Pascal Maillard
Abonné·e de Mediapart

190 Billets

7 Éditions

Billet de blog 3 sept. 2016

Pascal Maillard
Abonné·e de Mediapart

Soutenez « La Boise de Saint-Nicaise »!

L’association « La Boise de Saint-Nicaise » est née, nous annonce Bertrand Rouziès dans un texte de lancement. J’invite le plus grand nombre à soutenir ce beau projet et, pour celles et ceux qui le souhaitent, à s’engager en devenant membres de l’association. Même un don modeste sera précieux.

Pascal Maillard
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Logo de Pablo Domingo © La Boise de Saint-Nicaise

L’association « La Boise de Saint-Nicaise »* est née. Un appel national à adhésions et à dons est lancé, relayé et soutenu par Nuit Debout-Rouen. Cette association reprend l’œuvre commencé par les Communard-e-s occupant l’église Saint-Nicaise à Rouen et que l’exécution d’un arrêté d’expulsion a interrompu en juin dernier. La boise, vieux banc à palabres médiéval, renaît de ses cendres et vous toutes et tous qui avez suivi les derniers rebondissements de cette aventure inédite êtes invité-e-s à vous y asseoir, chacun selon ses moyens et sa disponibilité. 

Rappelez-vous. Le 6 juin, la préfecture de Normandie faisait déloger par une centaine de policiers les sept Communard-e-s installés dans l’église Saint-Nicaise, en cours de désaffectation. La même préfecture, le 2 juillet (parution au JO), portait officiellement sur les fonts baptismaux l’association collégiale de sauvegarde qui figurait dans les projets de la Commune.

Le mur murant la Commune n’a pas éteint son murmure. Celui-ci continue d’infuser dans l’air qu’on respire et dans la terre qu’on foule. Il est aérien, comme les vibrations persistantes du bourdon de 8 tonnes, dont les Communard-e-s se sont servis pour battre le tocsin ; il est souterrain comme ces sources jadis réputées miraculeuses qui s’écoulent toujours sous l’église Saint-Nicaise, symboles permanents de l’impermanence et du renouvellement de toute chose. Les lieux ont beau être à nouveau condamnés, nul ne peut oublier que durant un mois, dans cet écrin improbable de béton et de pierre, se sont rencontrés et nourris l’un de l’autre le combat présent de Nuit Debout contre « la loi El-Khomri et son monde » et l’histoire rouennaise des luttes sociales.

Les Communard-e-s travaillaient à rendre à la collectivité un espace public singulier menacé de privatisation. Riverain-e-s de l’église et Communard-e-s conjuguent aujourd’hui leurs forces pour poursuivre cette entreprise, dans un climat qu’on espère plus serein. L’association reprend les trois axes définis en 2015 dès avant l’occupation : l’axe patrimonial, l’axe social et l’axe culturel, réunis sous l’accolade d’un chantier-école dont nous inventerons les formes. Elle s’inscrit en outre dans l’esprit transpartisan de printemps civique initié par Nuit Debout. Vous qui avez suivi de près ou de loin, de cœur et d’âme, cette expérience peu commune de réappropriation des communs, nous vous convions à en soutenir le prolongement naturel. Saint-Nicaise est le chantier présent de demain. Nous continuerons de tendre la main à la municipalité. La force publique, même affaiblie, quand elle accepte d’utiliser le levier du peuple, soulève les montagnes. Autrement, quand elle se réduit à une force d’obstruction auxiliaire de l’oligarchie, elle soulève le peuple contre elle. En démocratie, un peuple n’est pas gouverné, il se gouverne. Tenons bon là-dessus ou l’ultime garde-fou cèdera.  

Nous avons besoin de havres décloisonnés où cultiver la bienveillance et la solidarité. Nous voulons faire de l’ex-église Saint-Nicaise un de ces havres, un point d’ancrage du bel et du bon, et un vivier civique. Aidez-nous à construire dans ce havre une école de la République qui réponde aux principes qui l’ont fondée.

