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Billet de blog 3 oct. 2022

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Supprimez le marché de l'électricité car c'est la ruinance !

autre titre: Blackout et économies d’énergie, éclairer le débat face à l’obscurantisme de la gloutonnerie. Ou encore: Le loto des pénuries du casino boursier ou le rationnement rationnel. Ou encore: Le marché européen de l’énergie bombarde nos usines bien mieux que Poutine. Mais surtout les lois de la gloutonnerie.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

J’ai hésité entre plusieurs titres, tant j’ai à dire. Je suis professionnel dans le secteur de l’énergie. Le marché de l’électricité est un sujet que j’étudie depuis des années. J’ai écrit de nombreux articles sur dessus. Le dernier annonçait le risque d’un blackout et d’un accident, il y a un an (voir ici).
Un an plus tard les faits valident mes prévisions. Mes analyses étaient justes.

La ruinance - Les Goguettes (en trio mais à quatre) © Les Goguettes

Je suis un professionnel de l’électricité et des économies d’énergie, j’ai travaillé pendant des années sur les économies d’énergie en électricité. J’ai vécu, en direct, l’effet de la mise en place du marché de l’électricité. J’ai connu l’avant et l’après. J’ai vécu la fin de la rationalité technique et la fin des économies d’électricité. Pour moi qui vivais des économies d’électricité ce fut la faillite, la reconversion dans sa production.

Pour bien comprendre, revenons sur un temps qui semble si lointain tant le système a dérapé : le monde d’avant, la période antérieure à la mise en place du marché européen de l’électricité. D’ailleurs ce nom est juste un outil de com. Il serait plus exact de l’appeler par son but : la mise en place de la spéculation sur l’électricité. Une spéculation sur un pas de temps d’une heure .

Le temps d’avant :

Les prix de l’électricité étaient simples et clairs : des prix annoncés sur un an. Pour les professionnels ils existaient juste cinq tarifs horaires dans l’année (et non 8960 maintenant) :

  • Les 6 mois d’avril à octobre sans chauffage, le prix était cadeau la nuit et pas cher la journée.
  • Les 6 mois froids, le prix n’était pas trop cher la nuit, onéreux la journée et très cher aux heures de pointes de 9hà 11 h et 17-20 h.

Les producteurs voyaient clairs et les consommateurs aussi. Nous pouvions chiffrer rapidement les économies d’énergie à long terme pour les investissements. Nous proposions ce que nous appelions de « l’effacement des pointes ». Cela consistait par exemple, à arrêter les compresseurs pendant les heures de pointe, à mettre des horloges, tout une série de techniques pas chères et efficaces. Je travaillais dans les usines. Elles utilisent l’énergie principalement pour faire du chaud, du froid, pour faire tourner des moteurs ou faire de l’air comprimé. Les machines à air comprimé peuvent être équipées de réservoirs, comme les systèmes de production de froid, on peut les équiper de réserves d’eau glycolée. Ainsi on stocke le froid sur quelques heures ou quelques jours. En s’appuyant sur les prix quasi fixe à plusieurs années, il était simple de démontrer aux patrons que l’investissement était rentable. Les économies d’énergie nécessitent aussi un suivi et souvent de changer des habitudes de travail. En montrant les économies à venir, nous arrivions à changer les habitudes.

Le système français de l’électricité, démantelé par l’Europe, avait donc de la clarté sur l’avenir et, par conséquent, il fonctionna bien pendant des décennies. Il opérait une péréquation entre les mondes urbain et rural : le réseau coûte cher en campagne et moins en ville, les uns payait pour les autres. La deuxième péréquation était entre les gros consommateurs vers les petits. Les gros industriels payaient pour les petits consommateurs. Dans ce système réglementé il y avait peu d’effets dégressifs comme dans un système libéral où plus je consomme, moins je paie cher mon KWh.

Il avait un gros défaut : pas de variation= pas de spéculation.

Le temps d’après

Première loi de la gloutonnerie : une croyance n’est active que si elle est partagée.

Deuxième loi : faire croire à tous qu’il n’y aura que des gagnants…

« Le marché de l’énergie » fut vendu comme une libéralisation du marché, un progrès, une baisse miraculeuse du prix. Mais la réalité fut différente, ce fut une dérégulation du marché et sa mise en casino. Un transfert de plusieurs milliards des gros consommateurs vers les petits s’opéra en douceur. Cette dérégulation nous a conduits à bien des déboires et nous mène vers le noir et l’accident comme je l’ai déjà écrit.

Les ayatollahs du marché sont dans la croyance comme un charlatan qui vous vend sa potion miraculeuse. Ils ne sont pas près de reconnaître la réalité, même maintenant, le simple constat que le marché de l’électricité ne marche pas ! Et qu’en cas de surtension, il fait disjoncter notre économie.

Prix de l’électricité en août et septembre 2022 dans les différents pays européens : quelle est cette courbe base régulière : l’Espagne qui a débranché la spéculation entre le gaz et l’électricité.

