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Billet de blog 10 nov. 2021

Plan C : Que faudra-t-il faire quand l’effondrement sera complet ? (partie 4)

Le plan A (stabilisation et sauvegarde de notre civilisation globalisée avec quelques ajustements) est désormais enterré. Voyons ce qu’il en est du plan B (décroissance organisée et planifiée).

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Dans les articles précédents (lire la partie 1, la partie 2, la partie 3), j’ai expliqué comment notre civilisation globalisée pouvait être assimilée à un système complexe et j’ai détaillé, ses besoins, ses interactions et ses processus internes les plus importants. J’ai ensuite expliqué les particularités des systèmes complexes, puis les raisons pour lesquelles on pouvait conclure que la menace d’effondrement de notre civilisation globalisée était omniprésente. Enfin, il est ensuite apparu clairement que le plan A était voué à l’échec pour empêcher cette issue, qu’il soit d’ailleurs choisi de poursuivre la croissance ou d’essayer d’entamer une stagnation.

Je rappelle également quelques notions déjà abordées dans les précédentes parties, qui permettront de mieux comprendre le présent argumentaire :

  • Les systèmes complexes s’effondrent brutalement et de manière irréversible lorsqu’ils atteignent un seuil de défaillance suffisamment sévère. 
  • Si les défaillances systémiques sont suffisamment sévères et que les mesures correctrices ou compensatrices sont insuffisamment efficaces ou inexistantes, alors surviennent des impasses de fonctionnement global qui permettent d’acquérir la certitude d’un effondrement imminent. 
  • Notre civilisation a accumulé une dette écologique écrasante, effondrant les réserves de ressources renouvelables ainsi que leurs capacités de régénération, une dette qu’elle continue de creuser en mettant en place des mécanismes compensatoires s’appuyant sur les énergies fossiles depuis des décennies. Mais nos capacités d’extraction de ces dernières ont commencé à décroître pour ce qui concerne le pétrole et, bientôt, le gaz. 
  • Ces mécanismes compensatoires sont victimes de la loi des rendements marginaux décroissants pour la plupart d’entre eux, autrement dit, les diverses tentatives visant à corriger les problèmes ou à les compenser commencent à en provoquer plus qu’ils n’en règlent et chaque nouvelle tentative de complexification du système ne fait qu’aggraver le problème.
  • La mise en place d’une stagnation économique est irréalisable en pratique pour des raisons sociologiques, économiques et politiques, en plus d’être inefficace concernant le problème posé.

Pour introduire le propos, je reviens rapidement à la stagnation économique planifiée. L’équipe de Dennis et Donella Meadows en 1972 — celle-là même qui a tiré la sonnette d’alarme en premier sur le risque d’effondrement globalisé — a fait l’hypothèse qu’une telle chose, si tant est qu’il eut été possible de la mettre en place, aurait possiblement porté ses fruits et aurait permis une stabilisation du système complexe « civilisation globalisée ». Mais, il y a cinquante ans, nous n’avions pas encore constitué une telle dette et un tel déficit écologique, le système économique était mieux régulé, moins déséquilibré et notre système n’était alors pas encore paralysé par les rendements marginaux décroissants. C’était il y a cinquante ans et leur avis a totalement changé depuis… En effet, ce qui était potentiellement une solution n’en est plus une aujourd’hui à cause de l’emballement dont le système « civilisation globalisée » a été victime.

Mais alors, si cette idée était valable il y a cinquante ans, ne nous suffirait-il pas de revenir au point où nous en étions à ce moment-là ? C’est plus ou moins l’idée de fond du plan B, à savoir, la décroissance. Et disons que, en terme d’approche purement théorique, on se rapproche de quelque chose d’un peu plus rationnel. En effet, si le principe des approches précédentes (autrement dit, le plan A) consistaient à pousser le système en rajoutant des mécanismes compensatoires sans se poser la question du déséquilibre initial, le principe cette fois-ci est justement de se dire que les limites ayant été largement dépassées, il faudrait ramener le système à l’intérieur de celles-ci en « priant le ciel » (ou en faisant la danse de la pluie, c’est selon…) pour qu’il ne soit pas déjà trop tard… 

