Le viol de la pensée et la télé des réacs

Facebook fait des recherches scientifiques pour parvenir à capter dans le cerveau les mots pensés et son PDG est reçu à l’Élysée comme un chef d’État. Les réacs en France lancent une télé contre la bien-pensance, tandis que le « chien de garde de l’oligarchie » veille. Sans oublier : les esclandres des deux Dupondt, les magouilles de Sarko et la démagogie sur les indemnités de chômage des cadres.

Le viol de la pensée

[RFI] [RFI]
L’idée a été lancée par Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, depuis 2017. Il a précisé une nouvelle fois son projet lors d’une conférence à Harvard en février. Un article du Monde s’en fait l’écho dans son numéro du 3 mai. Il s’agirait, grâce à un capteur sur le cerveau (un bandeau sur le crâne), de décoder les mots que vous avez déjà l’intention de prononcer, ce qui multiplierait par 5 la rapidité de la transcription. Des essais auraient déjà été concluants. Vous pensez "girafe" et le mot s’inscrit sur l’écran... quel progrès pour Facebook ! Vous dictez plus vite. De belles applications en perspective : vous pensez que le chef de l’État est un dictateur et vous vous retrouvez au bagne.

Le même Zuckerberg était reçu par Emmanuel Macron à l’Élysée : on voudrait nous démontrer que les GAFAM égalent en puissance les états qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Du coup, on interviewe Laurent Solly, l’ex-très proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, directeur de Facebook France, cherchant à donner des garanties sur la moralisation du réseau social pour lutter contre la manipulation des contenus. Le groupe Lagardère qui contrôle Europe 1, le Journal Du Dimanche et Paris-Match devra donc veiller à ce que les infos de ses médias ne manipulent pas l’opinion publique : y compris et surtout l’émission C dans l’air, propriété de Lagardère à travers sa filiale Maximal, présentée par Caroline Roux (Mme Laurent Solly au civil, ce qui explique le fait que Facebook n’est jamais abordé lorsqu’elle anime l’émission et si un invité, sans le savoir, s'y risque, il y a comme un ange qui passe). Au demeurant, elle assure plutôt mieux le job journalistiquement qu’Yves Calvi dont les options néo-libérales étaient clairement affichées, ne craignant pas, dans cette émission qu’il a gérée très longtemps, de s’attaquer au droit du travail et à ceux qui luttent pour le défendre. Il cultivait sans vergogne les discours anti-dépenses sociales et catastrophistes sur la dette publique et le déficit budgétaire. Les invités de Caroline Roux (en réalité du rédac-chef en coulisse) restent pour la plupart, sur les questions économiques et sociales, des partisans d’une droite dite « libérale ». Parmi les invités qui ont leur rond de serviette, outre l’indéboulonnable Christophe Barbier (qui milite pour la suppression d’une semaine  de congé payé, entre autres), Yves Thréard (du Figaro) qui a bien su grenouiller entre une ligne LR-FN, puis pro-Macron, puis apparemment retour sur un ligne plus LR que LREM actuellement.

La tribu des réacs a sa télé

[France Inter] [France Inter]
Une de plus, donc. Elisabeth Levy, directrice du mensuel de la droite dure Causeur, lance une télé sur le web Réac n’ Roll (5 € par mois). Invitée par Sonia Devillers le 16 mai, sur France Inter, elle prétend que c’est par pure ironie qu’ils s’appelleront Réac, car les futurs collaborateurs ne le sont pas (comme chacun sait) : Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, Alexandre Devecchio, Eugénie Bastié, Barbara Lefebvre. Viendront aussi Michel Onfray et Natacha Polony, qui ont tous deux leur propre télé web (tout ce petit monde avec le même producteur, Stéphane Simon, qui produit aussi… Ardisson, ainsi que la chaîne La France Libre, avec le trumpiste André Bercoff et l’avocat de droite-extrême Gilles-William Goldnadel). « Nous sommes des gens des Lumières, malheureux » : cette « tribu, qui s’amuse » a vu avant tout le monde « l’antisémitisme dans les banlieues, la catastrophe scolaire, la fragmentation de la France ». Elle affirme que ceux qui ont voulu discréditer ce courant n’y sont pas parvenus : « l’épuration idéologique a échoué ». Et de crier victoire : « ça fait 20 ans qu’on se bat, il faut bien qu’on ait un peu gagné », sous-entendu contre vous, les bien-pensants de gauche [re-sous-tendu : qui récusent l’islamophobie, l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme et le dénigrement permanent des enseignants].