 3ème loi de la gloutonnerie : les plus grosses orgies se font dans le silence. 

Cette croyance du marché a charmé tout le monde. La spéculation se fait en douceur comme la grenouille dans la casserole, la gloutonnerie n’intéresse personne. Il faut un gros coup de chaud pour que l’opinion se réveille.

Pourquoi le sujet n’intéresse personne ? 

Les journalistes ? Issus de formations littéraires, ils n’aiment pas les sujets techniques...la technique les emmerde. Elle a un défaut suprême, pas de petite histoire à raconter, pas de pathos, pas de storytelling à faire, que du compliqué.

Les politiques ? Tous issus du même cursus éducatif : sciences po, communication, gestion, vous n’y trouverez jamais un artisan, peu d’ingénieurs. Leurs connaissances techniques sont déplorables : ils confondent puissance et énergie (la base) ! Le sujet les désintéresse bien que les enjeux soient immenses, géostratégique ou climatique. Mais les effets sont à long terme, le sujet ne passionne pas les foules, pourquoi se cogner des lobbies puissants pour des résultats qui seront pour les suivants….

Le public ? Le sujet est complexe, pas sexy et la facture montait régulièrement mais doucement.

4ème loi de la gloutonnerie : gloutonner doucement, mais tout le temps et sur tout le monde…<img data-asset="La dérégulation du marché a pu se faire sans jamais être dans le radar médiatique. Pourtant en démantelant la péréquation entre les gros consommateurs et les petits, un transfert silencieux de plusieurs milliards s’est réalisé. Mais le scandale ne se mesure pas en milliards mais en potentiel d’émotion et manger du homard est plus dangereux politiquement que braquer un pays.

Concrètement sur le terrain, j’ai vu mes projets d’économies d’énergie réduits à néant. Avec un prix qui descend de 20 % à chaque renégociation du contrat d’achat d’électricité, pourquoi chercher à l’économiser ? Les ingénieurs et les techniciens qui s’occupaient de ces problèmes furent balayés. Dans les entreprises et à EDF, les Sup de Co furent chargés du dossier. Chez EDF,  ils furent remplacés par les Marketeurs, de bas en haut de la hiérarchie. Un cadre, issu d’une école de commerce, me dit un jour : « J’ai passé un diplôme qui me permet de gérer n’importe quelle entreprise, il n’y a aucun problème à ce que je ne connaisse rien à l’électricité ! ». Les cons, c’est à des sentences pareilles qu’on les reconnaît ! On brisa l’esprit service public, des ringards, des archaïques. La facture d’électricité dépend de tes dons d’acheteur me dit-on. Pour vendre leurs contrats, les marketeurs, les dealers d’électricité proposèrent le tarif unique toute l’année : « oublier la gestion de la consommation, concentrez-vous sur votre métier, nous on vous fait un tarif qui vous permet de mettre en route vos machines quand cela vous arrange. Oubliez l’électricité, nous en s’en occupe pour vous ». Nous fûmes congédiés, rangés dans la préhistoire d’un nouveau monde où le marché donnerait le signal prix qui adapterait, vu sa fluidité, la production à la consommation ». J’en ai entendu du bullshit de libéraux, fiers de leur triomphe, des cons heureux. On aurait dit des jeunes conducteurs qui avaient trouvé la parade pour ne pas se faire prendre au radar et qui conduisaient à fond. Heureusement qu’ils n’ont pas encore dérégulé le code la route...

5ème loi de la gloutonnerie : qui dit gloutonnerie dit gloutons et gloutonné

Pour assurer que la spéculation boursière marche correctement, il fallut un peu tricher avec la bullshit théorie. II a fallu piller le service public, en l’obligeant à revendre un quart de sa production à prix réduit (l’ARENH). Ainsi nous avons pu voir se constituer des fortunes comme Beigbeder, Kretinsky et bien d’autres….Sa dénonciation passa pour du corporatisme, nous avons hurlé dans le vide, le sujet n’intéressait pas un journaliste, pourtant le principe était un vol pur et simple de bien public.

6ème loi de la gloutonnerie : face je gagne, pile tu perds

En effet, il faut régulièrement réguler la dérégulation pour être sûr qu’elle profite aux gros consommateurs et aux spéculateurs. En obligeant EDF à mettre sur le marché une grosse quantité d’énergie à bas coût, cela garantit des prix bas d’achat en période de forte consommation que l’on revend à prix fort ! La transformation d’EDF en multinationale anonyme fut réalisée avec le silence de la CGT énergie, notre FNSEA de l’énergie dont la haine anti-énergies renouvelables confine à l’obsession. Devenue obsédée de la rentabilité, investissant partout sauf en France, abandonnant l’esprit service public, dirigé par des banquiers qui ne connaissaient rien à l’électricité, martyrisant les résistants, les lanceurs d’alertes, les vrais syndicalistes, EDF s’est autodétruite, n’a plus entretenu son parc nucléaire. Le management à la Poutine ne fait pas des armées efficaces : corruption, gaspillage, hiérarchie flagornée, copinage patron-syndicat liquidant les contre-pouvoirs, aveuglement technologique, pillage par des cadres qui passent faire fortune dans le privé, gabegie généralisée, restructuration permanente, démoralisation généralisée, errements stratégiques à l’étranger…..la liste est longue, la question n’est pas de comprendre pourquoi EDF s’écroule mais comment ce système a pu tenir aussi autant ?

