Patrick Castex (avatar)

Patrick Castex

Économiste, sociologue et HEC à la retraite (maître de conférence à l’Université Dauphine et membre du Cabinet Syndex, expert-comptable spécialisé dans le conseil aux Comités d'entreprise et aux syndicats de salariés), il s’occupe, depuis une dizaine d’années, de promouvoir l’Indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie. Il s’est mis en outre à écrire autre chose que de savants traités...

Abonné·e de Mediapart

166 Billets

0 Édition

Billet de blog 22 janvier 2026

Patrick Castex (avatar)

Patrick Castex

Économiste, sociologue et HEC à la retraite (maître de conférence à l’Université Dauphine et membre du Cabinet Syndex, expert-comptable spécialisé dans le conseil aux Comités d'entreprise et aux syndicats de salariés), il s’occupe, depuis une dizaine d’années, de promouvoir l’Indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie. Il s’est mis en outre à écrire autre chose que de savants traités...

Abonné·e de Mediapart

Macron : peut-être sa plus grave erreur, lors des réunions du 16 au 18 janvier !

Lecornu eut plus de réussite sur le budget de la France ; mais grâce au PS. Il est bien parti, si l’alliance continue, pour battre Bardella ou Marine Le Pen en 2027. Et c’est la seule solution à part la Révolution, car le "Front populaire, le vrai" semble définitivement enterré. Les sondages ne disent encore rien des scores éventuels de Lecornu, mais ne vont sans doute pas tarder

Patrick Castex (avatar)

Patrick Castex

Économiste, sociologue et HEC à la retraite (maître de conférence à l’Université Dauphine et membre du Cabinet Syndex, expert-comptable spécialisé dans le conseil aux Comités d'entreprise et aux syndicats de salariés), il s’occupe, depuis une dizaine d’années, de promouvoir l’Indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie. Il s’est mis en outre à écrire autre chose que de savants traités...

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1

Le graphique qui suit n’est pas étranger au titre de ce billetAu moment où Macron vient sans doute –  on y reviendra évidemment, mais gardons le suspense – de signer la plus grave de ses erreurs concernant la future Kanaky Nouvelle-Calédonie lors de la dernière séquence à l’Élysée et au ministère des Outre-mer rue Oudinot, en proposant  au FLNKS et aux centristes (Calédonie ensemble, Éveil océanien mais aussi aux indépendantistes modérés de l’UNI) une très maigre alouette, tandis qu’il offrait sur un plateau aux loyalistes radicaux (qui en rêvaient et l’ont obtenu) un très beau cheval qui va bien au-delà de ce que proposait le projet d’accord de Bougival, les tensions racistes entre ethnies (nommées maintenant communautés) ont sans doute repris du poil de la bête immonde.

Rapport avec le dessin ? Il évoque sans détours une mâchoire mordant deux ethnies, les Européens et les Océaniens, Asiatiques et autres, prêtes à être englouties par les Kanak devenus sans aucun doute majoritaires en 2026 si l’on retraite les données brutes de l’ISEE et si l'on suit ses récents travaux. Les Européens dominant économiquement  de la tête et des épaules l’économie du Caillou ne représentent sans doute plus aujourd'hui que moins du quart de la population, beaucoup ayant fuit l’archipel, et singulièrement la Province Sud et le Grand Nouméa, non pas depuis 2024 mais depuis 2014 ! Et les Européens en majorité Métros ou Zoreils il y a plus de10 ans (peut être 60 % contre 40 % de Caldoches) sont sans doute maintenant en nombres plus ou moins comparables : la majorité qui a quitté un Eldorado devenu repoussoir est repartie revoir sa Normandie natale ou ailleurs !

On peut préciser cette évolution depuis 2014[1] où l’évolution démographique entre Noirs, Blancs et les Autres est toute nouvelle. Remarquons que même sans correction des données brutes de l’ISEE, les Kanak devenaient majoritaires. 

Illustration 2

La trêve des confiseurs étant passée, je laisse ici Moutchou un peu de côté, contrairement au billet précédent, car elle ne semble plus jouer un très grand rôle sur le dossier calédonien depuis son initiative rapidement avortée[2] d’inversion des dates entre la constitutionnalisation du projet d’accord de Bougival et son acceptation par les Calédoniens ; on l’a cependant un peu vue (mais pas trop) lors de la dernière séquence à Paris.

1 – Résumons ici la chronologie récente avec surtout quelques détails (où le diable se niche souvent)

Rappelons que ni Lecornu ni Moutchou n’étaient évoqués par le fameux article du quotidien Le Monde du 14 décembre titré Nouvelle-Calédonie : le gouvernement abandonne le projet de consultation anticipée annonçant avant toute déclaration officielle ce revirement de l’État et l’invitation à Paris au milieu janvier des politiques calédoniens ; la première phrase de cet article étant : « Emmanuel Macron devrait de nouveau réunir les forces politiques du territoire à la mi-janvier 2026 à Paris alors que le président du FLNKS a repris le chemin de Paris avec une délégation indépendantiste pour tenter de convaincre les parlementaires de renoncer à l’accord de Bougival ».

Le Caillou, a appris la nouvelle le lendemain 15 décembre ; le 16 décembre, un autre article confirmait cette annonce de Macron avec sa forme (« dans un courrier aux élus locaux ») et son contenu où il n’était plus fait mention explicitement de Bougival (peut-être pour éviter une réaction brutale du FLNKS) car le Président écrivait : « À la suite des discussions initiées à l’occasion du Sommet pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie qui s’est tenu le 2 juillet dernier au palais de l’Élysée, afin d’apporter des clarifications à l’accord du 12 juillet, j’ai décidé [le gras et le soulignement sont de mon fait, PC] d’organiser un nouveau temps d’échange pour poursuivre le dialogue ». Il s’agit bien de l’accord de Bougival, mais non explicitement nommé : et ce n’est pas la première fois que la technique est employée.

Nicolas Metzdorf confirmait, dans un nouvel article du 16 décembre, à la fois l’annulation qu’il regrettait et la proposition de Macron, ajoutant : « J’ai eu la ministre des Outre-mer au téléphone, qui m’a dit qu’il y avait eu une réunion entre le président de la République Emmanuel Macron, Gérard Larcher, le président du Sénat, et Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale » ; si l’on en croit Metzdorf, la décision provient des principaux personnages de l’État, Lecornu et Moutchou n’étant pas cités et ayant de fait peu commenté cette reprise en main par Macron[3]. Et Metzdorf, selon l’article, de donner surtout le ton de la réaction des loyalistes radicaux : « Sur ce point, il a "clairement dit au cabinet du président de la République que nous, on ne viendrait discuter que de l’application de l’accord de Bougival et que ce n’était pas la peine de vouloir rouvrir une négociation sur autre chose, qui allait nous amener vers l’indépendance". Le député calédonien craint que dans ces conditions, "il n’y ait pas d'accord avant 2027", année de l'élection présidentielle ».

On ne se doutait pas, alors, que Metzdorf et tous les loyalistes radicaux allaient être aussi bien entendus par Macron !

Le journal Le Monde, encore lui, développait, le jour d’après, notamment sur la colère des loyalistes radicaux, avec son article intitulé, En Nouvelle-Calédonie, l’abandon de la « consultation anticipée » ravive les fractures politiques, sous-titré, Le renoncement du gouvernement à organiser une consultation des Calédoniens sur l’accord contesté de Bougival a provoqué la colère des non-indépendantistes, en écrivant : « Nicolas Metzdorf, pourtant député macroniste, l’a appris comme tous les élus néo-calédoniens : dans Le Monde, lundi 15 décembre au matin. Ne voyant toujours aucune annonce officielle venir, l’élu a décroché son téléphone pour se faire confirmer la nouvelle par la ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, et lui dire ses quatre vérités au passage. [Je souligne, et avec le gras, PC] Quarante-huit heures plus tard, l’élu, qui se situe "à droite de la macronie", ne décolère pas. "Je trouve regrettable que l’État recule face au chantage par crainte de violences. La violence paie donc aujourd’hui face à une France faible", assène-t-il ».

Bref, silence radio généralisé depuis l’annonce de Macron avant la trêve des confiseurs : et cela va faire un mois !

2 – Que s’est-il passé sur le Caillou avant que le FLNKS refuse l’invitation de Macron ?

Les loyalistes radicaux poussaient leurs pions, en réclamant à cor et à cris le dégel du corps électoral pour les élections à venir et en refusant toute modification de l’accord de Bougival : une délégation de macronistes d’EPR semblait être venue sur le Caillou pour défendre ces points de vue, selon cet article du 10 janvier.

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/en-visite-en-nouvelle-caledonie-les-deputes-macronistes-pressent-l-etat-de-passer-a-l-action-sur-l-accord-de-bougival-1660043.html

« À 16 000 km de l’Hexagone, la ligne macroniste se fragilise autour de l’accord de Bougival. Une délégation de députés Ensemble pour la République, repartie vendredi soir, appelle à une mise en œuvre rapide du texte [de Bougival, PC] et à la fin du gel du corps électoral. Une position en décalage avec le gouvernement central, qui privilégie la prudence et le dialogue, à une semaine de nouvelles discussions à Paris ». […] "Bougival est bien un accord historique. Ce n’est pas un brouillon en construction qui serait la base de futures renégociations éternelles" ».

Mais surtout : « Le gel du corps électoral : "un scandale démocratique". […] Les élections provinciales se tiendront en juin. Or pour eux, pas question d’organiser ce scrutin avec un corps électoral à l’identique, autrement dit gelé ».