Sonia Devillers dresse son parcours tortueux : souverainiste, chevènementiste, eurosceptique, [apparemment] proximité avec les « rouges et bruns » pour contrer Mitterrand, puis avec le Front National, soutien aux Serbes [qui massacraient la Bosnie]. Récemment, elle participait à l’émission de Pascal Praud sur C News, justifiant avec ce dernier le discours climato-sceptique, insultant l’invitée écologiste Claire Nouvian, qui l’a, en retour, gratifiée de quelques noms d’oiseaux, dont « dingue », « rétrograde » et « tarée ». Ambiance ! Mais je suspecte Élisabeth Lévy d'aimer ça, ça lui permet de justifier ça propre vulgarité. Répondant à Sonia Devillers, elle a fait un beau lapsus : elle a lâché : « j’ai des accords abyssaux avec Zemmour », avant d’admettre qu’elle voulait dire « des désaccords ». Quand même.

. émission visible : ici.

Aveu

J’ai écouté François-Xavier Bellamy d’une oreille distraite le 20 mai au matin sur France Inter : sur l’extrême-droite, prise en flagrant délit de corruption en Autriche, ou problématique en Hongrie ou Pologne, je l’ai trouvé plutôt mesuré pour un candidat du Rassemblement National. Me disant tout de même qu’il est malin ce parti d’afficher des positions si droitières de cette voix si doucereuse. Quand soudain, je me suis ravisé : j’étais en train d’écouter le candidat des Républicains de Laurent Wauquiez. Damned ! Puis il a causé de Vincent Lambert, en livrant ses conceptions rétrogrades et cathos intégristes viscéralement opposés au droit de mourir dans la dignité. Je vais vite ajouter un additif à mes "directives anticipées" : qu’aucun homme de son acabit ne vienne se mêler de ma fin de vie. [chronique rajoutée le 20 mai]

"Le chien de garde"

[Europe 1] [Europe 1]
Jean-Michel Aphatie, le « chien de garde emblématique de l’oligarchie » ou le « porte-parole de l’homme le plus puissant de France, Bernard Arnault » (dixit François Ruffin), a couru les plateaux de radio et de télé (dont Europe 1 ici, et C à vous sur France 5) pour répéter sa haine anti-Gilets jaunes et prétendre que le secrétaire général de la CGT avait été attaqué par les black blocs et qu’il avait dû être exfiltré. Ce qui est faux : il a dû se mettre un peu à l’écart et est revenu dans la manifestation (du 1er mai), après une charge des CRS qui a gazé et aspergé la manifestation au moment précis où le cortège de la CGT arrivait, comme une vidéo le montre très bien. La voix de son maître, complaisamment invité, a donc encore frappé. Emmanuel Todd a dit de lui qu’il était « un idiot utile, qui ne comprend rien à l’économie, qui raconte des âneries avec un air satisfait ». Et l’essayiste d’ajouter : « Peut-être que mon attachement au midi me le rend antipathique [jeu de mots peut-être involontaire], parce que je vois bien comment il utilise son accent du midi pour avoir l’air original alors qu’il est totalement creux ». Peut-être aussi Aphatie protège-t-il d’anciens amis : des rocardiens, dont il fut, et dont beaucoup sont devenus macronistes. Un « journaliste », qui fut un temps à Politis (!) et qui, enfermé dans sa tour d’ivoire, fait partie de cette caste d’éditorialistes qui, moyennant des royalties confortables (30, 40, 50.000 euros mensuels), loin du terrain, passent leur temps à déblatérer : contre tout ce qui dessert les puissants qui les mandatent.