Voir article : Hercule à EDF , la vente du réseau électrique et des barrages

6ème loi de la gloutonnerie : Le glouton bouffe tout jusqu’à l’os.

Les délais de réalisation sont importants dans l’énergie, l’anticipation est obligatoire. Le prix du capital fondamental.  Le parc nucléaire arrivant au bout, il fallait choisir dans les années 2010 si nous le remplacions par d’autres technologies, si nous nous lancions à fond dans les énergies renouvelables : la procrastination fut la principale réponse à ce choix important qui nécessitait un gros endettement dans tout les cas : l’Allemagne trancha en 2011, mais en France, les partisans de chaque camp se neutralisèrent en apparence, mais seulement en apparence car il faut rendre à César ce qui est à César.

.Si les Pronucléaires empêchèrent le développement d’une filière française industrielle des renouvelables, ils détruisirent eux-mêmes leur filière. Les raisons : leur incompétence, le court-termisme et la corruption. Le scandale Uramin montra son étendue et des milliards furent perdu dans l’achat de mines vides d’uranium, l’EPR fut un chantier calamiteux, sa conception fut ratée, sa réalisation aussi. Il démontre que la corruption, le mépris du savoir-faire technique entraînent l’incompétence et l’enterrement des problèmes sous le tapis. Ils liquidèrent tout contre-pouvoir, en achetant les syndicats, en virant les lanceurs d’alertes (Sureté nucléaire low-cost: le premier qui dit la vérité, il faut le licencier ),. Certes ils financèrent d’excellents gourous médiatiques mais la réalité finit par leur revenir en pleine face. On peut gagner la bataille médiatique mais c’est victoire n’empêche pas la panne car ce n’est pas eu qui vous te faire une bonne soudure. Et quand tu rechigne à payer, t’as a plus de bon soudeurs et d’ouvriers qualifiés à la maintenance.

7ème loi de la gloutonnerie : s’il ne reste plus rien, accusez les autres.

Plus c’est gros, plus ça marche ; Ta gestion a détruit ta filière, accuse les écologistes d’avoir empêché EDF de se développer, de construire de nouvelles centrales nucléaires. C’est leur faire bien des éloges : ils ne pesèrent jamais rien au pouvoir. Rien chez Sarko (Borloo), rien chez Hollande  qui nomma quand même un 1er ministre issu de Cherbourg ; Cette ville est au nucléaire ce que les hospices de Beaune sont au Vin, une Mecque. Rien chez Macron. Le choix fut un non choix :ne pas entretenir le parc existant ne pas construire de nouvelles centrales ; Un vrai un choix de comptable qui voit la vie sur excel, obnubilé par son taux d’endettement et sa note financière.

Même si le choix de construire des centrales avait été fait début des années 2010, elles ne seraient toujours pas en service, et nous aurions choisi des EPR mal conçu car trop gros comme des gloutons. Les nouvelles centrales lancées maintenant ne le seront pas avant 2040. Si nous avions réalisé les énergies renouvelables comme nous l’avait demandé, sans trop nous forcer, nous passerions un hiver bien plus confortable et des dizaines milliards d’euros seraient engrangés. Mais en Europ nous sommes les derniers de la classe. Si, depuis 10 ans, les logements avaient été isolés, nous économiserions des milliards. Mais à l’époque, tout le monde me prenait pour un doux rêveur et disait que cela ne serait jamais rentable. Un exemple, Macron ruine depuis 5 ans les HLM en leur taxant 1.3 milliards/an soit l’équivalent de 3.5 semaines de profits de TOTAL. Résultat, plus de budget travaux pour isoler les HLM  (voir articles ici, scandale absolu jamais dénoncer par les médias d’opposition)

Nous avons raté un tournant industriel, il ne reste plus rien au pays qui avait su mettre au point les éoliennes, le photovoltaïque, la chaleur solaire. La malédiction de Mouchot à encore frapper, 150 ans plus tard. La France à de bons ingénieurs mais les lobbies sont au pouvoir.

Mais accuser le choix des politiques est viser à côté. A part la destruction de la filière ENR, ils n’ont en fait pas fait grand-chose, ce n’était plus de leur ressort.