La conclusion de l’article est claire : « À l’issue de ces cinq jours de déplacement, c’est donc une ligne ferme que les députés d’Ensemble pour la République ont voulu afficher face aux Calédoniens et face à Paris. Faut-il y avoir un début de fronde de la part du député Nicolas Metzdorf et de cette poignée de députés EPR ? C'est en tous les cas ce qu’observe le journal Le Monde. Ce voyage de parlementaires est une initiative de Gabriel Attal, le président du groupe ensemble pour la République à l’Assemblée nationale, dont les relations avec le président Macron se sont nettement refroidies depuis la dissolution de l’Assemblée, alors qu’il était encore Premier ministre. De son côté, l’Élysée préfère tempérer sur le dossier calédonien, en cette période de turbulences au niveau national. Avec seulement 91 députés EPR (soit 16 % des sièges du Palais Bourbon), Emmanuel Macron sait que sa marge de manœuvre est réduite et qu’il n’a pas la majorité auprès des parlementaires pour mettre en œuvre l’accord de Bougival et réformer la Constitution ».

LNC, malgré le titre de l’article, disent les choses moins vivement et surtout passent sous silence la question du dégel du corps électoral et les bisbilles entre macronistes.

https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/pour-les-deputes-macronistes-renoncer-a-bougival-serait-accepter-la-tyrannie-de-la-minorite

Par ailleurs, le centrisme et la troisième voie reprennent du poil de la bête, avec en particulier les sorties de Georges Naturel (de la droite éclairée) selon la feuille loyaliste radicale Demain la Nouvelle Calédonie (dnc.nc) du 28 novembre 2025 intitulée Georges Naturel : « Une voie médiane est en train d’émerger ». Tout est déjà dit dans ce titre.

https://www.dnc.nc/georges-naturel-senateur-lr-une-voie-mediane-est-en-train-demerger/

Quelques sorties supplémentaires de Naturel dans cet article. « Localement, il estime que la voie modérée, issue du terrain et qu’il avait incarnée lors des sénatoriales, est mature pour les élections ». À la question « Que pensez-vous du projet d’accord de Bougival ? », il répond « La séquence Bougival a eu le mérite de remettre tout le monde autour de la table. C’est ce que les Calédoniennes veulent. Mais le projet ressemble à un accord syndical. L’accord de Nouméa avait un vrai projet de société, même si on n’a peut-être pas mené au bout la construction du destin commun. Malheureusement les trois référendums ont tout brisé. Ne reproduisons pas cela, ce serait un échec ». À la question « La consultation anticipée proposée par Naïma Moutchou est-elle solide ? », il répondait : « C’est encore une mesure improvisée. Au départ, l’idée était de mettre la réforme constitutionnelle avant la consultation. Là, à quoi va-t-elle servir ? À asseoir Bougival, mettre la pression sur le FLNKS, et montrer aussi aux élus nationaux que les Calédoniens sont d’accord et après on déroule… Mais on déroule quel projet de société ? ». « La réforme constitutionnelle a-t-elle une chance d’aboutir ? ». « Non, il est impossible aujourd’hui d’avoir les trois cinquièmes pour une réforme constitutionnelle à Versailles, sur un sujet sensible comme la Nouvelle-Calédonie. Déjà sur le report des élections, on a dû modifier le titre pour se donner encore du temps. On n’arrête pas de se donner du temps depuis cinq ans ». « Où en est la mouvance centrale que vous avez incarnée lors des sénatoriales ? ». « Une voie médiane qui aspire à autre chose est en train d’émerger. On a un mouvement qui arrive à maturité et qui va s’exprimer. La Nouvelle-Calédonie a besoin d’une véritable alternative aux élus politiques qui nous dirigent aujourd’hui et qui ont montré leur limite pour sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes. Au quotidien, dans les communes, dans les écoles, au sein des groupes de réflexion, les gens veulent vivre ensemble. Ce qui s’est passé l’an dernier a fragilisé cela. Mais notre rôle en tant qu’élus politiques est justement de favoriser le rapprochement, le respect. Je ne suis pas indépendantiste parce que je ne crois pas en l’indépendance comme solution efficace et réaliste. Pour autant je respecte ceux qui le sont et c’est ensemble qu’il faut construire la société calédonienne. J’ai été franchement sidéré d’entendre que l’huile et l’eau ne pouvaient pas se mélanger ». Etc.

Pas indépendantiste, Naturel, mais il n’a pas sa langue dans sa poche…

Il est par ailleurs resté très critique en interpellant le 7 janvier, au Sénat, Naima Moutchou qui a répondu en bottant en touche, selon un article du 8 janvier. « Pour Naïma Moutchou, tout se jouera lors de la prochaine reprise des discussions à l’Élysée, le 16 janvier ».

https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/accord-de-bougival-et-elections-provinciales-d-ici-fin-juin-un-calendrier-impossible-a-tenir-selon-georges-naturel

Mais surtout, en termes de troisième voie, important est le nouvel Inter-groupe au Congrès du Caillou entre L’Éveil océanien et Calédonie ensemble (cependant une rustine pour éviter la capilotade du second qui a perdu deux élus au Congrès après la condamnation de Gomès et Michel ; mais les convergences de fond existent) qui tente en outre de ramener vers lui les indépendantistes modérés de l’UNI-Palika : c’est aussi le sens  de l’interview par Valentin Deleforterie du dimanche 11 janvier de la présidente du Congrès Veylma Falaeo (appartenant au parti L’Éveil océanien) au JT de NC 1ère : voir l’article du lendemain introduit par la vidéo de la veille. Deleforterie n’y va pas par quatre chemins en insistant d’emblée sur le peu de chance que l’on trouve un consensus…

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/reunion-a-l-elysee-c-est-l-ultime-chance-de-sortir-de-l-impasse-dans-laquelle-se-trouve-la-caledonie-reagit-veylma-falaeo-1660469.html

« La réunion à l’Élysée : "c’est l'ultime chance de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve la Calédonie", réagit Veylma Falaeo ». Tout est dans ce titre où elle peine à dire que rien n’est perdu et insiste fortement sur les vertus de cette troisième voie ou voie alternative ou bloc central. C’est fou le succès de l’extrême centre, là-bas et ici…

« Pour la présidente du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, "la base, c’est Bougival, quand bien même certains la remettent en question. Effectivement, certains partis de formation politique souhaitent un complément, mais le plus important, c’est que nous devons trouver un consensus avec le FLNKS. Donc, il est important que tout le monde soit présent et que nous puissions enfin nous dire ce que nous pensons, faire des propositions, des amendements, et trouver le consensus général". […] Y aura-t-il des listes communes lors des municipales ou des provinciales ? "Les discussions sont en cours. Notre instance décisive ne s’est pas encore décidée sur le sujet. On sait que c’est la politique de proximité et qu’au-delà des étiquettes des partis politiques, il faut trouver une voie alternative. Ce qui est sûr, c'est qu’aujourd'hui on veut montrer que le bloc central existe, qu’il doit faire son chemin, qu’il doit grandir et offrir une alternative au positionnement des extrêmes que nous avons eu jusqu’ici" [Je souligne, PC] ».

3 – Le cinglant refus du FLNKS de se rendre à l’invitation de Macron à Paris

On murmurait que le FLNKS ne participerait probablement pas à l’invitation de Macron. Ce fut confirmé le 13 janvier 2026 où NC 1ère indiquait dans son titre, en citant Christian Téin, « Paris ne connaît que le rapport de force », le FLNKS ne participera pas à la réunion sur l’avenir de la Calédonie, la phrase suivante étant « La décision était attendue, le FLNKS l’a officialisée ce mardi à Nouméa ».

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/le-flnks-ne-participera-pas-a-la-reunion-sur-l-avenir-de-la-caledonie-a-paris-1660868.html

Des extraits de la conférence de presse étaient donnés dans le compte-rendu vidéo de Valentin Deleforterie et Claude Lindor : le premier le concluait par : « Quel format prendront les discussions à Paris en l’absence du FLNKS ; la séquence qualifiée de la dernière chance semble déjà mal engagée ». Pourtant il avait auparavant précisé au début même de son compte-rendu : « Le ton est donné dès les premières minutes, le FLNKS maintient son rejet de Bougival et n’enverra aucune délégation à Paris dès les prochains jours. [Je souligne, PC] ». Peut-être quelques jours plus tard, si Macron mettait de l’eau dans son vin, pouvait-on penser ; ce n’est semble-t-il pas le cas. Si Macron avait compris le message, il lui suffisait en effet de proposer des discussions en dehors du cadre de Bougival, fastoche, non ! Mais en reniant politiquement ce que son parti avait clamé sur le Caillou, et probablement ses propres convictions « Calédonie française » ; moins facile !

Téin était, à cette conférence de presse, on ne peut plus clair : « "Paris est sourd, il ne veut rien entendre, il ne connaît que le rapport de force en permanence", a déclaré son président. "Nous n’irons pas le 16 à Paris parce qu’on ne se retrouve pas dans cet enfermement". Et Christian Téin d’asséner : "Il n’y a pas besoin d’aller à La Sorbonne et à l’ENA pour comprendre le mécanisme d’enfermement dans lequel ils sont en train de nous entraîner vers Bougival. La démarche qui a été faite par la ministre Moutchou, par le président Macron, ne tient qu’à enfermer l’ensemble des acteurs calédoniens dans l’accord de Bougival et nous ne pouvons pas cautionner ce genre de démarche" ».

La répétition de ce thème de l’enfermement renvoie sans doute aux verrous qui rendent quasi-impossible l’accès progressif à l’indépendance du projet d’accord de Bougival : Téin a parfaitement raison !

Téin ajoute cependant, comme d’habitude : « Le dialogue, mais pas à n’importe quel prix » ; et de proposer mais « ici, au niveau du pays. Déjà en bilatérale entre l’État colonisateur et le front. Après, on peut discuter avec les autres partenaires ».

Pour le FLNKS le maintien du gel du corps électoral actuel, gelé, est en outre primordial, en complète opposition aux loyalistes radicaux qui reprennent donc leur litanie de son dégel, l’article indiquant : « Et là où toute une partie de la Calédonie lui attribue la responsabilité des émeutes, Christian Téin contre-attaque à nouveau : "Si le pays a été abîmé, c’est parce que M. Darmanin et M. Macron étaient sourds à la revendication, ils étaient sourds au sujet sensible du corps électoral". Un sujet représentant pour lui "l’élément central qui fixe l’avenir du pays" ». Et de se mobiliser pour les prochaines élections provinciales ou le corps électoral ne sera pas modifié.

