Les inégalités: des données pour agir

L'Observatoire des inégalités publie demain 1er juin son rapport 2017 sur les inégalités en France. À quelques jours des législatives, cet organisme indépendant dresse avec objectivité un état des lieux fort documenté sur le sujet. Il fournit les données indispensables pour mieux comprendre et mieux agir.

rapport-2017
L'Observatoire des inégalités, dont les publications sont des références, a pour objectif, avec ce rapport, désormais biannuel, de peser dans le débat public, tout en se refusant la facilité qui consisterait à dramatiser ou édulcorer la situation. Clairement, ce rapport s'adresse à la nouvelle majorité, avec le regret que la précédente n'ait pas amélioré la situation des plus modestes et des jeunes, avec l'espoir que le sérieux des auteurs suscitera l'attention du gouvernement et que le diagnostic porté sera, sinon pris en compte, du moins étudié.

Dans un avant-propos, il est précisé qu'il s'agit d'un état des lieux, non exhaustif , mais réalisant la synthèse des principaux éléments permettant de cerner les domaines où il importe d'agir.

 Anne Brunner et Louis Maurin, qui ont co-dirigé cette édition, introduisent le rapport par un texte qui annonce la couleur : Inégalités : une hypocrisie française. Il s'agit tout à la fois de contester les accusations portées à l'encontre de l'école (qui n'amplifie pas les inégalités, si elle ne les réduit pas) et de regretter que le débat sur l'état des inégalités ne soit pas à la hauteur des enjeux. Le modèle de l'État social français n'est pas détruit : rares sont les pays qui font mieux. Y compris dans le domaine de l'emploi : ceux qui font mieux c'est au prix d'une précarité au travail. Si les auteurs stigmatisent ceux qui ferment les yeux sur la montée des écarts entre milieux sociaux, ils n'approuvent pas pour autant certaines critiques sociales qui amplifient la gravité du problème : "une partie de ceux qui dénoncent les inégalités défendent des modèles sociaux encore plus inégalitaires". Une des hypocrisies consiste à parler d'"apartheid social" dans les quartiers en situation sociale difficile, tout en ne faisant rien pour le réduire.

Ce qui importe c'est moins de constater les inégalités que de mettre le doigt sur leur évolution. Si les inégalités se sont atténuées dans les années 70 et 80, à partir du milieu des années 90 elles sont reparties à la hausse. Et globalement, les Français s'insurgent moins contre le fait que les riches s'enrichissent que contre l'appauvrissement des autres. Le ressentiment est accru par le fait que ceux qui sont sortis des classes populaires (ruraux, ouvriers ou immigrés), connaissant une certaine ascension sociale, voient leurs enfants ne pas réussir aussi bien qu'eux.

Les bénéficiaires des inégalités s'accrochent, comme c'est le cas dans le débat scolaire : "les dominants, bien organisés, bloquent toutes les évolutions du système éducatif, même les plus mineures, de la modernisation de l'orthographe à l'assouplissement de la notation, en passant par les langues anciennes. Il leur faut conserver leurs avantages à tout prix". Et pour défendre leur cause, ils vont prétendre que ce sont les masses qui en font les frais : "la défense des intérêts des élites au nom du peuple constitue un classique du rapport de force politique".

Autre hypocrisie (que j'ai souvent dénoncée dans ce blog) : prétendre que la crise touche tout le monde de la même façon. Les "flexibles", minoritaires, permettent "d'ajuster l'offre de travail". Ce sont eux qui morflent le plus, et ils sont les moins rémunérés. Quand on se gargarise du "stress" du secteur tertiaire, c'est pour mieux cacher la pénibilité physique de ceux qui portent des charges lourdes, respirent des poussières : "une heure de travail à la chaîne ne vaut pas une heure de travail en réunion ou devant un écran d'ordinateur".

Les auteurs ne nient pas les mesures prises, sous Sarkozy ou sous Hollande, pour réduire les inégalités (logement, AAH, ASPA), mais "le bilan n'est pas à la hauteur des enjeux, faute de courage politique". Pour les années qui viennent, ou on s'incline devant une société où le meilleur gagne (sous réserve, tout de même, qu'on assure "l'égalité des chances"), ou l'on met en œuvre de véritables politiques de lutte contre les inégalités (école, santé, logement, fiscalité, revenus), en cohérence avec la devise républicaine. Cela suppose une société fondée sur d'autres valeurs que la compétition.

Photo Yves Faucoup Photo Yves Faucoup

 Inégalités "injustes"

Le rapport définit la notion d'inégalité en notant que ce sont moins les inégalités que les inégalités injustes qui ne sont pas supportées. Ainsi les différences de revenus ne sont pas systématiquement contestées : sous réserve qu'elles ne soient pas excessives et justifiés par des critères "justes". Tout le problème est de savoir de quelle "justesse" il s'agit. Avoir des diplômes est-ce plus important que d'exercer un travail pénible ?

