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Billet de blog 1 déc. 2021

Plan C : Que faudra-t-il faire quand l’effondrement sera complet ? (partie 6)

Le plan A (stabilisation et sauvegarde de notre civilisation globalisée avec quelques ajustements) et le plan B (décroissance organisée et planifiée) sont désormais enterrés. Abordons maintenant ce qu’implique ce constat.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les  implications d’un tel constat sont extrêmement nombreuses puisqu’il s’agit d’un basculement complet de paradigme. Mais les premières sont psychologiques car ce sont celles qui nous frappent en premier.  

En effet, lorsque l’on réalise que l’effondrement total de notre civilisation globalisée va se produire quoi que l’on tente, on fait brutalement face à un grand vide. On est frappé par la subite discordance entre les projets d’avenir communs contenus dans notre imaginaire collectif et la réalité de l’avenir qui nous attend et cela nous plonge dans un complet désarroi. Alors que nos récits d’enfance nous vendaient un avenir avec des voitures volantes, des robots intelligents et la colonisation d’autres planètes dans quelques dizaines d’années, ce serait plutôt un avenir qui ressemble à l’époque médiévale qui semble d’un coup se dessiner…

Sur le plan individuel et familial, c’est encore pire : tout l’avenir qu’on avait fantasmé pour nous et pour nos enfants part en fumée d’un seul coup. Vous vous imaginiez jouir de votre retraite pour vos vieux jours en voyageant de par le monde ? Oubliez votre retraite et apprenez à faire pousser des légumes. Vous rêviez d’études brillantes à l’étranger pour vos enfants suivies d’une carrière professionnelle parmi les élites ? Préparez-vous à ce qu’ils vous aident à faire pousser les légumes, à ce qu’ils apprennent à se battre pour défendre votre groupe et à ce que leur conjoint et leurs enfants vivent dans votre maison jusqu’à la fin de votre vie. Vous aviez prévu de mettre vos parents en maison de retraite dès qu’ils n’auront plus assez d’autonomie ? Oubliez les maisons de retraite : ils mourront dès qu’ils ne pourront plus s’assumer tous seuls parce que vous choisirez logiquement de prioriser la survie de vos enfants et parce que c’est la norme depuis l’aube de l’humanité, à l’exception des décennies les plus récentes.

Alors évidemment, chaque personne qui fait face à cela va passer par toutes les phases de deuil avec plus ou moins de succès et certains auteurs l’expliquent très bien. Et autant dire que vous aurez un avantage individuel considérable sur les autres si vous avez terminé de faire ce deuil avant que nous en soyons là. De même, si un groupe social a terminé ce deuil avant les autres groupes sociaux qui l’entourent à ce moment-là, leur organisation sera tout de suite plus adaptée et leur chance de perdurer dans des conditions devenues très dures n’en seront que meilleures. 

Ceux qui resteront sur le déni, l’abattement ou le ressentiment, bref, tous ceux qui ne seront pas capables de faire face de manière efficace et rapide à cette nouvelle réalité auront du mal à s’adapter et, le monde étant devenu extrêmement concurrentiel, ce seront certainement ceux qui mourront les premiers. Soyons clair : je ne suis pas là pour vous ménager ou pour vous prendre par la main gentiment en vous rassurant. Si vous ne voulez pas faire ce chemin, ce sera tant mieux pour les autres, vu qu’il n’y aura pas assez pour tout le monde.

Le « refoulement du distributif »

Et oui, le plus gros problème à court terme est là… Nous allons faire face à un choc de distribution des richesses. Et par « richesse », j’entends ce qui nous permettra de nous nourrir, de nous protéger et de nous soigner. Comme la quantité de biens produits et acheminés va s’effondrer partout dans le monde et en particulier sur le territoire européen, les gens auront beaucoup moins de ces richesses à se répartir. Et ce « choc distributif » aura des conséquences absolument terribles sur le tissu social que ce soit au niveau international, national, régional ou local. 

Et les conséquences potentielles sont tellement terribles qu’elles font l’objet d’un déni massif, y compris parmi ceux qui ont compris l’inéluctabilité et l’imminence de l’effondrement. Un de ceux qui a parfaitement pointé les mécanismes de ce déni est Laurent Mermet (cf Bibliographie). Il appelle cela « le refoulement du distributif » et il explique parfaitement l’impact que ce refoulement peut avoir sur l’incohérence des solutions proposées pour réorganiser le tissu social résiduel après l’effondrement ou pour empêcher sa dissolution.

