Blog suivi par 2 abonnés

Le Soupirail

  • L'aveu d'un renoncement: quand l'enseignement devient séduction

    Par | 5 commentaires | 2 recommandés
  • Le Soupirail

    Par
  • La culpabilisation du pauvre

    Par | 1 commentaire | 3 recommandés
    Il est impossible d'y avoir échappé tellement la polémique a accaparé les pages de la presse. Le dernier ouvrage de Michel Onfray, Le crépuscule d'une idole (1), a déclenché (2) des levées de boucliers. Certaines ont été parfois stupides ( "comment peut-il parler de la psychanalyse sans avoir été psychanalysé?"), d'autres carrément violentes. Portés, tambour battant, par l'historienne de la psychanalyse E. Roudinesco (3), les coups cherchèrent à invalider d'emblée la lecture de l'ouvrage en taxant son auteur - qui se présente comme appartenant à une gauche anti-libérale -, de pseudo-intellectuel faisant le jeu de l'extrême droite (4).Comme à l'époque de la parution du Livre noir de la psychanalyse (5) le débat fut des plus décevants: une fois encore, la dénonciation péremptoire des volontés de nuire (6) l'a emporté sur la médiatisation d'une question pourtant essentielle à l'heure où, après avoir légalisé, on ne sait dans quel but, la notion d'"inceste", le gouvernement évoquait la pénalisation des violences psychiques subies dans les liens du mariage. Cette question, c'est celle des répercussions de la psychanalyse dans le champ sociopolitique. Car, il ne fait aucun doute qu'au-delà des interrogations sur la scientificité et le pouvoir de guérison du savoir et de la technique analytique, la découverte, ou plutôt, la compréhension freudienne des lois de la psyché a participé à l'avènement d'une culture psychologique (7) qui profite aujourd'hui à une transformation de l'Etat providence en faisant passer comme allant de soi, un recentrement de ses interventions autour de la protection de la santé mentale.
  • Les périls de la pensée des bons sentiments. Plaidoyer en faveur des servitudes volontaires

    Par | 1 recommandé
  • Jacques Attali, un ami qui nous veut du bien?

    Par | 1 recommandé
    On présumait Monsieur Attali particulièrement intelligent, on le croirait, après la lecture d'un billet qui appelle à l'interdiction de la vente de tabac (1), sujet à des accès de pensée PMUesque. Quand il nous dit que personne n'a jamais songé à l'interdiction du tabac, on serait tenté de lui recommander de fréquenter davantage les lieux réputés pour leur philosophie politique de comptoir où l'interrogation est posée depuis bien longtemps. Surtout, quand il met sur le même plan Médiator et tabac, on serait presque saisi d'une brusque envie de lui envoyer un traité sur l'art de raisonner: il n'est en effet pas nécessaire d'être doté d'un Q.I. à trois chiffres, pour comprendre que les préoccupations inhérentes à la mise sur le marché des produits de santé ne sauraient être transposées en toute simplicité à la vente du tabac qui est un produit de consommation courante. On peine donc à comprendre quelle mouche a piqué Attali à moins de retourner à notre première supposition: Monsieur Attali est intelligent. Il n'écrit pas plus vite qu'il ne pense et ses raccourcis démagogiques ne sont pas sans véhiculer un message qu'il faut savoir décrypter. Polémique, son argumentation témoigne d'un machiavélisme (2) qui mise sur l'efficacité contemporaine du registre des bons sentiments pour, sans en avoir l'air, rappeler un mot d'ordre: il n'y pas de capitalisme prospère sans politique d'appropriation des corps. 
  • L'ère des monologues: Facebook made in Occident

