Jean-Pierre Le Goff et la société bavarde à la française

L'épuisement du gauchisme culturel, l'épuisement de la rhétorique de communication institutionnelle, la lassitude du public face au traitement bavard des drames sans les résoudre, le saucissonnage opportuniste de l'actualité par les médias et le politique, les lois de circonstances, ... Le confusionnisme des notions mène à la perte de sens et d'intérêt pour l'action publique et la presse.

https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/libertes-individuelles-et-responsabilite-collective-un-exercice-dequilibriste-avec-jean-pierre-le

Les effets pervers de cette bulle langagière et communicationnelle et son effet global sur la société.

Jean-Pierre Le Goff s'interroge sur le phénomène d'atomisation et de rupture sociales que provoque l'illusion des acteurs de la bulle langagière à détenir une ou la vérité.

Cette prétention engendre un fossé dans la société - une rupture - par la différence qui se crée entre l'émetteur, dans sa bulle, et la réception de celles et ceux qui sont à l'extérieur de cette bulle et sont confrontés à une réalité qui ne coïncide pas avec les affirmations venant de la bulle.

Le traitement bavard et rhétorique - souvent des déclarations éphémères de bonnes intentions - ou des dénégations d'autorité sur la violence, le racisme, les inégalités, l'injustice ne fait qu'alimenter le doute sur des médias - dans leur bulle - et le public auquel ces médias pensent s'adresser.

Cela soulève la question d'un habitus des journalistes et de leur relation amour-répulsion avec le politique.

Entre l'incohérence d'un traitement superficiel de l'actualité par les médias et l'incompréhension du public à l'écouter ou le lire ; le public se sent donc étranger au monde tel qu'il lui est rapporté et finit pas ne plus croire à ce qui lui est présenté.

Les incohérences manifestes et les contradictions de la communication (masques, tests, vaccins, ...), sinon d'être mensongère (Sibeth NDiaye), finit par passer comme volontaire pour escamoter les causes profondes du drame, l'impréparation et les manques de moyens (ex. : critique de Eloi Laurent sur la gestion de l'épidémie de Covid

Jean-Pierre Le Goff rapproche la dérive et la perte de crédibilité de l'information et de la communication aux illusions du discours managérial.

La division qui se crée entre émission et réception de l'information renvoie à la distinction entre intellectuels - les scientifiques - et intelligentsia - un journalisme de préfecture - et ranime le séparatisme entre pays légal et pays réel. Cette mauvaise gestion de l'information - paresse ou malhonnêteté intellectuelle - contribue au succès des chaînes d'information et les discours d'Eric Zemmour sur CNEWS, par exemple.

Jean-Pierre Le Goff évoque les gilets jaunes pour signaler une conséquence possible de cette rupture que provoque la dévalorisation du discours et de l'information, des savoirs, substitué par du verbiage médiatique (infotainment et information continue ?) ; mais il est interrompu par la fin de l'émission durant laquelle Guillaume Erner l'a beaucoup interrompu.

Jean-Pierre Le Goff ne fait-il pas finalement que constater la confirmation de la société du spectacle ou ses commentaires ?

La question du coût de l'information

 

La société malade

https://www.editions-stock.fr/livres/essais-documents/la-societe-malade-9782234091221

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Prolonger :

 

Wikipédia :

Jean-Pierre Le Goff (sociologue)

Biais cognitif

 

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Bismuth : une partie de la rédaction se désolidarise d’un éditorial du Parisien

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Covid-19 : le révélateur d'une société déjà malade

 

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Persée :

La théorie de l'information

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