Plusieurs exemples à cela :

  • Les membres du « Shift Project » s’investissent dans un projet de contrôle de la décroissance, une sorte d’effondrement en douceur, impliquant le maintien des structures politiques, économiques, sociales. J’ai déjà exposé pour quelles raisons un tel projet paraissait irréaliste dans la partie 4, même si pétri de bonnes intentions…
  • Pablo Servigne et ses co-auteurs, des gens qui sont parmi les plus sérieux sur le sujet, occultent presque complètement les conséquences à long terme de ce choc distributif sur le tissu social et sur les violences qui en découleront, ou tout du moins, en minimisent grandement les conséquences malgré l’énorme risque d’effondrement étatique complet qu’ils soulèvent.
  • Les membres de l’institut Momentum, et notamment Yves Cochet, parlent de ce choc distributif et de ses conséquences sociétales de manière plus réaliste. Dans leur rapport « Biorégions 2050 », ils n’occultent pas la nécessité de constituer des forces armées mais ils supposent que des institutions démocratiques régionales vertueuses seraient en mesure de naitre et de perdurer dans un contexte aussi tendu de rationnement permanent, ce qui à mon sens est suffisamment irréaliste (j’expliquerai pourquoi plus loin) pour relever là-aussi d’un déni des conséquences du choc distributif.

Il n’est absolument pas surprenant que les conséquences de ce « choc distributif » soient si dures à imaginer car elles effondrent la totalité des idéaux sociétaux que nous avons développés grâce à l’exploitation des énergies fossiles. Et il est difficile de s’en défaire en même temps que l’on se défait du reste, car on estime que ces idéaux sont ce qui font de nous des êtres humains, qu’ils nous définissent comme tel. Mais c’est évidemment une erreur de penser ceci et je vais vous expliquer pourquoi.

Commençons d’abord par détailler ce fameux « choc distributif » avant d’essayer de comprendre quelles conséquences il aura sur ces fameux idéaux si chers à nos yeux :

  • Les aliments deviendront hautement inaccessibles dans les villes de plus de dix à vingt mille habitants. Ce sera moins difficile de ce point de vue-là dans les milieux ruraux et semi-ruraux mais le problème de l’accueil d’une multitude de réfugiés suppliants pour une aide alimentaire se posera très rapidement dès que l’exode urbain massif se produira.
  • La protection contre les rigueurs de l’hiver risquera d’être plus difficile avec un accès à l’électricité qui aura possiblement disparu. Les sociétés se battront pour l’accès au bois avec des conflits d’usages (bois de chauffe, bois de construction,  bois de forge, maintien de la biodiversité pour préserver le gibier et éviter l’érosion) qui engendreront eux aussi des tensions intra et intersociétales.
  • Le fonctionnement des services de l’ordre sera très compromis et leur rôle de protection contre les troubles sociaux disparaîtra en même temps qu’eux. Les groupes sociaux qui se formeront devront s’organiser rapidement pour mettre en place un service de maintien de l’ordre par la force, sous peine de faire face à une émergence rapide de la barbarie. 
  • Comme vu précédemment, le maintien des forces armées sera difficile, voire impossible dans certains endroits, laissant les lieux en question être le siège de guerres civiles et de guerres de territoires pour l’appropriation d’infrastructures, de ressources agraires, forestières et possiblement géologiques. 
  • Enfin, l’approvisionnement en médicaments issus de l’industrie pharmaceutique cessera complètement et les hôpitaux et les cliniques fermeront très rapidement rendant l’accès au soin très difficile, voire impossible. De nombreuses personnes qui dépendent de la prise de médicaments pour rester en vie et les plus fragiles mourront ou seront prêts à tuer pour éviter cela.

Voilà donc à quoi un choc distributif à toutes les chances de ressembler. On comprend rapidement qu’une grande partie de nos idéaux de sociétés embourgeoisées s’avèreront incompatibles avec une telle situation. Et il ne s’agira pas de les abandonner ponctuellement pour quelques années car la rareté des biens et des services de première nécessité seront certainement la règle dans nos contrées, et ce, pour un bon moment, si ce n’est définitivement. 

Ceci étant dit, essayons maintenant de lister quels sont les idéaux et les convictions que le « choc distributif » va ébranler, voire abattre impitoyablement, soit parce qu’ils seront inappropriés dans ce contexte, soit parce qu’ils sont en partie responsable de l’échec cuisant de notre civilisation globalisée. Une chose à garder en tête à ce propos, c’est que ces idéaux sociaux, politiques et économiques, même si je les traite séparément, sont liés les uns aux autres, et même imbriqués, formant un corpus idéologique, un tout qu’on pourrait appeler « l’humanisme thermo-industriel ». Cet idéal, vous pourrez certainement d’ailleurs le trouver sous des tas d’autres noms chez de nombreux auteurs. Autre information préalable qu’il me faut vous donner sur cette liste, c’est que j’identifie également trois idéaux qui sortent du simple cadre de cet « humanisme thermo-industriel » car formalisés depuis bien  trop longtemps pour être rattachés à notre époque actuelle. Ces trois idéaux d’ordre théologique et technologique sont d’une importance déterminante sur ce qui a abouti au désastre en cours et seront traités dans l’article suivant.