Pour qu’on ne nous accuse pas de nous payer de mots, comme tant d’autres, voici de quels objectifs, si vous adhérez, vous vous ferez les ambassadeurs/-drices et les soutiens :

- Notre premier objectif sera de constituer sur le site Internet  de l’association (à construire) une base documentaire historique et technique sur l’église Saint-Nicaise et son presbytère, depuis les origines jusqu’à la création de la Commune, mêlant archives et témoignages sur tous supports, ainsi qu’un inventaire illustré et légendé de ce qui s’y trouve. Ceci en vue de faire découvrir à celles et ceux qui s’y intéressent et qui ne peuvent l’apprécier in situ un monument unique en son genre. Cela permettra également de réinscrire l’ensemble à l’ordre du jour de la sauvegarde patrimoniale. Plus le dossier sera étoffé, plus il apparaîtra comme nécessaire à la DRAC de mener dans les plus brefs délais une expertise sérieuse, conjointement avec les services techniques de la municipalité.

- Notre deuxième objectif, partant du constat qu’il n’y a plus de soupe populaire sur la rive droite de Rouen, sera de réactiver, en partenariat avec les associations dont c’est la compétence, les œuvres sociales de Saint-Nicaise. Cela impliquera de rouvrir et de mettre aux normes sanitaires les bâtiments (aumônerie et sacristie) déjà équipés qui y étaient dévolus, avec l’accord de la municipalité propriétaire. Cela impliquera également de discuter des modalités d’organisation d’une gratiféria (marché gratuit), dans ou à proximité desdits locaux, et d’une reconversion du jardin du presbytère en jardin collectif.  

- Notre troisième objectif sera d’organiser dans la Maison de quartier du foyer Saint-Nicaise, avant de migrer vers l’église elle-même quand elle sera sécurisée, des conférences-débats ouvertes à tout le monde, dans la continuité de ce que fait Nuit Debout et dans la tradition de l’éducation populaire.

Ces trois objectifs seront poursuivis simultanément, car tout se tient. L’histoire des lieux et les nécessités du temps exigent pareille synthèse.

Plus vous serez nombreux/-ses à adhérer à l’association et/ou à donner, plus vite nous atteindrons ces objectifs et plus lourd nous pèserons politiquement (il s’agit de politique au sens noble du terme), l’objectif terminal étant de rendre à un demos conscient de sa force créatrice une maison commune restaurée qui soit tout ensemble mouseîon, agora et skênê, temple des Muses, place d’échanges et scène culturelle.

Grâce à Nuit Debout-Rouen et au réseau des associations locales, nous disposons pour l’instant de toutes les compétences requises. Toutefois, sur des actions ponctuelles d’envergure, qui demandent des conseils juridiques et techniques précis, un renfort de bras et de compétences particulières (il peut s’agir de conférenciers/-ières), des matériaux de remploi et des levées de fonds, il sera fait appel aux adhérent-e-s du périmètre élargi. L’église Saint-Nicaise n’est pas la propriété exclusive des habitant-e-s du quartier Saint-Nicaise. C’est une propriété inclusive. Elle appartient à qui se prend d’amour pour elle et n’entend pas la posséder pour soi seul.

Saint-Nicaisement vôtres,

Pour « La Boise de Saint-Nicaise »,

Bertrand Rouziès.

* Boise : n. f. (patois brayon) Madrier ou grosse poutre en bois. Sur l'histoire mouvementée de la boise de Saint-Nicaise : https://blogs.mediapart.fr/…/0306…/redonnez-nous-notre-boise.

  --------------

Pour abonder la cagnotte destinée à financer une nouvelle expertise de l’église et les premiers projets, rendez-vous ici :

https://www.colleo.fr/cagnotte/4600/expertise-et-lancement-des-premiers-projets

Un don donne lieu à la délivrance d'une attestation fiscale 

Pour adhérer à l’association, vous trouverez toutes les références utiles (statuts, bulletin) à cette adresse :

https://www.facebook.com/La-Boise-de-Saint-Nicaise-327046907636894/

Le bulletin d'adhésion peut aussi être téléchargé ICI

 ------------

Rappel des publications sur Mediapart :

- 30 mars 2015 : La mairie socialiste de Rouen aimerait bien mettre en vente l'église des pauvres. Tout un symbole ;