Les réactions sur le Caillou à la prise de position du FLNKS furent rapides : quelques heures seulement après l’annonce de NC 1ère par NC 1ère elle-même.

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/reactions-les-non-independantistes-face-au-boycott-de-la-reunion-sur-l-avenir-de-la-caledonie-par-le-flnks-1660931.html

« "Une preuve d’irresponsabilité", pour Virginie Ruffenach (Rassemblement). […] L’élue "espère bien que lÉtat ne va pas reculer et modifier ce qu’il avait prévu. Sinon, ça voudrait dire que l’absence l’emporte sur le dialogue, le boycott l’emporte sur la démocratie et sur le vote" ». « Nicolas Metzdorf (Loyalistes) appelle "à la fin des courbettes". Pas de surprise non plus, pour le député de la première circonscription : "le FLNKS fait le choix du non-accord car un compromis impose de traiter les sujets de fond, au premier rang desquels la question de l’ouverture du corps électoral”, écrit Nicolas Metzdorf dans un communiqué à propos des indépendantistes du front. […] "Le problème n’est pas qu’ils refusent : c’est qu’on continue, malgré tout, à leur courir après" ». « "Déception et incompréhension" de Philippe Dunoyer (Calédonie ensemble) », moins virulent. « Sollicitées, les autres composantes du Congrès n’ont pas donné suite ».

LNC raconte un peu différemment, le 14 janvier, le refus du FLNKS de se rendre à l’invitation de Macron à Paris en insistant sur les enjeux.

https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/avenir-institutionnel-les-enjeux-d-une-nouvelle-sequence-parisienne-sans-le-flnks

Le début de l’article est particulièrement important car il met en relation ce qui se passe là-bas et ici : « Le refus du Front de libération nationale, kanak et socialiste (FLNKS) de participer à la réunion organisée par Emmanuel Macron à l’Élysée, vendredi 16 janvier, place une nouvelle fois l’État dans une situation délicate. Avancer sans le mouvement de libération, qui demeure la principale force indépendantiste, reste un pari risqué. D’abord en raison des tensions que cela provoquerait entre le Front et l’État, dont les relations sont déjà particulièrement tumultueuses. Mais aussi parce que ce choix pourrait refroidir une partie des groupes politiques nationaux, peu disposés à prendre de nouveau le risque d’un "passage en force" sur le dossier calédonien. Le Parti socialiste a d’ailleurs clairement fait comprendre qu’il ne soutiendrait aucun accord sans l’approbation du FLNKS. Or, le camp présidentiel, en minorité au Parlement, a besoin du soutien du PS pour faire adopter une éventuelle réforme constitutionnelle qui consacrerait le nouveau statut du territoire. À l’inverse, céder à la "politique de la chaise vide" entretenue par le FLNKS depuis son rejet, en août, de l’accord de Bougival, alimenterait le procès en lâcheté fait par une partie des non-indépendantistes envers l’État ».

La presse nationale indiquait l’évènement mais était surtout intéressée par l’ouverture du procès en appel de responsables du RN, dont Marine Le Pen...

Enfin l’Élysée avait rapidement réagi selon un article de la rédaction Outre-mer, la 1ère et l’AFP, publié le jour même, en indiquant « Malgré l'absence annoncée des indépendantistes du FLNKS à la réunion de vendredi, le président de la République espère pouvoir "avancer" dans les négociations sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. "Sans passage en force" mais "sans paralysie non plus" ». Toujours l’art du en même temps de Macron…

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvelle-caledonie-macron-veut-avancer-malgre-l-absence-des-independantistes-du-flnks-a-sa-reunion-de-vendredi-1661411.html

Deux ou trois détails encore importants. 1/ « Selon l’Élysée, le FLNKS a "écrit" un courrier à Emmanuel Macron pour "proposer d’assister en visioconférence" à la réunion, mais le chef de l’État n’a pas encore décidé s’il accédait à cette demande » ; (on saura plus tard que ce fut refusé ; voir plus loin). 2/ Moutchou continue son travail de ministre des Outre-mer : « Après la rencontre de l’Élysée, les discussions doivent se poursuivre le week-end autour de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, avec l’objectif d’arriver lundi au plus tard à un "document qui viendrait apporter les explications et éclaircissements" attendus par les différents acteurs qui ont signé l’accord du 12 juillet, a affirmé un conseiller présidentiel ». 3/ « L’exécutif se montre optimiste sur "la possibilité de faire émerger un accord" approuvé par les autres groupes représentés au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, ce qui représenterait "environ 75 %" des élus de cette instance même en l’absence du FLNKS. [Je souligne, PC] « Dans ce cas, le contenu de ce document pourra être introduit par amendements gouvernementaux dans le projet de révision constitutionnelle pour l’archipel actuellement en suspens au Parlement. Cela permettrait notamment de repousser une fois de plus, jusqu’en septembre, les élections provinciales qui en l’état doivent se tenir au plus tard en juin, a expliqué l’Elysée. Enfin, l’accord de Bougival pourrait être renommé, pour tenir compte des crispations que son seul nom a pu susciter. [Je souligne, PC] ».

Enfin, le quotidien Le Monde du 16 janvier, sous la plume de Nathalie Guibert, apportait une information importante.

https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/16/statut-de-la-nouvelle-caledonie-macron-veut-finir-son-mandat-sur-un-resultat-qui-se-derobe_6662480_823448.html

« Le chef de l’État espère voir adopter un « document complémentaire » à l’accord de Bougival. À mesure que le scrutin présidentiel de 2027 se rapproche, les chances, déjà faibles, d’une révision constitutionnelle qui instaurerait le futur "État de la Nouvelle-Calédonie" s’évanouissent complètement. Pourtant, en recevant les formations politiques du territoire, vendredi 16 janvier, à l’Élysée pour "ouvrir de nouvelles perspectives politiques" et "continuer d’avancer sur la stabilisation de ses institutions", le président de la République agit comme si une telle entreprise politique était encore possible au Parlement. Emmanuel Macron veut "faire de 2026 une année utile" », a précisé l’Élysée mercredi, avant ce énième round de discussions, conduit par un chef de l’État qu’on dit lassé d’un dossier calédonien encalminé depuis 2021 ».

« De façon anecdotique, note l’article, "l’accord de Bougival " est depuis banni du langage officiel au profit de "l’accord du 12 juillet" ». De façon moins anecdotique, la demande de Christian Téin de participer à la réunion en visioconférence lui aurait été refusé jeudi soir.

Le ton de cet article du Monde est que c’est bien le FLNKS qui donne le la de la période car il estime « avoir du temps devant » lui. Et on connaît la position des loyalistes radicaux, dont celle de Metzdorf et de ses copains d’EPR qui sont venus le soutenir… Consulté par l’Élysée, Manuel Valls (qui a plus qu’une dent contre Macron) n’a pas joué les optimistes selon l’article : « Il a [Macron] sans doute l’idée d’avoir tout tenté. Mais les acteurs sont arc-boutés sur les rendez-vous des prochaines élections en Nouvelle-Calédonie, municipales et provinciales, et je ne vois pas de nouvelles concessions possibles ».

Bref, Fin mal barré comme disent les Calédoniens, le règlement rapide du dossier calédonien ! Rappelons les conditions du FLNKS pour un nouvel accord, ce qu’indique l’article avec force détails, mais en restant neutre : « … réintroduction ou pas d’un préambule affirmant l’identité kanak du territoire ; suppression ou non du veto de fait attribué à l’État sur les projets de transfert des compétences régaliennes décidés par le Congrès calédonien entre la France et le territoire ; suppression ou non du veto du Congrès calédonien sur le transfert de nouvelles compétences aux provinces ; poids de la province Sud au Congrès ; création d’un rendez-vous référendaire pour mettre en œuvre l’autodétermination si jamais aucune compétence n’est transférée d’ici un certain temps ; portée de la loi fondamentale du nouvel État ; élargissement du corps électoral dans le cadre de la nouvelle citoyenneté calédonienne… Autant de sujets éruptifs sur lesquels chacun évitera de prendre des risques à l’approche d’élections majeures ».

4 – Les trois jours de Paris… La réponse cinglante de Macron au FLNKS, mais aussi l’attitude, encore une fois de faux-culs des centristes et la large victoire des loyalistes radicaux

On pouvait s’attendre à tout, sauf au pire. Ce fut le pire !

Cela avait pourtant commencé avec du beau monde sous les ors de la République, dont le président (curieuses lunettes bleues sur le nez ; petit problème oculaire, moqué par Trump...) et les deux présidente et président des deux chambres du Parlement. « Sébastien Lecornu, le premier Ministre, pourtant attendu, a finalement été retenu sur les questions budgétaires ». Pas de chance…

https://la1ere.franceinfo.fr/l-avenir-appartient-aux-courageux-emmanuel-macron-recoit-les-delegations-caledoniennes-sans-le-flnks-1661993.html

Un titre ronflant pour l’ouverture le 16 à l’Élysée d’une réunion qui ne risquait pas d’accoucher de grand-chose mais était pourtant considérée comme prometteuse : « "Clarifier" Bougival. En préambule, Emmanuel Macron a rappelé les enjeux de cette nouvelle rencontre parisienne qui vise à "clarifier ce qui doit l’être"… ». Ça semblait donc plutôt bien parti, mais l’article continuait par « … sur la base du document signé à Bougival (Yvelines), le 12 juillet 2025. Le chef de l’État a regretté ouvertement l’absence du FLNKS. "Mais je respecte les voix de chacun", a-t-il déclaré ». Le chaud et le froid étaient ainsi soufflés ; et ça a continué. « Le document signé à Bougival est la base commune des discussions qui se sont ouvertes pour trois jours ce vendredi soir à Paris. "L’État souhaite continuer à avancer sur la stabilisation des institutions de Nouvelle-Calédonie, a rappelé le président de la République, dans le respect de chacun, sans passage en force, mais sans paralysie non plus". […] Les discussions devraient se tenir "sans bouger des grands principes" de Bougival assure Virginie Ruffenach ».