Depuis 2010 les multinationales de l’énergie ont obtenu un privilège laissé jusqu’alors aux seuls banquiers. Les spéculateurs de l’énergie ont obtenu fin 2010 de débrancher le lien entre les choix énergétiques et la démocratie. Ce fut la création d’une soi-disant commission indépendante de régulation de l’énergie (CRE). Les choix énergétiques ne devaient plus dépendre des pressions démocratiques et laissés aux mains des fins connaisseurs, des lobbies gaziers par exemple…On passe des multinationales de l’énergie à la CRE sans soucis.

La filière nucléaire française s’est autodétruite, en détruisant ses compétences, en se battant entre différentes factions (les Pro EPR, les Pro Chinois), en niant la corruption et en croyant à la belle histoire : les centrales nucléaires peuvent durer 100ans ! Le mélange d’arrogance, d’incompétence et de corruption mènent aussi sûrement à la catastrophe que descendre une côte à vélo, sans frein, en fermant les yeux et en lâchant le guidon !


Le nucléaire est un état dans l’état, les politiques ne se sont pas mêlés réellement du débat, ils ont suivi le vent. Depuis une décennie, ils procrastinent, tout le monde s’en foutaient ou débattaient comme si on avait le temps. Tous crurent la belle légende des centrales françaises inusables.

Le nucléaire français est une étoile morte qui continue de briller pour ceux qui sont à des années-lumière de la réalité.

<img data-asset="Tout le monde s’en ficha de mon marché de l’électricité et de mes économies. Je dus changer de travail, les économies d’énergies était devenues une bonne méthode pour crever de faim. Je me lançai alors dans la production d’électricité photovoltaïque en autoconsommation. Certes beaucoup me pariaient que j’allais recrever de faim et que cela ne marcherait pas. « T’as pas lu Jancovici, il dit qu’elles ne seront pas rentables, pas réalisables… ». Je me rappelle ce panel de polytechniciens riant sur ma présentation de l’autoconsommation photovoltaïque : les ENR c’est un hobby d’écolo subventionné, aucun avenir ». Quelques années plus tard, le nucléaire est subventionné par dizaines de milliards et les ENR rapportent à l’état. Brillants stratèges bien nourris et toujours promus à chacune de leurs erreurs.

Je n’avais pas le choix, les confrères fermaient boutiques ou se reconvertissaient en acheteurs d’électricité. Je suis technicien et je n’avais pas envie de me reconvertir en VRP de bullshit. La gestion de la pointe fut abandonnée. Impossible d’investir dans le stockage, les économies d’énergies était devenues sans aucune visibilité. Une décennie de perdue. Une entreprise de Marseille, très novatrice dans le domaine, m’avoua ne travailler qu’en Afrique et dans les DOM TOM : « ici en France, c’est interdit tu sais, c’est comme vendre du saucisson en Arabie saoudite, ici c’est des intégristes. »


8ème loi de la gloutonnerie : Si on a tout bouffé, c’est qu’il n’y a en avait pas assez !

Tout roula pendant quelques années. A chaque problème généré par la dérégulation, comme l’augmentation du problème de pointe, les gloutons (les adorateurs de la secte du marché), décidèrent de rajouter une couche de marché. Quand les dysfonctionnements du communisme éclataient au grand jour, les apparatchiks répondaient : « c’est parce que nous n’avons pas assez fait  le communisme ». Les gloutons disent la même chose. Le capitalisme finira comme le communisme par un effondrement et le chaos.

La dérégulation augmente la pointe, pas grave nous allons mettre en place un marché de l’effacement : ainsi les usines à gaz s’empilèrent sur les usines à gaz. A force personne ne comprend plus rien. Même ceux qui pondent les usines à gaz. Les entreprises doivent consulter de coûteux cabinets d’études et d’avocats qui s’engraissent et participent à la gloutonnerie : d’un problème faisons un marché qui lui-même génère des problèmes, qui lui-même génère des profits.

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Dans le monde post-moderne nous ne réglions plus de problèmes techniques en mettant des installations techniques. Le monde obscurantiste des croyants du marché est fait de règles pleines de formules compliquées, le livre sacré. Une manne énorme est captée sur la facture d’électricité. Selon leur croyance et leur fumeuse théorie, ils nous conduisent sur l’optimisation du marché. Mais ’est particulièrement pas évident ces temps-ci, même Dominique Seux en a perdu la foi. En pratique, ceux qui entretiennent les centrales travaillent avec la bite et le couteau, dans une cascade de sous-traitance, gage de bien faire de la merde. Les consultants font fortune en optimisant les factures. Les spéculateurs gloutonnent comme jamais. Un tel fonctionnement ne peut que mal finir.


9eme loi de la gloutonnerie : le glouton rote souvent, il vomit parfois, nous chie dessus toujours !

La complexité génère des phénomènes chaotiques, ils sont, par définition, difficilement prévisibles. En école d’ingénieurs, nous l’apprenons, notamment en étudiant l’écoulement des fluides. Nous comprenons que dans des systèmes complexes, un incident peut déboucher sur de grandes conséquences.