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Classes moyennes

Il y a tellement d'approximations sur cette question des classes moyennes, que les précisions apportées par le rapport sont précieuses. Les classes se répartissent de la façon suivante : 30 % pour les classes populaires (moins de 1238 € pour une personne seule, moins de 3219 pour un couple avec deux enfants), 50 % classes moyennes (entre 1238 et 2225 pour une personne seule, entre 3219 et 5544 pour un couple avec deux enfants), 20 % classes aisées (revenus au-dessus). Les revenus s'entendent une fois payés les impôts et perçues les prestations sociales.

Les auteurs apportent quelques bémols à cette présentation qui devrait être plus affinée encore et ils nuancent la notion de seuil de pauvreté, qu'ils considèrent plus pertinent à 50 % du revenu médian (plutôt que 60 %, barème utilisé par l'Insee).

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Les revenus

Le rapport apporte des chiffres et graphiques précis sur l'accroissement de l'écart entre riches et pauvres (les 10 % les plus aisés captent plus du 1/4 des revenus), sur les disparités salariales (avec un salaire minimum très bas, que certains économistes, nantis, voudraient pourtant voir baisser), sur le niveau de vie selon les générations, sur les disparités de rémunération hommes-femmes, sur les immigrés davantage frappés par la pauvreté et les bas revenus.

 En dix ans, un million de pauvres en plus, et la misère persiste : 2,3 millions de personnes vivent avec moins de 672 € par mois pour une personne seule, ce qui ne permet pas de se loger, et 6 millions de personnes vivent dans un foyer dont les seules ressources sont des minima sociaux. Ce chiffre n'avait cessé de progresser depuis 2000 : il faut noter qu'il a commencé à baisser en 2016 (- 4,3 %). Cette légère amélioration, liée à l'emploi, risque d'être de courte durée, car on assiste à une dégradation des pensions de retraites, en particulier pour les femmes.

Près de deux millions de personnes ont recours à l'aide alimentaire. Le rapport précise qu'il y a 1,2 million d'enfants "de" pauvres, par souci de ne pas jouer sur l'émotion entretenue dans les médias sur les enfants pauvres, en oubliant que la cause en est bien la pauvreté de leurs parents. Un million de travailleurs pauvres (soit près de deux millions de personnes touchées si l'on compte conjoints et enfants).

Le mauvais riche, cathédrale de Bourges. Le mauvais riche, cathédrale de Bourges.
En contrepoint, on a droit aux revenus des super-riches : 2,7 millions d'adultes ont un revenu moyen de 111 000 euros par an (10 % de la population), 267 000 ont 360 000 €/an (1 % de la population), 26700 ont 1,3 million (0,1 %), 2673 ont 5,2 millions (0,01 %) et, enfin, 267 ont 19 millions par an (0,001 %). On ne va pas dire que ce sont les 200 familles, car cette formule tentait de les désigner comme les seules "coupables", cherchant à dégager les classes moyennes supérieures et les classes aisées de leurs propres responsabilités, et de leur nécessaire contribution à la solidarité nationale.

 Les plus hauts salaires des sportifs, des stars de cinéma et des PDG sont cités : entre 1,5 et 15,2 millions d'euros par an. J'aurais bien aimé voir la liste des stars du petits écrans et de leurs royalties : animateurs, journalistes (ceux qui justement viennent dire dans le poste que les Smicards devraient se serrer la ceinture parce qu'ils conduisent la "France à vivre au-dessus de ses moyens").

 Outre les revenus, le rapport se penche sur les patrimoines (notons juste que le patrimoine moyen des 10 % les plus riches est 627 fois plus élevé que le patrimoine des 10 % les moins riches). Ainsi, les plus grosses fortunes de France, comme Bernard Arnault (avec 30,3 milliards d'euros), s'établissent à 1,7 million d'années de Smic !

Photo Yves Faucoup Photo Yves Faucoup

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L'éducation

Le rapport se poursuit sur l'école, les diplômes (véritable "fracture sociale"), sur l'inégal allongement des scolarités, sur l'inégal accès au bac, sur la disparition des fils d'ouvriers au fil des études (5 % dans les écoles supérieures alors que les ouvriers, qu'on dit disparus, sont 23 %). Sciences Po, qui met en avant ses 30 % d'étudiants boursiers, n'a en fait que 11 % d'élèves d'origine populaire.