    Par | 2 commentaires | 1 recommandé
    « Le réseau Facebook, créé il y a 6 ans, est désormais le n°1 mondial. Il dispose d’une communauté de près de 500 millions d’inscrits, qui téléchargent chaque jour de l’ordre de 100 millions de photographies. Le chiffre d’affaire a doublé entre 2008 et 2009, et il s’élèverait entre 600-800 millions de dollars ; peut-être est-il en train d’atteindre de nouveaux sommets pour 2010. Parmi les 10 sites les plus fréquentés du monde, Facebook est de loin le plus chronophage ; quand un internaute passe en moyenne 1h20 sur Google ou 1h30 sur eBay, il se connecte 6h par mois sur Facebook. Le phénomène des réseaux sociaux concerne évidemment la France puisqu’on estime à plus de 20 millions le nombre de Français inscrits sur le réseau communautaire et à plus de 8 millions celles et ceux qui s’y rendent quotidiennement, avec les moins de 24 ans qui représentent plus du tiers des inscrits » (Député Jean-Luc Warsman (1).)  La prise de la parole dans l'espace public est une responsabilité devant laquelle il faut chaque jour savoir hésiter. Avec internet, le développement des réseaux sociaux, la création à tout vent de blogs, l'étalage à outrance de l'intime sur la scène publique, l'heure est plutôt à l'économie de la parole tant il vole aujourd'hui, dans le monde virtuel, comme un brouhaha exalté par la revendication d'une liberté de penser réduite à la consistance d'un hypothétique droit de s'exhiber sans être jugé. Ce phénomène mérite de retenir l'attention car le règne du moi bouscule la séparation des espaces publics et privés sans prendre gare au fait que cette séparation structure l'intimité.
  • Qu'est-ce que le "sarkozisme"? Propos sur le renversement des valeurs de la démocratie libérale

    Par | 2 recommandés
  • Une ode au néolibéralisme nommée "Jean-Philippe"

    Par | 1 recommandé
    Dimanche dernier, je le confesse, j'ai fait partie des télespectateurs qui ont offert leur temps de cerveau disponible à TF1 dans l'espoir d'échapper, devant Jean-Philippe (1), à un quotidien mal enchanté. Sans doute parce que Johnny est une de ces mythologies nationales qui m'exaspèrent (pas tapé, pas tapé, promis, je ne le dirai plus...), je croyais trouver dans l'imagination d'un monde-sans-lui, une pincée de magie réconfortante. Naïf, trop naïf... C'est exactement l'effet inverse qui s'est produit car ce qui aurait pu être une critique acerbe d'une époque jugée à l'aune de ses idoles s'est révélée n'être, au fond, qu'une nauséabonde ode au néolibéralisme (2) qui, depuis le début des années 1980, refaçonne la société française via la pomotion des figures conquérantes (3).
  • La publicité, nouveau modèle dans l'élaboration des politiques publiques?

    Par | 4 recommandés
    "Les neurosciences [cherchent] à se positionner comme étant les nouvelles détentrices du savoir absolu. Elles veulent faire taire "cette étrangeté de l'unique" sur laquelle elles n'ont pas de prise. Il semble que l'Etat les soutienne dans cette opération de maîtrise au service d'un utilitarisme qui prend sa source dans les impératifs du fonctionnement économique de la société de marché." (1) Tous les moyens sont-ils bons pour atteindre une fin? C'est cette question, on ne peut plus classique, que soulève la lecture Nouvelles approches de la prévention en santé publique,
  • La fabrique du consentement à la surveillance généralisée

    Par | 2 recommandés
     Ceux pour qui la vidéosurveillance (1) est un pas de plus dans la limitation des libertés individuelles peuvent, pour lutter contre elles, avoir recours à plusieurs stratégies. Le premier réflexe, celui qui vient instinctivement, est de se tourner vers l’évaluation de ce dispositif : entre vidéosurveillance ou vidéoprotection (2), c’est par l’analyse des chiffres que la question serait tranchée. Le deuxième réflexe consiste à s’interroger sur les buts poursuivis pour essayer de montrer que le recours aux caméras vise, avant toute autre chose, à protéger le pouvoir en place, ou encore, à faire circuler des fonds vers les amis du pouvoir.