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Le blog de Canoubis - Cannelle Fourdrinier

Etudiante en droit
Lille - En Martinique jusqu'en mai 2020
À propos du blog
Martiniquaise expatriée depuis 7 ans en Hexagone, j'ai mis mes études de droit pénal et de sciences criminelles en suspens aux fins de rédaction d'un essai portant sur la France néocoloniale, mais surtout pour me reconnecter à ma terre et à mon peuple, deux entités dont les souffrances méritent d'être autopsiées. L'esclavage et la colonisation constituent une plaie béante dans les territoires colonisés et, aujourd'hui encore, ceux-ci suppurent. Ce blog sera consacré tant à l'épanchement des souffrances du peuple martiniquais qu'à la lutte que mènent les militant.e.s pour la reconnaissance de la dignité et de l'humanité des antillais.es sous domination française. De l'esclavage à la pollution de nos terres et à la contamination de nos corps au chlordécone et autres produits phytosanitaires, il n'y a qu'un pas. Tous deux ont pour dénominateur commun le capitalisme dont la fin justifie les moyens aussi abjects puissent-ils être. Terres et corps antillais ont été dénaturés, chosifiés par la possession. Dans un monde au sein duquel le droit à la propriété privé est réputé être naturel, inaliénable, imprescriptible et sacré, lorsqu'il est exercé par une minorité blanche descendant de maîtres esclavagistes en Martinique et en Guadeloupe, ce droit constitue un empêchement dirimant à l'exercice de tous les autres par la majorité racisée. L'histoire passée et présente des luttes martiniquaises permet de mettre en lumière les héros et les héroïnes invisibilité.e.s par l'historicité occidentale, celle-là même qui, sur les bancs de l'école publique, nourrit le complexe d'infériorité des martiniquais.es dans le but de les engluer dans l'immobilisme victimaire. L'injustice et la sociodicée coloniales soufflent à pleins poumons sur les braises révolutionnaires que génère la détresse martiniquaise. Le feu ayant déjà pris, reste à savoir si les forces du désordre parviendront à l'éteindre.