« Mon prénom c’est mon identité »

Éric Zemmour en a rajouté : s’adressant récemment à des jeunes LR, il a accusé les Français d’origine étrangère de coloniser la France en donnant des prénoms étrangers et de comparer cela avec la colonisation des Britanniques en Inde. Pour illustrer son propos, il citait celui d’Hapsatou, provoquant le rire honteux de ces jeunes gens sans morale. Et Laurent Wauquiez n’a rien dit. On aura remarqué que le raciste Zemmour ne s’offusque pas qu’un Bardella se prénomme Jordan.

Le 15 mai, dans l’émission C à vous, prestation magnifique d’Hapsatou Sy, qui publie Made in France et qui dénonce le comportement facho de Zemmour mais aussi de Thierry Ardisson, complice (il avait dit à sa chroniqueuse démissionnaire : "les races supérieures doivent aider les races inférieures").

Zemmour et Ardisson ne représentent en rien la France. Hapsatou Sy oui.

Racisme : le coup de gueule d'Hapsatou Sy ! - C à Vous - 15/05/2019 © C à vous

Les esclandres des deux Dupondt

Nicolas Dupont-Aignan, le candidat de Debout la France aux européennes, a fait, comme d’habitude, son show sur France Inter le 15 mai : plainte de n’avoir pas les mêmes temps d’antenne que les autres, maintien de son gros mensonge sur le nombre d’arrivées de migrants en Europe depuis 5 ou 6 ans, justification de ses suspicions concernant un éventuel attentat contre la cathédrale de Paris. Il est à craindre qu’un certain nombre de Français se délectent pourtant à entendre ce complotiste d’extrême-droite contester l’ordre établi.

dupondt
Eric Dupond-Moretti, dont une des spécialités consiste à chercher à terroriser ses adversaires, au procès Balkany, reproche au président du tribunal d’avoir déclaré un jour à propos d’un député jugé pour fraude fiscale : « la lutte contre la fraude fiscale a valeur constitutionnelle, elle est un enjeu majeur de l’action gouvernementale en matière de redressement de comptes publics ». Pour Dupond-Moretti c’est insupportable, il hurle : un juge n’a pas à dire ça, un préfet oui. Du coup, il demande que le président du tribunal soit remplacé (déportation sinon récusation). Pour sûr, ses fans verront là un nouvel exploit d’Acquitte à tort, pardon, d’"Acquittator" (son surnom).

Démagogie

Le pouvoir et les médias répètent depuis longtemps que des cadres au chômage touchent 6200 € (LCI) ou 6600 (France 2) d’indemnités nettes. Scandale. Faudrait réduire ces montants élevés que ne connaissent ni l’Allemagne, ni aucun pays européen. Sauf que les cadres chômeurs qui touchent de telles indemnités gagnaient au moins 13.000 euros. Et ont cotisé sur ce montant (c’est-à-dire sur 4 fois le plafond de la Sécu). Mais ce que l’on dit moins c’est que cela ne concerne que quelques centaines de personnes : même pas 1000, sur 2,6 millions de chômeurs indemnisés. Soit dans les 0,04 % ! Ça mérite vraiment qu’on y passe autant de temps ? En réalité, cela n’a qu’un but tactique : rogner l’ensemble des indemnités chômage, en prétendant montrer l’exemple avec les mieux lotis. Alors que ceux qui gagnent 13.000 euros par mois et plus ont, en général, d’autres moyens pour se protéger contre la baisse de revenus liée à la perte de leur emploi.

Les magouilles de Sarkozy

Le Conseil Constitutionnel (CC) a décidé que Nicolas Sarkozy serait jugé en correctionnel : il risque un an de prison.

Rappel des faits : en 2012, il a dépensé 21,3 M€ pour sa campagne présidentielle (maxi autorisé : 22,5). Mais la commission des comptes de campagne a rajouté 1,6 M€ pour des dépenses engagées avant sa candidature, tardive. Il avait donc dépassé de 360.000 euros. D’où la sanction suivante décidée par le CC : 10,6 M€ non remboursés. Et une quête auprès des sympathisants (le Sarkothon) avait récolté 11 M€ (dont une partie aux frais du contribuable du fait des réductions d’impôt, en clair : que nous avons payé). 1er acte.