L’abondance de richesses pour tous et nos illusions sur « la pauvreté ».

L’idéal de l’abondance de richesses pour tous les membres de la société est un de ceux que nous poursuivons depuis l’avènement du communisme au début du XXème siècle. Et nous y sommes parvenus d’ailleurs, à quelques exceptions près… (SDF, réfugiés vivant dans des bidonvilles). Un tel propos ne va pas plaire à tout le monde mais je m’en fiche complètement. La raison pour laquelle j’affirme une telle chose est des plus simples : imaginez une personne qui vivra dans une maison à 5°C, qui fera difficilement un repas tous les jours, qui sera livrée aux attaques de pillards dès qu’une bande de gueux armés passe à proximité sans avoir rien pour appeler à l’aide et qui souffrira de douleurs dorsales terribles qui l’empêcheront de cultiver son famélique jardin potager. Eh bien,  cette personne considèrera qu’elle était particulièrement riche quand elle vivait avec une allocation chômage dans un petit studio faiblement chauffé à 17 °C, mangeait deux ou trois repas par jour grâce aux restaurants du coeur, se soignait gratuitement grâce à la couverture médicale universelle, et ne craignait pas d’être détroussée à chaque instant, protégée à peu près par les services d’ordre. Elle considèrera qu’elle était riche à cette époque, tout simplement parce qu’elle ressentira alors dans sa chaire la perte des centaines d’esclaves mécaniques alimentés à l’énergie ultra-abondante qui travaillaient pour elle et qu’elle ne voyait pas.

La richesse et la pauvreté sont des notions relatives qui volent en éclat quand on compare les modes de vie qui sont les nôtres actuellement (y compris pour les plus pauvres) avec les modes de vie que nous devrons adopter pendant et après la survenue du « choc distributif ». Par l’immense richesse qui règne au sein de notre société globalisée, il est donné au « moindre » de nos smicards l’illusion sociale de la pauvreté alors qu’il est actuellement bien plus riche qu’un baron du moyen-âge, et cela grâce à l’énergie abondante et tout ce qu’elle a amené dans nos sociétés actuelles. C’est juste qu’il n’en a pas conscience, pas plus que ceux qui sont bien plus riches que lui. 

Vous avez compris que nous ne pourrons maintenir cet idéal d’abondance de richesses pour tous et qu’il va falloir plutôt essayer de lutter contre le retour de la « vraie pauvreté » au sein des nouvelles sociétés qui se formeront. Charge à ces sociétés de définir ce qu’elles entendront par « vraie pauvreté »…

La démocratie.

Les démocraties sont des systèmes courts-termistes, très instables et sujets aux mauvaises gouvernances (non pas que les autres ne le soient pas…) en raison de leur grande sensibilité aux tentatives démagogiques. Ceux qui y promettent plus à tout le monde ont en effet plus de chances que les autres d’y gouverner. En période de croissance économique (ce qui est à peu près notre cas depuis deux siècles) où il s’agit de distribuer plus de richesses à tout le monde d’une année sur l’autre, cela ne pose aucun problème et la démocratie perdure. Mais s’il y a stagnation économique ou décroissance, il devient alors nécessaire de procéder à des arbitrages douloureux qui consistent à décider ce qu’on retire à certains pour donner à d’autres, ou pire, à qui l’on prend moins et à qui l’on prend plus. Et la démocratie s’accommode fort mal de ce genre d’arbitrage, avec des émeutes et des révoltes qui surviennent très rapidement. Aussi tend-elle clairement à encourager la croissance économique autant qu’il est possible par son fonctionnement même. Et si cela s’avère impossible (comme dans notre situation actuelle), la sanction habituelle est, à terme, le basculement vers un régime autoritaire et dictatorial pour préserver le système, ou encore, un coup d’état pour en mettre un autre en place, là-aussi souvent beaucoup moins souple que le précédent.

Et pour les sociétés qui s’accrochent coûte que coûte à ce système politique dans pareil contexte, elles finissent par s’affaiblir, faute d’être capables de faire des choix douloureux, puis se trouvent rapidement dépassées en force par leurs voisins moins regardant sur le plan politique, pour enfin finir détruites par ces derniers qui s’approprient le peu de richesses qu’il restait à récupérer. 

