [9], maintenant, elle veut usurper les fruits de notre rude combat, très engagé, de plusieurs années qui fut mené, principalement contre son idéologie et ses partisans, et pour la modernité et le progrès, dans la rue, au sein de l’Assemblée nationale constituante, d’abord, et au sein de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), ensuite, combat conduit par la société civile progressiste, en général, et les mouvements de défense des droits humains, en particulier, je disais donc, elle veut usurper, à coups de fake ads et de mensonges,  ces fruits dans «ses tentatives d'obtenir un soutien international pour» convaincre cet Occident de sa soi-disant mue, depuis son dernier congrès, en partenaire fréquentable, en chantre de la liberté, de la modernité,…ou de je ne sais quoi encore !, alors qu’en réalité, comme je l’ai prouvé et chanté dans [4] :

C’est l’histoire d’un parti
Qui prétend avoir changé
C’est l’histoire d’un congrès
Qui veut nous faire berner
C’est l’histoire d’un combat
Contre les illuminés
Contre les fous d’Allah
Qui ne font que ruser

Non, non, elle n’a pas changé
Tout, tout s’est empiré
Non, non, elle n’a pas changé
Tout, tout est mensonger

À ce stade, il réconfortant de lire dans [3] que cette soi-disant mue «prend peu», d’après une étude de Sciences Po

Un de ces fruits est la Loi sur l’élimination des violences faites aux femmes, adoptée le 26 juillet 2017 par l'ARP, qui, malgré ses insuffisances, est considérée comme étant le plus important acquis pour les droits des femmes depuis la promulgation du Code du statut personnel par Habib Bourguiba en 1956, insuffisances dues au fait que des clauses qui étaient présentes dans la première version du projet de cette Loi, visant à supprimer  toutes les dispositions discriminant les femmes dans la législation - par exemple, l’inégalité femme/homme dans les successions - ont été abandonnées sous la pression d’Ennahdha [10]. Le texte du dit projet a connu plusieurs révisions et réécritures qui l’ont fait trainer pendant des années, avant l’enclenchement de la procédure de son adoption grâce à la mobilisation de la société civile, regroupée autour de la Ligue tunisienne des droits de l’homme et de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), mobilisation qui l’a fait adopter par le conseil des ministres le 13 juillet 2016. Dans ce cadre, il convient de rappeler que ce projet de Loi fut porté par la députée Bochra Belhaj Hamida, égérie des droits humains depuis les années de braise, opposante irréductible aux islamistes qui a le privilège de figurer sur la liste - arrêtée par leurs extrêmes - des modernistes à liquider. Lors des débats, on a vu des députés d’Ennahdha soutenir que ce projet est incompatible avec les valeurs arabo-musulmanes et qu’il met en danger la famille, tandis que le président du bloc de ce parti, Noureddine Bhiri, a défendu la majorité sexuelle à 13 ans (c’est déjà un progrès, voir ci-dessous), avant qu’elle ne soit fixée à 16 ans accomplis ; en comparaison, elle est égale à 15 ans, en France, et, selon la vision islamiste en général, par exemple en Iran, les petites filles deviennent des femmes à l'âge de neuf ans !

Cela n’est pas étonnant, puisque la position d’Ennahdha dans le cadre du débat sur le projet de cette Loi est au diapason des idées développées par son Grand Cheikh, Rached Ghannouchi, qui  « a affirmé sans aucune équivoque que "L’égalité absolue entre les deux sexes n’est pas totalement compatible avec l’Islam ", et cela le vendredi 15 mars 2013, lors d’une conférence de presse organisée par son parti ayant pour objet la  "Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes " - en anglais : Convention on the Elimination of all forms of Discrimination Against Women (CEDAW) – Convention que son parti considère dangereuse à l’égard de la structure familiale tunisienne et des valeurs de l’Islam » [11].

