Burn-out précoces, effondrements somatiques, absentéisme massif : les enfants et les adolescents ne « vont pas mal », ils cessent de consentir. Par le corps, ils signalent l’inhabitabilité du monde que nous leur imposons. Cette défaillance n’est pas que psychologique : elle est surtout politique.
Bombardements sur le territoire vénézuélien, enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse, revendication explicite d’une prise en main politique et pétrolière du pays, pressions renouvelées sur le Groenland. En quelques jours, Washington a franchi un seuil : celui où la puissance ne se dissimule plus derrière le droit. Un moment de décivilisation assumée.
Nous vivons dans un monde qui se dit rationnel, efficace, transparent. Mais derrière ce vernis s’est installée une réduction silencieuse du réel : une manière d’habiter l’existence appauvrie, mesurée, protocolisée. Ce texte propose de décrire cette mutation — non comme une crise passagère, mais comme une amputation anthropologique — et d’esquisser comment rouvrir l’accès au monde.
Quelque chose s’est retourné dans l’Éducation nationale : non pas un événement, mais l’atmosphère même du travail. Le pouvoir ne parle plus, il pilote, il calcule. La procédure s’est substituée au monde, le cadre au sens, et le langage humain s’efface sous un autoritarisme sans tyran qui fabrique, silencieusement, le vide.
Si l’inceste touche au moins 10 % de la population, alors ce n’est pas une aberration mais le symptôme d’une structure. Ce texte relit le trauma non comme accident individuel, mais comme effet d’une rationalité dissociative qui sépare le corps, le vécu et le monde. Une invitation à repenser l’ontologie du réel.