Avant l’ère de l’exploitation massive des énergies fossiles, certaines sociétés (Grèce antique, Empire romain, Angleterre préindustrielle) ont mis en place des démocraties qui ont réussi à durer mais elles n’avaient de démocratie que le nom. Elles reposaient en effet toutes sur l’exploitation de montagnes d’esclaves, de serfs ou d’équivalents. Et même parmi les citoyens dits « libres », le droit de vote ne concernait que les citoyens les plus riches ce qui se rapprochait finalement plus d’un système oligarchique que d’une véritable démocratie. Ceux qui étaient plus riches faisaient en sorte que le pouvoir reste dans leur giron pour que le système perdure en l’état. Pendant ce temps-là, les classes productives et défavorisées étaient exploitées et portaient en fait le système à bout de bras. Il y a bien quelques exemples dans certaines cités de la Grèce antique où le statut de « citoyen » a été accordé à tous les hommes libres quels que soient leurs revenus (hors métèques et esclaves, donc…), mais ces systèmes ont été mis en place dans des périodes fastes sur le plan économique pour les cités en question et ils ont vite périclité à la première crise venue, pour être ensuite remplacés par des tyrannies de manière presque constante (cf bibliographie).

Pour essayer d’illustrer cette fragilité de la démocratie face à un choc distributif, prenons un exemple de notre histoire récente : durant la période de rationnement pendant l’occupation allemande, si le tissu social s’était maintenu, c’était parce que, dans un cas, une structure étatique avait réussi à naitre des cendres de la précédente (France libre), et dans l’autre, parce qu’elle avait été remplacée par une autre tout aussi efficace pour maintenir l’ordre sur les territoires envahis (France occupée). Mais aucune de ces deux structures étatiques n’était une démocratie…

Nos démocraties actuelles se sont établies sur l’abondance des énergies fossiles qui, elle, a permis l’abondance de biens pour beaucoup de gens dans la majorité du monde. Et comme l’ère de l’abondance des énergies fossiles est en train de se terminer, je suis convaincu que ces modèles politiques vont disparaitre par voie de conséquence.

L’égalité

L’idéal d’égalité des conditions, nous l’avons en partie abordé dans le chapitre traitant de l’abondance de richesse pour tous et il reste à s’interroger aussi sur la possibilité de maintenir l’idéal d’égalité des chances et celui d’égalité devant la loi. Cet idéal, de manière générale, n’a probablement jamais été véritablement atteint de manière parfaite dans aucune société humaine quelle qu’elle soit depuis l’époque de l’antiquité et il est peu probable qu’il le soit un jour tant que nous resterons au sein de sociétés sédentarisées donc pourvues d’un minimum de complexité.

Je m’explique : de manière générale, une société, quel que soit son niveau de complexité antérieure, peut rencontrer la nécessité de se complexifier pour tenter de devenir plus efficace, et pour devenir plus complexe, elle doit se spécialiser et se différencier (cf bibliographie). De ce phénomène, est nait la classe des élites au sein des sociétés « primitives » qui ont tendu à se complexifier. Cette différenciation et cette spécialisation, donc la genèse de la classe des élites, est ainsi une sorte de « mal » nécessaire pour la résolution des problèmes que rencontre une société. Plus la société est complexe, plus la classe des élites est développée et différentiée du reste de la société. Il en découle de manière automatique une tendance à l’inégalité des conditions de vie, à l’inégalité des chances et à l’inégalité face à la justice, bien que ces tendances puissent être modérées par un code moral vertueux dont découle un système législatif efficace et par les protestations ou révoltes de la classe populaire. Autrement dit, la présence d’une classe d’élite induit forcément une part d’inégalité, mais selon les conditions extérieures qui s’imposent au système social en question, l’existence de cette classe s’avère souvent nécessaire (cf bibliographie). 

Dans un système fortement contraint sur le plan de la distribution des richesses, l’absence d’une structure sociale suffisamment complexe pour mettre en place un service de maintien de l’ordre aboutira souvent à la règle du « chacun pour soi » et à la barbarie. Et un tel niveau de complexité nécessitera la présence d’une classe d’élite, quels que soient les beaux idéaux que l’on souhaitera véhiculer.

Autre sujet d’importance concernant l’idéal d’égalité : celui des esclaves. Concernant nos démocraties actuelles, nous avons remplacé par des esclaves mécaniques les esclaves de chair et d’os de l’antiquité et de l’ère préindustrielle, tout simplement parce que ces derniers étaient coûteux, peu efficaces et avaient une fâcheuse tendance à se révolter en raison de leurs conditions d’existence. Nous n’avons pas aboli l’esclavage parce que nous étions de grands humanistes, bien plus éclairés que nos ancêtres ; c’est juste que nous n’en avions plus besoin parce que nous avions bien mieux à notre disposition… Et nos esclaves mécaniques sur lesquels reposent nos démocraties s’apprêtent à se mettre en grève de manière massive et définitive, faute d’énergie pour les alimenter. Si la démocratie n’y survivra pas, il en ira certainement de même pour l’abolition de l’esclavage.

Attention, depuis le début de ce développement, je ne dis pas qu’il faut abandonner toute volonté d’égalité au sein d’une société dans un contexte de tension sur la distribution des richesses, je dis juste qu’il serait possiblement judicieux d’accepter l’idée qu’une part d’inégalité pourrait se révéler être un sacrifice nécessaire et utile à tous ceux qui tenteront de constituer ces sociétés. Il ne restera ensuite plus qu’à être capable d’élaborer — dans le cadre d’un contrat social implicite ou explicite — le niveau d’inégalité qu’on sera prêt à concéder collectivement dans pareille société.