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L'emploi : 7,7 millions de personnes fragilisées

Tout un chapitre est consacré aux "oubliés du mal-emploi" : les chômeurs, les précaires, les découragés du travail, soit 1/4 des actifs, situation qui touchent surtout les sans diplôme et les immigrés (discriminations pour ces derniers et interdiction d'occuper les emplois publics s'ils ne sont pas issus de l'Union européenne). Parmi ces "oubliés", les chômeurs : 10 % de la population active (dont 2,4 millions au chômage depuis plus d'un an), avec un chômage des jeunes très élevé (1/5 des actifs jeunes) . Et aussi les salariés précaires : 3,4 millions (CDD, intérim). Et les "découragés" qui ne cherchent plus : 1,4 million.

 Comme pour les revenus, le rapport incite à ne pas tout mélanger quant aux conditions de travail : elles sont plus dures pour les ouvriers (pénibilité, travail à la chaîne, impossibilité d'interrompre un travail, accidents du travail). Par ailleurs, les auteurs décrivent les difficultés d'insertion professionnelle rencontrées par les personnes handicapées.

inegalites

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Modes de vie

La hausse du coût de l'immobilier accentue les inégalités, car la dépense pour louer ou accéder à la propriété grèvent terriblement les budgets des ménages modestes (qui du coup sont de moins en moins souvent propriétaires).

Le rapport note que la Fondation Abbé-Pierre parle de 4 millions de mal-logés mais invite à la nuance : des personnes hébergées de façon permanente sont comptabilisées comme mal logées ou carrément sans domicile. Alors même que des SDF ne sont pas comptés, échappant aux statistiques car ne fréquentant pas un centre d'accueil. Un panorama de la situation est néanmoins fait comme l'état des 200 000 logements sans confort, la précarité énergétique (difficile à chiffrer : "entre 1,1 et 12,1 millions de personnes" !), les sans-domicile (141 000).

Par ailleurs, les inégalités liées à la santé sont répertoriées. Espérance de vie : la différence entre cadres supérieurs et ouvriers, s'il a atteint 7 ans dans la décennie 1990, demeure à 6,4 ans, pour les hommes, 3,2 ans pour les femmes. Pour l'espérance de vie en bonne santé ("sans problèmes sensoriels et physiques"), l'écart, pour les hommes, est de 10 ans (69 ans pour les cadres supérieurs, 59 ans pour les ouvriers). Et on tergiverse quant à la prise en compte réelle de la pénibilité au travail ! Et aussi au sujet de l'éducation sanitaire : car il faut noter que les ouvriers, par exemple, fument beaucoup plus que les cadres supérieurs (deux fois plus : 37,8 % contre 18,9). Ce constat, dégagé d'une étude datant de 2013, est confirmé par une nouvelle étude du baromètre santé sur le tabac, publiée par Santé publique France ce mardi 30 mai (voir l'article Fumer est de plus en plus un marqueur social, in le Monde  du 31 mai 2017).

 Le rapport montre jusqu'où s'incrustent les inégalités : dans la représentation publique, qui efface le monde ouvrier, pourtant toujours existant (12 % de la population). A la télévision, les cadres, professions libérales et chefs d'entreprise sont sur-représenté. Les cadres et professions intellectuelles représentent 81,5 % des députés et les ouvriers 1,9 % (soit 11 : ils étaient 98 en 1945 et encore 44 en 1978).

Les femmes sont de plus en plus nombreuses dans les mandats locaux, mais on est encore loin du compte et il a fallu des lois pour l'imposer.

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Nantes [Photo YF] Nantes [Photo YF]

Des territoires inégaux

Conformément à la philosophie qui anime l'Observatoire des inégalités, les inégalités territoriales sont abordées en prenant en compte leur complexité et en évitant les chiffres à l'emporte-pièce. Tous les quartiers ne sont logés à la même enseigne, il importe de ne pas faire de misérabilisme (la formule "apartheid social" est excessive). Par ailleurs, les taux moyens sont trompeurs : "la réalité du territoire reste souvent masquée par des données trop grossières". Comment prendre en compte un taux de pauvreté moyen, alors même qu'il navigue entre 3 % et plus de 50 % ? C'est vrai pour la ville, pour la banlieue mais aussi pour le monde rural (pour lequel le Front National, qui y recueille davantage de suffrages, essaye de faire croire qu''il n'y vivrait qu'une classe moyenne appauvrie). C'est bien dans les villes que vivent les plus démunis (65,3 % de la population pauvre du pays vit dans les grands pôles urbains et 16,6 % dans le péri-urbain, contre 6,4 % dans le rural isolé ou non isolé).