Le 2ème acte, c’est l’affaire Bygmalion : cette société surfacturait à l’UMP des factures (par ex. de 3000 € devenant 600.000 €, carrément) pour dissimuler le dépassement des comptes de la campagne de Sarko, dont le coût a dû finalement atteindre 40 ou même 50 M€ (selon le directeur adjoint de la campagne, Jérôme Lavrilleux, qui a craqué et tout révélé), soit plus du double du plafond autorisé.

Renvoyé en correctionnel depuis février 2017, Nicolas Sarkozy chipote : il dit que puisqu’il a eu une première sanction financière, il ne devrait pas être sanctionné à nouveau, cette fois-ci au pénal. En somme, c’est le délinquant, une « racaille », qui implore le président du tribunal en disant : j’ai commis de nombreux cambriolages, certes, mais vous m’avez déjà jugé jadis pour un vol. Le CC, dont l’ancien président de la République est toujours membre de droit ceci dit en passant, ne l’a donc pas entendu de cette oreille.

C’est quoi une République dont un président est capable non seulement d’une telle magouille (ce n’est pas la seule d’ailleurs) mais en plus de tels arguments pour se défausser ?

Anti-quête pour Notre-Dame

Un collectif sur Toulouse demande aux collectivités locales de ne pas verser les sommes qu’elles ont prévu d’envoyer à la reconstruction de Notre-Dame de Paris, pour le prestige (puisque le financement est assuré) alors qu’elles disent manquer de ressources et qu’il y a localement des besoins sociaux non satisfaits.

. Luttes Sociales Toulouse, Droit Au Logement (DAL) 31, Collectif d'Entraide et D'Innovation Sociale (Cédis), Goutte de Vies, Collectif Enfance 31, Groupement Pour la défense du travail Social (GPS), Case de Santé, Sud Santé Sociaux, Sud Collectivités Territoriales

Journée mondiale des réfugiés à Toulouse

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20 juin, journée mondiale décrétée en décembre 2000 par une résolution de l'ONU. Il s'agit de rendre hommage aux exilés qui ont dû fuir leur pays, pour tenter de vivre des jours meilleurs, courant des risques énormes, ayant fait preuve d'un grand courage. A Toulouse, nombreuses actions les 19 et 20 juin. Voir sur Facebook : Collectif20juinToulouse.

L’exploitation des EHPAD

Hella Kherief, qui a eu le courage de parler à visage découvert dans Envoyé spécial (ce qui a provoqué son licenciement), s’est jetée dans l’arène de l’émission On n’est pas couché diffusée samedi 11 mai et s’en est plutôt bien tirée. Le titre racoleur de son livre (Le scandale des EHPAD)* pouvait faire craindre une approche sensationnaliste, mais elle a su, en professionnelle de terrain, exposer ce qui est inhumain dans la façon de fonctionner de certains EHPAD. Dénonçant plus précisément les établissements privés à but lucratif, aux tarifs très élevés, sans service rendu meilleur, engagés dans une course au profit sur le dos des personnes âgées dépendantes.

. voir l'extrait : ici.

* Pour vendre en abordant ce sujet des maisons de retraite médicalisées, il faut des titres-choc : EHPAD, une honte française (d’Anne-Sophie Pelletier, 2019) ou Maltraitance en EHPAD (Henri Mialocq, 2012).

. voir également cette vidéo d’un médecin de Vendée qui menace de démissionner d’un EHPAD si aucune solution n’est trouvée au manque de personnels conduisant à une réelle maltraitance des pensionnaires : ici.