La liberté

De manière générale, la liberté individuelle est entravée par les impératifs de la société. Moins on est assujetti à une société dont on espère qu’elle nous rendra un certain nombre de services, plus on dispose de libertés individuelles. Inversement, plus on y est assujetti, moins on est libre. Mais si les libertés individuelles viennent trop perturber le fonctionnement d’une société alors celle-ci perd sa capacité à rendre le service aux humains qui la composent et elle finit par perdre la raison même de son existence.

D’une manière générale, un humain qui accepte de faire partie d’une société cède donc une partie de ses libertés individuelles au bénéfice du fonctionnement de la communauté, cette communauté étant censée lui apporter d’autres bénéfices en retour. Dans un monde où l’énergie est abondante partout et alimente profusion d’esclaves mécaniques, la question des problèmes de subsistances se pose peu, voire pas du tout dans certaines sociétés comme la nôtre. Grace à ces mêmes esclaves énergétiques, ces sociétés sont devenues de moins en moins contraignantes et les gens ont pu avoir beaucoup de temps libre. Exercer leur liberté est ainsi devenu la chose qui leur importe le plus.

Mais dans un monde contraint par un choc distributif, ce sera la société la plus efficiente, celle qui est plus forte que les autres, qui arrivera à capter plus de « richesses » que ses voisines. Tout ce qui viendra entraver son fonctionnement la rendra moins efficace donc moins apte à survivre. De plus, les membres de ces sociétés auront la préoccupation permanente d’assurer leurs moyens de subsistance et le temps libre va fondre comme neige au soleil. Ainsi, il y a fort à parier que le fait d’exercer leur liberté passera à un second plan pour de simples raisons de survie.

Pour autant, ce besoin ne disparaîtra probablement pas en totalité. Là encore, la question sera donc de savoir quelles seront les libertés individuelles qu’il faudra tenter de conserver et à quel « niveau » il faudra les maintenir dans ces futures sociétés, sans pour autant entraver l’efficacité de ces dernières.

La paix, la fraternité, la sécurité pour tous

Ces trois idéaux marchent évidemment main dans la main. L’intégration progressive des grands groupes étatiques au sein d’un même système complexe globalisé les a rendu très efficaces, mais aussi très interconnectés et très interdépendants. Une guerre entre ces groupes étatiques est ainsi devenue impossible car chacun a compris qu’une telle chose aboutirait à une catastrophe pour tous les protagonistes. Autrement dit, il y avait d’un coup bien plus à gagner à éviter les conflits armés qu’à les déclencher, quelle qu’en soit la raison à quelques exceptions locales près. En bref, la « paix perpétuelle » dont Emmanuel Kant rêvait a été permise par la constitution d’une société globalisée au niveau mondial.

Voici ce que chacun se dit : « Même si mon groupe d’humains a de nombreux désaccords avec un autre groupe d’humains, l’abondance de biens et de services fait que nous vivons au mieux et qu’un conflit va déclencher des réactions en chaîne qui risquent de compromettre notre sécurité, notre santé et nous exposer à la violence ». C’est là qu’arrive à point nommé l’idéal de fraternité pour passer outre ces différends. « Après tout, nous sommes tous frères au sein de cette société globalisée et ce qui sera mauvais pour toi, sera mauvais pour moi aussi. »

La stagnation économique a déjà commencé à en laisser quelques uns sur le bas-côté et voici que quelques agités ont commencé à secouer le cocotier en clamant qu’ils ne s’y retrouvaient pas vraiment dans tout ça. Et ils se sont tout simplement servi de ce qui depuis des millénaires fédère le mieux les laissés-pour-compte pour sonner la révolte : la religion.

Et on peut très bien imaginer ce qu’il va se passer concernant cette jolie « paix perpétuelle » quand notre société globalisée va se déliter en même temps que le « choc distributif » va se présenter. Voici ce que chacun va se dire : « Il n’y plus assez de biens  de première nécessité pour tout le monde, notre sécurité alimentaire et notre santé sont menacés si nous ne faisons pas ce qu’il faut. Ces gens-là ne sont pas nos frères parce que leur vision du monde est trop éloignée de la nôtre. Allons récupérer leurs biens avant qu’ils ne s’attaquent à nous pour nous prendre les nôtres ».

En bref, les idéaux de paix universelle, de fraternité entre les peuples et de sécurité pour tous, voleront certainement en éclat lors du choc distributif. Il s’agira à nouveau de déterminer avec qui il sera opportun de collaborer et avec qui il vaudra mieux entrer en rivalité. L'autre question est de savoir si de tels idéaux pourraient être restaurés à terme et pour cela il faudrait probablement arriver à reconstituer une nouvelle société globalisée, mais qui serait cette fois-ci en équilibre avec le reste du vivant. Je parlerai de cela plus en détail dans un des articles qui suivront.