Si je devais faire encore une analogie avec un être humain atteint d’une maladie mortelle, dans le plan A, l’idée était d’accumuler des traitements symptomatiques à l’infini pour pallier les défaillances systémiques provoquées par la maladie et le résultat était invariablement la mort du malade faute d’avoir traité la cause première des problèmes. Dans le plan B, le projet est autre : cette fois-ci, on s’attaque plutôt à cette fameuse cause en espérant que cela puisse encore aboutir à la guérison du malade. Évidemment, on verra que les choses ne sont malheureusement pas si simples et que les chances de réussite d’un tel projet sont inexistantes, comme pour le plan A. 

Alors voyons comment cela se passe en pratique… Première chose, quand je vous ai parlé de la manière dont un système complexe se comporte par rapport aux limites qui lui sont imposées par le milieu dans lequel il évolue, on avait pu voir que l’intensité du dépassement de ces limites altérait l’environnement. Or, cette altération limite la possibilité d’atteindre un équilibre ultérieur d’autant plus qu’elle est sévère, jusqu’à atteindre un point où l’effondrement du système complexe qu’il accueille devient inéluctable. Autrement dit, dans le cas qui nous intéresse, la biosphère deviendrait incapable d’accueillir une société complexe comme la nôtre. 

Comme nous l’avons vu en première partie, il est plus que vraisemblable que nous ayons déjà atteint ce point de non-retour et que le destin de notre civilisation soit déjà scellé. Mais voyageons une fois de plus en « utopie » et imaginons que, par miracle, il nous reste encore une chance d’atteindre un équilibre.

Évidemment, ce point d’équilibre se situerait largement en deçà du niveau de vie moyen de l’année 1970, vu que nous sommes bien plus nombreux, que la biocapacité est lourdement altérée par le dépassement prolongé et sévère des limites pendant plusieurs années, et que dans notre fuite en avant, nous avons épuisé une bonne partie des énergies fossiles. Au cas où nous aurions la mauvaise idée de renforcer l’extraction de charbon pour compenser la décroissance du pétrole et du gaz (ce que nous faisons déjà, pour ceux qui ne le savaient pas encore…), est-il besoin de rappeler qu’une telle chose dégraderait encore plus nos conditions de vie futures en aggravant les conséquences du dérèglement climatique ?

Bref, tablons plutôt de manière un peu arbitraire et certainement trop optimiste sur le niveau de vie moyen des années 1920 pour ce qui nous concerne en France. Pourquoi ce choix (Désolé, la suite est un peu technique mais vous pouvez aisément sauter les deux prochains paragraphes) ? Parce que la population mondiale était alors deux fois moins nombreuse qu’en 1972, date du rapport Meadows, et qu’elle est actuellement deux fois plus nombreuse qu’en 1972, parce que le PIB moyen par habitant dans le monde en 1972 était de 4000 $ par an (en $ de 1990), ce qui représente le PIB moyen par habitant de 1920 dans les actuels pays de l’OCDE. C’est optimiste puisque avec ce calcul je me base sur la biocapacité de 1970 et que celle-ci a diminué depuis et plongera encore bien plus après la baisse d’extraction du pétrole et du gaz qui sont utilisés pour le pénible maintien des rendements agricoles (par le biais des engrais et des pesticides).

Et, si je me base sur le PIB moyen par habitant actuel dans les pays de l’OCDE, cela représente une baisse d’un facteur 6 à 8… Maintenant vous vous posez peut-être la question de savoir pourquoi j’abaisse notre PIB par habitant de pays riche à celui de la moyenne mondiale ? C’est simple, si une décroissance globalisée était mise en place, cela voudrait dire que tout le monde devrait devenir moins riche. Et les pays les moins riches se trouvent dans cette situation en grande partie à cause des pays de l’OCDE qui sont ceux qui consomment de très loin le plus de ressources naturelles par habitant depuis très longtemps. Si l’on voulait imaginer qu’ils acceptent de devenir plus pauvres qu’ils ne le sont déjà par rapport à nous, il faudrait que nous fournissions au minimum cet effort-là d’un point de vue strictement moral. Après tout, cela fait un bout de temps que je vous fais voyager en « utopie » pour pousser les raisonnements jusqu’au bout dans cet article et dans le précédent, alors je ne suis plus à une invraisemblance près, n’est-ce pas ?

