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Qu'avons nous changé depuis la chute du mur de Berlin ?

À propos du blog
Qu'avons nous changé depuis la chute du mur de Berlin ? Un ciné-spectacle joué à Lyon, « Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin », pose la question à travers la relation houleuse entre une belle mère et sa belle fille en résonance avec les derniers mois turbulents de la chute du mur de Berlin. Sur la scène : 2 acteurs devant un pupitre et un micro. Pendant le spectacle, ils vont produire un méticuleux numéro de voix synchronisées, chacun doublant deux voix de personnages d'un film, projeté derrière eux sur un écran géant. Propre et bien réglé. Problème ; la mise en scène, les déplacements, les voix projetées on n'en verra rien. Le théâtre s'est mué en une forme de cinéma avec orchestre Rock sur scène, et des acteurs composant un numéro sans rire avec un respect strict du texte écrit. L'émotion reste un peu en sourdine, l'idée de mettre en lumière une relation entre une belle mère et sa belle fille au moment de la chute du mur de Berlin est passionnante. Elle interroge le spectateur, depuis notre fauteuil, sur cette page de l'histoire, sans doute la plus heureuse de la deuxième moitié du vingt ième siècle. Dans un environnement répendant des doses de toxicité sociale, il nous est donné de choisir : maintenir un esprit de bataille ou lâcher prise. La longue attente des allemands pour se réunir en faisant tomber ce mur a été imposée par un régime qui les opprimait. C'est un dirigeant russe, Mikhaïl Gorbatchev, instigateur de la perestroïka, et, la détermination des allemands de l'Est, qui en organisant d'importantes manifestations ont provoqué la chute du mur de la honte. Aujourd'hui, du coté de l'Allemagne de l'Est, le changement est innervé dans les esprits mais de nombreuses cicatrices ne sont pas effacées : la rupture brutale du communisme, l'explosion de la consommation, le flux de touristes ivres des frémissements d'une histoire reconstituée. Symbole du clivage idéologique, politique couée de la guerre froide, le monde a basculé vers une forme de liberté tout en déclenchant une cascade d'autres évènements. Le mythe de Blanche neige, évoqué dans ce spectacle de Métilde Weyergans et Samuel Hercule explore la cruauté à travers le miroir magique. Celle de la reine mais aussi celle de Blanche neige dont l'une et l'autre se renvoient les visions maléfiques. Bruno Bettelheim, psychologue visionnaire, affirmait que le comte commence par une situation oedipienne mettant en conflit la mère et la fille. Ce spectacle montre la marâtre prostrée dans sa chambre, enfermée dans sa prison narcissique entrainée dans une chute de sa propre vulnérabilité. La jalousie de la belle mère est montrée dans une caricature progressive telle la crainte d'un parent se sentant menacé pendant la période de l'adolescence de sa progéniture. Mais une autre facette apparaît, dans un savant mélange de contre pied. La belle mère n'est plus la méchante narcissique que nous sommes habitués à ingurgiter. Blanche Neige nous envoie à la figure une autre femme, rebelle, désenchantée et fugueuse. Spectacle à double sens, avec une double lecture pour peindre un monde fragile parsemé de figures éclatées. « Blanche neige ou la chute du mur de Berlin » traite de l'enfermement et de la réconciliation. Ce spectacle est a déconseiller à ceux qui fuient les écrans. A recommander à ceux qui s'interrogent sur notre existence de mammifère à forte propension de papillonnage neuronal. Et si la chute du mur de Berlin était le dernier événement historique « heureux » que le monde ai vécu ? Denis de Montgolfier. Blanche -Neige ou la chute du mur de Berlin Une réalisation et mise en scène de Samuel Hercule, Métilde Weyergans. Ciné-spectacle au Théâtre de la Croix Rousse, Lyon. Du 7 au 10 juin 2016.