Le capitalisme et la financiarisation de l’économie

Le capitalisme est un idéal économique qui s’est désormais généralisé au monde entier. C’est même probablement lui qui a été un des plus puissants moteur de la globalisation de nos sociétés. En définissant la recherche du profit personnel comme étant une fin en soi, il a fini par placer cette dernière au dessus de tous les autres idéaux. C’est en grande partie cette idéologie qui a mené l’espèce humaine à augmenter continuellement la production de biens et de services sans se préoccuper de rien d’autre, y compris de la préservation d’un environnement dont nous dépendions. C’est un des idéaux qui nous ont poussé à dépasser des limites que nous n’aurions jamais dû franchir et qui nous a conduit à faire comme si de rien n’était alors même que nous savions que nous les avions dépassées. Aussi, s’il a participé au développement de cette société globalisée, il s’en est aussi révélé être un poison lent et mortel. Sur ce constat se fracasse ainsi en mille morceaux toute la pseudo-moralité qui a été développée autour de ce modèle économique et qui consistait à dire que la recherche du profit personnel par le biais du capitalisme tirait toutes les sociétés vers le haut de manière générale. 

Il apparait évident qu’une telle idéologie est à bannir définitivement de notre conscience collective, mais parmi celles déjà citées, c’est loin d’être la seule qui nous ai mené au désastre.

Par ailleurs, faire du capitalisme le seul système politico-économique qui soit toxique pour notre espèce sur le long terme relèverait de l’aveuglement idéologique. De nombreux régimes communistes ont eu et ont encore une attitude des plus prédatrices sur l’environnement (URSS, Chine), pour peu qu’ils soient mis en concurrence avec des régimes capitalistes. De même, les monarchies peuvent se retrouver à être tout aussi déraisonnables dans leur exploitation des ressources (forêts européennes). Tout dépend, une fois de plus, de leur mise en concurrence avec des voisins en pleine croissance économique et de tout un tas d’autres facteurs qui n’ont rien à voir avec le régime politique. Ainsi il semble que les régimes capitalistes se révèlent juste plus efficaces pour générer de la « croissance économique » et pour l’accélérer, sans en avoir toutefois l’apanage. « L’effet Reine-Rouge » pousse en effet n’importe quel autre système politico-économique à faire de même, mais vraisemblablement dans une moindre mesure.

L’autre aspect de la question est celle de la financiarisation de l’économie. Elle consiste en la manipulation d’argent pour essayer d’en retirer du profit sans avoir à effectuer le moindre travail productif. L’usure et la spéculation en sont les ressorts principaux. Là aussi, les élites économiques et politiques sont parvenues à faire croire aux masses populaires qu’une telle chose était souhaitable pour eux. Mais cette financiarisation, au delà de son côté amoral, est aussi une des causes principales de l’effondrement de notre société globalisée (cf partie 1 et 3).

Le fait qu’il faille abandonner ces idéologies pour des raisons évidentes de danger à moyen et long terme pour la perpétuation de notre espèce m’apparait comme une évidence difficilement contestable mais ça ne répond pas vraiment à la question de savoir  si ces idéologies seraient en mesure de perdurer ou s’il serait possible de les remettre en place dans un futur plus ou moins éloigné. Il est assez facile de répondre à la question en constatant simplement que ces deux choses sont apparues bien avant l’exploitation massive des énergies fossiles. La pratique de l’usure remonte à plusieurs milliers d’années, celle de la spéculation remonte au moins à l’époque d’Aristote et le capitalisme a émergé au XVIè siècle, un peu avant l’ère du machinisme, même s’il était alors loin d’avoir revêtu sa forme la plus aboutie et la plus toxique. 

Il apparait donc tout à fait imaginable que les pratiques de financiarisation de l’économie puissent émerger de nouveau sous la forme de spéculations diverses et de pratique de l’usure. Et une telle chose pourrait même se produire très rapidement, pendant la phase la plus douloureuse du choc distributif puisqu’elles n’ont pas forcément besoin de structures sociales complexes pour proliférer et qu’elles sont même parfois favorisées par les périodes de crises comme celle de l’occupation allemande. Pour autant, la spéculation et l’usure, si elles prolifèrent bien dans ces contextes de crise ont pour principe même d’aggraver les inégalités sociales et auraient ainsi un rôle déstabilisant au sein de sociétés qui essaieraient péniblement de se former.