Ce fut mieux qu’espéré par elle, mais ne déflorons pas tout de suite.

Le lendemain sera abordé, avec Moutchou, le « pacte de refondation économique » : les gros sous de l’État que tout le monde attendait.

La séquence fut terminée par un sous-titre moins ronflant le lundi soir 19 janvier : Un accord complémentaire à l’accord de Bougival du 12 juillet dernier, a été ratifié au Palais de l'Elysée ce lundi 19 janvier dans la soirée. Mais pas un mot dans cet article sur son contenu ! Curieux, non ?

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvelle-caledonie-l-accord-elysee-oudinot-signe-a-paris-1662846.html

Reprenons ; le 18 janvier, on n’en savait guère plus.

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvelle-caledonie-le-gouvernement-propose-un-nouveau-calendrier-pour-les-elections-provinciales-des-crispations-emergent-1662449.html

Metzdorf résumait assez bien la situation : « Il y a une vision des choses qui est totalement divergente... Les indépendantistes veulent essayer de maximiser le fait que la Nouvelle-Calédonie pourrait transférer des compétences régaliennes. Nous, on considère que c’est déjà bien qu’il y ait la possibilité de le faire ». En outre, les élections provinciales sont encre repoussées au printemps 2026 sur le Caillou, à l’automne ici.

Le lendemain, on en savait nettement plus après la réunion du dimanche 18 grâce à un article de La 1ère France Info publié à Nouméa en début de matinée du 19 janvier.

Cet article est le seul qui explique clairement ce que sera le résultat de la réunion de trois jours à Paris ; annonçons le tout de go : un nouveau pied de nez au FLNKS mais aussi à l’UNI et à ses alliés centrises de l’Inter-groupe formé entre l’Éveil océanien et Calédonie ensemble ; un renforcement du soutien de l’État aux loyalistes radicaux !

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/avenir-de-la-nouvelle-caledonie-ce-que-l-on-sait-de-l-accord-complementaire-discute-a-paris-1662650.html

« Les délégations calédoniennes ont rédigé un projet "d'accord complémentaire à l’accord de Bougival". Cet "accord d’Élysée-Oudinot", dont NC la 1ère a consulté une version de travail, pourrait être validé lundi ».

La discrétion était de mise, mais cet accord qui se voudrait « complémentaire » de celui de Bougival, passera mal auprès du FLNKS et peut-être auprès des centrises ; ce qui est plus dangereux pour l’État et ses alliés de fait : les loyalistes radicaux. Malgré la discrétion, le pot aux roses était découvert et ça commençait donc mal pour le FLNKS, ne serait que parce que cet accord se veut complémentaire ; et sa première phrase est en fait un casus belli pour le Front : « À l’issue de trois jours d’échanges dédiés à approfondir les équilibres définis à Bougival, les partenaires ont réaffirmé leur soutien à l’accord qui constitue la seule perspective crédible et viable pour sortir la Nouvelle-Calédonie de l’impasse ».

Sur le fond, le déséquilibre entre ce qu’aura obtenu l’UNI et ce qu’auront obtenu les loyalistes radicaux saute aux yeux.

L’UNI aura réussi à faire passer quelques avancées sur la question de l’identité Kanak (ce qui ne mange pas trop de pain et est aussi chère au Sénat coutumier) mais pas sur toutes ses demandes indiquées dans l’article (« l’inscription explicite de l’accession à la pleine souveraineté comme conséquence du transfert de l’ensemble des compétences et surtout une garantie du maintien du droit à l’autodétermination ». L’article y insiste : « "L’accord d’Élysée-Oudinot” ne revient pas sur les conditions des transferts de compétence, qu’il s’agisse de la majorité nécessaire au congrès (36 des 54 élus), ou du "veto" de l’État. Pour rappel, l’accord de Bougival prévoit que même si le transfert d’une compétence régalienne est validé par le Congrès, ce transfert devra être soumis à l’approbation des Calédoniens par "un projet conjoint de l’État et du Congrès de la Nouvelle-Calédonie". "Ainsi, aucun transfert de compétence de nature régalienne ne pourra s’opérer sans l’approbation des Calédoniens", précise l’accord de Bougival, mais les transferts ne pourront donc pas non plus se faire sans l’approbation de l’État, corédacteur du projet ».

Mais ce n’est pas tout : « Concernant la demande de l’UNI qui souhaitait que soit écrit noir sur blanc que le transfert de toutes les compétences régaliennes serait synonyme d’accession à la pleine souveraineté, elle n’est pas totalement satisfaite : "Si l’ensemble des compétences régaliennes de l’État venaient à être transférées à la Nouvelle-Calédonie, les partenaires se réuniraient afin d’en tirer les conséquences sur la relation entre l’État de la Nouvelle-Calédonie et la France", peut-on lire ».

Les Loyalistes radicaux auraient accepté la très petite avancée en obtenant des garanties sur le renforcement des provinces, l’un de leurs chevaux de bataille : une maigre alouette contre un beau cheval, donc ! Et, surtout, ces loyalistes font encore mieux qu’à Bougival !

L’article le montre sans ambiguïté « L’"hyperprovincialisation" réaffirmée », mais mettant en avant le prétexte de l’attractivité économique du territoire.  « Le texte approfondit l’accord de Bougival : […] Et là où Bougival "permettait" aux rédacteurs de la future loi organique d’adopter plusieurs mesures en faveur des provinces, celles-ci devront désormais y être impérativement inscrites. Ainsi, la loi organique "dotera les provinces de ressources adaptées à leurs compétences, garantissant leur autonomie financière" et "établira la liste des impositions pour lesquelles les provinces se verront attribuer un pouvoir d’assiette et de taux". Autrement dit, les provinces pourront lever l’impôt ». Super ; pourrait-on penser ! C’est oublier que toutes ces belles paroles apparentes ne sont là que pour supprimer, encore plus radicalement qu’a Bougival, la discrimination positive actuelle en matière d’impôt par habitants en faveur des Provinces Nord et des Îles, et bien sûr en défaveur de la Province Sud, la plus riche, et de loin, et peuplée surtout d’Européens et autres ethnies plutôt loyalistes.

En contrepartie de l’accord, l’État, astucieux, accède aux demandes unanimes de tous les partis du Caillou : des sous ! Et en revenant sur des tas de refus qui avait irrité tout ce Caillou[4].

Un autre article du 19 janvier, mais plus tôt le matin à Nouméa, proposait néanmoins un titre trompeur, car le sujet était en fait à peine évoqué, en seulement une petite phrase, par Gilbert Tyuienon du FLNKS lors de son passage comme invité du dimanche sur NC 1ère.

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/pour-gilbert-tyuienon-du-flnks-le-texte-de-bougival-porte-en-lui-les-premisses-de-la-partition-de-la-nouvelle-caledonie-1662587.html

À Nouméa, en fait, rien de nouveau ! « On parle d’accord alors que c’était un projet » ; « les discussions doivent se tenir sur le Caillou » : « Bougival, ce n’est pas la continuité de l’Accord de Nouméa. […] ce que l’on constate aujourd’hui, c’est l’entêtement du gouvernement central. Et sa méthode n’est pas bonne » ; etc.

Le 20 janvier au matin, un article laissait à penser qu’il était possible d’avoir le fin mot de l’histoire et quelques réactions. Que nenni !

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/decryptage-que-contient-l-accord-complementaire-elysee-oudinot-sur-l-avenir-de-la-nouvelle-caledonie-1663017.html

Le lecteur qui n’aurait pas lu ce qui précède ne comprendrait rien : le contenu de ce document complémentaire était présenté comme une réussite et minimisait les horreurs décrites plus haut très favorables aux loyalistes radicaux. Tout était ainsi comme pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles…

« L’introduction de l’accord complémentaire long de quatre pages en exprime toute l’ambition, quatre ans après le troisième référendum d’autodétermination et vingt mois après les émeutes de 2024. "À l’issue de trois jours d’échanges dédiés à approfondir les équilibres définis à Bougival, les partenaires ont réaffirmé leur soutien à l’accord qui constitue la seule perspective crédible et viable pour sortir la Nouvelle-Calédonie de l’impasse" ».

« L’identité kanak davantage mentionnée. Dans le détail, pas de révolution mais des évolutions ». Sur le reste des demandes de l’UNI, l’article indiquait bien qu’elles étaient rejetées, mais sans plus. On apprenait en outre des considérations sur le « rôle de la jeunesse » et la « réconciliation », sur « L’exercice renouvelé du droit à l’autodétermination », « Le renforcement des provinces conforté […] en se montrant plus affirmatif. Ce qui va dans le sens des Loyalistes. [Je souligne, PC] ».

Qui a signé ? Tout le monde dont les représentants de l’UNI, sauf Philippe Gomès de Calédonie ensemble et Milakulo Tukumuli de l’Éveil océanien ; mais les autres de ces partis ont signé des deux mains. Deux non-faux-culs dans la bande, donc…

Le soir, un autre article en rajoutait, en encore plus panégyrique. Désespérant…

https://la1ere.franceinfo.fr/l-accord-elysee-oudinot-va-permettre-a-la-nouvelle-caledonie-d-envisager-l-avenir-dans-de-bonnes-conditions-selon-ses-signataires-1662912.html

Selon ce dernier article du 21 janvier au soir sur le Caillou, l’accord des politiques du Caillou serait unanime ; presque !

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/les-signataires-caledoniens-defendent-l-accord-elysee-oudinot-d-une-meme-voix-1663725.html

« Les signataires calédoniens défendent l’Accord Élysée-Oudinot d’une même voix… » et autres fausses banalités : « Un esprit de confiance renouvelée. Cette déclaration commune, paraphée des 13 signataires calédoniens (sans Philippe Gomès et Milakulo Tukumuli)… [Je ne peux que souligner, PC !] ».