Je rappelle que le PIB par habitant équivaut à la richesse produite par habitant… Et il nous faudrait donc imaginer un monde dans lequel les habitants des pays riches se trouvent à obtenir 6 à 8 fois moins de « richesses » pendant que ceux des pays les plus défavorisés la diminueraient aussi mais beaucoup moins… Quand j’entends moins de richesse, j’entends certes moins de voitures, moins de téléphones, moins de consoles de jeux mais j’entends aussi, moins d’écoles, moins d’hôpitaux, moins d’armes pour se défendre, moins de chauffage, moins d’eau potable… Bref, moins de tout ! Imaginez les réactions populaires dans de nombreux pays du monde si on devait mettre en place tout ça le plus rapidement possible. On se retrouverait avec des systèmes étatiques bouleversés (les « organes vitaux » du système, pour rappel) qui se mettraient à défaillir les uns après les autres, ce qui aboutirait au résultat qu’on essaie justement d’éviter.

Comme pour le scénario de la stagnation, nous buttons, en dix fois pire, sur un évident problème d’acceptation sociale sur laquelle nous reviendrons plus tard et sur l’accélération du processus d’effondrement. Pour toucher du doigt ce risque par l’exemple, regardons les conséquences de la pandémie de coronavirus sur le système « civilisation globalisée » : une chute de 5% du PIB mondial sur l’année 2020, des conséquences terribles sur de nombreux secteurs de l’économie et un système « civilisation globalisée » qui vacille dans son entièreté (faillites monstres dans le secteur de l’immobilier chinois, Black-out, paralysie du marché des semi-conducteurs, flambée des prix des matières premières, rupture des chaînes d’approvisionnement diverses et variées, explosion des dettes souveraines, reprise de l’inflation…) tant et si bien que l’on est loin d’être certain que cet événement ne déclenchera pas l’effondrement complet qu’il pouvait faire craindre. Et tout ça pour une chute de 5% du PIB mondial… Alors imaginez les convulsions agoniques du système entier si on devait diviser le PIB mondial par 3 ou 4 en très peu de temps… Il n’y tiendrait pas, c’est tout simplement une évidence. Nous avions conclu dans la partie 3 qu’une stagnation précipiterait certainement un effondrement par une défaillance du système économique. Une décroissance serait logiquement bien plus dévastatrice, à n’en pas douter.

De même, l’idée d’une « convention mondiale pour la décroissance » permettant la mise en place d’un tel projet de manière simultanée partout dans le monde étant carrément surréaliste, l’effet « Reine rouge » viendrait foudroyer tout état qui aurait l’audace de faire un tel plongeon dans le vide avant les autres, ce qui aurait forcément l’effet d’une douche froide pour les quelques autres qui auraient bien eu le courage de tenter l’aventure si l’expérience avait réussi. Notre monde est devenu ultra-concurrentiel et imaginez un pays qui prendrait la décision de décroître au milieu de ce tumulte : il ne ferait au final que s’effondrer avant tous les autres, pour les mêmes raisons que celles évoquées au précédent chapitre. Pire, une telle chose serait même susceptible d’être « l’étincelle qui met le feu au poudre », pour peu qu’il s’agisse d’un état stratégique. La France, par exemple, entraînerait l’union européenne entière dans sa chute par ses interconnexions et ses interdépendances, puis l’union européenne entraînerait le reste du monde par le même mécanisme, compte-tenu de son poids économique.

Alors voilà, la décroissance semble souffrir des mêmes impasses que la stagnation en  bien pire. Pourtant, il existe actuellement plusieurs initiatives qui visent à en faire la promotion et celles-ci sont même pilotées par des gens qui ont très bien cerné la problématique. Comment une telle chose est-elle possible ? Eh bien, il y a deux mécanismes qui me semblent pouvoir générer cette situation. 