Un fondateur de Solidarnosc est mort

Carte offerte par des étudiants à l'Université de Varsovie en 1983 [coll. pers. YF] Carte offerte par des étudiants à l'Université de Varsovie en 1983 [coll. pers. YF]
Karol Modzelewski, ancien dissident polonais, est mort. Il avait été porte-parole du syndicat Solidarnosc, c’est même lui qui avait suggéré le nom. Historien médiéviste, il était encore à Paris il y a moins d’un mois pour une conférence, lui qui parlait un français impeccable (comme cet autre leader de Solidarnosc, Bronislaw Geremek, spécialiste de la pauvreté au temps du Moyen-Âge, lecteur du français ancien). Il avait été le compagnon des grands, Jacek Kuron, Adam Michnik. Ils furent souvent emprisonnés. Ces gens-là, de belles personnes, ont été l’honneur de l’Europe. Ils ont contesté la dictature communiste mais aussi la dérive néo-libérale qui suivit la chute du mur de Berlin. Je me souviens : avril 1983, un an et demi après le coup de force de Jaruzelski, rencontre discrète dans une arrière-salle de café, à Varsovie, avec un intellectuel parlant admirablement le français et nous parlant de Solidarnosc dont il était un des responsables, mot qu’il traduisait soit par SOLIDARITÉ soit par SOCIÉTÉ, sans doute parce qu’on ne peut imaginer faire société sans que ses membres ne soient solidaires. Jean-Yves Potel, qui a été en Pologne au temps de Solidarnosc, qui a écrit sur le sujet et avait réalisé une interview de Modzelewski, était tout indiqué pour écrire sa nécrologie : son article, sur son blog de Mediapart, est accessible à tous.

. Avec Karol Modzelewski, disparaît une grande conscience de la Pologne démocratique.

 Précisions :

Suite à mon article sur un grand débat citoyen qui s’est tenu dans le Gers le 8 février dernier, j’ai été interpellé par Jean-René Cazeneuve, député LREM du Gers. J’avais dans un premier texte rendu compte des interventions (70 sur 700 participants) puis dans un deuxième article j’indiquais que le dispositif national du Grand Débat avait refusé d’intégrer le compte-rendu. Je précisais que cette censure était dû au fait que ce député avait été publiquement mis en cause par un intervenant de la salle, évoquant ses émoluments quand il était directeur chez Bouygues, ses actions chez Apple et le fait qu’il ait voté contre un texte à l’Assemblée Nationale qui visait les GAFAM. Jean-René Cazeneuve m’accuse alors « de ne pas dire la vérité », m’affirmant que c’est l’organisateur de ce débat (René Castagnon, animateur du Cercle des citoyens, spécialisé dans la mise en œuvre de débats) qui se serait opposé à ce que le compte-rendu soit versé dans le Grand Débat. En outre, il notait que le projet initial n’avait pas été respecté puisque la soirée devait se dérouler en trois temps : prises de paroles de l’assistance, débat puis intervention des élus, seules les prises de parole ayant eu lieu. Alors que je laissais entendre que cela avait été le seul débat d’ampleur dans le département, il m’informait qu’il y avait eu une quarantaine, dont les plus fructueux étaient ceux où il n’y avait que 15 personnes.

Cercle des citoyens, le 8 février à Auch, en présence de 700 personnes [Photo YF] Cercle des citoyens, le 8 février à Auch, en présence de 700 personnes [Photo YF]

J’ai interrogé René Castagnon qui reconnaît que les organisateurs, dont il était, ne voulaient pas entrer dans les 4 problématiques posées par Emmanuel Macron (comme cela a été précisé au début de la soirée du 8 février). Le fonctionnement des élus étant une revendication fortement partagée dans le mouvement social des Gilets jaunes, il était inconcevable que le débat ignore cette question. Le directeur de cabinet de la Préfecture avait convenu de faire remonter au national le compte-rendu et, comme je l’écrivais dans mon article, le référent départemental de LREM s’était  engagé, le soir du 8 février, devant toute l’assistance, à ce que tous les éléments remontent en haut-lieu. Un document de 12 pages a été remis sous forme papier aux personnalités, députés, sénateurs, maire du chef-lieu, Préfète (sans le moindre mot de remerciements de leur part en retour). Mais René Castagnon a refusé de retirer des passages de la prise de notes et des vidéos où le député LREM était nommément cité quant à ses revenus, contrairement à ce qu’il exigeait : c’est ainsi que, finalement, le texte a été refusé. Il apparaît dans la liste des « Comptes-rendus de réunions locales », avec la mention « non-publié : motif : Présence de données personnelles ».

 . Un débat citoyen censuré.

. Revendications sociales au Cercle des citoyens

Extrait du site du Grand Débat national [capture d'écran] Extrait du site du Grand Débat national [capture d'écran]

 

. Quelques unes de ces chroniques sont parues ou paraîtront sur mon compte Facebook.

 

Billet n° 468

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