En dépit de ses efforts intermittents pour « faire Président », Nicolas Sarkozy a démontré, au cours de sa campagne électorale erratique, qu’il n’avait nullement changé, quoi qu’il prétende, et que sa nature revenait au galop dès que possible. Ses insuffisances, desquelles participe sa suffisance, ne sont pas qu’anecdotiques.
Dans la campagne présidentielle, la laïcité a été invoquée à diverses reprises. Le candidat Sarkozy s’est montré fidèle au président, en maniant tour à tour la carotte et le bâton. La carotte consiste à exhiber la fameuse « laïcité positive », axe du début de son mandat, quand le curé lui apparaissait plus apte que l’instituteur à enseigner « la morale ».
Bilan d’étape. Après un mois passé à faire la campagne de Marine Le Pen, Sarkozy a récupéré de 3 à 4% de voix frontistes (et fait chuter d’autant la candidate FN, privée d’oxygène). Après Toulouse, annoncé comme le nième “tournant” de la campagne, on voit au contraire que la courbe plafonne. Elle ne tardera pas à redescendre, pour rester scotchée aux alentours d’un quart des votants.

Selon la formule célèbre du Dix-huit Brumaire de Marx, les grands événements historiques se répètent, «la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.» Cette fois, c'est sûr, on est dans la farce.
Quelque chose a changé dans la bataille de l’égalité femmes – hommes ces dernières années. Il y a d’abord eu la menace sur les crédits alloués au Planning Familial, en 2009 qui a déclenché un élan de solidarité pour défendre cette association symbole de liberté pour des millions de femmes.
Après celui qu’il avait mis en avant début mai 1993 alors qu’il venait d’être nommé ministre de l’Education nationale ( « réduire de moitié en 5 ans le nombre des enfants qui ne savent pas lire» ), François Bayrou vient de réitérer dans l’engagement quinquennal.
«Sauver le soldat industrie!» Tel semble être désormais le leitmotiv (demain, un élément de ralliement?) de tous les candidats ou presque à l'élection présidentielle. Et nombreuses sont les mesures qui sont proposées par les uns et les autres pour réaliser cet objectif.
La laïcité va mal. Elle va mal, non parce que la droite dure et l’extrême droite seraient devenus ses meilleurs défenseurs et qu’il faudrait la leur reprendre, elle va mal parce que beaucoup plongent allègrement dans un précipice sous prétexte que certains prétendent qu’ils trouveront la laïcité au fond du trou. Il faut sortir par le haut de cette impasse. Et c’est pourquoi la proposition de François Hollande, dans la mesure où elle constitue une proposition sérieuse et non un leurre, apparait extrêmement pertinente.
La découverte, par Nicolas Sarkozy, le 20 janvier, que la guerre tue, et la conclusion qu’il en a tirée, avec sa promptitude habituelle, confirme que celui-ci n’a pas l’étoffe d’un capitaine de gros temps, malgré ce qu’il veut faire croire.
«Entre le Pacte écologique de 2007, alors adopté par presque tous les candidats à la présidentielle, et les propos méprisants des uns ou les silences des autres aujourd’hui, le grand écart pose question», soulignent Raphaël Billé, maître de conférences à Sciences-Po, et Julien Rochette, chercheur invité à l'Institute of Marine and Environmental Law de la faculté du Cap (Afrique du Sud).