Tout d’abord, le raisonnement étant obligatoirement transdisciplinaire et guidé par un faisceau d’argument sans reposer sur une formule mathématique précise, il peut être difficile de cerner la limite entre ce qu’il est raisonnable d’espérer et ce qui ne l’est pas. Deuxième chose, ceux qui ont compris que la quantité de richesses produites allait s’effondrer arrivent au moins intuitivement à la conclusion suivante : il va survenir ce qu’on pourrait appeler un « choc distributif ». Autrement dit, la distribution des richesses au sein d’une population très nombreuse, habituée à vivre dans des conditions de confort hallucinantes sans jamais en avoir eu conscience de cela, va devenir très problématique et certains arriveront à tirer leur épingle du jeu, et d’autres non. Qu’est-ce que j’entends par-là ? Soyons clair, il est plus que vraisemblable que la violence sera bien plus présente qu’elle ne l’est actuellement dans ce processus de nouvelle répartition des richesses, comme cela a toujours été le cas depuis l’aube de l’humanité dans ce type de situation. On le sait au fond de nous mais on éprouve les pires difficultés à l’accepter pleinement et nombreux sont ceux qui font l’objet d’un « refoulement du distributif » (cf bibliographie) : L’idée de l’effondrement est acceptée mais seulement en partie et ils semblent essayer de se convaincre qu’il est encore possible d’éviter les conséquences du choc de distribution des richesses qui se profile.

Au final, l’intelligence n’a évidemment rien à voir avec ça. À moins que leur statut de personnage public ne les empêche de prononcer des propos aussi inaudibles, ils semble bien que certains des esprits les plus brillants de ce pays, auxquels je n’arrive pas à la cheville, sont « bloqués » dans cette démarche. Si je devais citer des noms célèbres, je parlerai d’Aurélien Barrau, esprit lumineux, fantastique pédagogue de la physique, très engagé en faveur d’une politique de décroissance mondiale planifiée et surtout Jean-Marc Jancovici, non moins brillant, qui se bat avec toute son énergie pour essayer de rendre cette option viable en menant l’élaboration d’un plan de transformation de l’économie française (The Shift Project).

Voici un exemple pour illustrer ce dont je parle : lorsqu’on lui pose la question de l’acceptabilité sociale d’un tel plan de décroissance, Jean-Marc Jancovici fait l’hypothèse que, pour s’en affranchir, il est possible de changer les mentalités suffisamment vite, l’idée étant de généraliser un mode de vie qui représente un repoussoir pour une majeure partie de la population en le rendant désirable. S’il a évidemment raison sur le fond, à savoir la nécessité d’une évolution de notre manière de voir la « richesse » et d’envisager le bien-être, mais aussi l’évolution de notre idéal de société, de notre manière de rechercher le bonheur, il occulte un terrible constat qu’un homme aussi lucide que lui ne peut pourtant pas ignorer : un tel changement de mentalité en amont d’une catastrophe prendrait au moins plusieurs décennies avant de s’implanter dans la conscience collective, si tant est qu’une telle chose soit seulement possible sans la survenue d’un traumatisme profond et généralisé à l’ensemble de notre espèce. Je dis « plusieurs décennies » parce que la plupart de la population mondiale ignore jusqu’à ce risque. Je dis « plusieurs décennies » parce que ceux qui en ont vaguement conscience pensent que cela arrivera aux « génération futures ». Enfin, Je dis « plusieurs décennies » parce que, même si par miracle toute la population mondiale était en mesure de comprendre parfaitement le problème à force de pédagogie martelée au burin, il y aurait encore des gens qui penseraient avoir trop à perdre dans cette histoire et qui seraient là pour insinuer le doute dans les esprits, comme l’ont fait les majors du pétrole vis-à-vis de la réalité du dérèglement climatique. Et ces décennies-là, une fois de plus, nous n’en disposons pas… et Jean-Marc Jancovici le sait parfaitement lui-aussi.