Pour ce qui est du capitalisme, le constat est un peu différent. Ce dernier a besoin d’un certain nombre de pré-requis pour apparaitre ou pour perdurer. Sans structure étatique avec un cadre législatif bien établi permettant de faire régner l’ordre, de garantir la propriété privée et de garantir le respect des contrats, il ne peut y avoir de capitalisme. De même, il faut un système économique avec une monnaie. Enfin, dernière chose : par le passé, le capitalisme a eu besoin de croissance économique pour émerger puis proliférer. On peut donc imaginer que dans un contexte de choc distributif, l’idéal capitaliste va péricliter un peu partout dans le monde. Seules certaines sociétés qui arriveront à maintenir leur structure étatique et un semblant de cadre législatif parviendront peut-être à conserver ce système politico-économique pendant quelque temps. Dans un avenir un peu plus lointain à distance du choc distributif (stabilisation de la quantité de biens et de service produits par personne), la possibilité de voir des sociétés qui prendraient le parti de remettre en place un système capitaliste, bien que non-souhaitable, ne peut être exclue.

L’égalité homme / femme.

Les hommes et les femmes sont différents. La nature les a fait avec des aptitudes différentes probablement parce qu’ils avaient tendance à avoir des rôles sociaux différents dès les prémices de l’humanité, même s’il est manifeste qu’ils convergeaient sur de nombreuses tâches. À l’époque du paléolithique, les sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs paraissaient avoir une considération équivalente pour les femmes et les hommes comme semble en attester les représentations artistiques de l’époque. De plus, il apparait clair qu’à cette époque, les femmes n’étaient pas cantonnées au rôle de mère de famille et aux tâches ménagères basiques probablement parce que les sociétés qui utilisaient les pleines capacités de chacun de leurs éléments devaient être avantagées par rapport aux autres groupes sociaux.

Mais quelque chose a changé quand les humains se sont sédentarisés. Avec la sédentarisation et la constitution de stocks de nourriture, la population a augmenté peu à peu, et les cités ont demandé un territoire toujours plus étendu pour pourvoir aux besoins sans cesse grandissants. Les guerres sont apparues et c’était la puissance des armées respectives qui faisaient les vainqueurs et les vaincus. Et plus les effectifs de l’armée étaient importants, plus la victoire était probable. Or, avoir plus de femmes permettait d’avoir plus d’enfants et de reconstituer les pertes masculines des guerres précédentes, voire même de grossir encore plus les troupes. Les femmes ont donc été vues à partir de ce moment, comme une richesse, un butin à arracher aux vaincus, au même titre que les métaux précieux et le bétail, surtout celles qui étaient vierges, car plus probablement exemptées de maladies et non à risque de fournir des enfants d’un compagnon antérieur. Les femmes sont devenues une possession, tout simplement, un bien précieux qu’il faut garder. Comme le bétail, elles étaient supposées être soumises à leur maître, ne pas lui échapper, d’autant plus qu’il était nécessaire pour l’homme d’être sûr que c’étaient bien ses propres enfants à qui il allait transmettre ses biens en héritage et non pas ceux d’un autre… Par ailleurs, les sociétés se spécialisant toujours plus au fur et à mesure qu’elles se complexifiaient, ces sociétés ont pris le parti de d’écarter les femmes des travaux requérant de la force et les ont un peu plus cantonné à l’éducation des enfants et aux tâches ménagères. Et ces travaux de force étaient alors les plus socialement valorisés, notamment celui de guerrier. Entre un rôle social se dévalorisant et un statut de richesse à s’approprier pour une société, on comprend aisément pourquoi les femmes ont fini par être réduites au rang d’êtres inférieurs aux hommes.

Notre société globalisée a ensuite vu les guerres se faire bien plus rares pendant que la mortalité infantile s’est effondrée. De plus la production de « richesses » d’une société a cessé de dépendre de la taille de la population et c’est la quantité de machines qui en est devenu le déterminant principal. Les qualités physiques ont par ailleurs cédé leur place de valorisation sociale aux qualités intellectuelles. Les hommes ont ainsi pu commencer à cesser de voir les femmes comme une simple richesse et leur émancipation est devenue envisageable même si cette conception héritée de plusieurs millénaires à travers les religions monothéistes a tendance à avoir la vie dure, comme tout ce qui est hérité de plusieurs millénaires à travers les religions monothéistes…

Depuis quelques décennies, avoir beaucoup d’enfants est même devenu plutôt générateur de pauvreté que de richesse, vu que la quantité de « richesses » s’est mise à stagner dans de nombreux pays. Tout était donc réuni pour que l’idéal d’égalité entre les hommes et les femmes se parachève rapidement si notre société globalisée avait perduré. Mais le choc distributif risque bien de rebattre les cartes et en fonction des conditions locales et régionales, il est tout à fait possible que les femmes retrouvent leur statut de « richesse » en de très nombreux endroits.

Je pense que ce sont tout simplement les sociétés qui feront les meilleurs choix, donc celles qui domineront les autres, qui décideront de l’avenir des femmes dans ce monde contraint en ressources et j’aborderai ce point quand je parlerai du fameux « plan C ».