Le COVID arriva avec son lot de fermetures, la consommation d’énergie baissa, la bourse de l’électricité s’effondra. Les dealers d’électricité réclamèrent alors la fin de l’obligation d’achat à EDF à prix fixe. Bien pratique avant le covid, elle leur faisait maintenant perdre de l’argent. C’était gonflé. Mais le glouton l’est.

 10ème loi de la gloutonnerie : quand il y a 6 zéros après le chiffre, la mauvaise foi tend vers l’infini.

Afin d’éviter d’être embêté par les choix politiques, il avait été décidé de débrancher électricité et démocratie en inventant la CRE, la commission de régulation de l’électricité. Cela marchait tellement bien pour les banquiers avec la BCE, alors pourquoi ne pas le faire avec l’électricité ? Entre connaissances on s’arrange bien plus vite que quand on est invité aux débats, où tous ces gens qui ne comprennent rien.

 11 ème loi de la gloutonnerie : Ne jamais demander leur avis aux dindons de la farce sauf quand ils sont pour.

Les prix de l’électricité devenaient certains jours négatifs, on vous payait pour consommer. (Payer pour consommer de l'électricité, le prix négatif du courant en temps de crise )

La reprise économique suivit la fin de l’épidémie, les centrales nucléaires s’avèrent en fait être des tas de tuyaux fatigués, corrodés et dangereux. Les travaux de réparation mis sous le coude sont devenus vitaux. Les autorités de sûreté réalisèrent enfin qu’elles étaient dangereuses, capables de ruiner le pays. Faute d’anticipation, elles devaient être mises à l’arrêt pour beaucoup d’entre elles. Guerre ou pas guerre, le problème aurait été le même. Mais ce que l’on pouvait compenser en faisant tourner des usines au gaz russes, bute maintenant sur un imprévu : la guerre en Europe. Sans guerre, le prix de l’électricité aurait flambé. Il est calculé sur le prix du gaz, au grand bonheur des gaziers très influents à Bruxelles et à la CRE (Commission de la Régulation de l’Enrichissement). Le château d’eau nucléaire qu’est la France en Europe, est à l’arrêt pour grave manquement d’entretien et de prévoyance la plus élémentaire.

Mais aux gros soucis des tuyaux fatigués se rajoutent la folie Poutinienne. La dérégulation entraîne une hausse vertigineuse du prix dans un secteur où le stockage n’existe pas par définition (on peut convertir l’électricité, jamais la stocker).

Dans toute guerre, le pouvoir politique prend le pas sur le marché et régule : les prix fixes, les rationnements et les taxes des profits sont la règle. Ce fut vrai en 14-18 et 39-45. Dans cette énième guerre européenne, ce n’est pas le cas ?Le dogme et les gloutons sont plus fort que les conséquences, mais jusqu’à quand? Jusqu’à quel niveau de douleur allons-nous arrêter la gloutonnerie? Spéculator : en temps normal la spéculation vole, en temps de crise elle tue !

12ème loi de la gloutonnerie.  Ne jamais reconnaître l’évidente impasse

Les usines ferment les unes après les autres, les pénuries s’installent et les conséquences vont être dramatiques. Une tempête à Limoges détruit les toitures en tuiles ; plus de tuiles, les fours sont à l’arrêt, les couvreurs posent des bâches.
Le retour de bâton est violent pour ceux qui ont cru gagner dans ce casino : tous les très gros consommateurs qui avaient profité du marché pour avoir des prix bas mais variables sont rattrapés par la flambée et perdent de l’argent à produire. Le prix est délirant : 4 à 20 fois le coût de production !
Les politiques procrastinent, un domaine où leurs capacités sont illimitées de manière impressionnante !

13ème loi de la gloutonnerie : « Laisser les médias parler des problèmes, les décrier mais ne jamais parler des solutions hors cadre » La démocratie s’est cause toujours ! »

Là où il aurait fallu fixer un prix fixe du Kwh, appliquer un rationnement partagé et lancer d’immenses et grands chantiers d’économies nous fermons les usines qui fabriquent les isolants. (voir propositions en annexes). Nous avons droit à un appel style colibri du gouvernement en clair : de la prière et de la com. Nous lui rappelons que dans la fable du colibri, le colibri meurt et que la forêt brûle. La gauche appelle à taxer les profits sans appeler à débrancher la machine infernale. Il faut viser la source et non les conséquences. Taxer les profiteurs de guerre, même la droite l’avait voté en 14-18.

14ème loi de la gloutonnerie : Sans abondance, la gloutonnerie tue (heureusement, les autres, pas les gloutons …)

Chaque semaine, des usines ferment : une fonderie d’aluminium, une d’acier, une verrerie, les fours à tuiles, nous ne trouverons plus de tuiles à la prochaine tempête hivernale. Si Poutine bombardait nos usines pour limiter notre soutien à la guerre, la réaction serait immédiate, mais il y arrive sans bombe. La dérégulation est plus efficace que les avions. Au lieu de cela, nous finançons la spéculation par de la dette publique et des impôts. Au lieu de fixer un prix stable, nous finançons les factures abusives.

