Jacques DEBOT

Écrivain tsigane, ni coupable, ni victime, pas innocent pour autant.

Sa biographie
Des Tsiganes, on ne connait souvent que ces mendiants orgueilleux, bruns de poil et de peau, Job sublimes et forcément coupables, nomades contemporains vivant toujours en caravane, sous la tente ou la cabane, parmi ces congères hallucinants de rebuts disputés aux déchetteries, carcasses éviscérées de charognes industrielles, mobilier bancal, métaux et graisses mêlées de lessives, de papier, de boue, de merde où courent la vermine et leurs gosses pieds-nus. Ils vivraient dans ces galeries de rats, cette lie qui les englue, fonds de calices charriés jusqu’aux seuils des cabanes pour en extraire quelques sous, s’acheter du pain.Jusqu’au milieu du vingtième siècle, notre petit peuple de culture orale, peuple sans livre qui a partagé le sort tragique du peuple des livres, n’apprenait ni à lire, ni à écrire. Pourtant, depuis la fin de la guerre, bon an, mal an, trois, voire quatre générations sont maintenant passées par l’école, parfois même les universités et les grandes écoles. Nous avons embrassé à notre tour les métiers d'historiens, journalistes et romanciers, médecins aussi, professeurs, conducteurs de bus et ouvriers, nous, les fils et filles de chiffonniers, rabouins, ferrailleurs et vanniers.Nous sommes encore peu nombreux mais peut-être les pères et les mères d'une multitude, car l’Europe compte plus de dix millions de Tsiganes et nos enfants, semblables aux vôtres, utilisent l'écran et le clavier. Après la Négritude, la Romanipen ?    Le monde ne laisse subsister d’eux aucune mémoire : la Justice et la Miséricorde les dédaignent.  Dante Alighieri - l’Enfer, chant troisième.
Son blog
147 abonnés Romstorie : La vie des Roms et des Gens du Voyage
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  • Madame Nathalie Loiseau, un Romanichel vous a écrit une lettre

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    Est-ce parce que nous sommes tsiganes et si mal défendus que rien ne soit véritablement défendu quand on parle de nous ? Rumeurs, clichés et lieux communs viennent sans bruit s’enkyster dans les discours des élus comme dans les analyses savantes, pourtant retravaillées par des équipes de rédacteurs, relues scrutées en détail par des conseillers en communication, des universitaires et des juristes.
  • Romstorie: les banlieues tentées par le pogrom?

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    Maria Bihari dite Miezi enfant tsigane née en 1935 photo identification © Bundesarchiv Maria Bihari dite Miezi enfant tsigane née en 1935 photo identification © Bundesarchiv
    Ce petit peuple, c'est le mien, le peuple tsigane pathétique et maudit, que la rumeur accuse aujourd'hui d'enlever des enfants pour les livrer au trafic d'organes. Une fois de plus, il semblerait que de nouveaux pogroms se préparent et que les Tsiganes n'aient pas encore assez souffert
  • Romstorie : Félix, dessine moi une chèvre, c'est pour Esmeralda

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    Je n’en peux plus de ce victimaire à dégoulinures, de ce lacrymal sélectif, pour trois coups de crayon. Félix, dessinateur à Charlie Hebdo a caricaturé la joueuse roumaine Simona Halep, utilisé le cliché bien connu des Roms récupérateurs de métaux, façon Vlax et les ferrailleurs. Pas très sympa, peut-être même pas très malin, mais pas de quoi sonner le tocsin, on ne va pas en mourir.
  • Romstorie: Castaner et Bessac, un Narvalowgate à Montreuil

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    On fait appel à mon expertise et je reçois depuis ce matin de multiples demandes pour éclaircir le sens du mot «narvalo». Il semblerait que narvalo soit un mot tsigane et on cherche des «experts» capables d’expliquer le sens exact de ce mot, de déterminer s’il s’agit là d’une insulte ou pas.
  • Romstorie: Tintin chez les Roms

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    Si cet article où les Tsiganes sont tournés en dérision était paru dans un magazine de divertissement, nous n’en aurions pas parlé. Publié en partenariat avec la DIHAL, écrit par un doctorant au sein du Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales, publié dans le magazine Conversation qui se réclame de l’expertise universitaire et de l’exigence journalistique, il a suscité plus que notre inquiétude...