J’ai pour ces personnes (J-M Jancovici et Aurélien Barrau) un énorme respect dans la mesure où je leur dois une partie conséquente de mes connaissances dans divers domaines et je ne suis pas là pour les décourager de faire ce qu’ils font. Pour autant, je suis convaincu que tous sont en train de s’égarer dans ce combat perdu d’avance et de disperser leur temps, leur si précieuse intelligence et leur énergie dans des objectifs impossibles à atteindre, faute d’avoir réussi à faire face à la cruelle réalité : la décroissance planifiée est une gageure et il n’existe aucun scénario qui puisse éviter l’effondrement complet de notre société globalisée.

Sachez que, si nous sommes la première civilisation globalisée, nous ne sommes pas la première civilisation à faire face à ce type de situation. L’empire romain, entre autres civilisations maintenant disparues, a fait face à la même situation : le dépassement de limites physiques qui ont entrainé une complexification progressive par le biais de la mise en place de mécanismes compensatoires. Eux aussi se sont vus alimenter avec toujours plus d’énergie un système socio-politique se complexifiant au fur et à mesure que de nouveaux problèmes se présentaient. Eux aussi l’ont vu devenir de moins en moins efficace à chaque complexification. Eux aussi se sont peu à peu retrouvés avec un système saturé par la loi des rendements marginaux décroissants. Eux aussi ont ensuite vu leurs « réserves » diminuer peu à peu à cause de cela. Eux aussi se sont mis à reporter le coût des crises subies aux générations futures, présumant du fait que l’avenir ne connaitrait pas de crise équivalente. Eux aussi, enfin, ont fini par voir survenir plusieurs calamités  auxquelles ils ne pouvaient plus faire face, faute de réserves suffisantes, jusqu’à la désintégration totale de leur civilisation. 

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’un système complexe comme celui des romains, comme celui de notre civilisation globalisée, ne peut justement pas se « décomplexifier » sans s’effondrer. L’effondrement, ce n’est en fait ni plus ni moins qu’une décomplexification forcée et rapide. Et qu’est-ce que la décroissance planifiée sinon une tentative de « décomplexification » progressive et douce du système ? La décroissance planifiée implique de diminuer volontairement la consommation en ressources du système. Or, ce dernier est un système complexe et un système complexe se caractérise par une interconnexion et une interdépendance très fortes de ses constituants entre eux. On ne peut donc aussi simplement diminuer la consommation en ressources d’une partie du système sans que cela ait des répercussions terribles sur l’ensemble. De même, « décomplexifier » implique d’atténuer ou de supprimer certains mécanismes compensatoires, entre autres ceux reposant sur les énergies fossiles. Or, si ces mécanismes compensatoires ont été poussés à l’extrême, c’est pour assurer la survie du système malgré le déséquilibre. Certes, cette démarche a conduit de manière prévisible à aggraver ce déséquilibre et nous a poussé dans l’impasse actuelle, mais cela ne change rien au fait que faire désormais machine-arrière est tout bonnement impossible puisque cela accélèrerait la désintégration du système.

Alors oui, traiter la cause de la maladie est une démarche intellectuelle qui pourrait paraitre plus rationnelle. Mais si cela implique de retirer les traitements symptomatiques qui péniblement maintiennent encore le malade en vie, le résultat est le même à la fin : quelles qu’aient été nos belles intentions et le rationnel de la démarche, le malade est mort. 

Nous y voilà… Le constat est terrible mais c’est une réalité à laquelle il nous faut absolument faire face pour être en mesure de nous préparer correctement à la suite : il est désormais trop tard pour essayer de sauver notre civilisation de son effondrement complet. 

Évidemment, un tel constat a des implications colossales et je commencerai à en parler dans la cinquième partie que je publierai d’ici quelques jours… Si tant est que cela intéresse quiconque…

Bibliographie : 

  • Viabilité du scénario de stagnation il y a 50 ans : « Les limites à la croissance » D. Meadows et al (mise  à jour 2004).
  • Concept de refoulement du choc distributif : Vidéo du cours de Laurent Mermet « Qui peut agir sur qui pour éviter la fin du monde ?» à l’école AgroParisTech.
  • Déclin et effondrement de l’empire romain, impasse de la « décomplexification » planifiée et douce d’un système complexe : « L’effondrement des sociétés complexes » J. Tainter.

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