Tout le reste de l’article est insipide !

Je me demande si le canard (La) Pravda (La Vérité en russe) supprimé par Boris Eltsine en 1991 (mais le titre fut repris par des journalistes de l’ancienne structure et est depuis le journal du PC de la Fédération de Russie) n’est pas en train de faire des émules dans une partie de la presse calédonienne…

Je pensais que le FLNKS allait réagir très violemment ; pas tant que ça si l’on en croit l’article suivant publié en début de nuit du 21 janvier 2026 à Nouméa.

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/accord-elysee-oudinot-le-flnks-rejette-un-pseudo-accord-impose-sans-le-peuple-kanak-1663401.html

Certes Christian Téin critiquait « un pseudo-accord imposé sans le peuple Kanak » et estimait « que cette trajectoire s’écarte de l’accord de Nouméa et des résolutions des Nations-Unies ». Certes, il a aussi compris que l’accord renforce la possibilité du dégel du corps électoral et l’hyper-provincialisation, mais n’en dit pas beaucoup plus que les quelques mots de Gilbert Tuiyenon. Mais pas un mot, pas un dans le communiqué du FLNKS, signé par Téin, concernant le renforcement des verrous pour atteindre l’indépendance allant donc beaucoup plus loin que Bougival !

Il en est de même des principaux soutiens zoreils du FLNKS sur leurs pages Facebook[5]. On ne sait en outre pas ce que pense l’historienne Isabelle Merle, aussi très proche des indépendantistes, des résultats des trois jours à Paris mais ses commentaires sur France 24[6] avant le 16 janvier étaient sans appel.

De deux choses l’une : ou je délire et voit le mal partout (par exemple dans l’article-clé du 19 janvier) ; où le FLNKS n’a pas compris le principal danger de ce nouvel accord très pro-loyalistes radicaux ! Quant aux faux-culs centristes (sauf Gomès et Tukumuli, qui se sont néanmoins contentés de ne pas parapher l’accord) plus rien ne m’étonne. Je reste sans voix sur les dernières informations incompréhensibles de NC 1ère France Info, mais il est vrai que le document final est astucieusement nettement moins compréhensible que ce qui était rapporté le 19 janvier.

LNC est dans la même veine.

https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/le-flnks-denonce-un-pseudo-accord-et-entend-poursuivre-son-combat-pour-la-pleine-souverainete

Qu’en dirent les JT du Caillou ? Pas grand chose non plus ! Voir, par exemple, le JT de Caledonia du 21 janvier 2026, dont une intervention de Gilbert Tyuienon du FLNKS cependant plus claire sur l’hyperprovincialisation…

https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/report-des-provinciales-intemperies-a-koumac-ete-culturel-a-dumbea-le-jt-de-caledonia-du-21-janvier

Selon le JT de NC 1ère du dimanche 18 janvier ; tout est encore pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ! Sauf peut-être la difficulté du vote au Parlement à Versailles au 3/5 des votants.

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/programme-video/la1ere_nouvelle-caledonie_journal-de-19h30-de-nouvelle-caledonie/diffusion/8072919-edition-du-mardi-20-janvier-2026.html

Celui du lendemain est du même acabit.

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/programme-video/la1ere_nouvelle-caledonie_journal-de-19h30-de-nouvelle-caledonie/diffusion/8073354-edition-du-lundi-19-janvier-2026.html

Même le quotidien Le Monde du 21 janvier n’avait pas vu le caractère très pro-loyalistes radicaux du document complémentaire ; il est vrai, je me répète, dont la rédaction finale noyait le poisson et était en retrait sur la version dévoilée le 18 janvier. 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/20/nouvelle-caledonie-emmanuel-macron-annonce-un-accord-politico-economique-conclu-sans-le-flnks_6663271_823448.html

À part quelques détails, le principal reproche qui est fait au documente est que cet accord « … outre qu’il se contente d’expliciter un peu plus clairement certaines dispositions du compromis de Bougival, possède une faiblesse intrinsèque : il est scellé sans le principal mouvement indépendantiste, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS)… ».

Le reste interroge pourtant.

« Sur le projet institutionnel, les compléments sont symboliques ou à la marge » ; c’est vrai pour les précisions sur l’identité kanak et ce qui tourne autour : notre pauvre alouette.

Concernant les transferts de compétences, on comprend moins, mais changement il y a : « L’accord Élysée-Oudinot affirme, plus clairement que celui de Bougival, le fait que l’autodétermination du territoire s’exprimera de façon "pérenne" à travers les transferts des compétences régaliennes, et non pas par un référendum sec. Il prévoit qu’au cours d’un rendez-vous politique annuel, les partenaires débattent du sujet. "Si l’ensemble des compétences régaliennes de l’État venait à être transféré à la Nouvelle-Calédonie, les partenaires se réuniraient afin d’en tirer les conséquences sur la relation entre l’État de la Nouvelle-Calédonie et la France" précise aussi le nouveau texte. Mais ces transferts de compétences restent soumis aux mêmes étapes, que le FLNKS considère comme des "verrous" rendant impossible la pleine souveraineté du pays : une majorité qualifiée du Congrès néo calédonien, un "pocket veto" de l’État qui peut ne pas accepter les demandes émanant du territoire, un vote des Néo-Calédoniens ». Et comprenne qui pourra !

Enfin, on n’a rien compris, ni le FLNKS, concernant l’hyperprovincialisation, si Le Monde a raison d’écrire : « Sur un autre sujet sensible, le pouvoir des provinces dont celle du Sud, la plus riche, qu’ils dirigent, les Loyalistes, quant à eux, n’ont pas pu amender les dispositions de Bougival, comme ils l’ont tenté au cours du week-end ; [Je souligne, PC]  le Congrès restera maître d’accepter ou non les transferts de compétences que les provinces lui demanderaient ».

Où le Monde a-t-il trouvé cela dans le texte publié ?

Bref, entre la version initiale et la version finale, chacun voit midi à sa porte…

Peut-être une version moyenne, mais pas trop éloignée de la mienne (quoique…) selon le bref mais intéressant article, de Valentin Deleforterie et Coralie Cochin, publié le 23 janvier 2026 en fin de soirée à Nouméa et modifié le 24 janvier à l’aube.

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/decryptage-accords-elysee-oudinot-ce-qui-change-pour-les-transferts-de-competences-aux-provinces-1664253.html

« Présenté comme un "accord complémentaire" à celui signé le 12 juillet 2025, l’accord Élysée-Oudinot ne bouleverse pas totalement l’architecture institutionnelle existante. Sur les transferts de compétences, il s’inscrit dans la continuité des discussions engagées à Bougival. Mais avec une différence notable : le ton se veut plus catégorique. [Je souligne, PC] ».

Cependant, comme pour la plupart des autres articles, l’article semble mélanger la question des transferts posée par l’UNI et celle de l’hyperprovincialisation obtenue par les loyalistes radicaux, mais en précisant donc, en douce, à qui profitent ces compléments ; on est loin des conclusions du dernier article du quotidien Le Monde : « Là où l’accord de Bougival évoquait la mise en place d’un mécanisme dédié, laissant entendre une simple possibilité de transferts futurs, le nouveau texte va plus loin. Il affirme que la future loi organique dotera "les provinces des compétences et des outils nécessaires" à leur attractivité économique. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement d’ouvrir la porte à des transferts, mais de poser un principe clair : celui d’un renforcement du rôle des provinces  [Je souligne encore, PC] ».

L’article terminait par : « Pour autant, difficile d’affirmer que tout est désormais clarifié car l’essentiel reste à venir. C’est la loi organique qui précisera concrètement les contours de ces nouvelles dispositions. Elle devra notamment définir les compétences transférées dès l’entrée en vigueur de l’accord, les modalités de transfert des compétences supplémentaires et les ressources financières attribuées aux provinces pour exercer ces nouvelles responsabilités. La loi organique précisera également la fiscalité pour laquelle les provinces se verront attribuer un "pouvoir d’assiette et de taux". Autrement dit la capacité de déterminer qui paie quelles taxes et dans quelles proportions. Une formulation à nouveau plus affirmative avec l’accord Élysée-Oudinot qu’avec Bougival. [Je souligne toujours, PC] ».

Si ce n'est pas une belle avancée des loyalistes radicaux, c’est quoi !

Allez savoir si le texte final du complément à Bougival n’a pas été volontairement flouté pour laisser place à toutes les interprétations, car personne n’est en fait monté au rideau pour vraiment hurler (le FLNKS) ou ouvertement se réjouir (les loyalistes radicaux).

L’article de Wikipédia Accords de Bougival et Élysée-Oudinot nous laissait également sur notre faim et, évidemment, ne prend pas parti.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bougival_et_%C3%89lys%C3%A9e-Oudinot

La très loyaliste radio RRB faisait, le 20 janvier, un compte rendu assez complet (Tout savoir sur l’accord signé le 19 Janvier à Paris) du nouvel accord, curieusement sans prendre parti, cependant en affirmant : « mais sans en changer l’esprit ou les équilibres ». 

https://www.rrb.nc/article/accord-elysee-oudinot-contenu-et-reactions

Bref : j’enrage !  

Mais ce n’est pas encore gagné pour Macron et ses alliés loyalistes radicaux. D’abord, car la date des élections provinciales étant encore repoussée « avant fin 2026 », alors que le « Conseil constitutionnel avait pourtant estimé en septembre qu’il ne serait pas possible de reporter une 4e fois les élections ; mais en inscrivant la nouvelle date des élections dans cet "accord d’Élysée-Oudinot", qui sera annexé à l’accord de Bougival et donc constitutionnalisé dans la loi constitutionnelle, l’exécutif estime que ce nouveau délai ne pourra être déclaré contraire à la constitution par les Sages ».  Ensuite, le PS devra préciser sa position, concernant l’avenir institutionnel du Caillou : soutiendra-t-il encore Lecornu comme pour le budget alors que les pauvres aménagements de Bougival concédés à l’UNI et ceux accordés aux loyalistes radicaux devraient le faire tiquer.