15ème loi de la gloutonnerie : Ne jamais arrêter la goinfrerie sans être aller au bout du bout

Il est vital pour l’avenir de supprimer la CRE et revenir à une régulation et un financement par l’état de l’énergie. C’est un bien commun stratégique. Voilà une revendication pas sexy à porter pour ceux qui souhaitent un avenir.

16ème loi de la gloutonnerie : Les réalistes sont dans le cadre, le marché est indébranchable.

En guise de conclusion sur ce témoignage.

Au lieu de procrastiner, tant de choses sont à faire rapidement. Elles sont identifiées depuis tant d’années. L’Europe est le continent le plus démuni sur terre en énergies fossiles (uranium compris). Il est densément peuplé. Le choix des énergies renouvelables et de la sobriété s’impose de manière évidente. En 10 ans, dans le monde, 7 GW de nucléaire ont été installés et 140 GW de renouvelables. Leur coût est moindre.

En fait, nous avons juste à choisir les raisons pour lesquelles nous devons faire des renouvelables et de drastiques économies d’énergie :

QUIZZ :

  1. Tu es sensible à l’écologie, tes motivations pour ce choix sont le climat. Pour toi, il nous réserve un gros génocide si on choisit le thermostat hot. Tu ne veux pas de la retraite à 65 °.
  1. Tu es de droite, tes motivations sont la géostratégie. Si De Gaulle était actuellement au pouvoir, il nous en tartinerait partout d’éoliennes et tu râlerais contre les gens qui râlent contre.
  1. Tes es d’extrême-droite pour toi les éoliennes sont des moulins à vent qui ne produisent pas bien qu’elles produisent en Europe plus que toutes les centrales nucléaires françaises dont tu es si fier. Tu affirmes haut et fort que la transition énergétique, les renouvelables sont une escroquerie, une arnaque. Qu’elles ne pourront jamais remplacer le fossile.

Lettre au fafs et a d’autres :

La question des fossiles n’est plus là, nous n’avons plus le choix et quand on n’a plus d’alternative en Europe, les Américains ne peuvent encore hésitez, pas nous. Dans notre cas, le choix est normalement facile. Nous n’allons pas recoloniser des pays pour leur piller leur gaz et pétrole comme au 20 eme siècle. Même si on le voulait, on ne pourrait pas. Nous n’allons pas non plus fracturer hydrauliquement et détruire nos sols pour ne pas abîmer le paysage à coup d’éoliennes. Y’a trop de monde pour cela ici. Nous n’allons pas non plus mener le même train de vie énergétique et c’est la fin d’un mode de vie : grosses bagnoles – grosse vitesse-grosse maison individuelle- avions – grosse viande à tous les repas. Sera-t-on plus malheureux ? Pas sûr. Ton nucléaire est sûrement l’énergie du futur comme tu le dis. Elle le restera, l’énergie du présent, ce sont les renouvelables. Ton monde s’en va, tu peux en être nostalgique, mais continuer dans les fossiles c’est être génocidaire. Entame une thérapie plutôt qu’une guerre contre les écolos : taper le médecin ne guérit pas du cancer. Tu as besoin de soigner ta dissonance cognitive.

« Les ENR ça ne marchera pas » me répètes-tu. » Il faut préciser mon gars, les ENR aux mains du capitalisme, cela ne marchera pas effectivement, comme l’énergie aux mains des capitalistes, cela nous conduit dans le noir.

Le capitalisme a besoin d’abondance pour prospérer et rendre sa ponction acceptable. La fin de l’abondance inclue en elle la fin de la gloutonnerie. Pour réduire nos consommations énergétiques de manière acceptable par la population, le rationnement est de mise. Pour arrêter les fossiles et investir dans les ENR et les négawattheures sur 100 ans, il faut que le système soit public. Seul le public peut le faire car le privé investit à 12 ans max. Il faut faire du secteur énergétique un bien commun public, un service public décentralisé loin du capitalisme d’état. « Développer les ENR » « transition énergétique », ces termes sont déjà une erreur : « CONSTRUIRE UN RÉSEAU D’ENR » serait déjà plus juste tant tout est lié, de leur répartition à la place qu’elles prennent en passant par le recyclage des matériaux et à la synchronisation production/consommation. Tant de choses sont à organiser, la LOI DU MARCHÉ EST INOPÉRANTE. Le marché ne planifie pas. Le marché ne finance pas à long terme. Un projet à 30 ans, financé à 1 % (public) ou 7 % (privé) c’est pour le projet privé un coût triple pour le consommateur

Entre les rentiers et l’avenir, il y en a un de trop.