- 9 mai 2016 : Comment Nuit Debout rebaptise civiquement l'église des pauvres ;

- 15 mai : Le tocsin sonne à 120 kilomètres de Paris ;

- 23 mai : Nuit Debout crée la "Commune Saint-Nicaise" à Rouen (par Patrice Beray) ;

- 3 juin : Redonnez-nous notre boise ! ;

- 6 juin : La Commune Saint-Nicaise à Rouen délogée (par Patrice Beray) ;

- 7 juin : Histoire d'un crime (Bertrand Rouziès et Pascal Maillard) ; 

- 31 août : Note de veille sur Saint-Nicaise.

--------------

Façade ouest de l'église Saint-Nicaise © BRL
Choeur de l'église Saint-Nicaise © Nuit Debout Rouen
Eglise Saint-Nicaise-Vitraux Renaissance du Choeur © Laëtitia Auber-Mainot
Logo de Pablo Domingo © La Boise de Saint-Nicaise

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Politique
À La France insoumise, le flou de la réorganisation suscite des inquiétudes
Si des garanties sont données aux militants insoumis en vue d’améliorer l’implantation locale du mouvement, la composition de la nouvelle direction, restée jusque-là à la discrétion d’une poignée de cadres, fait craindre de mauvaises surprises.
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle
Journal — Éducation et enseignement supérieur
Une école plus si obligatoire
Pour faire face à la menace de coupures d’électricité cet hiver, le gouvernement a brandi une possible fermeture des écoles le matin, au coup par coup. Cette politique repose, trois ans après l’épidémie de Covid, la question de l’obligation d’instruction des enfants, un principe sans cesse attaqué.
par Mathilde Goanec
Journal — Énergies
EDF face aux coupures d’électricité : la débâcle énergétique
Jamais EDF ne s’était trouvée en situation de ne pas pouvoir fournir de l’électricité sur le territoire. Les « éventuels délestages » confirmés par le gouvernement attestent la casse de ce service public essentiel. Pour répondre à l’urgence, le pouvoir choisit la même méthode qu’au moment du Covid : verticale, autoritaire et bureaucratique.
par Martine Orange
Journal
Les gueules noires du Maroc, oubliées de l’histoire de France
Dans les années 1960 et 1970, la France a recruté 80 000 Marocains pour travailler à bas coût dans les mines du Nord et de la Lorraine. La sociologue Mariame Tighanimine, fille d’un de ces mineurs, et la journaliste Ariane Chemin braquent les projecteurs sur cette histoire absente des manuels scolaires. 
par Rachida El Azzouzi

La sélection du Club

Billet de blog
Fin de vie, vite
Le Comité Consultatif National d’Éthique considère « qu’il existe une voie pour une application éthique d’une aide active à mourir, à certaines conditions strictes, avec lesquelles il apparait inacceptable de transiger ». Transigeons un peu quand même ! Question d’éthique.
par Thierry Nutchey
Billet de blog
Mourir en démocratie — La fin de vie, une nouvelle loi ? (le texte)
Les soins palliatifs, et donc la sédation, ont désormais des alliés ne jurant que par eux pour justifier l’inutilité d’une nouvelle loi. Mais les soins palliatifs, nécessaires, ne sont pas une réponse à tous les problèmes. Si c'est l'humanité que l'on a pour principe, alors l'interdit actuel le contredit en s'interdisant de juger relativement à des situations qui sont particulières.
par Simon Perrier
Billet de blog
Fin de vie : faites vivre le débat sur Mediapart
En septembre dernier, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis qui rebat les cartes en France sur l'aide active à mourir, en ouvrant la voie à une évolution législative. Conscient que le débat autour de la fin de vie divise la société, le président de la République lance un débat national. Nous vous proposons de le faire vivre ici.
par Le Club Mediapart
Billet de blog
Récit d'une mort réussie
Elle avait décidé de ne plus souffrir. En 2002, La loi sur l'euthanasie venant d'être votée aux Pays-Bas elle demanda à être délivrée de ses souffrances.
par françois champelovier