Ce qui est plus qu’étonnant, plus que sidérant, c’est que, malgré tous ces faits discriminant les femmes avérés, à la charge d’Ennahdha, portés par son islamisme, son «Département international des relations internationales» a eu le culot de s’approprier la genèse, la défense, voire l’adoption, de cette Loi en déclarant dans ledit courrier (la taqiyânerie mérite d'être rappelée) que « L'islamisme est une description trompeuse pour le parti et nuit à ses tentatives d'obtenir un soutien international pour certaines des lois progressistes que le parti préconise. Par exemple, les parlementaires d'Ennahdha ont été à l'origine de la création de la loi de 2016 sur la prévention de la violence à l'égard des femmes». Quant à son affirmation que «41% de toutes les femmes parlementaires tunisiennes sont d'Ennahdha», elle résulte comme corollaire du fait que notre nouvelle Constitution a mis en place un objectif de parité femmes-hommes, en requérant  que toutes les listes électorales alternent les femmes et les hommes, et que les deux plus importants partis - l’autre étant Nidaa Tounès, parti soutenu par les modernistes et qui a obtenu la majorité relative à l’ARP –  «sont les seuls à être parvenus à récolter suffisamment de voix pour faire élire les deuxièmes voire quatrièmes candidats dans plusieurs circonscriptions» [12]. Ainsi, 52%  de toutes les femmes parlementaires tunisiennes sont du parti laïc Nidaa Tounès. Qu’est-ce qu’Ennahdha ne ferait pas pour plaire à l’Occident ? [13].

En conclusion, dans son courrier, ledit «Département international des relations internationales» n’a fait que continuer à taqiyâner !

Ah ! Sainte Taqiya, quand tu les tiens !

Salah HORCHANI

* Taqiyânerie : nom féminin (de mon invention) qui a rapport au verbe «taqiyâner» ;

Taqiyâner : verbe (de mon invention) qui a rapport au nom «taqiya».

Pour la signification du terme «taqiya» (qui n’est pas de mon invention), voir la note [2)] de mon poème intitulé « Dis-moi ! Les islamistes, comment les reconnaît-on ? », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/271015/dis-moi-les-islamistes-comment-les-reconnait

** Tunisie élections 2014 - L’argent illicite du parti islamiste tunisien Ennahdha ou l’inégalité des chances entre les candidats

[1] https://www.youtube.com/watch?v=V_4CZu4ghMo

[2] Voir, par exemple, mon article intitulé «Ennahdha est bien la succursale tunisienne de la Confrérie des frères musulmans», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/240316/ennahdha-est-bien-la-succursale-tunisienne-de-la-confrerie-des-freres-musulmans

[3]http://geopolis.francetvinfo.fr/tunisie-ennahdha-se-definit-comme-musulman-democrate-et-pas-comme-islamiste-190713

Il convient de noter que dans mon article «Quand Sihem ben Troïka ment aux médias étrangers (Preuve par photos) », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/170518/tunisie-quand-sihem-ben-troika-ment-aux-medias-etrangers-preuve-par-photos

c’est déjà Laurent Ribadeau Dumas qui avait récolté ses mensonges.

[4] «Municipales tunisiennes : Monsieur Simon Slama, vous dites qu’Ennahdha a changé! » :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/260418/municipales-tunisiennes-monsieur-simon-slama-vous-dites-qu-ennahdha-change-0

Voir aussi mon poème intitulé «Tunisie - Révolution An VII : Élections locales, entourloupettes d’Ennahdha», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/090118/tunisie-revolution-vii-elections-locales-entourloupettes-d-ennahdha-0

où il  est écrit :

[Ils ont été conduits] au désir de se faire oublier en tant que tels, pour un moment
Pour mieux rebondir, lorsque reviendront des jours meilleurs, à la première occasion
Certains sont allés jusqu’à se cravater pour marquer leur soi-disant transformation
Dans une opération de séduction-communication de mauvais goût, profondément
Voulant nous faire croire que l’habit fait le moderniste, pour nous tromper par leur déguisement
Comme le N°1 qui a même renié ses hautement confréristes fréquentations
Et qui remue ciel et terre afin qu’on oublie qu’il est un dirigeant influent
De l’Internationale islamiste, et cela, depuis longtemps, très longtemps
Et ce, depuis que ses «frères» sont pointés du doigt par plus d’un service de renseignement
Avec tous mes respects au meilleur ami de l’homme, ces machiavéliens comportements
Me font penser au proverbe qui dit : «Il n’y a que le chien qui renie ses origines», soit-dit en passant

[5] Rached Ghannouchi est bel et bien un chef Frère musulman historique

[6] Le vrai nom d’Ennahdha : Enfin, un diplomate en poste en Tunisie appelle un chat, un chat !