Le 21ème siècle a, pour moi, vraiment commencé au COVID. J’appelle ça la « catastrophère ».

Le 21ème siècle ne peut tenir toutes les promesses du 20ème !

Ces promesses de rente, de générations d’héritiers de plus en plus riches, de génération en génération. (Vasectomie pour les 1 %  à la naissance). Ces promesses ne peuvent plus être tenues. Les seules promesses que nous pouvons faire, ce sont les promesses de mobilisation climatique à nos enfants, petits-enfants actuels à qui nous allons laisser un monde rempli de drames.

Parfois, la radio donne des nouvelles dramatiques pendant que nous déjeunons et je change rapidement de station. Je me retrouve comme dans le film « la vie est belle », où un père de famille cache la vérité à son enfant. Nous menons nos enfants à l’abattoir et le déni est généralisé.

La guerre climatique est là (Je vous écris de votre futur ), nous devons mener une mobilisation générale. Dans toutes guerres, la spéculation a été combattue, la production planifiée, il y a eu la taxation des superprofits, que l’on devrait nommer profits non mérités ou les profiteurs de guerre. Le choix des mots est un combat important. La guerre est aussi idéologique. (La grenouille va-t-elle sursauter ? )

Le capitalisme et le climat sont dans la même situation que Napoléon envahissant la Russie, nous nous sommes engagés trop loin, l’alternative est entre la retraite organisée ou la fuite en avant nous menant à la Bérézina. Tout le monde s’en rend compte mais suit le chef dans son déni. La mutinerie est nécessaire face au fanatisme de marché.

Le cadre du marché de l’énergie est à exploser en priorité. C’est remettre la base notre société (l’énergie) dans une gestion de biens communs. C’est une lutte prioritaire et vitale, nos adversaires ont la puissance de feu médiatique, la force du déni et de la résignation. Mais nous avons la rationalité avec nous et une échéance civilisationnelle qui nous oblige à mettre nos médiocrités de côté. Les solutions ne sont pas dans le cadre qui a été défini pour protéger les intérêts des gloutons. La fin de l’abondance signifie la chasse aux gloutons. Elle doit être ouverte.

Post Scriptum :
Je vous adresse une liste ci-dessus non exhaustive, un peu en vrac et amendable de mesures concrètes, qui ont le mérite de sortir du cadre de la pensée dominante.  

La première des mesures est décrite : une loi disant « L’énergie est un bien commun engageant l’avenir de l’humanité et celui de la nation. Sa propriété ne peut être privée, la collectivité peut à tout moment en réglementer l’usage, l’usufruit et en fixer le prix ».

Le marché de l’énergie est géré par un organisme public dépendant de l’état, il fixe le prix et la quantité de vente réglementé. Il gère pour les énergies stockables (fossiles, bois) une réserve stratégique qui doit monter à un an de consommation au lieu de 3 mois. Il fixe les prix de l’électricité de vente aux consommateurs et le prix d’achat aux producteurs. Cette organisation gère la tarification progressive et l’ECO (Epargne Climatique Obligatoire). Elle planifie la répartition de la production des ENR et délègue la réalisation aux collectivités, coopératives locales. Elle finance le plan des économies d’énergie et la mise en réseaux des ENR.

Propositions :

Le facile et pas cher :

  • Une tarification sociale et écologique incitative
    La première des choses est de mettre en place une tarification par tranche : un prix fixe par tranche de consommation : plus vous consommez, plus le prix du KWh est cher et cela de manière exponentielle. Les sobres paient peu, les gaspilleurs, cher. L’incitation aux économies est fortement rentable.
    Une grille est appliquée pour chaque professionnel. Investissement quasi nul mais qui rapporte beaucoup d’économies.
  • Une tarification de l’énergie ECO : une Épargne Climatique Obligatoire : Vous achetez 1 litre d’essence, vous payez 20 centimes d’Eco mis sur votre compte d’épargne climatique. Avec cet argent vous ne pouvez acheter que des économies d’énergie ou de CO2 : billet de train, isolation maison, remplacement voiture par une plus écologique, panneaux solaires etc... à définir avec soin. Un tel système n’est pas une taxe mais une épargne forcée. Appliquée aux entreprises, aux copropriétés, elle permet un investissement rapide dans les économies d’énergie…
  • Mettre l’énergie dans la compétence de toutes les collectivités. Elles peuvent devenir productrices d’énergies, ou investir dans les économies d’énergie ou encore être co-organisatrices de réseaux.
  • Une tarification visible en fonction de l’heure de consommation est appliquée aux usines. Elles investissent dans des moyens de stockage de froid (réserve d’eau glycolée -réserve d’air comprimé- stockage de chaleur).
  • La vitesse sur autoroute est passée à 100 KM par heure, l’économie en vies et en pétrole est instantanée. Nous rappelons à ceux qui l’ignorent, que la consommation d’énergie au-dessus de 70 km/ h évolue au cube de la vitesse, que de passer de 100 à 130 nécessite de multiplier par plus de 2 sa consommation d’énergie en frottement d’air et que cela fait une Énergie d’impact augmentée de 70 % en cas d’accident. Investissement quasi nul, mais qui rapporte beaucoup (30 % de moins de conso sur autoroute).
  • Énormément de foyers laissent leurs équipements informatiques tourner toute la journée. Une obligation d’installer des logiciels qui éteignent l’équipement inactif est demandée aux constructeurs informatiques (Microsoft-google, etc…). Une réduction de la qualité vidéo du streaming permet aussi de limiter rapidement la gloutonnerie d’énergie d’internet. Investissement peu, rapport beaucoup.
  • Extinction des éclairages nocturnes dans toutes les zones non fréquentées. Le surplus d’électricité pourrait être utilisé pour faire fonctionner des usines très consommatrices. Éteindre les panneaux publicitaires, fermer tous les supermarchés le dimanche et la semaine, réduire leur ouverture de deux heures
  • Mise à disposition des foyers, dans chaque mairie, d’un lot gratuit de lampes LED et d’économiseurs d’eau (mousseurs)
  • Surisolation gratuite des ballons électriques cumulus.
  • Isolation gratuite des tuyaux d’eau chaude.
  • Installation obligatoire sur les douches sur l’arrivée d’eau froide d’un récupérateur de chaleur sur l’évacuation d’eau grise de la douche.