L’éducation pour tous et l’accès universel à la connaissance

L’alphabétisation et le niveau d’éducation en général n’ont jamais été aussi élevés qu’actuellement. De même, l’accès à la connaissance est devenu d’une simplicité telle qu’on peut accéder à tout moment à presque toutes les connaissances de l’humanité en un clin d’oeil. C’est en grande partie grâce à ces deux choses que nos sociétés ont pu atteindre un niveau technologique aussi élevé. Mais si nous en sommes arrivés là, ce n’est pas seulement grâce à la puissance de notre volonté, loin de là.

C’est parce que la puissance des énergies fossiles a permis à des machines de réaliser bien plus efficacement des travaux qui nous étaient auparavant dévolus pour permettre notre subsistance, qu’une part toujours plus conséquente de la population a pu faire autre chose que produire des aliments. Une bonne partie de ce temps épargné a donc pu être occupée à s’éduquer, à acquérir des connaissances qui, auparavant, n’étaient accessibles qu’aux élites. 

De même, l’accès aux connaissances (notamment par le biais d’Internet) est permis par l’électricité donc par les énergies fossiles (2/3 de l’électricité mondiale).

Il y a fort à parier que le choc distributif va obliger les populations à occuper de nouveau la majeure partie de leur temps à essayer de faire de l’agriculture et de l’élevage. Ils auront ainsi moins de temps disponible pour leur éducation. Le niveau d’alphabétisation a donc de grandes chances de se réduire et, avec lui, la capacité des masses à comprendre le monde qui les entoure, donc à résister aux différentes manoeuvres de manipulation…

Par ailleurs, la disparition d’Internet qui sera occasionnée par le choc énergétique et la plus difficile circulation de l’information de manière générale rendra l’accès aux connaissances fiables bien plus difficile qu’elle ne l’est maintenant. 

Ces deux mécanismes participeront largement et de manière certaine à la forte baisse du niveau technique et technologique des sociétés en général.

Synthèse de l’idéal humaniste « thermo-industriel » 

Voici la liste des idéaux socio-politico-économiques qui forment à mon sens le corpus idéologique de « l’humanisme thermo-industriel » et on peut voir qu’ils sont tous gravement menacés de voler en éclat ou, au mieux, de prendre un coup dans l’aile. Évidemment, dans ce développement, j’ai précisé en quoi ils étaient menacés mais je ne suis pas rentré dans les détails de savoir s’il était pertinent d’essayer de les maintenir complètement ou en partie à court, moyen ou long terme. De même, je n’ai pas vraiment non plus établi quel était la part de responsabilité de ces idéaux dans la faillite sociale qui est en train de se produire sous la forme de l’effondrement de notre société globalisée.

Avant de traiter ce sujet dans la prochaine partie, j’aborderai encore trois autres idéaux dont l’importance me semble être de tout premier ordre pour la suite de ces articles.

Bibliographie :

  • Conséquences psychologiques individuelles et sociales de la prise de conscience de l’effondrement : « Comment tout peut s’effondrer » P. Servigne et R. Stevens. « Une autre fin du monde est possible » P. Servigne, G. Chapelle et R. Stevens.
  • Refoulement du distributif : Vidéo d’un cours de Laurent Mermet à l’université AgroParisTech sur le refoulement du distributif.
  • Propos sur l’idéal d’abondance de richesses pour tous : « Dormez tranquille jusqu’en 2100 » J-M Jancovici.
  • Propos sur la démocratie : « Les politiques » Aristote. « La république » Platon. « De la démocratie en Amérique » A. de Tocqueville.
  • Propos sur l’égalité : « De la démocratie en Amérique » A. de Tocqueville. « L’effondrement des sociétés complexes » J. Tainter.
  • Propos sur l’abolition de l’esclavage : « Dormez tranquille jusqu’en 2100 » J-M Jancovici.
  • Propos sur la liberté : « Leviathan » T. Hobbes. « Par delà bien et mal » F. Nietzsche. « Dormez tranquille jusqu’en 2100 » J-M Jancovici.
  • Propos sur la paix et la fraternité : « Vers la paix perpétuelle » E. Kant.
  • Capitalisme et financiarisation de l’économie : « Le capital » K. Marx. Interview en vidéo de Paul Jorion. « Les politiques » Aristote. La Bible de Jérusalem : L’ancien testament. Article Wikipédia sur le capitalisme (https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme)
  • Propos sur l’égalité homme/femme : Interview Vidéo de Marylène Patou-Mathis « L’homme préhistorique est aussi une femme ». Documentaire vidéo « La dame de Cavillon » sur Arte. « Femmes néolithiques, le genre dans les premières sociétés agricoles », Anne Augereau. La Bible de Jérusalem, ancien et nouveau testament. Le Coran.

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