Désordre mondial post Breton-Wood: la source du mal.

De la doctrine Carter à la reconnaissance de Jérusalem pour capitale d'Israël : l'hubris de notre bon maître à tous.

Désordre mondial post Breton-Wood: la source du mal.


La guerre du Vietnam avait ruiné les USA des années 60/70 et fracassé durablement le système financier international basé sur les accords de Breton-Wood [1] .La guerre afghano-soviétique, qui débuta en 1978 et se termina en 1988, se révéla, quant à elle, fatale à l’URSS. L’agonie de cette dernière dura 13 ans : en 1991, elle succomba.

Avant 1979, l’islam mondial - se déclinant sous une multitude d’obédiences [2]- se vivait tranquillement, sauf en Arabie Saoudite où la famille princière régnante était en butte à une surenchère de nature religieuse (violente - au regard de la sanglante prise d’otage de la principale mosquée de la Mecque, dans laquelle s’est illustré le capitaine Baril de notre GIGN). En effet, d’encore plus rigoristes religieux trouvaient que décidément le Royaume « s’encanaillait » et que cela ne pouvait plus durer : n’avait-il pas autorisé l’invasion du territoire sacré de l’islam par la télévision et son corolaire, les mœurs occidentales ?

Rappelons que le roi Fayçal Ibn Saoud, s’estimant trahi et ne supportant plus la versatilité dont les USA faisaient montre dans le cadre du conflit israélo-palestinien, déclencha le premier choc pétrolier qui, entre autres, aggrava la situation des Américains encore en guerre contre le Vietnam et acheva le système financier international déjà moribond. Un coin glacial s’était inséré entre le Royaume et son tuteur américain. L’assassinat du roi Fayçal par sa famille concourut à la normalisation des relations des deux pays.

La manne financière, résultat de l’envolée des prix du pétrole de la période post choc pétrolier, avait rempli les caisses du trésor royal : cela avait permis à l’Arabie Saoudite de se lancer dans la diplomatie du « carnet de chèques » : l’exportation et la promotion du wahhabisme, sous le masque du salafisme, en furent les grands bénéficiaires.

La guerre afghano-soviétique permit même au royaume saoudien de jouer le rôle, capital, de courroie de transmission entre les USA, d’une part, et les Afghans et les Pakistanais, d’autre part [3] et ce, pour le plus grand malheur immédiat de l’URSS, bien sûr, mais aussi, à plus long terme, pour le malheur du monde : la boîte de pandore du « djihadisme » venait de s’ouvrir et elle n’est toujours pas près de se refermer.
En 1979, la révolution iranienne priva les USA d’un atout majeur, le régime du Shah. Du jour au lendemain, une séparation de corps intervint dans le mariage arrangé (chaperonné par les USA) qui existait entre le régime du Shah et la famille Saoud.

A ce propos , un article précédent de l’Escarbille du Club Mediapart (chiisme [4], souligne : « Si on excepte les périodes d’intolérance marquée résultant des troubles politiques et militaires originels - dont le point culminant est la bataille de Karbala- ou du choc frontal , au 16ième siècle, entre Persans shiites et Ottomans sunnites (d’obédience hanafite), ces deux représentants de l’Islam [Wahhabismes et Shiisme ] cohabitèrent sans grande animosité apparente et ce, d’autant mieux que les Shiites pratiquent le « Katman » ( secret) et la « taqiya » ( prudence) qui, bien souvent, les amènent à dissimuler leur religion . Et, c’est bien connu, l’apaisement est fille de la discrétion sinon de la dissimulation : il serait bon que d’autres ne l’oublient pas ».

Dès 1980, l’administration Reggan se rendit compte que le poulailler mondial n’avait plus qu’un seul coq alpha : les USA. Tout en amusant la galerie - faisant croire qu’ils faisaient grand cas du projet de Mikhaïl Gorbatchëv de « maison commune » - les USA se lancèrent dans une gigantesque entreprise de réarmement. (Rappelons que l’Allemagne des années 30 s’était redressée de cette manière).

La TASK Force imaginée par Paul Wolfowitz (chef du service OFPLAN, rédacteur de la doctrine Carter) transmuta rapidement en CENTCOM [5] surarmé .L’administration Reggan libéra alors la doctrine Carter, timidement lancée par son prédécesseur, dont le but, clairement affiché par Paul Wolfowitz était la captation de la richesse pétrolière du Grand Moyen-Orient au bénéfice des USA [6].

La suite de ces évènements, nous la connaissons : la mort, à grande échelle, pour les Arabes et les Afghans, l’Asie Mineure saccagée, et l’irresponsabilité en roue libre qui se le dispute à la fuite en avant.

La dynamique coupable de nos lobbies S.H.A.F. ( Sionistes , Homosexuels, Athées et néo-féministes )  prospère sur ce charnier.

 Suite de cet article :https://blogs.mediapart.fr/belab/blog/241217/les-lobbies-shaf-et-le-desordre-mondial-ne-de-la-doctrine-carter

 Sources utilisées:
[1]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/281216/moyen-orient-genese-du-chaos-et-si-y-regardait-de-plus-pres
[2]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/270916/de-la-soi-disant-unicite-de-la-sharia-et-du-pseudo-monolithique-islam
[3]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/210217/genese-du-chaos-moyen-oriental-v
[4]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/b-3-le-shiisme
[5]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/100117/genese-du-chaos-moyen-oriental-ii
[6]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/200117/l-empire-us-contre-le-droit-international-iii

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