Version numérique de la revue Dedans-Dehors, ce blog informe sur les conditions de détention en France. Il décrypte les politiques pénales et pénitentiaires, ainsi que leurs effets sur le terrain. Il1…
donne la parole aux témoins quotidiens de la prison : les détenus et leurs proches venant au parloir, les professionnels et intervenants en détention (personnels pénitentiaires, médecins, enseignants, associations, chercheurs…). Des informations et paroles qui reflètent une toute autre réalité que celle des faits divers. Cet envers du décor, où se cachent les dégâts et effets contreproductifs de l’approche répressive, dans laquelle médias et politiques ont enfermé le débat public. www.oip.org
Photo de couverture : (c) G. Korganow / CGLPL
Six ans après son adoption, le plan de prévention du suicide en détention de 2009 a fait l’objet d’un audit, réalisé par les inspections générales des services judiciaires et des affaires sociales. L’OIP s’est procuré leur rapport. Les constats sont accablants. Décryptage.
Constatant l’échec évident de la prévention du suicide en prison, l’ancien Contrôleur général des lieux de privation de liberté Jean-Marie Delarue dénonce le refus de l’administration pénitentiaire de considérer les causes du passage à l’acte des détenus. Empêchant ainsi toute amélioration de la prévention. Entretien.
Depuis le début de l’année, la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis est confrontée à un nombre de décès sans précédent. Une situation sur laquelle l’institution refuse de rendre des comptes, accroissant ainsi les tensions dans un établissement, le plus grand d’Europe, qui cumule déjà de nombreux facteurs de mal-être et dysfonctionnements. Zoom sur cette prison hors normes.
Tous les 2 jours, une personne décède en détention. Des drames qui soulèvent de nombreuses questions. Celle de l’opacité qui entoure souvent ces morts ; du silence opposé aux questions des proches, familles et codétenus, d’autant plus violent qu’il semble teinté d’indifférence. Du manque de considération donnée à l’humain par l’institution, empêtrée dans ses logiques gestionnaires et sécuritaires.
Alors que la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis connaît une hécatombe, avec quinze décès depuis le début de l’année, l’OIP consacre un dossier aux morts de la prison. Hasard du calendrier, la garde des Sceaux présente au même moment son projet de refonte de la Justice, dont un volet porte sur le sens et l’efficacité des peines. Édito.
Quel sens donner à une peine tellement longue qu’elle empêche de se projeter dans un avenir autre que la prison ? Comment réintégrer une société dont on a été si longtemps coupé ? Si elles sont peu nombreuses, les personnes condamnées à des peines de 10, 20, 30 ans d’emprisonnement, voire plus, sont confrontées à des problématiques spécifiques – et confrontent l’institution à ses paradoxes.
L’incarcération offre-t-elle les conditions d’une remise en question, d’un travail sur soi ? Impossible, pour beaucoup, la prison étant avant tout vécue comme un lieu de souffrance. Certains y parviennent cependant, malgré la prison davantage que grâce à elle. Et sous réserve que leurs conditions de détention leur permettent de garder leur dignité. Témoignages.
Quand le quotidien en prison est vécu comme « un dépérissement en cellule confinée et surpeuplée », que les besoins fondamentaux, de confort de base mais aussi d’affection, de sens, de justice, sont négligés, mis à mal, l’incarcération peut-elle avoir un sens ? Réactions… et propositions des principaux intéressés : les détenus.