Plus cher mais facile :

  • TVA a 0 % pour tous matériaux et travaux économisant l’énergie : matériaux d’isolation, de régulation. TVA a 0 % sur le solaire en contrepartie de la fin des aides: elles sont du montant de la TVA au prix d’une bureaucratie coûteuse.
  • Taxe sur le poids des véhicules pour favoriser les véhicules légers même sur les véhicules électriques en faisant une différentiation de taux.
  • Isolation gratuite de tous combles perdus par soufflage d’isolant
  • Faire payer une part de la facture de chauffage aux propriétaires louant des logements de E à G : 25 % pour les E et 75 % pour le G.
  • Pose d’une interface à chaque compteur électrique donnant au foyer sa consommation instantanée.
  • Embauche par l’état de 50 000 personnes chargées du conseil auprès des entreprises et des foyers.
  • Proposer un abonnement de 50 € / mois pour prendre les transports en commun.

Plus cher et moins facile :

  • Mettre en route les STEP déjà en partie construites ou en projets en France. Stockage par pompage et turbinage d’eau. Il existe en Corrèze une station déjà entamée et non mise en route en pleine pénurie ! Pose d’un financement pérenne pour ces installations. Il s’agit typiquement de projets détruits par la dérégulation du marché. Mise en place de stations de stockage par air comprimé dans les anciens gisements de gaz naturel. Mise en place de moyens de stockage annuel comme la méthanisation ou l’hydrogène.

Avec le Photovoltaïque, le potentiel est énorme: les propositions d'ENERPLAN, même si elles ne sont pas révolutionnaires, vont souvent dans le bon sens.

Cela permettrait de déployer enfin le PV sur les toitures au lieu de couper des forets pour mettre du PV.

-créer un bac PRO SOLAIRE et former rapidement des centaines de milliers d'installateurs en ouvrant un centre de formation pour adultes dans chaque département.

- obliger la construction neuve avec une orientation sud - la pose de crochets sur la toiture et de gaines allant du tableau élec au toit -l’emplacement pour un onduleur dans le tableau.

Ainsi, la pose de panneaux sur le toit serait rapide et à la portée de tous financièrement.

- création de box-batterie à accoupler aux transfos de quartier (TRANSFO-BAT) afin d'absorber les pointes et les creux, permettant de limiter les travaux de renforcement sur les réseaux Basse tension.

- obliger les constructeurs de voitures de faire du V2g (véhicule to grid) : 15 millions de voitures électriques fourniraient 10 GW d'appoint de pointe.

- supprimer les obligations de déclaration aux mairies et à ENEDIS pour les petites installations inférieures à 36 KW.

- taxer les installations solaires pour payer les TRANSFO-BAT- la lier à l'autoconsommation afin d'inciter à réduire les pointes d'injection.

Autoriser la construction de petits collectifs et limiter très fortement la maison individuelle. Ne pas autoriser l’urbanisation si un maillage de transports collectifs n’est pas réalisé.

10 € de chantier de route ou stationnement = 1 € reversé pour un chantier de pistes cyclables. Cette mesure oblige les collectivités qui financent ces projets à investir dans la mobilité douce.

Développer les réseaux urbains de chauffage en favorisant le solaire thermique et les pompes à chaleur.

Limiter la consommation de bois de chauffage et favoriser les énergies renouvelables qui n’utilisent pas la photosynthèse : le vent, le soleil et la géothermie.

 a suivre...

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