[7] Ci-dessous une photo du «mur d’accueil» du hall de réception du siège central de la Confrérie des frères musulmans - flambant neuf, au Caire, avant d’être brûlée dans l’incendie qui l’a ravagé lors du soulèvement populaire égyptien contre le pouvoir des «Frères», au mois de juillet 2013, avec ses grandes mobilisations et millionnaires manifestations - photo représentant les principaux chefs historiques de la Confrérie : Rached Ghannouchi y figure en bas de la photo, le troisième à partir de la gauche. Cette photo est une image d’écran de la vidéo [5].

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[8] Les islamistes vécurent notre Révolution en spectateurs
De Londres, de Paris, de Qatar ou d’ailleurs
Ce ne sont que des Révolutionnaires de la vingt-cinquième heure
Dont l’attachement à la démocratie n’est qu’un leurre
Pour tromper, dans leur quête du pouvoir, les électeurs,
Leurs éventuels alliés et les opinions publiques, intérieure et extérieure,
Les droits et les libertés, toutes les libertés, étant à l’index dans le registre de leurs valeurs :
Droits de la femme, liberté de croyance, d’opinion, d’expression, de l’artiste, du créateur,…***

*** Extrait de mon poème intitulé «Démocrates de tous bords, combattez, combattez le Projet des  islamistes tunisiens !», paru sous le lien suivant :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/170812/democrates-de-tous-bords-combattez-combattez-le-projet-des-islamiste

[9] Tunisie : Sacrée Sharia ! Chaque fois qu’on la pousse par la porte, les islamistes la font revenir par la fenêtre ! (1/4)

Tunisie : Sacrée Sharia ! Chaque fois qu’on la pousse par la porte, les islamistes la font revenir par la fenêtre ! (2/4)

[10] On peut trouver dans les deux liens suivants la genèse de cette Loi :

https://orientxxi.info/magazine/la-violence-contre-les-femmes-en-debat-en-tunisie,1853

http://www.jeuneafrique.com/461141/politique/les-tunisiennes-matent-la-violence-par-la-loi/

Pour la position d’Ennahdha sur l’égalité femme/homme dans les successions, voir mon poème suivant :

Caïd Essebsi père, Ghannouchi, Trump et l’égalité femme-homme dans les successions

Voir aussi la vidéo suivante de la manifestation, organisée par les partisans d’Ennahdha le 17 mars 2018, contre l’égalité femme/homme dans les successions :

https://youtu.be/4PFpo6JAG1U

où, parmi les slogans les plus criés, on peut citer : «Non ! Non ! à l’égalité ! car, elle contredit les versets ! », «Notre État est islamique ! Non ! Non ! aux laïcs», et cela, en réponse à la «Marche nationale pour l'égalité dans l'héritage en Tunisie» qui a eu lieu à Tunis, le samedi 10 mars 2018, de la Place Bab Saadoun à la Place du Bardo, Marche dont il est question dans mon article intitulé «MARCHE NATIONALE POUR L'ÉGALITÉ DANS L'HÉRITAGE EN TUNISIE : Averroès, réveille-les ! », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/030318/marche-nationale-pour-legalite-dans-lheritage-en-tunisie-averroes-reveille-les

[11] Extrait de mon article intitulé «Quand le regard de Rached GHANNOUCHI envers la femme légitime mon article incriminé», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/060317/quand-le-regard-de-rached-ghannouchi-envers-la-femme-legitime-mon-article-incrimine

[12]https://www.huffpostmaghreb.com/2014/10/30/tunisie-assemblee-femmes_n_6075982.html

[13] Voir, dans ce cadre, mes trois poèmes intitulés «L’islamisme se disant "modéré" et l’aveuglement de l’Occident», «Père François, ne vous laissez pas berner par l’islamisme autoproclamé modéré» et «Tunisie et terrorisme islamiste : Poème ouvert aux médias occidentaux », parus, respectivement, sous les liens suivants :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/070816/l-islamisme-se-disant-modere-et-l-aveuglement-de-l-occident

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/131016/pere-francois-ne-vous-laissez-pas-berner-par-l-islamisme-autoproclame-modere

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/301216/tunisie-et-terrorisme-islamiste-poeme-ouvert-aux-medias-occidentaux

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