Tentative de Conclusions

Concl. 1 – Doux rêve non réalisé. La situation aurait pu au contraire se décanter, au détriment des loyalistes radicaux, avec des avancées proposées par les centristes locaux de l’UNI-Palika qui, malgré leur abstention au Congrès du Caillou réclamaient bien des changements profonds du contenu du projet d’accord dit de Bougival. On a peu, en fait pas, entendu à Paris les deux autres centristes de Calédonie ensemble et de l’Éveil océanien.

Macron aurait pu s’attendre à la torpille du FLNKS qui clamait depuis des lustres qu’il n’était pas question de négocier sur la base de Bougival : nouvelle faute politique face au Front qui donne ainsi le la de la partition qui est en train de se jouer. On imaginait mal Macron continuant son petit bonhomme de négociation sans le FLNKS… Peut-être aurait-il pu accepter la proposition (certes un peu faux-cul…) de ce dernier d’être là en vidéoconférence sans être là : il l’a refusé) ; peut-être (on peut rêver) aurait-il pu gommer toute référence à Bougival en acceptant de lever les verrous réclamés par le FLNKS et les autres, sauf les loyalistes radicaux.

Selon le Front, appuyé par ceux qui le soutiennent (dont votre serviteur) les verrous (surtout les conditions d’accès à l’indépendance et le dégel trop rapide du corps électoral) une fois levés[7], un nouvel accord aurait été possible amenant à une indépendance-association avec la France. Il restait à convaincre les loyalistes radicaux, mais qui deviendraient ainsi minoritaires : les fameux 75 % indiqués plus haut par l’Élysée auraient pu s’inverser si les centristes et l’UNI avaient eu de la suite dans les idées et un peu de courage (pour rester bien élevé) !

Concl. 2 – Macron ne sera jamais de Gaulle…

J’ai beau croiser les doigts depuis bien longtemps[8] sur le rêve d’un Macron jouant la partition du « Je vous ai compris ! » de de Gaulle pour accepter l’indépendance inéluctable de l’Algérie française, ça n’a pas marché jusqu’à présent pour l’indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie (je dis bien Kanaky Nouvelle-Calédonie : indépendance-association et non pas Kanaky-tout-court). Je pense que ce rêve est aujourd’hui à abandonner définitivement…

Compte tenu de l’abracadabrantesque bordel politique ici et là-bas qui vaut bien celle de la situation politique en France de 1958, c’est pourtant bien l’unique solution possible. Bien sûr, les loyalistes radicaux, même macronistes comme Metzdorf lui auraient reproché d’avoir traduit le « Je vous ai compris » comme l’avaient compris les partisans de l’Algérie française lors du discours du 4 juin 1958 ; mais peu auraient formé une OAS du Caillou. En outre, qui dans l’armée française qui tente en 2026 de prendre des forces face à la menace russe (et, éventuellement, s’opposer avec l’UE à l’occupation militaire du Groenland[9] par les soldats des USA selon la menace non voilée de Trump…) jouera comme le 23 avril 1961, le Putch d’Alger ?

Macron, au plus bas de sa cote de popularité, se serait refait une santé chez les progressistes et dans la gauche française en rejouant la partition de de Gaulle et surtout en évitant de nouveaux « événements » prévisibles comme ceux d’Algérie. Je suis sûr qu’il aurait eu aussi, dans cette hypothèse, le soutien de Lecornu qui rêverait déjà (au moins selon son entourage, car lui préfèrerait sa vie de moine-soldat…) de 2027 et songerait peut-être, pour y parvenir, à recommencer son alliance avec le PS…Mais, avec la déclaration de Lecornu ce vendredi soir 16 janvier, il semble que ça devrait passer sans censure… Même avec le retour du 49.3, le PS acquiescerait… d’où notre élucubration finale…

Concl. 3 – … mais avec un bémol : le PS va-t-il soutenir le complément qui aggrave Bougival, imposé par Macron et sa petite main Moutchou ? D’autant plus que Lecornu ne semble pas s’être beaucoup mouillé (c’est le moins que l’on puisse dire) dans cette dernière malheureuse séquence…

On n’en sait rien, et le curieux article suivant du 22 janvier ne nous aide guère !

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/elysee-oudinot-le-complement-d-accord-en-quete-de-majorite-parlementaire-1663773.html

« Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, les députés se montrent partagés sur l’accord Élysée-Oudinot signé lundi par les délégations politiques calédoniennes, à l’exception du FLNKS. Le vote des parlementaires sera décisif pour la suite du processus. […] Ils seront chargés de voter les textes de lois, à commencer par une modification de la constitution pour ouvrir la liste électorale spéciale à 15 ans de résidence et aux natifs ».

L’article indique que Les Républicains sont satisfaits mais pas LFI, évidemment ; quant au PS c’est encore l’incertitude mais plutôt un rejet : « Afin d’obtenir un vote favorable au Parlement, il faudra réussir à convaincre les socialistes. Début décembre, leurs représentants au Sénat et à l’Assemblée nationale avaient conduit le gouvernement à temporiser sur la mise en œuvre du processus, pour poursuivre le travail de clarification de l’accord de Bougival demandé par une partie des signataires ».

Mais encore ? « "La position du Parti socialiste à ce stade, c’est d’attendre de voir le texte constitutionnel et la manière dont tout ceci se traduit. On sera extrêmement vigilant et puis surtout, on sera toujours dans le même état d’esprit qui est le nôtre : la recherche du consensus le plus large possible pour instaurer une situation la plus durable possible en Nouvelle-Calédonie", explique le député PS Arthur Delaporte. Le temps est donc aux interrogations pour les socialistes. Le député du Calvados se "questionne puisque tous les accords jusqu'ici ont toujours été signés par le FLNKS". Il ajoute : "La position historique des socialistes a toujours été : tout le monde autour de la table, et ce n’est pas aujourd’hui qu’on va arrêter" ».

Mais bizarrement (coquille de la rédaction faisant sauter des paragraphes ou pire) : les nombreuses autres composantes politiques ne sont pas analysées ! Encore un curieux article !

Concl. 4 – Hypothèses qui me sont propres qui ressemblent fort à des élucubrations et à des plans tirés sur la comète (ce n’est pas non plus nouveau) : Lecornu président en 2027, avec l’appui du PS ?

Pour le moment il ne s’agit que de murmures (et souvent, ces murmures sur lesquels je me jette font pschitt…) : entre autres, le premier en septembre 2025[10], le second fin décembre[11], le troisième début janvier 2026[12]. Selon les sondages pour 2027 où Lecornu n’apparaît encore pas, Bardella gagnerait le second tour haut la main, mieux que Marine Le Pen[13] Tout serait plié ? Pas si sûr.

Faute de Front populaire, le vrai[14], probablement fin mal barré pour 2027, le bloc central des macronistes et de ses alliés de la droite traditionnelle, maintenant renforcé depuis le second gouvernement Lecornu (le premier n’ayant duré que quelques heures…) par la social-démocratie aurait encore de beaux jours devant lui. Il y a plus d’un mois, le 13 décembre, La Tribune Dimanche indiquait, selon le baromètre Ipsos BVA - Cesi école d’ingénieurs, que Lecornu progressait nettement dans l’opinion française : « Édouard Philippe chute très brutalement (-6 points) et Sébastien Lecornu gagne 4 points de popularité ».

https://www.latribune.fr/article/,la-tribune-dimanche/politique/2190730301426714/sondage-exclusif-la-paradoxale-hausse-de-sebastien-lecornu-et-la-chute-d-edouard-philippe

Il « se retrouve à 29 % de satisfaction. "Cela confirme que les Français lui sont reconnaissants de tout faire pour éviter le scénario du pire », juge Brice Teinturier, directeur délégué général d’Ipsos BVA. Malgré tout, sa structure de popularité est à relever dans le détail. Sébastien Lecornu gagne en effet 2 points chez les sympathisants PS, 8 auprès de ceux de LFI et 7 chez ceux du RN, mais il baisse de 6 points chez les électeurs Renaissance-MoDem-Horizons et de 11 chez ceux de LR … ».

Mais il s’agit là de variations : il reste cependant très impopulaire (sa cote négative globale reculant néanmoins à 58 %) surtout chez la gauche radicale, au RN et singulièrement chez les LR « où il est très largement impopulaire (55 % de jugements défavorables) » après son recul de 11 points.

C’est la thèse centrale de mes élucubrations ; mais je dois d’abord au lecteur une autocritique concernant un second billet écrit quelques mois plus tard, le 21 avril 2022 après le premier tour des présidentielles de 2022[15]. Pourquoi cette autocritique ? Dans ce billet, j’étais fier de mettre en avant le curieux rapprochement qui suit pris en fait comme une preuve que l’histoire bégayait encore (comme disait Marx pour montrer ses curieuses répétitions).

C’est vrai, il apparaissait que la prise du pouvoir légale par Hitler (nommé Chancelier du Reich par le vieux président von Hindenburg en 1933 (il mourra à 86 ans en 1934) alors que le Führer, le leader du parti nazi n’avait obtenu qu’un tiers des voix exprimés aux deux élections législatives de 1932 : le même score environ obtenu par Marine Le Pen au premier tour des présidentielles française de 2022. Mais j’en faisais une répétition de l’histoire qui pouvait laisser penser que la victoire du FN devenu RN était inéluctable en 2027 (avec Marine ou Bardella) où les sondages prévoient plus du tiers des voix au premier tour et une victoire sinon assurée, du moins fort possible au second tour.

Mais j’oubliais d’insister sur un détail de l’histoire allemande : Hitler fut proposé à Hindenburg par le nouveau Chancelier Franz von Papen qui considérait le Führer comme une marionnette facilement manipulable (voir l’article le concernant sur Wikipédia : c’est une franche crapule qui a pourtant sauvé sa tête au tribunal de Nuremberg) exclu en 1932 du parti catholique centriste (comme son nom l’indique : le Zentrum ) par le précédent chancelier Heinrich Brüning (voir aussi l’article le concernant sur Wikipédia : moins antipathique, il s’enfuit aux États-Unis en 1934).

