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Le blog de SpiritOfSade

Contestation et sédition, justicier masqué à ses heures ...
La france pour le meilleur et surtout le pire !
À propos du blog
Je me présente : « Spirit of Sade » (SOS pour les intimes). Pourquoi ce nom tapageur ? Parce que Sade (le Marquis) a été emprisonné durant quasiment toute sa vie, non pour des actes répréhensibles (il en a commis quelques uns mais qui étaient des broutilles pour l’époque) mais pour des idées répréhensibles. Et je pense quant à moi que l’histoire se reproduit d’où le choix de ce personnage que j’ai toujours trouvé sympathique par ailleurs (en premier lieu justement parce que ceux que je trouve antipathiques le trouvent la plupart du temps antipathique eux aussi). Comme il faut commencer par un bout, je parlerais des dérives du système par ce que j’ai surnommé le « Syndrome Mégret » (de M. Bruno Mégret ancien cadre de l’ancien front national). C’est un mot que j’ai inventé pour désigner une notion simple à comprendre mais difficile à expliquer. Chacun aura en mémoire des souvenirs d’école où on se fait saquer par un prof dont votre tête ne lui revient pas et qui fait fi de vos qualités scolaires. C’est un peu cela, mais étendu à l’échelle de la société : cela consiste à juger une personne non sur des critères objectifs (son intelligence, son niveau d’étude, sa culture etc.) mais sur des critères subjectifs et les pires qui soient. Car il ne s’agit même pas des apparences mais du ressenti en terme de sympathie ou d’antipathie que l’on a de la personne, et pire du ressenti des autres et même du système vis-à-vis de la personne. Monsieur Mégret est un personnage public que l’on a traîné dans la boue dans les années 80, alors qu’il était pourtant polytechnicien, école des ponts, université de Californie, donc intelligent et faisant parti de l’élite (la vraie élite, pas celle de maintenant). Pourtant on a fait fi de toutes ces considérations face à la diabolisation du personnage avec des scènes surréalistes oscillant entre la mal-politesse crasse et le théâtre Guignol : refusant de lui serrer la main, de s’asseoir à côté de lui etc. (je précise que je n’ai aucune accointance avec ce monsieur et que je n’ai choisit son exemple que parce qu’il est emblématique de la démonstration). Environ 10 ans plus tard, j’ai assisté au journal de télé du matin sur Antenne 2 où il y avait la minute d’interview de Monsieur Roland Sicard faisait parler un invité. J’ai alors vu un acteur français de seconde zone (il faisait des séries télé où de mémoire jouait souvent les rôles de commissaire parisien avec une tête un peu à la Gildas) venir jouer « les pleureuses » en se plaignant du manque de considération dont il faisait l’objet. Le discours était du genre : « vous comprenez, moi qui ai été formé à la Comédie-Française, auprès des plus grands, comment on me traite… Et patati… Et patata (le « on » en question étant probablement les producteurs et chaines de télévision). Donc nous avons un personnage qui était sans doute un gauchiste comme tous les acteurs français de bon ton, qui a certainement du bien se goberger de ce qui est arrivé à Monsieur Mégret 10 ans auparavant… et qui s’étonne en venant pleurnicher de subir le même sort à son tour. Et on pourrait multiplier les exemples à l’infini en finissant par exemple… par moi. Il se trouve que je suis chirurgien de profession et il y a 10 ans environ, je faisais un remplacement dans un hôpital miteux de province suite à la faillite de mon activité libérale provoquée par le divorce avec ma détraquée d’ex femme (je m’égare, je m’égare car ceci est une autre histoire). Bref j’avais à subir une consultation qui comme la plupart des consultations des hôpitaux de seconde zone, ressemblait davantage à la cour des Miracles qu’à une consultation de chirurgie. Avec environ la moitié des cas qui relevaient du médecin généraliste… et l’autre moitié qui relevait d’on ne sait trop quoi. Et c’est alors que tout d’un coup en plein milieu de la consultation j’entends la remarque acerbe suivante : « et alors quoi, vous n’avez pas rempli le dossier ! ». Je regarde et j’aperçois une femme entre deux âges tenant un balai. Ni infirmière, ni même aide-soignante, peut-être femme de ménage… allez savoir. Je l’appellerai donc : « la grouillote au balai ». Et donc, à moi qui ai fait treize années d’études longues et difficiles, passé un examen d’entrée drastique puis un concours de l’internat tout aussi drastique, publié des ouvrages scientifiques dans des revues dont deux internationales ; je me vois ainsi tancé par une ménagère (peut-être même mégère) de moins de 50 ans au QI manifestement adaptée à l’unique maniement du balai. Bien évidemment je l’ai remis à sa place et à sa réaction, on voyait que j’étais certainement le premier à oser faire ça depuis bien longtemps. Mais le plus important, c’est que ce dénigrement de mes qualités intrinsèques s’inscrivait dans le prolongement de tous les autres. Donc voici à quoi correspond le « Syndrome Mégret ». Il s’agit de la première étape de la violation des libertés fondamentales, où avant de mettre en cause la personne physiquement (genre arrachage de main ou éborgnage des gilets jaunes), on commence par mettre en cause son image en dénigrant toutes ses qualités intrinsèques. Et le procédé est toujours le même : on commence par le faire avec des personnages que l’on aime détester, et que l’on diabolise à souhait, pour l’étendre ensuite… à « Monsieur tout le monde ». Bien évidemment le procédé s’appui sur la bêtise du bon peuple qui n’a pas l’intelligence de voir qu’en laissant faire ainsi avec ceux qu’il n’aime pas… chacun sera ensuite le prochain sur la liste ! Vous ne voyez pas le rapport entre le Syndrome Mégret dont je vous ai parlé et l’époque actuelle ? Et bien pensez par exemple à ces français qui sont les nouveaux diables que l’on appelle « jihadistes » ; où sans savoir ni avoir les preuves de ce qu’ils ont réellement fait ou ne pas fait, il est de bon ton de prononcer mort et châtiment : « il n’y a qu’à les laisser crever là où ils sont », « il n’y a qu’à les déchoir de leur nationalité en en faisant des apatrides errant dans le monde entier », ou mieux : « il n’y a qu’à leur balancer directement un missile pour les faire exploser façon puzzle ». Je vous laisse méditer sur ces bonnes paroles et je vous donne rendez-vous au prochain épisode où nous aborderons d’autres idées subversives.