Rezé, près de Nantes, immeuble Le Corbusier [Ph. YF] Rezé, près de Nantes, immeuble Le Corbusier [Ph. YF]
Dans les villes, le rapport entre les 10 % les plus aisés et les 10 % les plus pauvres peut être de 7,8 (à Neuilly-sur-Seine) ou de "seulement" 2,8 à Rezé (près de Nantes). Si on se base sur le taux de pauvreté (part de la population en dessous du seuil de pauvreté à 60 % du revenu médian), alors c'est Gif-sur-Yvette qui est la commune la moins pauvre avec 5 % alors que Grigny est à 44,8 %. Yerres à 7,2 % ("merci" M. Dupont-Aignan), et Villeneuve-Saint-Georges à 32,3 % (où subsistent encore des HBM construites entre les deux guerres). 340 000 pauvres à Paris, 200 000 à Marseille, 73 000 à Toulouse, et autant (40 000) à Nîmes qu'à Nantes, pourtant deux fois plus peuplée.

 Bien observé

Les rapports sur les inégalités sont de plus en plus nombreux. Certains esprits chagrin pensent que cela ne sert à rien, car les injustices perdurent. Parfois même, elles s'accroissent. C'est vrai, et pourtant on ne peut pas s'incliner et se dire qu'il vaut mieux ne pas savoir. Pour ma part, je commente ce genre de publication car je considère que ces données précises, rigoureuses (et non pas propagandistes) sont de réelles armes pour combattre les inégalités. Il est évident qu'il y a, malgré toutes ces publications, une grande ignorance dans l'opinion publique : parce que la plupart des médias ignorent ces documents ou ne s'y attardent pas. Ils préfèrent, par exemple, maintenir les ambiguïtés autour de la notion de classes moyennes ou de la "souffrance des Français". Le travail qu'accomplit l'Observatoire des inégalités me parait devoir être encouragé. La diffusion la plus large possible de ce rapport non seulement permet de donner à chacun des outils de compréhension et, de ce fait, d'action, mais aussi fournit aux animateurs de cet organisme les moyens pour poursuivre leur engagement concret contre les inégalités.

observatoire

 

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. Rapport sur les inégalités en France, édition 2017, sous la direction d'Anne Brunner et Louis Maurin (176 pages, 200 tableaux et infographies). Document didactique, belle présentation facilitant la lecture. Présenté à la presse le 30 mai, sortie publique le 1er juin. 8,50 € (hors frais de port), à commander  : ici.

. Rapport financé par 360 donateurs privés, et soutenu par Alternatives économiques, la Macif, le bureau d'études Compas, la Fondation Abbé-Pierre et la Fondation Un monde par tous, ainsi que par 35 chercheurs de renom (dont Denis Clerc, Julien Damon, François Dubet, Jean Gadrey, Laurent Mucchielli, Camille Peugny, François de Singly).

 Autres publications de l'Observatoire :

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. Rapport sur les inégalités en France, 2015. Voir l'article que j'ai consacré à ce document le 28 mai 2015 : Inégalités : la crise enrichit les plus riches

. Que faire contre les inégalités ? 30 experts s’engagent, Observatoire des inégalités, juin 2016. Voir l'article que j'ai publié sur cet ouvrage le 23 mai 2016 Propositions pour réduire les inégalités.

 Ces deux documents sont disponibles en commande sur le site Internet www.inegalites.fr.  L'Observatoire publie régulièrementdes articles d'accès libre. La lettre d'information est envoyée sur simple demande. L'Observatoire assure également des formations.

 . France Stratégie a publié Lignes de faille : une société à réunifier, en octobre 2016.

. Le Conseil économique social et environnemental (CESE) a publié un rapport le 23 mai 2017 Réconcilier la France, qui présente l'état de la France, consacrant de longs développement sur les inégalités. J'ai présenté ce document sous ce même titre : ici.

. L'Observatoire national de l'action sociale a publié ce 30 mai 2017 sa lettre annuelle récapitulant Les dépenses départementales d'action sociale en 2016. 

 Sigles et lutte contre la pauvreté :

. ONPES : Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale : http://onpes.gouv.fr/

. CNLE : Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale : http://www.cnle.gouv.fr/Le-CNLE.html

. ONPE : Observatoire national de la précarité énergétique : http://www.onpe.org/ (à ne pas confondre avec l'ONPE, l'Observatoire national de la protection de l'enfance, ex-ONED)

. ODAS : Observatoire nationale de l'action sociale : http://odas.net/

 

 Billet n° 324

Contact : yves.faucoup.mediapart@sfr.fr

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  [Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Voir présentation dans billet n°100. L’ensemble des billets est consultable en cliquant sur le nom du blog, en titre ou ici : Social en question. Par ailleurs, tous les articles sont recensés, avec sommaires, dans le billet n°200. Le billet n°300 explique l'esprit qui anime la tenue de ce blog, les commentaires qu'il suscite et les règles que je me suis fixées.

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