Mieux (ou pire) je trouvais dans les deux cas une règle des trois tiers dont 1/3 pour la Gauche (désunie dans les deux cas) ; 1/3 pour le centre (le Zentrum en Allemagne, presque exactement le futur macronisme français se réclamant du centre et ses futurs alliés de droite, ce qui deviendra après la dissolution de 2024 le bloc central, mais regroupant en fait en Allemagne toute la droite traditionnelle qui, après le krach boursier de Wall-Street en 1929 mit en œuvre avec le Chancelier du Reich Brüning une politique de l’offre (de rigueur et déflationniste) un temps soutenu par le parti social-démocrate SPD, qui entraina un bond du chômage (3,5 millions courant 1930 ; 6 millions un an et demi après) dont les nazis profitèrent. Le troisième tiers était représenté en Allemagne de 1932 par les nazis ; en France de 2022 par toute l’extrême droite.

Les deux diapositives qui suivent sont tirées du billet de 2022 : en bleu apparaissent les ajouts (% des voix, commentaires et précisions) ; ils restent cependant utiles malgré mon autocritique. La troisième diapositive (qui ne se trouvait pas dans mon billet de 2022) concerne les législatives de 2024 en France ; enfin les tableaux de la quatrième concernent les dernières législatives allemandes de 2025… et sans la pseudo-règle des trois tiers.

Illustration 3
Illustration 4
Illustration 5
Illustration 6

Beaucoup a en fait changé entre la période da la prise du pouvoir par Hitler et aujourd’hui.

Les faits eux-mêmes, avec la rocambolesque histoire du parti nazi et de son chef qui n’a rien à voir avec la victoire de Macron aux présidentielles de 2017[16] qui n’a rien à voir avec la montée progressive de l’extrême droite, mais est surtout due à l’affaire Pénélope Fillon ; l’absence de crise économique effroyable aujourd’hui ; la normalisation du FN devenu RN ; la quasi-disparition du PS après Hollande[17] et bien d’autres choses.

Le bon vieux Dimitrov de 1936 ne retrouverait pas ses petits en 2025-2026 ; malgré la courte parenthèse du Nouveau Front populaire, le NFP des législatives de 2024 qui a cependant évité, après la dissolution, une large victoire du RN[18] mais fut suivi par le refus de Macron de nommer un Premier ministre du NFP qui avait remporté la majorité relative en sièges. Il est vrai que LFI et le PS ont rapidement rejoué avec un brio remarquable une sorte de classe contre classe qui n’a plus grand-chose à voir avec celui de Staline et du Komintern avant Dimitrov… Le PS a tout fait, surtout avec le gouvernement Lecornu 2[19], jusqu’à présent, pour tenter d’améliorer la situation des classes populaires, ce qui n’est pas un crime pour un parti de la gauche réformiste, mais une aubaine pour LFI qui crie à la trahison.

Si le PS ne vote pas la censure (avec le chantage de Lecornu annonçant tout de go, qu’en cas de censure, une dissolution et des législatives les jours des municipales…) ce n’est plus le Front républicain et le Front populaire contre le « fascisme » qui aurait le vent en poupe, mais l’alliance des démocrates des gens bien élevés contre les extrêmes dont surtout le parti de Mélenchon LFI qui donne le la. Les gauches sont sans doute de plus en plus irréconciliables, ce dont le FN devenu RN et de plus en plus présentable profite à plein.

Et je vais plus loin : la porte serait donc ouverte à Lecornu, venu de la droite mais malin comme un singe et ayant réussi à se mettre le PS dans la poche. Ce serait bien le diable que Le PS le censure cette semaine après toutes les concessions qu’il vient de faire. C’est à droite que Lecornu va donc continuer à se colleter les réticences.

Faute de grives, on mange des merles ; faute de Front pop, on mangera de l’antifascisme de centre droit-centre gauche ; peu réjouissant, mais je suis sûr que Dimitrov aurait aussi accepté en 1936 ce changement de régime alimentaire pour éviter Hitler[20]

...

Ce billet aura une brêve suite : je suis contraint de l’arrêter ici car il est trop long ! 

À tout de suite...

Notes

[1] Voir mon billet (après bien d’autres sur ce sujet) du 13 décembre 2025, titré Le "Grand remplacement" en Calédonie ! 1/3 des Européens se sont "tirés" depuis 2014 et sous-titré Et c’est une quasi-certitude ! Ce n’est qu’une nouvelle estimation personnelle, mais travaillée selon les données de l’ISEE. L’utilisation ici de ce thème chère à l’extrême droite ne va guère plaire aux loyalistes qui insistent pourtant sur la fuite des Européens ; et depuis 2014, pas depuis 2024 ! C’est un "remplacement" par fuite des uns et non par immigration des autres. C’est "renversant" !

https://blogs.mediapart.fr/patrick-castex/blog/131225/le-grand-remplacement-en-caledonie-13-des-europeens-se-sont-tires-depuis-2014

[2]  Voir mon dernier billet du 20 décembre 2025, titré Moutchou et Lecornu dans les choux ; après avoir été couverts par Macron… sous-titré … pour tenter de sauver le "projet d’accord" de Bougival refusé par le FLNKS, l’État inversa les référendums, un peu à la va-vite ; puis laissa tomber, sans prévenir (sauf peut-être le quotidien le Monde) car ça risquait de coincer à l’Assemblée nationale. Macron vient de siffler la fin de la récrée en proposant une réunion dans presque un mois… Toujours ça de gagner : vive la procrastination !

https://blogs.mediapart.fr/patrick-castex/blog/201225/moutchou-et-lecornu-dans-les-choux-apres-avoir-ete-couverts-par-macron

[3] Sauf erreur, Moutchou n’a pas réagi directement au changement de pied du chef de l’État ; elle s’est contentée de réclamer un budget nécessaire aux Outre-mer (dans une déclaration à France Info rapportée par l’article suivant du 7 janvier). Elle a en outre, de la même façon, éludé une question de Gorges Naturel, sénateur du Caillou ; voir plus loin.

https://www.zinfos974.com/naima-moutchou-les-outre-mer-ont-urgemment-besoin-dun-budget/

Et elle en a profité pour critiquer violemment LFI…

Quant à Lecornu, je n’ai pas trouvé de réaction publique explicite à la décision de Macron.

[4] « L’État s’engage à désendetter la Calédonie. Comme pour l’accord de Bougival, les mesures d’aide à la reconstruction du territoire sont intégrées au texte, qui devra donc être adopté pour que celles-ci soient mises en œuvre. L’État s’y engage à assurer la pérennité des comptes sociaux et du système électrique jusqu’en 2028. Surtout, il transformera en subvention les prêts de 48 milliards de francs accordés en 2020 et 2022 pour faire face à la crise COVID ainsi que celui de 120 milliards de francs lié aux événements du 13 mai. Par ailleurs, l’État "continuera après 2030 à assumer les compensations des compétences déjà transférées à la Nouvelle-Calédonie, notamment la Mise à disposition globale et gratuite" (qui finance les salaires des enseignants). Une phrase destinée à rassurer les partenaires calédoniens. Le 5 décembre dernier, Sébastien Lecornu avait écrit aux élus en soufflant le chaud et le froid. Il avait certes promis une enveloppe de 264 milliards de francs sur cinq ans, mais en indiquant qu’à l’issue de cette période, soit en 2030, l’État ne financerait plus que ses propres compétences ».

[5]   Par exemple Mathias Chauchat, habitant sur le Caillou.

https://www.facebook.com/people/Mathias-Chauchat/100007269346478/

Ou Jean-François Corral, souvent en Europe.

https://www.facebook.com/jeanfrancois.corral

Seul Benoît Trépied, le plus souvent en Métropole, semble avoir presque tout compris, mais insiste surtout sur l’hyperprovincialisation et peu sur le renforcement des verrous ajoutés par ce complément.

https://www.facebook.com/people/Beno%C3%AEt-Tr%C3%A9pied/903395044/

[6] Voir et entendre :

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/nouvelle-cal%C3%A9donie-des-discussions-%C3%A0-l%C3%A9lys%C3%A9e-sans-le-flnks/vi-AA1UmE01

[7] Je n’étais pas tendre avec l’accord de Bougival dans mon billet 19 juillet 2025, titré "L’État de la Nouvelle-Calédonie" ? Pas "l’indépendance" : un "protectorat" français et sous-titré Plein de grains de sable possibles dans un verre ½ plein ou ½ vide ; à mon humble avis, plutôt au ¾ vide. Pourquoi ? C’est, pour presque tous, la bonne surprise de l’Accord de Bougival du 12 juillet, "un tournant historique". Pour d’autres, mais très minoritaires, c’est une "bascule tactique, un recul imposé, une trahison silencieuse". Et, danger, une loi peut toujours défaire une loi précédente…

https://blogs.mediapart.fr/patrick-castex/blog/190725/l-etat-de-la-nouvelle-caledonie-pas-l-independance-un-protectorat-francais

Mais une fois levés les verrous bien compris par le FLNKS (verrous qu’avaient aussi parfaitement compris les loyalistes radicaux ; d’où leur soutien à l’Accord de Bougival !) une indépendance-association peut progressivement arriver.

[8] On peut déjà voir ou revoir le billet du 14 mai 2025 Macron dira-t-il à Valls et/ou aux loyalistes radicaux "Je vous ai compris"... explicité par le sous-titre ... comme de Gaulle l’avait fait à Alger lors de son discours du 4 juin 1958 devant les partisans de l’Algérie française, mais s’adressent surtout aux musulmans, avant de passer aux Accords d’Évian ? On le saura peut-être lors du Conseil des ministres de mercredi 14 mai. Ce "billet" commence le lundi 12 mai, à la recherche de la position exacte de l’État ; on verra quand on l’arrêtera !

https://blogs.mediapart.fr/patrick-castex/blog/140525/macron-dira-t-il-valls-etou-aux-loyalistes-radicaux-je-vous-ai-compris

[9] J’écrivais cette phrase, un peu comme un gag, un jour avant d’apprendre qu’une poignée de chasseurs alpins français allait aider, avec d’autre membre de l’UE, le Danemark en envoyant des militaires en reconnaissance sur cette grand Île. De 2,17 Mkm2 de superficie, 4 fois l’Hexagone mais avec 81 % de calotte glaciaire, le Groenland, très peu peuplée (56,5 milliers d’habitants dont la grande majorité serait indépendantiste) est un territoire autonome cependant administré par le Danemark.

