Halte au feu M. Porte-feux

Ne manipule-t-on pas l'opinion ? Le concours de circonstances est assez extraordinaire.La police dresse un procès-verbal à une femme en burqua dont le mari musulman avait été signalé au ministère de l'intérieur depuis plusieurs mois, comme le confie le ministre aux députés, leur demandant la plus grande discrétion sur ces révélations (le lecteur tentera de réprimer le rire irrépressible qui l'étreint à la lecture de ces mots ou lira ceci pour s'en excuser).
fusillade du 26 mars 1962, rue d'Isly à Alger, © FERRANDIS NICOLE
fusillade du 26 mars 1962, rue d'Isly à Alger, © FERRANDIS NICOLE

Ne manipule-t-on pas l'opinion ? Le concours de circonstances est assez extraordinaire.

La police dresse un procès-verbal à une femme en burqua dont le mari musulman avait été signalé au ministère de l'intérieur depuis plusieurs mois, comme le confie le ministre aux députés, leur demandant la plus grande discrétion sur ces révélations (le lecteur tentera de réprimer le rire irrépressible qui l'étreint à la lecture de ces mots ou lira ceci pour s'en excuser).

Ce ministre viole le respect de la vie privée - un droit fondamental - et le secret de l'enquête à propos d'une personne étrangère à l'infraction au code de la route - qui n'est pas établie - et n'étant pas mise en cause par la justice (violation de la présomption d'innocence, atteintes multiples et variées). Ce ministre n'hésite pas en revanche à sanctionner ou faire sanctionner des policiers ou des gendarmes qui dénoncent des dysfonctionnement ou exposent scientifiquement les risques des dérives de la politique actuelle au nom de l'obligation de réserve comme MM. Pichon et Matélly en témoignent courageusement, sans que le ministre prenne soin d'éviter les contradictions, la préméditation, ou même d'enfreindre la Convention européenne des droits de l'homme. La France des fiches du général André et de l'affaire Dreyfus n'est pas défintivement réléguée dans l'histoire.

Il existe des ministres qui confondent donc la recette de la salade niçoise et le droit, lequel ne permet pas les salades consistant à mélanger du droit civil, du doit pénal, du droit social.Cette approche approximative a déjà fait l'objet de quelques commentaires autorisés insuffisant à encourager l'intéressé à plus de rigueur.

Les révélations du ministre aux députés révèle également une étonnante absence de diligence à prévenir les violences conjugales quand la prévention des femmes battues avait l'objet d'un battage gouvernemental aussi bruyant qu'épisodique, le site officiel n'existant plus. A croire que le ministre de l'intérieur ne se préoccupe des femmes battues qu'à la double condition d'être verbalisées pour conduite avec une burqua. On connaît dorénavant les moyens que va invoquer le gouvernement pour contourner l'avis du Conseil d'Etat. Doit-on penser qu'il se désintéresse des femmes battues sans permis ou burqua ?

L'intimité du ministre et de son mentor permet d'imaginer que le discours préstinentiel évolue vers l'insécurité juridique.On comprend que des films fassent l'objet d'un manque cruel de promotion quand il traite d'un tel sujet.

Le lecteur s'interrogera enfin sur la spontanéité de l'intervention de l'agent verbalisateur, puisque les confidences du ministre permettent de comprendre qu'il n'ignorait pas l'amplitude que prendrait ce modeste PV. A chacun sa dépêche d'EMS. Sedan se rapprocherait-elle ?

Après le coup de Tarnac n'assite-ton pas un nouvel épisode de la communication bidonnée démago-évènementielle du gouvernement, étrngement absente lors de la fusillade de Dammarie Les Lys où l'ETA se promenait librement sans aucun dispositif pharaonique digne des dégradations de caténaires ou de commémoration en province ?

Tout à fait Erich, c'est effectivement du très grand n'importe quoi.

Le jury du comité de soutien au gouvernement en difficulté décerne un GNPK de bronze au ministre de l'intérieur pour sa confusion juridique et son inversion normative digne de son prédécesseur qui oeuvre maintenant à la justice. Lequel ne se laisse pas voler la vedette sans réagir.

Il vient de déclarer aux députés, lui aussi et sans rire, que la jurisprudence européenne n'a qu'un "effet relatif" aux parties au procès, à propos de la garde à vue, ce qui ne semble pas être le point de vue du Sénat. Cette conception de la jurisprudence du professeur de droit de Panthéon Assas va soulager de très nombreux d'étudiants qui n'auront plus à s'embêter à apprendre les grands arrêts. Il n'y a jamais deux procès - devenus définitifs - avec la même cause et les mêmes parties. Cette persévérence dans l'effort mérite un GNPK d'argent.

Après la politique du vide, le gouvernement prône l'Etat de droit par le vide, malgré quelques observations, qui restent de pure forme. La FIDH parle de schizophrénie.

Le Conseil de l'Europe (*) doit sérieusement envisager un protocole additionnel 15 pour pallier l'encombrement de la Cour européenne des droits de l'homme par les nombreux recours français qui ne vont pas manquer d'arriver dans les prochains mois, au point de faire rentrer la Turquie, la Moldavie ou la Russie dans la normalité conventionnelle et les faire passer pour de joyeux plaisantins, si la presse est libre de le dire.

Nain-d-Or-1809084477.jpg* "Grand Nain Porte Kwa", récompense décernée arbitrairement avant le Big Brother Award

Le discours de l'UMP est discriminatoire. Il sous-entend qu'un étranger naturalisé restera toujours un étranger, parce que pouvant toujours être déchu de sa nationalité française et qu'il devra donc remplir plus d'obligations qu'un Français de naissance. Il y a donc deux sortes de Français, les "vrais" Français, et les Français suspects.

La déchéance de la nationalité ne me semble pas compatible avec le droit public international.

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