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Pour cette promenade, Joris Rühl a invité un autre clarinettiste, Xavier Charles. Leurs sons multiphoniques sont délicats. La forêt est parfois menaçante. Il aurait fallu surveiller la météo. Se joignent à eux l'accordéoniste Jonas Kocher et le percussionniste Toma Gouband, donc d'autres anches, battantes cette fois, et des sons organiques : galets, feuillage, peaux, métaux...
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En entremêlant fiction (Boris Karloff dans un rôle qui lui ressemble) et réalité (le tueur de masse inspiré par Charles Whitman) dans la présentation de l'épouvante, Bogdanovich souligne la schizophrénie américaine dans son rapport à l'horreur. La violence est intrinsèque sous une couverture bien pensante...
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Jouant aux dix films à emporter sur une île déserte, l'exercice est un peu vain, mais il peut fournir des pistes. Les choix, forcément subjectifs, renvoient à l'histoire de chacun. Le cinéma a tout à voir avec le souvenir et le fantasme, l'identification à des histoires vécues et les perspectives que l'on se donne encore...
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Si le mot « stakhanoviste » peut désigner une personne très efficace, volontaire et abattant une quantité de travail hors normes, je crains fort d'être associé au mineur du Donbass, héros du travail socialiste, Alekseï Stakhanov. Or je me demande si ma manière de faire les choses ne tient pas surtout d'une névrose obsessionnelle qui me pousse par ailleurs à dormir très peu...
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Délais et réverbération, ces effets jouent avec la durée, un temps élastique, comme du verre qu'on file à 1200° et qui devra refroidir pour que se révèle sa transparence. Lorsque Tomorrow Starts Tonight, se termine, il est difficile de lui faire succéder autre chose que le silence. Aux cordes électriques de David Fenech se superpose la trompette de Rhys Chatham...
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L'abîme crée le vertige. La recherche infinie de l'innocence, la force de ne pas savoir, la nécessité d'inventer. Celles et ceux qui vous évoquent citent ceux qui m'ont fait. Certains du moins, qui me sont si chers. Goya, Hugo, Michaux, Vercors et tous les inconnus qui ont glissé leurs œuvres sous le lit de l'institution que les hébergeait...
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On aurait tort de penser que l'Art Ensemble of Chicago est de l'histoire ancienne. Lester Bowie est mort en 1999, Malachi Favors en 2004, Joseph Jarman en 2019. Or, entourés par une vingtaine de jeunes musiciens et musiciennes, Roscoe Mitchell et Famoudou Don Moye perpétuent l'esprit du groupe. Enregistré en concert...
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Sympa de trouver cette chronique sur notre nouveau CD le jour de sa sortie officielle. Oui c'est aujourd'hui, même s'il est temps d'aller me coucher après la fête dominicale qui a réuni une trentaine des musiciens et musiciennes qui ont joué sur un ou plusieurs des trois volumes de Pique-nique au labo. Formidable journée de rencontres, d'amitié et de rigolades...
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Sans l'avènement de la vidéo portable Le lion, sa cage et ses ailes n'aurait jamais existé. Sans celui du DVD je n'aurais pas pu regarder les huit films qu'Armand Gatti tourna avec les ouvriers immigrés de chez Peugeot à Montbéliard. Celui-ci rassemble 8 films tournés de 1975 à 1977 par, pour et selon les ouvriers, regroupés en communautés d'origine...
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Comment se fier à un homme qui s'inspire ou collabore avec Jacques Roubaud, Jan Švankmajer, William Kentridge, Lewis Carroll, Ulrike Meinhoff ou le Marquis de Sade ? Ou comment ne pas considérer avec le plus grand sérieux un compositeur joué par des orchestres comme l'Ensemble Modern ou l'Ensemble Isctus ? Il s'agit de François Sarhan qui vit actuellement à Berlin...