Les USA ont des vues sur cette île depuis presque deux siècles, voir :

https://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/histoire-etats-unis-groenland-histoire-convoitise-americaine-vieille-deux-siecles-24072/

[10] Voir le discret article du 16 septembre 2025

https://www.linternaute.com/actualite/politique/8796688-article/

« Lecornu sera "candidat à la présidentielle" en 2027 s’il atteint cet objectif, promet un proche. Discret, Sébastien Lecornu n’a jamais évoqué d’ambition personnelle pour la présidentielle de 2027. Mais il n’exclurait pas de se lancer dans la course, selon un proche. […] "Tout le monde sous-estime Sébastien, à commencer par le président. Mais s’[il] réussit à faire passer le budget, non seulement il sera présidentiable, mais il sera candidat à la présidentielle" ».

[11] Voir Le Point du12 décembre :

https://www.lepoint.fr/politique/et-si-sebastien-lecornu-etait-lhomme-de-2027-W6EUTKLUMNHAJDNH5QZVDA6ZKQ/

« Est-ce une stratégie de communication ? Ou joue-t-il une partition sans se soucier des sondages et des communicants ? Cet art bien consommé d’apparaître comme un Français moyen, qui fait son marché à Vernon, s’habille simple, est-il l’œuvre d’un conseiller en image ? Monsieur Tout-le-Monde est donc en poste au sommet de l’État. […] Une carte à jouer ? Avec son allure de clerc de notaire, son ton de bénédictin, le locataire de Matignon a réussi l’exploit de pactiser avec le PS et a fait voter le budget de la Sécurité sociale par une Assemblée nationale au bord de la guerre civile. Qui l’eût cru ? Même technique en action avec les éleveurs bovins. Dialogue, ouverture, et force tranquille. Ne jamais braquer. Tendre la main. […] Depuis quelques jours, son nom circule, encore à bas bruit, pour l’élection de 2027. Dans le grand flou des offres qui commence à inquiéter même les plus militants, Lecornu le Français moyen, le petit provincial, l’homme des territoires, n’aurait-il pas une carte à jouer ? Et surtout, ne serait-il le seul à pouvoir rassembler la droite, le centre et une partie de la gauche, pour éviter l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national ? Cela, sans agiter la rengaine éculée du Front républicain ? ».

[12] L’article de La Dépêche du 4 janvier dernier écrit la même chose que les précédents : « S’il arrive à se sortir du budget, il sera présidentiable ».

https://www.ladepeche.fr/2026/01/04/decryptage-presidentielle-2027-sebastien-lecornu-a-petits-pas-vers-lelection-13141414.php

Quelques bémols cependant : « Les sondages ne lui sont pourtant pas franchement favorables. S’il enregistre une hausse de 4 points de popularité chez les Français (29 %), cela reste faible pour un chef du gouvernement. De plus, il progresse chez les électeurs socialistes et Insoumis (+ 2 points à 31 % au PS ; + 8 points à 22 % à LFI), mais il chute dans le camp présidentiel (- 6 points à 69 %) et chez les LR (-11 points à 33 %). De plus, le président, qui soutient pour le moment son Premier ministre, pourrait rapidement voir en lui un obstacle en vue de son retour espéré en 2032. En effet, si un macroniste aussi chimiquement pur que Sébastien Lecornu était élu en 2027 après deux mandats du non moins macroniste Macron, difficile d’imaginer que, pour la suite, les Français n’aient pas envie de changement ».

[13] Selon encore La Dépêche du 13 janvier, selon les récents sondages Bardella serait vainqueur à tous les coups.

https://www.ladepeche.fr/2026/01/13/sondage-presidentielles-2027-jordan-bardella-vainqueur-a-tous-les-coups-marine-le-pen-en-difficulte-ce-que-disent-les-dernieres-enquetes-13157425.php

« Bardella au-delà des 35 %. Jordan Bardella poursuit sa dynamique ascendante et domine largement les récentes enquêtes d’opinion. Fin novembre, d’après l’échantillon partagé par l’institut Odexa, le trentenaire écrasait ses concurrents et l’emportait au second tour face à tous les candidats testés. Face à Édouard Philippe, il recueillerait 53 % des voix, face à Raphaël Glucksmann, 58 % ; face à Gabriel Attal, 56 %… et face à Jean-Luc Mélenchon, 74 %. Pourtant, six mois auparavant, l’eurodéputé perdait un duel final face à Édouard Philippe (54 % vs 46 %) ».

« Cette tendance n’étonne plus les observateurs. Le sondage de l’institut Verian pour Le Monde révèle que de plus en plus de Français se disent en accord avec les idées du Rassemblement National, marquant une progression significative depuis 2022. Environ 42 % d’entre eux sont en accord avec les idées du parti d’extrême droite, soit trois points de plus que l’an dernier, en progression de 13 points depuis quatre ans. Mais les sondages "cela ne fait parler que les journalistes"… dixit Marine Le Pen. Réponse en 2027 ».

Mais Bardella ne fait en fait guère mieux dans les sondages, plus d’un an avant les élections, que le total de l’extrême-droite au premier tour de la présidentielle de 2022 : Macron faisait 28,8 % des suffrages exprimés, assez loin devant Marine Le Pen avec 23,2 % et Mélenchon frôlant les 22 %. Les autres faisaient des scores ridicules sauf Zemmour avec 7,1 %, ce qui donnait en ajoutant Dupont-Aignan avec 2,1 %, pas loin de 10 points de plus à l’extrême droite frôlant ainsi les 33 %. On ose à peine rappeler Pécresse à 4,8 %, Jadot 4,6 %, Lassalle 3,1 %, Roussel 2,3 %, Hidalgo 1,8 %, Poutou 0,8 % et Artaud 0,6 %.

[14] Voir l’un de mes premiers billets sur Le Club de Médiapart, le 9 juillet 2021, titré Un Front populaire, un vrai, sinon rien ! et sous-titré Comme dans un conte philosophique... on va ici essayer de « corriger les mœurs par le rire » ; pourtant, il n’y a pas de quoi rire… Car, en absence d’un candidat commun aux présidentielles de 2022, la gauche la plus conne du monde ne laissera le choix qu’entre la peste et le choléra !

Un vrai, sinon rien ! est une référence double : d’abord à Un Ricard, sinon rien ! puis  à Un Rocard, sinon rien !

https://blogs.mediapart.fr/patrick-castex/blog/090721/un-front-populaire-un-vrai-sinon-rien

[15] Ceux qui connaissaient mal en 2021 et 2022 (et qui persistent et signent en 2026) le Bulgare dénommé Georgi Dimitrov (pas le tennisman bulgare contemporain Grigor Dimitrov, aussi déjà oublié) qui convainquit Staline, après la prise du pouvoir par Hitler en Allemagne en 1933, de laisser tomber la malheureuse ligne politique classe contre classe où le principal ennemi des communistes était les socialistes (et vice-versa) et non pas l’extrême droite, pour la ligne de Front populaire (tentée en France par Léon Blum en 1936, ainsi qu’en Espagne républicaine la même année avec le Frente Popular) peuvent lire cet autre billet, titré Amnésie, Nazie et Dimitrov sont dans un bateau... et sous-titré (car je n’en n’était pas à mon premier essai sur Dimitrov) Je suis les recommandations de Boileau : « Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage... ».

https://blogs.mediapart.fr/patrick-castex/blog/210422/amnesie-nazie-et-dimitrov-sont-dans-un-bateau

En 2022, Dimitrov était tombé à l’eau et on eut le choix entre Macron et Marine Le Pen ; on est bien parti pour un scénario équivalent en 2027, mais tout a changé depuis le début des années trente, sauf les apparences.

D’où l’autocritique…

[16] À la louche et en continuant avec les fractions, au premier tout de 2017 Macron n’avait fait qu’un peu plus du quart des voix (10/36, près de 28 %) Marine Le Pen n’était pas loin avec un peu moins du quart (10/43, un peu plus de 23 %) : Fillon (malgré son affaire ; c’est presque un miracle !) et Mélenchon chacun un gros 1/5…

[17] Hamon 1/15, suivi par Dupont-Aignan 1/20…

[18] Grâce au Front républicain pourtant déclaré déjà moribond, le RN et ses alliés n’ont obtenu que 143 sièges ; le camp présidentiel en a engrangé 165 ; également grâce à ce même Front républicain, et le NFP est sorti vainqueur (mais sans majorité absolue) avec 182 sièges.

[19] Après pourtant un loupage inédit, dû à Retailleau, du gouvernement Lecornu 1 qui ne tint que quelques heures.

[20] On a collé ce qui suit en note pour ne pas finir ce billet par une tragédie…

D’ailleurs, la nouvelle ligne fort sympathique de Dimitrov n’empêcha pas la période de l’holocauste mondial jusqu’en 1945… Peut-être 70 à 85 millions de morts (seulement 3 % de la population mondiale de l'époque selon certains ; ou 50 à 60 millions de morts seulement : bref beaucoup de morts et autres calamités très désagréables. Et la situation géopolitique actuelle du monde n’a pas besoin du succès ou de l’échec de la lutte antifasciste avec le point de vue de Dimitrov ou celui plus moderne, pour que le record de 1933 à 1945 soit battu.

On vit une époque formidable, non pas grandiose selon la signification détournée de cet adjectif, mais qui cause la peur, du latin formidabilis, qui signifie terrible, causant la peur.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.